Pourquoi le REM est inutile et qu’Hydro-Québec doit se réinventer

Étonnamment les investissements de 5 milliards dans le REM (Réseau électrique de métropolitain de la Caisse de Dépôts et de Placement du Québec) seront de l’argent jeté par la fenêtre et cet argent devrait plutôt être investi dans Hydro-Québec afin qu’ils s’ajustent rapidement aux innovations qui rendront et le REM et Hydro-Québec caducs si rien n’est fait.

Vous vous dites sans doute que j’en fume du bon ? Je vous répondrai que j’attends la légalisation du pot avant de me prononcer sur cette question 🙂 Je vous inviterai par contre à écouter l’excellente conférence de Tony Seba, Clean Disruption – Why Energy & Transportation will be Obsolete by 2030 présentée à Oslo en mars 2016. Avec deux images particulièrement frappantes, il explique qu’en l’espace de 13 ans, entre 1900 à 1913, les carrioles tirées par les chevaux ont été complètement remplacées par les automobiles. C’est une transformation (disruption) majeure de l’économie, des transports et de la société tout entière qui s’est opérée. C’est le même type de transformation que nous vivons présentement avec l’énergie et les transports (qu’ils soient collectifs ou individuels). À cause des innovations fulgurantes et de la baisse très significatives des coûts reliés à l’énergie et au transport, il prédit que d’ici 2030, 80% des voitures disparaitront et que grâce aux avancés de l’énergie solaire et des batteries, les industries de production d’électricité ne seront plus que l’ombre d’elles-mêmes.

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Nous nous retrouvons donc dans une situation comparable à celle d’un gouvernement qui veut investir massivement dans la fabrication de carrioles et d’étables en 1900. Nous n’avons pas la sagesse de regarder où s’en va l’économie et de nous y adapter avec prévoyance et vision. On ne se pose pas les questions fondamentales comme

-Que ferons-nous des chauffeurs de taxi, d’autobus et de camions qui perdront inévitablement leur travail?
-Comment allons-nous faciliter la formation et l’adaptation de notre main-d’œuvre aux besoins de la nouvelle économie?
-Que deviendront les grandes villes une fois que la délocalisation du travail (travail à domicile) sera la norme?
-Pourquoi construisons-nous et investissons-nous dans de supers hôpitaux alors que de plus en plus de spécialistes travailleront de leurs sous-sols (comme les radiologues qui ne sont déjà plus dans les hôpitaux)?
-Et surtout, sachant que la fibre optique devient le vecteur de transport primordial de cette économie numérique, qu’attendons-nous pour y investir massivement?

Cette dernière question est pourtant LA QUESTION cruciale. Y répondre permettrait entre autres de trouver une vocation de remplacement, ou plutôt d’adaptation pour Hydro-Québec. Elle serait aussi garante de la pérennité et du rendement des investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec et rejaillirait sur l’ensemble de l’économie.

Récemment, je m’insurgeais contre l’idée d’un Amazon Québec d’Alexandre Taillefer. L’idée est que même si un commerçant de Rouyn-Noranda voulait faire du commerce électronique sur cette plate-forme, il lui serait impossible de téléverser son inventaire en ligne à cause de la vétusté des services internet de cette région. Un de mes clients, manufacturier de classe internationale de l’Estrie, doit prendre sa voiture et venir à Montréal pour mettre à jour son site web, étant incapable de le faire de son établissement en région. Les exemples d’aberrations de notre vision stratégique sociétale sont nombreux et pendant ce temps, on se gargarise « d’innovations » qui ne veulent rien dire dans le contexte de transformation majeure de l’économie qui s’opère.

On aura sans doute la calèche la plus performante, la plus légère et la plus économique de la planète, alors que le reste du monde roulera en voiture électrique autonome… 🙁

Voici certaines des prédictions (très documentées) de Tony Seba

This $12 trillion/yr disruption will melt down investment portfolios based on these soon-to-be obsolete industries. The Clean Disruption will also provide ample opportunities for entrepreneurs and investors to create new products, services, markets, and industries.Tony Seba’s recent book “Clean Disruption of Energy and Transportation” shows how the disruption is unfolding. This book focuses on market disruptions caused by exponential technology improvement, business model innovation, and disruptive product design enabled by this technology convergence. “Clean Disruption ” projects that by 2030:
– All energy will be provided by solar or wind.
– The architecture of energy will flip from centralized, command-and-control, secretive, and extractive to distributed, mobile, intelligent and participatory.
– Electric Utilities as we know them will be obsolete.
– Oil will be obsolete.
– Nuclear will be obsolete.
– Natural Gas will be obsolete.
– Coal will be obsolete.
– All new mass-market vehicles will be electric.
– All new mass-market vehicles will be autonomous (self-driving).
– The auto industry will shrink by 80%.
– 80% of parking space and highway space will be redundant.
– The parking industry will be disrupted.
– The car insurance industry will be disrupted.
– The construction and real estate industries will change dramatically.
– Cities will undergo the most radical transformation since horses gave way to gasoline cars and electric streetcars.
– Taxis as we know them will be obsolete.
– Logistics as we know it will be obsolete.

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Je serais une gérant d’estrade

Comme suite à mon billet Alexandre Taillefer , notre gouvernement et le financement du copycat, certaine critique m’identifie comme une gérante d’estrade. En commentaire à mon statut LinkedIn on peut lire

En tous cas, on peut penser ce qu’on veut des projets Alexandre, mais moi je préfère les gens qui essayent de faire de quoi que les gérants d’estrade qui critiquent ce que les autres font. Toujours plus facile de démolir que de bâtir.

Or dans mon billet, je ne critiquais pas tant Alexandre Taillefer que nos gouvernements toujours à l’affut d’un sauveur plutôt qu’à la recherche de solutions innovantes qui profiteraient à tous. Mais tout est question de perception. Pour ce qui est de l’assertion qu’il est plus facile de démolir que de bâtir, il me semble que ma conclusion était limpide et qu’elle fournissait au moins deux pistes de solution.

1-
Je proposais qu’on outille les entrepreneurs
2-
Je proposais qu’on investisse massivement dans les infrastructures numériques

À mon point de vue, ça aurait l’avantage d’aider à tous plutôt qu’à quelques-uns, qu’ils soient monsieur Taillefer, Bell, CGI ou autre. De surcroit, j’offrais en lecture complémentaire, de nombreux billets truffés d’idées justement pour bâtir le Québec numérique et depuis maintenant une quinzaine d’années, je milite gratuitement pour un plan numérique pour le Québec et le Canada. Depuis que je suis en affaires, je n’ai JAMAIS touché la moindre subvention et j’ai payé de mes poches mes voyages à l’étranger pour faire la promotion du Québec numérique autant à des évènements comme LeWeb à Paris que pour faire vivre l’OSBL Yulbiz (qui n’existe plus maintenant) qui à son apogée, était dans 10 villes de cinq pays.

Oui je suis capable d’être critique, mais j’ose humblement croire que je suis capable aussi d’être constructive, et cela, à mes frais. D’ailleurs si vous voulez vous en convaincre, lisez quelques-uns des 2647 billets de ce blogue, qui est gratuit et qui humblement, partage une masse importante de connaissances.

Donc pour la gérante d’estrade que je serais, c’est tout de même une feuille de route qui ne s’abreuve pas aux mamelles de l’état pour son petit bien-être personnel…

Alexandre Taillefer , notre gouvernement et le financement du copycat

Alexandre Taillefer est un homme brillant qui a de la suite dans les idées. C’est aussi un opportuniste dans le bon sens du terme. De surcroit, il a la chance d’être bien « plogué » avec les gens de pouvoir et les financiers gouvernementaux qui font valser les millions issus de nos impôts. Ses idées ne sont pas du siècle dernier comme peut l’être la cimenterie de Port-Daniel (de la famille Bombardier) qui a reçu au moins 450 millions de dollars.

Mais avant de parler du cas Alexandre Taillefer, j’aimerais vous rappeler certaines habitudes « réactives » de notre bon gouvernement (et de ses financiers gouvernementaux). Il y a 15 ans, c’était l’industrie hôtelière qui était dans le marasme. Les tripadvisor, expedia et autre hotels.com chamboulaient les habitudes de consommations. L’Ontario décida de créer « les clés du tourisme » afin d’outiller les prestataires touristiques pour qu’ils se prennent en main. Ici, on créa BonjourQuebec.com afin de tenter de remplacer les « joueurs venus d’ailleurs ». Comme vous le savez peut-être, ce fut un gouffre financier qui profita allègrement à Bell qui était le partenaire du Ministère du Tourisme. Les prestataires québécois eux, continuèrent d’être poche en ligne et de voir une portion importante de leurs revenus être accaparé par les intermédiaires en ligne.

De même Quebecor et sa filiale Canoë, voulaient compétitionner les grands de ce monde. Ce qui me fit dire sur Twitter

Alexandre Taillefer propose de créer un Google et un Facebook québécois
Alexandre Taillefer veut créer un Amazon québécois
Ça me rappelle le “TonTuyau” de Quebecor pour contrer YouTube et Espace Canoë pour combattre MySpace Au moins, Quebecor faisait ça avec son argent…

Ce à quoi monsieur Taillefer répondit

Franchement insultant.

Il faut ici noter qu’en l’espace de deux jours, on pouvait lire les titres Forum Culture + Numérique: Alexandre Taillefer propose de créer un Google et un Facebook québécois et Alexandre Taillefer veut créer un Amazon québécois. Vous m’excuserez donc cher monsieur Taillefer mais c’est plus fort que moi et disons que ça frappe mon imaginaire…

Comme vous le savez peut-être, TonTuyau et Espace Canoë n’existent plus. Mais que voulez-vous, nous avons ce réflexe de copycat bien ancré dans nos gènes collectifs. Vous souvenez-vous du Miniputt? Un Miniputt, c’est bien. Dix miniputt, c’est encore bien. 100 miniputts, et ils ferment tous. La même chose pourrait se passer avec le concept arbre en arbre /arbraska, le nouveau Miniputts.

Par ailleurs, au début de ma pratique il y a 15 ans, existait le crédit au développement informatique. J’ai rencontré au moins 25 entrepreneurs qui avaient développé le nouveau CMS qui devait révolutionner la planète et aujourd’hui, aucun d’eux n’est encore en affaire. Toutes ces « inventions » copycat ont été largement financées avec nos impôts. Je me souviens aussi des investissements majeurs de la Cité du commerce électronique et de la Cité du multimédia. Des centaines de millions qui ont enrichis les entrepreneurs en construction et qui sont maintenant occupés par les CGI et Cognicase de ce monde.

Cela étant dit, l’innovation est souvent aussi de prendre quelque chose qui existe déjà et de l’améliorer avec un ajout ou une modification qui en fait quelque chose de différent. C’est ce qu’a fait monsieur Taillefer avec son fameux taxi Teo. Le timing était parfait pour lui. Le gouvernement du Québec ne se pouvait plus avec les voitures électriques, Uber grugeait le modèle d’affaires des taxis traditionnels et le gouvernement ne savait plus comment le contrôler. La solution évidente devenait d’allonger des dizaines de millions à monsieur Taillefer qui devenait le sauveur de notre industrie locale. Ainsi, il put recevoir 30 millions de notre gouvernement (via entre autres la Caisse de dépôt).

Ces 5 millions $ versés à Taxelco s’ajoutent aux investissements de 25 millions $ de la Caisse de dépôt et d’Investissement Québec.

«Nous sommes le groupe le plus impliqué et le plus ambitieux pour électrifier les transports au Québec», dit Alexandre Taillefer. Cette vaste stratégie a été, selon lui, le facteur décisif pour convaincre de grands joueurs de s’impliquer. La Caisse de dépôt et Investissement Québec participent à XPND2, lancé en novembre dernier. Ce fonds a amassé 75 millions pour déployer ce plan. «Ce ne sont pas des subventions, précise-t-il. Ils ont investi de l’argent, aux mêmes conditions que moi.»

Tout comme Bell avec BonjourQuébec, on ne parle pas de subventions. On parle ici d’investissement…

Monsieur Taillefer étant un fin observateur de la scène politique québécoise et étant de tous les grands débats numérique, remarque à juste titre que notre gouvernement et ses institutions ne savent plus comment appréhender la bête numérique. La Culture et les communications ne savent plus comment freiner l’érosion des revenus publicitaires et le commerce de détail ne sait plus comment faire face aux géant américains. Le réflexe traditionnel est de demander à ceux qui savent de les sortir de leur aveuglement. Ça a déjà été Bell, CGI, Quebecor ou Bombardier et là ça s’enligne pour être Taillefer.

Mais se pourrait-il qu’à l’instar de l’Ontario (avec l’initiative citée plus haut) ,on songe plutôt à outiller les petits acteurs pour qu’ils prennent leur place? Est-ce possible qu’on légifère pour récupérer nos taxes et qu’on prenne des mesures pour redistribuer les droits d’auteur aux ayants droit? Serait-ce une bonne idée d’investir massivement dans des infrastructures cellulaires et internet à prix abordable à la grandeur du Québec jumelé au développement de l’expertise numérique chez nos entrepreneurs afin qu’ils puissent être en ligne convenablement? Est-ce une bonne idée qu’au lieu de faire à la place du citoyen qu’on lui montre comment faire et qu’il ai les réseaux de bande passante pour le faire?

“Si tu donnes un poisson à un homme il mangera un jour; si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours”

Il faudra un jour que collectivement, on cesse de donner du poisson…

Si entretemps, monsieur Taillefer qui est un excellent pêcheur arrive à se faire financer du poisson par nos gouvernements, j’en serai très heureuse pour lui. Mais j’ai bien peur que collectivement, on reste sur notre faim…

MAJ

Je serais une gérant d’estrade https://www.michelleblanc.com/2017/03/24/je-serais-une-gerant-destrade/

MAJ2

On veut faire un AmazonQuebec alors que les marchands ne peuvent même pas uploader une photo. Faudrait peut-être revoir les priorités…
Les élus mettent de la pression: assez, c’est assez !

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Comment la fibre optique nous rendrait collectivement plus riches

Les marques et organisations doivent-elles être neutres sur le Web et dans les médias?

Il y a de ça 6 ans, dans mon billet Politique éditoriale et tabous j’écrivais :

Lorsque j’étais au Collège Militaire Royal de St-Jean, lors de ma formation d’officier, nous avions des cours de bienséances visant à nous préparer aux « Mess Diner ». Ce sont en fait de grands diners de gala extrêmement protocolaires. L’une des choses qu’on nous apprenait et qu’il était proscrit de discuter de trois sujets lors de ces soupers, mais aussi lorsque nous étions dans le mess d’officier. Nous ne devions pas parler de RELIGION, POLITIQUE ou de SEXE. Étrangement, je suis restée avec ces tabous et je crois que dans une politique éditoriale médias sociaux d’entreprise, ce sont des tabous qu’il est certainement préférable d’observer.

À cette époque, je parlais tout de même de ma transition, mais je ne parlais pas vraiment de religion, politique et de sexe. Mais depuis, mon point de vue a passablement évolué. Les organisations tout comme les marques, sont des « personnes morales ». Or, les choix moraux qu’elles feront ou pas, seront un actif ou un boulet avec lequel elles devront composer. Nous avons tous en tête que Volkswagen et IBM ont collaboré avec les nazis. Par contre, la plupart des gens ont oublié que Coca-Cola, Hugo Boss, Ford ou plusieurs autres l’ont fait aussi. D’Ailleurs, les choix moraux des entreprises, comme ceux des individus, pourront avoir un impact à court, moyen ou long termes. Par ailleurs, la neutralité est sans doute plus sécurisante, mais elle n’aura jamais d’impact publicitaire ou sociétal et comme je le disais aussi en conclusion d’un récent billet:

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité.
de Dante

Ces derniers jours, trois articles traitent du sujet de la prise de position des marques et organisations face aux enjeux politiques, sociaux et moraux. Ils s’agit de What brands need to understand about controversial content, The radical future of branding et LA HAINE ET L’ARGENT. Nous avons aussi eu lors du dernier Superbowl, plusieurs entreprises qui ont pris position contre la directive de Donald Trump qui refuse l’accès des États-Unis aux ressortissants de sept pays. D’ailleurs, le procès contre cette directive est supporté publiquement par plusieurs des grandes entreprises technos.

Plus localement, nous avons eu de petits commerçants qui sont montés au front contre les travaux interminables sur les artères de Montréal, contre l’homophobie, contre l’islamophobie ou contre tout autre enjeu qui peut avoir un impact négatif sur leurs ventes, leurs ressources ou leurs valeurs. La neutralité a ses avantages, mais même la neutralité est une prise de position en temps de crise politique ou morale.

Comme il est mentionné dans l’article de LaPresse qui cite Chris Baillargeon

« Une question me turlupine depuis quelques jours », écrit la directrice de création chez Cossette, qui précise toutefois que le billet a été écrit à titre personnel. « Sommes-nous les bailleurs de fonds de la haine ? »

« Vous me direz, poursuit-elle : “Avons-nous vraiment le droit d’influencer les médias ? N’avons-nous pas, comme obligation, d’être impartiaux ?”

« Oui et non. Certes, nous ne sommes pas des éditorialistes et nous ne sommes pas garants de la qualité des médias dans lesquels nous réalisons nos placements. La presse doit être libre. Nous sommes, par contre, responsables de leur santé financière. »

Mais avant de prendre quelque décision éditoriale que ce soit, il est bon de garder en tête les trois recommandations de ThenextWeb

So how can you make controversy work for your brand? To get big results, your content needs to get people talking. Keep in mind, though, that adding a contentious angle also opens the door for people to question – and even criticize – your content, so here are some ways to minimize any risks.

Understand there are different forms of controversy and stick to what’s appropriate for your brand

(…)Realizing that are different forms of controversy is crucial when outlining an idea that will get your campaign noticed and not dragged through the mud. Different types of controversy include presenting something shocking and unexpected, igniting a debate, or taking a strong opinion – the latter being the most difficult to execute. Regardless of which option you choose, though, understand that your content should be tasteful and grounded in respect.

(…) Ensure credibility with a quality data source

Another thing any controversial campaign should be rooted in? Reliability. In order to limit any kind of backlash from publishers and their audiences, your content should rely on a credible and trustworthy data source.

(…)Connect your content back to your brand’s mission or services

(…)Shocking an audience simply to shock won’t deliver the results you’re looking for if the content doesn’t tie back to your brand and its core messages.

Quant à elle, Fastcodesign prédit que les marques se radicaliseront.

Conventional wisdom has it that brands shouldn’t talk politics. Why risk alienating potential customers? That was before Donald Trump.

Now that a sneering, orange man-child is sinking his tiny fingers into every aspect of American life, experts believe activism will become nearly as ubiquitous in the brand world as it is on college campuses. “As a reflection of the changing political tides, many brands will evolve from ‘mission-driven’ to ‘activist,’ encouraging consumers to go beyond simply subscribing to a set of core values and driving them to participate in actions to defend them,” says Geoff Cook, partner at the branding agency Base Design. “In choosing sides, brands will alienate certain consumers, yes, but will galvanize an impassioned constituency in the process.”

To Melanie McShane, head of strategy at Wolff Olins in New York, activism isn’t just about tapping into the zeitgeist; it’s a business imperative. “With the rise of political authoritarianism, brands will face fundamental choices,” she says. “About whether to take a stand on issues that offend them and their users, risking the wrath of politicians and their acolytes. Or stay quiet and seem complicit.”

Pour ma part, j’ai déjà pris parti. Ma ligne éditoriale fait une part importante au militantisme LGBT et plus spécifiquement trans. Je milite depuis des années pour un Plan numérique pour le Québec et le Canada et pour une infrastructure numérique décente à des prix raisonnables, j’ai milité avec les Janettes pour la laïcité et j’ai été résolument anti-Harper. J’ai donc déjà choisi mes camps et je l’ai fait (humblement) dans un esprit altruiste d’améliorer ma société et pour le bien être de mes concitoyens.

Et vous, resterez-vous sur les banquettes des spectateurs?

 

Certains des problèmes structuraux du commerce électronique au Canada

De toute évidence, le plus gros problème des entreprises Canadiennes et québécoises face aux défis du commerce électronique, est leurs propres inhabilités ou pires, leur absence à acquérir une saine présence en ligne. Cela va de soi. Mais au-delà de cette présence qui est déjà déficiente, plusieurs autres problèmes structuraux nuisent à nos entreprises.

Tout d’abord, la question de l’iniquité des taxes (en ligne vs hors-ligne) est un facteur déterminant dans le déclin des ventes en magasin et en ligne au Canada. C’était d’ailleurs un argument présenté la semaine dernière par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), tel qu’expliqué chez Radio-Canada.

« Le problème fondamental, c’est que nous assistons à une situation inéquitable au vu et au su de nos décideurs politiques », a résumé le président-directeur général du CQCD, Léopold Turgeon, lors d’un point de presse tenu mardi matin, à Québec.
« Le CQCD dénonce cet état de fait depuis au moins trois ans et rien ne bouge », déplore-t-il, en soulignant qu’il en va pourtant « de la survie même de plusieurs détaillants et, par extension, de celle de nos artères commerciales et de nos centres commerciaux, partout au Québec. »
« Nos détaillants ici paient des taxes, des salaires, des loyers, alors que toutes les entreprises étrangères qui nous envoient leurs produits, leurs services, ici, au Québec et au Canada, ne contribuent en rien à l’économie du Québec », résume M. Turgeon dans sa capsule diffusée en ligne.

Puis il y a la question des coûts de transport avec Poste Canada. J’en parlais récemment dans mon billet : Comment Poste Canada nuit au Commerce en ligne canadien.

Faire livrer un produit acheter en ligne au Canada chez une entreprise canadienne peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que si le même produit est livré par une entreprise chinoise, depuis la Chine.
C’est le triste constat que fait l’entrepreneur Claude Denis, PDG d’Électro-5 dans une lettre qu’il a adressée à Françoise Bertrand, Présidente du Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

Il y a certainement aussi la fracture numérique qui existe entre les services internet disponibles dans les grands centres et ceux disponibles en régions. Ainsi, un commerce de détail qui se trouve dans l’une de ces régions aura toutes les difficultés du monde à téléverser les images de son produit sur son propre site internet. Si cette entreprise doit téléverser des vidéos ou un inventaire très volumineux, on parle alors d’une tâche quasi impossible. Cette fracture numérique grand-centre/région est un thème abordé dans ce blogue depuis des années déjà.

Finalement, il y a aussi le problème criant de la disparité des prix et des taxes, des deux côtés de la frontière canado-américaine, pour un produit strictement identique. C’était le propos d’un article du National Post hier Why Canadian Club is cheaper in America: A product-by-product look at the U.S.-Canada price gap.

BFGoodrich Advantage T/A (size 195/65R15)
U.S. (TireRack): $94.75 ($71.25 USD)
Canada (Canadian Tire): $120.99
Price gap: 27.6% more expensive

Canadian Club Whiskey (1.75 L)
U.S. (BevMo!): $25.25 ($18.99 USD)
Canada (LCBO): $59.00
Price gap: Canadian price is 233% of U.S. price (133% higher)

Mini stripe crewneck sweater
U.S. (The Gap): $79.73 ($59.95 USD)
Canada (The Gap): $64.95
Price gap: 18.6% cheaper

Barney’s Version
U.S. (Barnes and Noble): $15.27 ($11.48 USD)
Canada (Chapters Indigo): $19.98
Price gap: 31% more expensive

The Canadian Customs Tariff Schedule is a 1,600-page document detailing virtually every product known to humanity, and outlining whether or not it’s slapped with a surcharge at the Canadian border. Near-identical products can have wildly different tariffs, and the tariff also depends heavily on where the product is from. Footwear is a particularly byzantine section of the schedule. Soccer cleats are hit with a 17.5 per cent tariff, while Australian cleats are only 13 per cent. A women’s running shoe can be hit with a border tariff of as much as 18 per cent, while luxury women’s shoes with an “at cost” rate of more than $30 only get an 11 per cent tariff. For reasons that may be forever lost to history, the highest shoe tariff of all (20 per cent) is for “riding boots.” Nobody ever lost an election by levying higher taxes on people who own ponies. 

C’est intéressant de s’attaquer aux défaillances de présence en ligne de nos entreprises, mais il ne faudrait certainement pas oublier les autres facteurs qui aggravent de manière généralisée, la compétitivité de nos entreprises qui y sont déjà, face à cette concurrence qui est de plus en plus mondiale…

Pourquoi la Caisse de dépôt et placement ne s’intéresse-t-elle pas à la fibre optique ?

Michel Surprenant, le Maire de Chertsey, avait fait des études préliminaires pour couvrir de fibre optique notre localité. Pour les 300 km² de notre ville, il en couterait $8millions.

Si nous extrapolons ce calcul à la province, en considérant que celle-ci compte 110 000 km² de territoire habité (selon Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN)) avec une simple règle de trois, on obtient un beau $2,9 milliards pour couvrir le Québec habité en entier.

Or, au moment d’écrire ces lignes, la CDP est prête à investir $5,5 milliards pour son réseau électrique métropolitain. Dans le site web dédié à cette initiative, elle présente que pour un investissement de $5,5 milliards, il y aura des retombés de $3 milliards, sur une période de 4 ans.

Les retombées potentielles de ce réseau représentent plus de 3 milliards de dollars sur quatre ans pour le PIB québécois. En ce qui concerne les développements immobiliers le long du tracé, près de 5 milliards de dollars en investissements privés sont actuellement anticipés. Près de 7 500 emplois directs et indirects seront également générés durant chacune des quatre années de construction de ce nouveau réseau. Plus de 1 000 emplois permanents seront générés à la suite de sa mise en service.

L’économiste Hal Singer (financé par Bell Canada) dans son document Economic Impact of FTTH Deployment in Toronto, présente que pour un investissement de $1 milliard dans la fibre optique à Toronto, il prévoit la création de 19 000 emplois et des retombés de $3 milliards pour ce même PIB, mais sur une période de 2 ans.

impact économique de la Fibre optique à Toronto

Pourtant, j’imagine que la CDP est au fait des publications du Forum Économique Mondial, de même que de l’International Telecommunication union (ITU)? Or, selon le Forum Économique Mondial

Based on a significant body of research1 on the economic impact of broadband, it is generally accepted that broadband has a beneficial impact on economic growth. Moreover, some research suggests that broadband speed matters. The impact of broadband includes (1) direct effects through large-scale infrastructure investments that lead to increased economic activity in the investment area (e.g. immediate increase in employment and purchase of raw material), (2) indirect- or long-term effects that spur innovation and productivity through e.g. improved broadband speeds, and (3) induced effects such as spill-over into other economic sectors by enabling access to entertainment, education, healthcare, banking services, e-commerce and other. The benefits of faster broadband include economic effects such as increased innovation and productivity, social effects such as better access to services and improved healthcare and environmental effects such as more efficient energy consumption.

et

Studies of the impact of broadband on the economy have generated a number of elasticity estimates for a 10% increase in broadband penetration. These estimates refer to different geographic regions and country clusters. The range proposed by these studies for the impact on GDP of a 10% increase in broadband penetration is 0.25%- 1.38%. For broadband speed, it has been found that a doubling of broadband speeds for an economy can add 0.3% to GDP growth.6 These different elasticities are set out in Table 1 below. It should be noted that results indicate that the impact on GDP from an increase in penetration and also speed is higher for lower-income countries, as compared with higher income countries. However, results also show that a critical mass of penetration is needed to achieve these positive effects.

Quant à elle, l’ITU présente que

The study of the impact of broadband on economic growth covers numerous aspects, ranging from its aggregate impact on GDP growth, to the differential impact of broadband by industrial sector, the increase of exports, and changes in intermediate demand and import substitution. While the research on the contribution of broadband to GDP growth has confirmed its positive impact, it has also yielded results that vary widely. Constrained by data availability, the analyses have primarily focused on OECD countries (generally Western Europe and North America) and states in the United States (see Table 1).

Tableau des études d'impact de la fibre optique sur le PIB

As the data in Table 1 indicates, most studies conclude that broadband penetration has an impact on GDP growth. However, one observes that such a contribution appears to vary widely, from 0.25 to 1.38 per cent for every increase in 10 per cent of penetration

Quoi qu’il en soit, il m’apparaît évident que les retombées économiques trébuchantes de la mise en place de la fibre optique à la grandeur du Québec risquent clairement d’être plus rentables que dispendieuses. Et cela autant au bénéfice de la Caisse de dépôt et placement du Québec, ou du gouvernement lui-même, que pour la santé de notre produit intérieur brut.

D’ailleurs, si on investissait dans la fibre optique, nous n’aurions probablement plus besoin de ce réseau électrique métropolitain et les bénéfices de ces investissements rejailliraient sur le Québec tout entier plutôt que strictement à la région métropolitaine de Montréal…

La Blague de IEDM et du CRTC à propos de l’internet haute vitesse au Canada

La semaine dernière, je discutais avec des amis à qui il était venu aux oreilles que de hauts fonctionnaires disaient que le Québec n’avait pas besoin de services internet à haute vitesse. Ils prétendaient que 96% des ménages Canadiens avaient accès à la haute vitesse et que le 4% qui ne l’avaient pas, c’était parce qu’ils ne savaient pas comment ça marche. Et le haut fonctionnaire était certain de cette affirmation parce qu’elle venait des TELCO (Compagnies de téléphones et de câblodistribution). De toute évidence, mes amis sautèrent une coche. il y a deux semaines, lors du lancement du Plan d’Action en Économie Numérique du Québec, en fumant une clope, je rencontre un pote de chez Bell Canada qui me sort les mêmes sornettes. Il ajoute que c’est la vérité puisque ça vient du CRTC. Comme c’est un pote, j’ai ri poliment dans sa face en lui disant que c’était pitoyable de berner les gens de la sorte. Toujours est-il que j’ai retrouvé cette citation dans une étude de l’IEDM L’ÉTAT DE LA CONCURRENCE DANS L’INDUSTRIE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS AU CANADA – 2016.

D’après le CRTC, 96 % des ménages canadiens pouvaient bénéficier d’une vitesse de téléchargement de 5 Mbps en 2014, une vitesse qui permet à un internaute de faire à peu près tout ce qu’il veut sur le Web, y compris regarder des vidéos d’assez haute qualité – et 77 % des ménages sont abonnés à un tel service comparé à 71 % à peine un an plus tôt.

Et le paragraphe suivant on peut lire aussi

En 2014, 93 % des Canadiens étaient également couverts par un réseau sans fil LTE, une technologie 4G offrant des vitesses excédant 5 Mbps. Comme de plus en plus de Canadiens accèdent maintenant à Internet par un téléphone intelligent ou une tablette électronique plutôt qu’un ordinateur personnel, il s’agit là d’un autre indicateur de la disponibilité d’Internet haute vitesse.

À lire ces deux passages, on se croit réellement dans le meilleur des mondes. Or c’est on ne peut plus faux. D’abord, Comment est définit la haute vitesse au Canada? (tel qu’on peut le lire dans L’Enquête québécoise sur l’accès des ménages à Internet 2012, INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC):

Internet haute vitesse Au Canada, une connexion Internet qui permet un débit d’au moins 1,5 mégabit par seconde (Mbit/s) est dite à haute vitesse.

Juste pour que vous compreniez (traduit librement de Quora), avec une vitesse de 1.5MBPS, disons que vous voulez télécharger un film de 700MB ( l’équivalent de 5,600 Mbit et on s’entend que ce n’est pas un film de 2 heures en HD), il vous en prendra 93 minutes. Vous aurez donc le temps de vous faire à souper, de souper et de prendre votre digestif avant que le film soit téléchargé.

Ensuite, ce n’est pas parce que le client paie pour 5MBPS que c’est réellement la vitesse qu’il recevra. D’ailleurs selon le Consumer Report américain, même une vitesse de 5MBPS est considérée comme une vitesse déficiente.

Netflix and others say your Internet service needs to run at at least 5Mbps for streaming HD shows and movies—streaming 4K videos requires much greater speed—but 5Mbps is sufficient for only one user at a time. And given how much data Americans consume, 5Mbps isn’t going to cut it since performance can suffer as your broadband speed is split among more simultaneous users and/or activities. Deloitte LLP’s recent Digital Democracy Survey of 2,000 consumers age 14 or older, 90 percent of respondents said they multitasked—browsing the Web and texting, for example—while watching programs.

The FCC considers 10Mbps to 25Mbps reasonable for households that stream video, but heavy data users might want even more robust connections of up to 50Mbps or more. The good news is that often you can upgrade from 25Mbps to 50Mbps service for as little as $10 more per month.

But even if you pay for faster broadband, you might not get that speed boost all the time. Cable Internet service can slow down during the evening when more people in your area are also streaming. Congestion can also occur farther up the line when data travels though third-party networks, which can also get bogged down by traffic.

Et étonnamment, 5MBPS est l’idéal souhaitable de la haute vitesse au Canada.

Habitant en région (Lanaudière) et faisant régulièrement le tour de la province, je suis à même d’observer la déficience de nos réseaux cellulaires et services internet, surtout en région. Si vous habitez un grand centre, vous trouverez que c’est dispendieux, mais vous vous direz que les gens des régions se plaignent peut-être pour rien.

Vous trouverez ça dispendieux probablement parce que même si vous avez des réseaux cellulaires et internet potables, vous devrez payer de nombreux « extra » une fois que vous aurez atteint le maximum de téléchargement permis par le forfait de votre fournisseur. C’est ce que l’on nomme un « data cap » et le Canada, encore une fois, fait piètre figure à ce chapitre.

En conclusion de cette triste blague, je laisse la parole à la Fédération Canadienne des municipalités, tiré de leur document Broadband Access in Rural Canada: The role of connectivity in building vibrant communities.

Impeding an assessment of the state of broadband in Canada is the lack of complete data. Anecdotally, we often hear messages regarding the poor state of Internet access in Canada, particularly in rural and remote areas, while simultaneously being told that network operators are pouring billions of dollars into network improvements. Detailed information is a closely guarded secret and, the information that is publicly available is often not completely representative of the situation.

Vous pourriez aimer aussi lire:

Tiré de UnBlockCanada

Why internet upload speed in Canada lags behind world average. Source: CBC.

Canada is way below the OECD average on fibre Internet adoption. Source: OECD Communications Outlook 2013.

Canada ranks behind 33 other countries. Source: Huffington Post.

OECD Report: Canada Still Among Ten Most Expensive Countries for Broadband Internet Services. Source: Michael Geist.

Phone, Internet costs soar in Canada, StatsCan data shows. Source: Huffington Post

De mes archives:

Verizon au Canada, levée de boucliers des Telcos et des syndicats (ou pourquoi je m’en fou)

Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

Comment et pourquoi implanter un programme national de large bande

La piètre qualité des services internet québécois nuit aux exportations

Le pourquoi de la nationalisation des infrastructures numériques

Comment Poste Canada nuit au Commerce en ligne Canadien

Oui nous avons des infrastructures internet déficientes, oui nos entrepreneurs sont trop souvent imbéciles lorsque vient le temps d’être en ligne et oui la taxation que doivent collecter nos entreprises qui vendent en ligne, ne trouve aucune mesure comparable chez les commerçants étrangers qui vendent chez nous. Mais il y a encore pire. Faire livrer un produit acheter en ligne au Canada chez une entreprise Canadienne, peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que si le même produit est livré par une entreprise Chinoise, depuis la Chine.

C’est le triste constat que fait l’entrepreneur Claude Denis, PDG d’Électro-5 dans une lettre qu’il a adressé à Françoise Bertrand, Présidente du Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

On peut y lire :

Le coût de départ pour les livraisons postales, par avion, de colis de la Chine, partout au Canada ou aux États-Unis est de 5¥ (Yuan) $0,99 (CAD). Notre coût de départ, pour ce même colis et ce même service en sens inverse, est de $11.54.

Ce qui m’indigne vraiment, c’est que Postes Canada livre pour le Chinois le paquet qui lui a coûté $0.99 partout au Ca­nada quand notre coût minimum, dépendamment de la région au pays, varie de $7.80 à $11.17.
Le consommateur considère le coût de livraison dans son magasinage. Loin d’encourager l’achat local, Postes-Canada est ainsi incitatif aux achats à l’extérieur du pays.

Actuellement; c’est nous qui payons. Dans mon esprit, nos tarifs postaux sont relatifs aux coûts des opérations. Si je dois comprendre que ça coûte jusqu’à $3.37 de plus pour livrer dans une région éloignée du pays, je ne comprends pas que ça ne coûte rien de plus pour le Chinois sur son $0.99.

Je comprends par ceci que nous payons plus cher que le coût réel du service postal que nous obtenons pour combler le manque à gagner des livraisons pour les Chinois.

Méchant casse-tête…

Vous pouvez lire l’intégrale de la lettre ici

Lettre à Mme Françoise Bertrand by Michelle Blanc

Et voici une démonstration, preuve à l’appui, de comment Poste Canada a littéralement deux poids deux mesures pour les livraisons au Canada.

Démonstration de comment Poste Canada floue les entreprises Canadiennes by Michelle Blanc

Comment et pourquoi implanter un programme national de large bande

Depuis des années, je vous parle du besoin d’un plan numérique pour le Québec et le Canada. Depuis des années je mentionne que la question des infrastructures numériques est à la base de cette même planification du numérique. Or comment pouvons-nous faire ça? D’un côté, on peut nationaliser les infrastructures numériques (internet et cellulaire) comme nous l’avons déjà fait pour l’électricité et à l’autre extrême, on peut financer les Telcos pour qu’enfin elles donnent accès à ses services aux régions. Et entre les deux, on peut faire l’un des fameux PPP (partenariat public-privé). Mais qu’ont fait les autres états? Qu’est-ce qui fonctionne? Que devrions-nous faire? C’est la question que pose le document Benchmarking 15 national broadband plans de Cullen International (financé par Erickson).

Les constats de Cullen international (librement adaptée)

Un plan de large bande ambitieux a plus de chance d’avoir de l’impact. Une cible très élevée peut être inspirante (même si les réalisations concrètes peuvent être moindres que l’objectif initial, le changement sera néanmoins significatif)

L’ambition du plan de large bande doit être étendue et avoir une portée. Plus l’envergure de ce plan sera large, plus il risque d’avoir un impact important sur l’économie nationale et la société

Aucun des constats précédents n’aura d’importance (aussi ambitieux qu’ils puissent être) si les cibles à atteindre n’ont pas été définies clairement avec un plan robuste et une organisation efficace devant en assurer son implantation, sa surveillance et son succès.

Pourquoi avoir plan de développement de large bande? Pour créer de l’emploi et de la richesse

Dans le chapitre Convergent Objectives, Divergent Strategies: A Taxonomy of National Broadband and ICT Plans, (adaptée librement) on présente que la rationalité derrière la croissance de l’adoption et de l’expansion d’une infrastructure nationale de large bande, a des effets à court et long terme. Pour le court terme, la construction du réseau stimule les économies locales par l’embauche de travailleur et l’achat de matériel. Pour le long terme, c’est l’effet réseau créé par les infrastructures à large bande )une fois installées) qui créera un impact économique sur les autres industries non reliées aux télécoms? Plusieurs études confirment ceci :

Several studies have identified short-term employment effects stemming from (1) direct labor employed to build broadband infrastructure and (2) indirect and induced jobs that are created by suppliers and services supporting the construction activity. One review of six studies that estimate various employment impacts suggests that, on average, 1.56 direct and indirect jobs result per employment opportunity focused on broadband network construction; this figure rises to 2.78 for direct, indirect, and induced jobs created.

In the long term, business utilization of broadband can result in network effects and gains in productivity. In the United States, the employment impacts caused by network effects are estimated to be 1.17 jobs per direct and indirect job. Recent research by Qiang and Xu at the World Bank examined cross-country time-series and firm-level data; they determine that broadband has “longterm effects on growth, and contributes to the growth of a number of non-telecom industries, especially high-tech industries.”


Comment financer ça

Dans le document du Groupe de travail n° 2 sur la concurrence et la réglementation de l’OCDE, SYNTHÈSE DE LA TABLE RONDE SUR LE FINANCEMENT DU DÉPLOIEMENT DES RÉSEAUX HAUT DÉBIT on peut lire :

(1)La couverture nationale en haut débit est perçue comme essentielle pour le développement économique et social d’un pays. L’accès au haut débit sur la totalité du territoire est donc au cœur de l’agenda numérique et du plan national pour le haut débit de nombreux pays, membres de l’OCDE ou non.

(2) Le déploiement de la fibre optique pour offrir un service haut débit n’est commercialement viable que dans les zones très densément peuplées et à revenu élevé. Il est donc probable que déployer la fibre à l’échelle nationale nécessitera un financement public sous une forme ou une autre. Les pays doivent donc aujourd’hui trouver le moyen de garantir le déploiement du haut débit sur la totalité de leur territoire tout en préservant les incitations à l’investissement privé.

(3) Avec l’évolution technologique, il pourrait devenir moins coûteux de proposer un accès haut débit également dans les zones isolées et/ou moins densément peuplées. Cela signifie que les subventions et autres types d’aides d’État visant à favoriser le déploiement du haut débit pourraient ne plus être une condition nécessaire pour atteindre les objectifs fixés dans les plans nationaux pour le haut débit et les agendas numériques des pays.

(4) La concurrence au niveau des infrastructures devrait être meilleure pour le marché qu’une configuration à un seul réseau. Néanmoins, la présence de plusieurs infrastructures peut, dans de nombreux cas, s’avérer n’être pas rentable.

Par ailleurs, on y apprend aussi que pour les zones de faible densité de population :

Dans les zones où la demande est faible, l’implication d’investisseurs privés dans le déploiement du haut débit est peu probable. Pour veiller à ce que ces zones ne soient pas oubliées, d’autres formes de financement sont donc utilisées :
• subventions directes (dans l’UE, aux États-Unis et au Chili par exemple) ;
• subventions indirectes, telles que les taux d’intérêts favorables ou les avantages fiscaux (au Japon par exemple) ;
• partenariats public-privé (au Mexique ; cette option est également envisagée en Italie), et
• réseaux (de gros) construits avec des fonds publics (en Australie par exemple).

Tout ça pour vous dire qu’à la lecture de ce billet, vous ne pouvez que conclure qu’à chaque mois qui passe, le Canada et le Québec prennent de plus en plus de retard pour se positionner convenablement dans cette nouvelle économie dont l’autoroute sera numérique et que justement, cette autoroute est ce que l’on nomme la large bande. Plus nous attendrons avant de nous doter collectivement de ces infrastructures ESSENTIELLES pour le développement économique de notre pays, moins bien nous serons positionnés pour concurrencer les autres états dans cette révolution pour laquelle nous sommes déjà en retard. Durant le temps qu’on s’obstine pour savoir quoi faire avec Uber, 60% de notre commerce en ligne (consommateur) sort déjà du pays et une fois qu’on se sera décidé sur le comment on se dote d’une infrastructure, il faudra toujours la construire. Nous en avons pour plusieurs années et par rapport aux pays européens qui sont déjà en retard sur la Corée du Sud, on peut lire dans ce même document :

Par exemple, l’agenda numérique de la Commission européenne prévoit que 100 % de la population de chaque pays européen ait accès à l’internet à une vitesse d’au moins 30 Mbit/s dès 2013 avec des connexions internet de plus de 100 Mbit/s pour au moins 50 % des ménages d’ici à 2020.

Comme le disait notre premier ministre Trudeau dans un autre dossier «  Parce que nous sommes en 2015 »… mettons.

Un questionnaire inédit qui force l’introspection

Cette semaine, j’irai à un événement de réseautage particulier dont je ne peux dévoiler la teneur ou le lieu. Or, on demande aux invités (dont je fais partir) de répondre au questionnaire qui suit. J’ai trouvé l’exercice particulièrement intéressant et avec la permission de l’auteur du questionnaire (qui préfère garder son anonymat), je vous partage ici les questions (en gras) et mes réponses…

Le but de ce questionnaire étant de susciter des questions des autres convives qui seront présents, je trouve qu’il s’avère aussi être un exercice d’introspection drôlement pertinent et qu’il me révèle à vous, chers lecteurs, d’une manière inédite…

D’abord, DEUX QUESTIONS OBLIGATOIRES :

Je m’appelle Michelle Blanc
Je suis/je fais [occupation] Consultante conférencière et auteure en stratégie web, commerce en ligne et médias sociaux

Puis, SEPT QUESTIONS à répondre, ou énoncés à compléter, AU CHOIX, parmi les suivants :

  • Je suis une fan fini de Outlander
  • À l’intérieur des cinq prochaines années, je veux finir de payer ma maison dans l’bois
  • Je crois mordicus que/à le Québec et le Canada sont en retard sur la création d’un plan numérique pour l’évolution de notre avenir économique
  • Par les temps qui courent, j’ai besoin de vacances
  • La job la plus weird de mon cv : buss-boy dans un bar topless
  • J’ai tendance à me désoler de plus en plus de notre inaptitude collective à penser et agir sur le long terme
  • J’ai pas le guts de voyager dans plusieurs pays où ma sécurité serait gravement mise en jeu
  • Ma passion numéro un : relaxer sur mon ponton
  • En 2002, je démarrais Adviso Conseil que j’ai dû vendre après avoir reçu un shotgun
  • Si je ne faisais pas [ce que je fais dans la vie], je [ce que je ferais/aurais envie de faire] de l’ébénisterie
  • Je ressens une grande fierté d’avoir sauvé des vies en parlant de mon histoire et en ayant fait une transition sous les yeux des médias
  • Quand j’aurai 50 ans, j’ai passé ce cap et travaillerais jusqu’à 70
  • Dans ma ville d’origine, j’ai toujours le mottons en songeant aux portes de ma famille qui me sont définitivement fermées
  • J’ai longtemps pensé que nous ne passerions pas le cap de l’an 2000
  • J’aimerais souper en tête à tête avec le Dalaï-Lama
  • Ces temps-ci, je pense à la santé de mon amour
  • Ma mère est l’une des personnes que j’ai le plus admirées
  • Le film « the party » avec Peter Sellers me fait vraiment beaucoup rire
  • Je vendrais tout si je n’avais pas le choix
  • Si je devenais premier ministre,je ferais un plan numérique, je nationaliserais les infrastructures internet et cellulaires, je développerais une stratégie pour vendre de l’eau, je développerais une stratégie de « voutes de données » enfoui sous le bouclier canadien
  • Je n’ai aucune pitié pour les trolls
  • Le plus beau moment de ma vie à ce jour : à ma sortie de vaginoplastie
  • On m’offre une job à [ville] / chez [entreprise] : j’y fonce demain! à l’ONU ou l’OCDE
  • Je suis à deux doigts de faire les démarches pour devenir sénatrice
  • J’ai de plus en plus peur de mourir assassinée
  • Ma vie a pris une autre tournure quand j’ai rencontré la femme de ma vie avec qui je suis toujours
  • Dans les dix dernières années, j’ai appris à me défaire de mes préjugés
  • La dernière fois que j’ai pleuré, je m’inquiétais pour le cancer de mon amour
  • Si on ne me donnait plus que 30 jours à vivre, j’écrirais un livre sur les dangers des religions