Ces entrepreneurs qui croient faire une bonne affaire en payant pour la promotion de leurs contenus sur Facebook

C’est via un statut Google+ du pote Philippe Martin que j’ai pris connaissance de l’article de webmarketing-com.com, Pourquoi vous ne devriez PAS promouvoir votre page Facebook. J’ai moi-même déjà écrit sensiblement la même chose en 2015 Comment payer Facebook pour être de moins en moins visible. La tristesse avec ce sujet est que soit les gestionnaires ne nous lisent pas ou pire, qu’ils ne comprennent pas qu’ils tirent « littéralement » leur argent pas la fenêtre. Chez webmarketing-com.com on peut lire :

Facebook est avant tout un réseau social où on se divertit, pas un marché.
Reprenons notre histoire. Ayant constaté une corrélation positive entre le nombre total de mentions J’aime sur sa page et la portée organique de page, Neil Patel a investi dans la publicité pour :
• Avoir plus de fans ;
• Et donc augmenter la portée naturelle de sa page Facebook.
Au total, il a investi 400 000$ en publicité Facebook (booster ses posts, lancer des campagnes de mentions j’aime) et possède maintenant 900 000 fans sur sa page.
Au début, ses efforts ont payé.
La portée organique naturelle de sa page a fortement augmenté. Neil explique qu’il avait 240 000 visiteurs sur son site web provenant de sa page Facebook rien qu’en publiant ses derniers articles sur sa page.

6_Pointless_Marketing_Metrics_to_Avoid_at_All_Costs
Source : neilpatel.com
La suite de la courbe :

6_Pointless_Marketing_Metrics_to_Avoid_at_All_Costs-1
Source : neilpatel.com
Pour reprendre les mots de Neil : les fans sur Facebook et les mentions J’aime finissent par perdre leur valeur avec les changements perpétuels de l’algorithme de Facebook.
En gros, plus il avait de fans sur sa page et plus la portée organique de ses publications diminuait. Avoir 900 000 fans avait moins de valeur qu’en avoir 100 000 !
Donc si un marketeur aussi fort que Neil a dépensé 400 000$ pour au final avoir une portée naturelle encore plus basse au final, alors ne faisons pas la même erreur !
Retenez ceci : L’algorithme de Facebook joue en votre défaveur. Facebook veut que vous fassiez de la publicité !

Moi-même je disais

Payer pour être invisible sur Facebook
Toute chose étant égale, le Edge Rank calcule le ratio nombre de fans/nombre d’interactions des fans afin de déterminer quels contenus seront visibles sur l’accueil des usagers. Plus vous augmentez votre nombre de fans, moins le ratio d’interactions sera grand donc moins vous serez visibles dans l’accueil des usagers.
En d’autres mots (ceux de Techcrunch)

In other, hopefully less confusing words, an Object is more likely to show up in your News Feed if people you know have been interacting with it recently. That really isn’t particularly surprising. Neither is the resulting message to developers: if you want your posts to show up in News Feed, make sure people will actually want to interact with them.

L’ironie de l’incompréhension

Ce matin j’ai discuté avec un de mes clients qui m’informe que l’entreprise a décidé de payer une agence pour faire la promotion de leurs contenus Facebook. Je faisais un retour avec lui, sur une rencontre d’il y a deux semaines à propos du marketing de contenu. Cette entreprise est positionnée avec des produits pour une niche très spécifique avec une clientèle particulièrement bien définie qui de surcroit, se regroupe déjà à travers des « clubs de passionnés » à la grandeur du Pays. Mais l’un des nouveaux jeunes employés, diplômé depuis un an d’une grande école de commerce française, prétend que le référencement est mort et que Facebook est la voie de la conversion.

De plus, lors de nos conversations, les gens de l’entreprise réalisent que le marketing de contenu c’est du travail. C’est beaucoup de travail. Par contre, peu d’organisation réalise qu’une portion importante du travail est déjà fait et qu’elle dort dans les serveurs de l’entreprise. Ils ont déjà des masses d’informations qu’ils croient à tort, d’aucun intérêt pour l’externe. En outre, si chaque employé est habilité à devenir un créateur de contenu une fois de temps en temps, la roue tournera d’autant plus rapidement. De surcroit, il y a une pérennité à investir dans du contenu original en ligne puisqu’il persistera à exister contrairement à la pub qui disparaît une fois l’argent dépensé. Mais bon, payer pour faire faire du travail par d’autres en se croisant les doigts, c’est la facilité. D’ailleurs, si on prend $100 000 en publicité, une fois qu’elle est apparue, elle fera partie de nos souvenirs (si elle a été vue parce que de plus en plus de gens font de l’aveuglement volontaire aux publicités ou qu’ils utilisent des bloqueurs de publicité). Par contre, si vous prenez le même $100 000 et que vous engagez deux rédacteurs professionnels qui vous font des contenus durant un an, ces contenus seront toujours en ligne, améliorerons votre référencement et perdureront une fois l’argent dépensé.

Mais bon, plusieurs pro du marketing web et moi-même disons sans doute n’importe quoi alors n’hésitez pas à continuer de tirer votre argent par la fenêtre et à croire à la « magie de la facilité »…

MAJ
À lire: LES PLUS GROS MENSONGES AUTOUR DE L’INDUSTRIE DIGITALE

D’abord quand Google a permis de parier sur les noms de marque et donc d’obliger les marques à surenchérir sur leur propre marque, ce qui n’a pas de sens en réalité si ce n’est pour Google qui génère beaucoup de revenus sur ces termes.

Côté Facebook, clairement, les pages de marques ont été de vrais chevaux de Troie pour Facebook.

En jouant sur l’égo des marketers, les marques ont fait beaucoup de pub pour dire « rejoignez-nous sur Facebook » et ont ainsi crédibilisé Facebook, rendu plus populaire aussi pour finalement voir leur edgerank (capacité à toucher leurs fans) tomber à 0 si ce n’est en faisant de la publicité.

Sans parler d’Amazon bien sûr, qui est en train de lancer ses propres produits qui rentrent totalement en concurrence avec les marques.

Puis comme je le mentionne sur les médias sociaux

Observation: Ce contenu n’a pas été « sponsorisé » sur Facebook et il « cartonne » assez bien :-)

MAJ2

Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc


Note importante : Votresite.ca et Branchonslespme peuvent avoir une pertinence pour de nombreuses personnes et de nombreux clients. Il est aussi très possible que de nombreux clients soient extrêmement satisfaits des services de monsieur Charron et c’est tout à son honneur. Il y a de la place pour tout le monde sur le Web et avec tous les moyens et techniques imaginables. Moi-même j’adore manger des hot-dogs. Il y a un maudit gros marché pour ça. Cependant, je ne me fais pas croire que je mange de la gastronomie lorsque je bouffe un hot-dog.

Dans mon billet Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca, Liki.com et autres faites-le vous-même je mentionnais François Charron et « ses bébés » Votresite.ca et Branchonslespme. Ce billet se voulait générique et exposait différents problèmes inhérents aux Faites-le vous-même (FLVM). Mais monsieur Charron ne la trouve vraiment pas drôle et sur Twitter il publie :

Ma réponse au billet de @MichelleBlanc publié ce matin: Faites vos devoirs Mme Blanc!

Ce à quoi il joint l’hyperlien de son billet Faites vos devoirs svp Michelle Blanc

Je comprends que monsieur Charron se débatte comme un diable dans l’eau bénite. Après tout, il prétend que je porte ombrage à sa business. Puisqu’il m’accuse de mentir et de ne pas faire mes devoirs, je lui accorde que certains des éléments de mon billet pouvaient porter à confusion. Tous n’ont pas le même niveau de compréhension de langue et peuvent confondre générique et spécifique. Je m’en excuse, monsieur Charron. Mais tout ce qui y est écrit est strictement vrai. Question de dissiper tout doute par rapport à SA plate-forme, voici donc une analyse plus rigoureuse et SPÉCIFIQUE à ses patentes BranchonsLesPME et Votresite.ca

Comme il le dit sur son billet (qui ne peut étrangement recevoir de commentaires :-) )

Madame Blanc, vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas.
Comme on le dit à Radio-Canada, on joue à Vrai-Ment

Préambule

Ça fait des mois que je songe à faire ce billet. Je fais régulièrement le tour du Québec et à chaque arrêt, on me parle de votresite.ca et des histoires d’horreur qui l’accompagne. Or, je ne connais pas personnellement monsieur Charron. C’est un excellent entrepreneur. Il m’avait même approchée lors de la mise sur pied de son projet de Votresite.ca pour que je le cautionne, moyennant rétribution. Je lui fis part de mes questionnements quant à la pertinence de ce projet pour les gens d’affaires, notamment en termes de référencement. J’étais certaine que ce serait payant pour monsieur Charron, mais j’avais de gros doutes pour les clients. Je ne voulais vraiment pas m’impliquer dans ce projet et j’ai hésité longtemps à faire ce billet parce que même s’il n’a aucune formation en numérique, monsieur Charron a fait œuvre de vulgarisation auprès de la masse. D’ailleurs le numérique n’a pas non plus d’ordre professionnel. Ça permet donc à tout un chacun, du jour au lendemain, de se prétendre expert de n’importe quoi (petite note ici, je parle en termes génériques et je ne cible pas monsieur Charron). Ça n’aide pas non plus les entrepreneurs à prendre des décisions éclairées. Qui dit vrai et qui dit de la bullshit enrobée de beaux termes techniques que personne ne comprend? Par ailleurs, je sais que monsieur Charron est aimé (je reviens au spécifique ici), qu’il est une personnalité médiatique importante et que de traiter de lui ou de ses projets, comporte de nombreux risques. J’en ai d’ailleurs déjà fait les frais auprès de ses fans sur son mur Facebook. Mais je me dois de répondre point par point à monsieur Charron qui met en doute mon expertise et ma probité.

Mon mea culpa

La seule erreur de mon billet est d’avoir utilisé Votresite.ca dans le paragraphe :

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ».

J’aurais dû spécifier que dans les faits, il ne fait sans doute ça que pour la période dite « d’essai gratuit » de son produit. Je m’en excuse. N’empêche que pour la majorité des autres FLVM, c’est une pratique qui se poursuivra après la période d’essai.

Par ailleurs, pour les autres points soulevés par monsieur Charron, ils ne s’adressaient pas particulièrement à son entreprise, mais bien à l’ensemble de FLVM dont il fait partie. Je suis aussi fort aise d’apprendre qu’il incite les gens à acquérir leur propre nom de domaine (qu’il s’adonne aussi à vendre si le client le désire). Aussi, je trouve un peu étrange qu’il m’accuse de le mettre dans le même panier que les autres FLVM alors que lui-même, dans sa présentation PowerPoint, tout juste après avoir fait l’éloge de ses client, met dans le même panier les logos et exemples de Frank & Oak, Le Hunt Club ou Simons, ce qui pourrait laisser croire à tort, que ces entreprises sont peut-être avec Votresite. Amalgame pour amalgame et spécifique pour spécifique, je me sens tout d’un coup juste un peu moins coupable disons.

Mais pour ce qui est de son assertion, « vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas. »

Il est étrange de lire sur sa page Facebook de monsieur Charron le commentaire suivant de monsieur Frédérick Harper

où puis-je savoir que je peux transférer mon site si je ne suis pas content du service? Où puis-je lire que vous donner le code pour unlocker mon nom de domaine et me permettre d’aller dans un autre registraire? Où puis-je être renseigné et faire mes devoirs comme vous demandés, à titre juste si elle n’a effectivement pas fait ses devoirs, à madame Blanc? Je n’ai pas trouvé l’information, alors je me dis que probablement je n’ai pas bien cherché ou que cette information n’est pas disponible?

Et la réponse de François Charron

Ces infos ne sont pas publiée sur le site, mais en communiquant avec equipe@votresite.ca vous aurez tous les détails

Ha tiens! Avant d’écrire mon billet, je me devais donc de faire des recherches exhaustives sur la plate forme de monsieur Charron ou communiquer avec son équipe pour avoir des réponses? À titre de consommatrice éventuelle, je devrais me satisfaire d’infos nébuleuses et ne poser des questions que par courriel? Déjà, ça me tique un peu disons.

Les problèmes de Votresite.ca

D’abord, à la demande de monsieur Charron, j’ai en effet fouillé sa plate-forme. J’y ai découvert que pour la portion « site Web » l’entreprise de monsieur Charron utilise une version non « responsive » (donc pénalisé fortement par Google) du logiciel « Parallels Presence Builder 12.0.7 » qui a récemment été acheté par Odin et rebâti de toutes pièces. D’ailleurs, on me mentionne que certains hébergeurs qui utilisaient la même solution la mettaient gratuitement à la disposition de leurs clients. M’enfin, il faut bien que monsieur Charron vive. Pour la portion transactionnelle « boutique en ligne », renommée Shopp.it, il s’agit en fait du logiciel OpenCart qu’on ne découvre qu’en lisant le code source ou dans l’une des nombreuses lignes de sa notice légale. Lors des nombreuses présentations de monsieur Charron et sur ses PowerPoint, il mentionne très souvent que Votresite.ca est open source, mais sans dire qu’en fait, il s’agit d’OpenCart ou de Parallels Presence Builder. Opencart n’est vraiment pas un mauvais logiciel. Ce n’est pas ce que je conseillerais à mes clients, mais tous les goûts et besoins sont dans la nature. Il est totalement gratuit, mais bon, vous n’y connaissez rien et vous devrez donc payer pour le faire mettre en ligne et pourquoi pas utiliser les services de M. Charron? Certains des problèmes associés à OpenCart incluent (chez merchantmaverick.com)

• Hard to implement upgrades.
• Sporadic security issues.
• Difficult to install some themes.
• Some reports of messy code.
• Merchants are required to find website hosting.

Chez ecommerceguide.com on mentionne aussi

Not as SEO-Ready: By default, OpenCart isn’t as search engine friendly as it could be. This means it won’t be automatically performing in Google in the same way as other e-commerce sites might, and you will need to approach this issue separately to get the right results in search engines.

Donc ce n’est pas moi qui le dis.

Maintenant, je n’ai pas observé de plans de site ou de fichier Robot.txt dans le code que j’ai analysé. Ça ne veut par contre pas dire qu’il n’y sont pas. Ça veut simplement dire qu’il y a une limite à une analyse externe. Par ailleurs, certains des clients de votresite.ca qui sont dans des marchés peu achalandés, qui ont scrupuleusement activé les outils minimaux d’OpenCart en termes de référencement, peuvent en effet très bien sortir sur la première page de Google. Pour les autres, ça demeure un questionnement et dans le pire des cas, ce sera de toute évidence la faute du client lui-même à qui on dira qu’il n’a pas utilisé judicieusement toutes les fonctionnalités de l’engin, qu’il ne s’est pas appliqué à lire l’imposante documentation et en bref, que c’est de sa faute et stricte faute. Anyway, au prix que vous payez, faut pas charrier. Vous pourrez aussi très certainement faire faire la job par les très nombreux experts qui sont proposés (moyennant rétribution) sur Votresite.

Par ailleurs, le copain développeur Emmanuel Scotto me dit ceci dans ce courriel :

Boutique en ligne shop.it:
– Systeme OpenCart restylisé (http://www.opencart.com/).
– Conforme à l’adaptive design
– Conforme techniquement pour le SEO

Conclusion: Rien d’étonnant à ce que ça soit conforme: c’est juste pompé d’un logiciel open source qui est très bon à la base (opencart) et qui intègre toutes les conformités techniques du W3C. Par contre, c’est juste dommage que ça soit présenté comme « sa » solution (opencart est seulement mentionné en pied de page dans le back-office), car mise à part une modification de CSS pour le style, le coeur du système ne semble pas avoir été touché, à part un ajout pour permettre une synchronisation avec le logiciel comptable Adminico. Alors, présente-toi pas comme éditeur de solution logiciel, mais comme intégrateur de solution Opencart, à la limite. Ou il devrait le dire clairement dans son argument de vente, parce que pris comme cela, on croit vraiment que c’est lui qui a développé la solution et qu’il est éditeur.

En ce qui concerne le code HTML produit, c’est un truc craché automatiquement. Ça me fait penser à ces vieux sites faits avec Frontpage. J’ai quand même constaté un code de feuille de style CSS directement dans la page (au lieu d’être externalisé) et ça c’est pas terrible pour le concepteur que je suis, mais passons.… Je ne sais pas si Google en tient compte d’après la nouvelle politique, mais ça ne serait pas étonnant qu’ils pénalisent. D’une manière générale, le code passe correctement en code review: pas de trucs vraiment dégueulasses (ce qui est bon pour les robots Google). En ce qui concerne la conformité technique pour le SEO, on va dire que c’est correct pour les minima: les métadonnées y sont, les alt/title sur les images sont présentes en majorité (peut être des utilisateurs qui en oublient), bref, je pense que ça fait la job pour du référencement naturel de base. Pour les minimas, de mon point de vue…
Mais en étudiant le code, j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette structure et certains éléments techniques quelque part… Pareil pour les screenshots de l’application présentée: ça me dit quelque chose, je suis certain d’avoir vu ça à quelque part… Je vais essayer de regarder ça de plus près, je te reviens là-dessus au plus vite. Je ne veux pas jouer ma « langue de pute », mais je mettrais bien un petit 2 sur le fait que ce n’est pas sa solution comme ça porte à croire quand on l’écoute….

Confirmé par F.Charron, les sites produits sont « compatibles mobile, et seront adaptive design en septembre ». Donc ils ne sont pas adaptive design présentement ;) Et donc pas compatibles avec la nouvelle politique de référencement si on en croit Google (là tu es plus callée que moi). La différence technique est celle-ci: un site « compatible mobile » est une sorte de duplicata du site « normal ». Quand un utilisateur arrive sur le site à partir de son téléphone, un javascript permet le repérer et « active » une version pour mobile. C’est ce qu’on appelle du « dynamic serving »: l’url reste la même, mais le code HTML est différent suivant la plateforme.
Dans le cas d’un site adaptive/responsive design, c’est le fichier CSS de style qui permet d’adapter réellement le site aux différents formats. Dans ce cas-ci, l’url ET le code HTML restent les mêmes quelque soit la plateforme. C’est donc extrêmement important au niveau du référencement suivant la politique Google.

Voilà ce que je peux en dire rapidement. Je dirais que c’est plus un « problème » d’éthique dans son discours en ce qui me concerne. Déjà, tu ne dois pas présenter comme TA solution un logiciel qui est open source. Je ne sais pas comment est la licence d’Opencart dans le détail, mais un petit lien en back-office me semble insuffisant. Surtout, ça laisse penser au potentiel acheteur et en fait à l’ensemble des gens que tu es un éditeur de logiciel. Ce qui n’est pas le cas, et l’éditeur concepteur que je suis est un peu « choqué » par la méthode. Je voudrais aussi vraiment regarder de plus près ce qui est utilisé pour la partie site, car comme je te le disais, je suis sur à110% que c’est produit par un logiciel que j’ai déjà audité. Je vais retrouver, mais si je ne me trompe pas, et bien c’est encore plus « grave » d’un point de vue éthique, à mon sens

2e Note importante

Mes sources sont notées au fur et à mesure avec des hyperliens directs et les citations sont claires et ne sont pas une reprise des textes des autres avec une nébuleuse note de bas de page laissant croire que j’ai la science infuse et que je sais réellement tout le temps de quoi je parle ou que j’ai rêvé cette expertise durant la nuit. Je respecte assez le droit d’auteur des autres pour ne pas reprendre leurs réflexions ou les adapter de l’anglais au français sans que ce ne soit clairement indiqué. Mais bon, je suis de l’école du blogue qui cite correctement ses sources. Et ce problème de « sources nébuleuses » est endémique chez plusieurs journalistes technos. Il suffit de lire Gizmodo, Techcrunch et autre pour que ça nous saute aux yeux. M’enfin… D’ailleurs, lorsque vous trouverez un vidéo sur mon blogue, toutes les redirections vers la source n’auront pas été effacées (ce qui se nomme du video scraping) pour y mettre mon logo et inciter les gens à repartager avec mon propre code comme le fait monsieur Charron. Ce n’est pas criminel de faire du vidéo scraping ou plutôt, les juges et avocats ne s’entendent pas encore sur comment, quoi ou qui on devrait poursuivre des très nombreux sites qui font ça. Mais c’est clairement une question d’éthique douteuse de se faire du trafic et du fric avec la propriété intellectuelle des autres. Vous pouvez lire un excellent article sur le sujet chez Venturebeat, How legal is content scraping.

BranchonsLesPME

Branchonslespme est une OSBL. C’est-à-dire qu’elle ne peut pas faire de profits. Elle peut de toute évidence par contre faire de l’argent. C’est le modèle qu’utilisent certains de nos grands festivals. Nous avons donc une OSBL qui reçoit de la commandite et des subventions et de l’aide gouvernementale pour disons « inciter les PME à être en ligne ». Ce qui est très noble et louable. Simultanément à ça, vous avez une entreprise qui elle est très lucrative et qui ramasse les retombées trébuchantes et sonnantes des activités de l’OSBL. Dans ce cas-ci c’est votresite.ca. Ainsi, monsieur Charron est largement subventionné et commandité pour faire le tour de la province avec BranchonslesPME pour faire le pitch (que nous appellerons ici conférence) de Votresite.ca qui lui appartient. Monsieur Charron à l’instar de certains géants du festival, est donc un excellent entrepreneur. Je lui lève mon chapeau.

Votresite.ca

Votresite.ca est une machine à saucisse. J’aime la saucisse. Celle haut de gamme comme celle qu’on vend dans les supermarchés. Par contre, celle des supermarchés ne peut certainement pas se targuer de faire de la gastronomie. C’est un peu le reproche global que je faisais à Votresite.ca. Il est vrai comme il le prétend que vous serez en ligne. Je ne doute pas (et je n’ai jamais dit spécifiquement) qu’il tient en otage le nom de domaine de ses clients. Je reconnais que la rédaction de mon billet pouvait porter à confusion sur ce point.

La machine FrancoisCharron, Votresite.ca et autres

FrançoisCharron.com existe depuis des années. Il a joui de la visibilité à la populaire émission SalutBonjour et de redirections très avantageuses chez le défunt Canoë.ca. Déjà ça lui faisait un trafic monstre. Puis au fil des ans, il s’est spécialisé dans ce que l’on nomme le clickbait et ce bien avant les Buzzfeed de ce monde. En gros, il prend les vidéos YouTube qui ont la cote, il enlève la redirection YouTube (ou Viméo ou autre), ajoute son logo et va même jusqu’à fournir le code pour qu’on le repartage à notre tour, mais en redirigeant vers son site plutôt que vers le détenteur légitime des droits de la vidéo.

Puis il eut l’idée d’élargir son offre. Ainsi, vous pouvez acheter les services de votresite.ca et durant les premiers mois chez lui, vous ferez partie de la page des exemples qu’il propose, vous créant ainsi un afflux de visiteurs qui ne seront pas clients, mais bien d’autres entrepreneurs qui se demandent s’ils doivent eux aussi s’inscrire à Votresite.ca.

Si nous revenons à OpenCart, caché dans le code de l’une des boutiques de Votresite.ca on peut lire :

<!–
OpenCart is open source software and you are free to remove the powered by OpenCart if you want, but its generally accepted practise to make a small donation.
Please donate via PayPal to donate@opencart.com
//–>
<!– Theme created by Welford Media for OpenCart 2.0 www.welfordmedia.co.uk –>

OpenCart est gratuit (même si vous payez pour) et il est de bonne pratique d’inciter les gens à faire une donation PayPal à donate@opencart.com. Bon, c’est certainement clairement indiqué aux clients de Votresite.ca quelque part qu’ils sont incités à faire une donation à OpenCart. Je n’ai pas trouvé ça à nulle part, mais je n’ai pas fait le tour des milliers de pages de Votresite pour vérifier ça, mais bon, je vais supposer que c’est là quelque part…

À propos de son argument qu’on peut partir de chez lui comme on le veut, sur le propre mur de monsieur Charron on peut lire

Une merdouille à sortir de sortir de son machin. J’ai tenté d’aider une copine… Pas marrant et pas easy user. Semble l’être au début, mais…. Puis lié avec Google pour les email , une fortune quand on sait que l’hébergement peu être 80%moins cher ailleurs

Et

Pourtant, la dernière fois que j’ai parlé à un membre de votre personnel, il m’a bien indiqué que si je partais de chez vous, je perdais tout ce que j’aurais fait et que je devrais recommencer à neuf… À moins que vos services aient changés entre temps

Mais la palme des commentaires sur le mur de monsieur Charron revient à

Fredolini-Frederico Boris Iuliani François Charron – Page officielle Je vous invite à dégrimper des rideaux et essayer un tantinet d’être magnanime et ouvert. Je me souviens de vous avoir posé deux ou trois questions lors d’une « conférence » « gratuite » à Delson ou vous expliquiez aux entrepreneurs de se brancher. Vous m’aviez dit que j’étais beaucoup trop avancé sur le web et que votre produit s’adressait à des néophytes, ceux qui commençaient sur le web. J’ai écouté attentivement tout votre pitch de vente, puisque c’était en fait un très long infomercial culpabilisant pour promouvoir votre « solution » et non pour être objectif. C’est bien beau un obnl, mais on s’entend pour dire que la charité bien ordonnée a semblé vraiment commencer par soi-même. Un peu plus et j’aurais cru être dans le film Leap of Faith avec Steve Martin et que les guérisons miraculeuses s’en venaient après la pause! Sérieusement, je suis tout à fait d’accord avec l’affirmation que vous faites du clickbait depuis des années, avec des vidéos tirées d’autres sites web. Le seul truc, c’est qu’ils ont été vu et revus bien avant publication sur votre page. Et votre « solution » est efficace pour des TTPE, des TRÈS TRÈS PETITES ENTREPRISES, ce qui est fort louable et très utile. Mais diantre, faudrait pas faire miroiter le tout telle une annonce à la Shamwow et laisser croire que 15$/mois est le seul investissent réel.
#JustSayind

En conclusion

Pour une coiffeuse qui veut être en ligne, allez sur GooglemyBusiness et vous y serez gratuitement.

Aussi tiré du mur Facebook de monsieur Charron, le commentaire

Mathieu Dumoulin François Charron – Page officielle En défense à Michelle, votre solution est peut-être élégante mais ne remplacera jamais le travail de programmeurs, gestionnaires de produits, équipe de marketing. Il s’adresse à des pme (et pas plus que des petites entreprises a mon avis). Il est tout bonnement impossible de croire qu’un produit vendu pour 15$/mois peut faire tout ceci de la façon la plus optimale fonctionelle et donc remplacer le travail de plusieurs programmeurs, gestionnaire de projet/produit, équipe de support de réseautique, équipe de dev-ops, équipe de marketing. Rien que mon outil de gestion de projet momenteo me coute 20$ par mois. C’est un bon produit, j’en suis sur mais faut faire attention au perpétuel adage du « Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement trop beau pour être vrai! ». Belle initiative pour embarquer ceux qui n’aurait pas embarqué dans le monde du commerce en ligne mais très mauvais pour les professionnels du millieu qui eux travaillent dur à chaque jour pour faire valloir leur profession. J’ai des gens qui m’approche pour un site complêt à 500$ et c’est tout bonnement impossible et ils nous rient dans la face avec des: « Ben voyons, Wix, Liki et plein d’autre le font eux, t’est juste un arnaqueur » et c’est loin, mais très loin d’être vrai!

C’était donc l’essence même de mon précédent billet. Sur ce, la meilleure des chances è vous monsieur Charron et je suis convaincue que mon humble blogue ne détruira pas votre business. Il y a encore énormément d’entrepreneurs pour croire au Père Noël …

MAJ

(source: http://thankyoubusiness.net et merci à Louis Veillette sur Facebook pour le clin d’oeil)

Rappel aux journalistes/chroniqueurs technos qui ne citent jamais leur source: le point 3H du code déontologique http://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4 :-)

Les obligations de licence sous GPL (comme dans le cas d’une entreprise qui revend OpenCart disons) https://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_g%C3%A9n%C3%A9rale_GNU#Le_copyleft et la version GPLv3 spécifique à OpenCart 

Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca Liki.com et autres faites-le vous-même

(Mise à jour: François Charron a répliqué à ce billet Faites vos devoirs svp Mme Blanc! ce à quoi je lui ai répondu Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc)

Au tournant de 2005, les crédits d’impôt à la R ET D numérique avaient vu naître une multitude d’entrepreneurs qui avaient tous inventé le CMS (Content manager system → Gestionnaire de contenu) qui devait révolutionner la planète. Je ne me souviens plus le nombre d’entrepreneurs que j’ai rencontrés pour leur dire que leur solution existait déjà et que leur version de « faite-le vous-même » (FLVM) avec ma cochonnerie se comparait mal avec ce qui existait déjà .

Durant presque 10 ans, je voyais encore des logiciels de mise en ligne propriétaire (dont l’outil appartient au fournisseur et pour lequel le client pait en croyant avoir la propriété de son site), mais disons que le phénomène de la soi-disant « magie du facile et performant » avait pratiquement disparu. Mais depuis 2013, cette tendance au « faites-le vous-même » revient en force. C’est d’abord Wix qui a inondé Facebook de publicités faisant l’apologie de sa magie. S’en est suivi une avalanche de copycat et d’hébergeurs qui ont tous proposé de vous mettre en ligne plus facilement, rapidement et moins cher que la concurrence.

Ainsi vous avez Godaddy qui vous propose pour 2 $ par mois d’acheter votre nom de domaine et de créer et d’héberger votre site. Ils disent même :

Apprenez à créer avec une rapidité et une facilité déconcertantes un site Web grâce à notre créateur de sites Web maintes fois récompensé.

Ce qui est déconcertant est que des gens d’affaires tombent dans le panneau.

Au Québec, vous avez le même genre de situation avec François Charron qui a fait le tour du Québec avec son initiative Branchons les PME et durant laquelle il vantait les mérites d’être sur sa propre plate-forme Votresite.ca. De même, lors d’un récent reportage de RDI économie on vous présentait l’autre bouton à quatre trous, Liki.com, sur lequel vous pourriez faire un site web transactionnel en moins d’une heure.

En fait ils ont tous raison. Ils disent la vérité lorsqu’ils prétendent que vous pouvez être en ligne rapidement et à peu de frais (quoique cela soit très relatif puisque les coûts afférents s’additionnent très rapidement). Cependant, le serez-vous efficacement et avec des résultats et de la visibilité? Là est toute la question. Ce n’est pas parce que vous achetez un encadré dans le feuillet paroissial que vous pouvez vous targuer de faire de la publicité…

Avant d’illustrer les nombreux problèmes de ces différentes plates-formes, je souligne quelques points positifs que je leur trouve. Tout d’abord, vous aurez certainement un sentiment de réalisation personnelle et la fierté d’avoir fait vous-même votre site web. C’est déjà ça. Par ailleurs, si on vous cherche par votre nom, il y a de fortes chances que l’on vous trouve. Mais dans ce cas, on ne parle certainement pas d’acquisition de clients. Si on vous cherche par votre nom, c’est qu’on vous connait déjà. Mais vous pourriez avoir exactement le même résultat, et ce tout à fait gratuitement. En effet, GoogleMyBusiness vous donnera le même résultat et vous n’avez qu’à vous y inscrire et à vous monter un profil. Vous pourrez y ajouter des photos et des textes, tout comme ces plates-formes vous le proposent. De surcroit, depuis maintenant quelques mois, ces présences GooglemyBusiness se classent même avant ceux des pages jaunes qui sont pourtant payantes, pour des requêtes génériques comme « plombier à Verdun ». Ce qui risque d’être drôlement difficile à faire (voire impossible) avec les plates-formes présentées plus haut.

Les nombreux problèmes des faites-le vous-même

Une limite de thèmes sans originalité

En affaire et surtout en commerce de détail, votre brand et votre personnalité ont de l’importance. Avec les « faites-le vous même » vous aurez le même look que des milliers d’autres sites. D’ailleurs, vous choisirez probablement le thème qu’offre le FLVM que vous trouvez le plus beau. Il y a de fortes chances que tous ceux qui sont avec ce même FLVM, choisissent aussi le même thème. Difficile de se démarquer dans ce contexte.


Un référencement médiocre voire, inexistant

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ». Par ailleurs, en octobre dernier, les sites de la populaire plate-forme Wix étaient éjectés de Google. Déjà qu’ils n’y figuraient pas très bien. Aussi, la majorité des sites fait avec les FLVM (voir la totalité) ne sont pas « web responsive » c’est-à-dire qu’il ne s’ajuste pas aux téléphones mobiles et aux tablettes. Google pénalise très fortement les sites qui ne sont pas adaptés aux mobiles dans son algorithme de recherche.

Les options et outils de référencement et les outils statistiques y seront minimaux, voire inexistants. Ce dernier point est probablement bénéfique. Dans le fond, il est peut-être mieux pour votre égo de ne pas savoir à quel point personne ne visitera votre site.

Le hold-up possible de votre nom de domaine

L’un de mes clients a fait affaire avec l’un de ces FLVM et après une expérience difficile et peu productive, décida de faire construire son site et de s’héberger lui même. Malheureusement son fournisseur ne voulait pas lui redonner son nom de domaine hors de sa plate-forme.

Vous n’êtes pas chez vous

La pérennité de votre investissement internet et marketing est entre les mains de quelqu’un d’autre qui peut, sans préavis fermer, être vendu ou décider que votre site, votre boutique ou vos contenus ne répondent plus à leur politique d’utilisation. Tout comme je le dis souvent pour les gens qui sont sur Facebook, vous n’êtes pas propriétaire, vous êtes locataire avec tous les inconvénients que cela comporte. Aussi, si un jour vous décidiez d’avoir votre propre site web, vous pourriez perdre une partie importante, voir la totalité, des efforts et des coûts associés à l’investissement FLVM que vous aurez faits.

Si vous avez la chance extraordinaire d’avoir une base de données client avec ces outils (ce qui dans la majorité des cas est impossible), cette base de donnée confidentielle et dont vous être légalement responsable, sera aussi partagé avec l’entreprise qui vous fournit le FLVM et pour laquelle vous n’avez aucun contrôle. Songez aussi que lorsqu’il est temps de vendre votre entreprise, la base de donnée client est l’un des actifs potentiellement très lucratifs de votre entreprise. Avec ces outils vous n’en aurez pas le contrôle ou pire, vous n’en aurez tout simplement pas.

Le Web c’est votre présence à la face du monde

Avant d’être en ligne, il est des questions primordiales comme « pourquoi y être »? En fonction de vos réponses, vous aurez à déterminer des mesures de rendement de vos efforts et investissements. Voulez-vous recruter, vendre, communiquer, influencer, faire des relations publiques ou autre? Est-ce que ces objectifs d’affaires peuvent évoluer dans le temps? Voudrez-vous ajouter des fonctionnalités au fil des mois? Ne serait-ce que de faire un simple sondage auprès de votre clientèle? Toutes ces questions cruciales risquent de trouver des réponses très décevantes.

Dans la vie, il n’y a pas de magie et lorsqu’il y en a, on appelle ça aussi de l’illusion. Pour avoir des résultats, il faut une vision, des objectifs, du travail et de l’investissement. Si faire un site web est si facile, il y a de fortes chances que de vous trouver sur le web sera par contre une tâche impossible…

Ce billet est la suite de Les magasins de vente au détail vivent ce qu’ont vécue les agences de voyages il y a dix ans

MAJ
Je viens d’apprendre à l’instant (via un statut Facebook de l’agence Nubee) que le bouton à quatre trous dont je vous parle dans ce billet, Liki.com, annonce la fermeture de sa plate-forme le 2 juillet prochain. Lorsque je vous disais que vous n’êtes pas chez vous…

Les magasins de vente au détail vivent ce qu’ont vécue les agences de voyages il y a dix ans

Depuis de nombreux mois, les fermetures de chaînes de magasins de vente au détail se succèdent. Plusieurs petits magasins ferment aussi. On croirait à une épidémie. En fait, le commerce de détail est en transformation majeure sous la pression de nombreux facteurs. Il y a certainement les transformations induites par les Power Center, la dévitalisation des centres-ville, le coût des stationnements en ville versus la gratuité des centres d’achat et des 10X30 de ce monde. Mais il y a aussi et surtout, l’arrivée des commerces en ligne. Comme je ne suis plus jeune, j’y étais lors de la transformation majeure de l’industrie du voyage. D’ailleurs, il y a plus de 10 ans, (alors que j’étais associée fondatrice d’Adviso Conseil et que je me nommais Michel Leblanc) nous avions publié plusieurs études avec la Chaire de commerce électronique RBC Groupe financier portant justement sur le commerce de détail en ligne et le tourisme en ligne.

Les agences de voyages qui vendaient des aller-retour Montréal-Toronto sont toutes fermées aujourd’hui. Pourtant, plusieurs autres existent toujours. Elles ont ceci de particulier que pour la plupart d’elles, elles sont en ligne, ont des niches particulières (voyages de groupe, pas cher, découverte des vins, tournée des châteaux, etc.) ou se spécialisent en voyages complexes dont les infos ne sont pas disponibles en lignes (comme faire un safari en jeep au pied de l’Himalaya).

Pour les commerces de détail, certains auront l’avantage de jouir encore un certain temps d’un besoin de proximité, d’urgence, d’accessibilité ou d’expérience. D’acheter sa pinte de lait en ligne n’est pas encore dans nos habitudes, même s’il est possible que ça puisse changer. Aussi, lors d’un bris de plomberie, on ne commandera pas la pièce de remplacement en ligne, mais pour refaire sa salle de bain et remplacer sa baignoire, on a de fortes chances de le faire. Ainsi, en fonction de la nature même du produit de consommation, de sa valeur et de différents autres critères, l’achat en ligne se fera beaucoup plus rapidement qu’on peut le croire. Il suffit de songer qu’après les livres, l’électronique, les produits de jardinages et outils, Amazon veut désormais se positionner dans la mode et l’épicerie en ligne.

Plusieurs détaillants souffrent de toute évidence d’aveuglement volontaire. Les agents de voyages aussi riaient du Web. Certains autres ont tenté des expériences malheureuses en ligne. D’autres, croient aux belles promesses de la facilité du genre « créer votre boutique en ligne en moins d’une heure » tel qu’il était présenté lors d’un récent reportage « spécial commerce en ligne de RDI économie » ou comme on l’a fait valoir à la grandeur du Québec avec l’initiative Branchons Les PME de François Charrron et de son bouton à quatre trous Votresite.ca. Bien certainement ces diverses solutions vous permettront d’être facilement en ligne. Mais de là à ce qu’elles vous fassent vendre, il y a un méchant pas que vous ne risquez pas de franchir avec ça. Le gros avantage de ces solutions est d’avoir réveillé bien des entrepreneurs. Mais pour réellement avoir une présence signifiante et pouvoir vendre en ligne, ça prend pas mal plus qu’une session intensive de Monsieur Charron qui vante les mérites de sa plate-forme. Ça ne prend pas non plus des centaines de milliers de dollars (quoi que tout étant relatif et pour certaines chaînes de détails ça pourrait même être plusieurs millions de dollars) mais disons qu’il faut avoir un milieu. Pour faire une image, vous pouvez prendre la boîte de carton d’un réfrigérateur, la mettre sur le bord de la rue et écrire dessus « magasin maintenant ouvert », à part vendre de la limonade à vos voisins immédiats à 50 sous le verre, vous ne ferez pas un gros tabac…

Dans un prochain billet, je vous expliquerai pourquoi Wix, Goddady, web.com, Votresite.ca et autres boutons à quatre trous, c’est comme faire de la publicité dans un feuillet paroissial en ayant l’impression d’être vu par le monde entier …

MAJ
La suite de ce billet est: Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca Liki.com et autres faites-le vous-même

La piètre qualité des services internet québécois nuit aux exportations

J’ai passé les dernières semaines en région. Non je n’étais pas à Kujuak, mais ça aurait certainement été mieux puisqu’étonnamment, le Grand Nord aura des services internet de meilleure qualité que les régions mitoyennes aux grands centres. Toujours est-il que j’ai rencontré ou travaillé avec des hôteliers, des manufacturiers, des producteurs laitier et fromager émérites, des détaillants ou des pourvoiries de l’Estrie, des Laurentides ou de Lanaudière. Tous, sans exception, ont de méchants problèmes de connectivité internet. Tous paient très cher pour un service médiocre. Tous veulent vendre en ligne, mais ne peuvent que très difficilement le faire. Le réseau internet est trop poche.

Ce matin j’étais avec un entrepreneur touristique dont le marché principal est en France. C’est le propriétaire d’une pourvoirie haut de gamme. Ces clients, majoritairement français, achètent ses services depuis son site qui est hébergé en France. Mais pour se brancher à celui-ci depuis ses installations de Ferme-Neuve, c’est l’enfer. Heureusement qu’il y a encore le téléphone, des grossistes et des transporteurs aériens qui peuvent temporiser son manque de connexion Internet et parler et vendre à ses clients à sa place. Tout comme moi qui ne suis qu’à 100km de Montréal, le seul fournisseur disponible est le fameux Xplornet … du Nouveau-Brunswick. L’Internet Satellite à soi-disant 10MBPS pour un prix de fou. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’internet avec les petites criss de soucoupes sur le toit des habitations ou dans des poteaux (prononcer pôto puisque je viens de Québec :-) ) comme celui que je me suis fait installé pour la modique somme de 500 $. C’était ça ou je devais faire couper une dizaine de pins centenaires pour avoir un signal. Toujours est-il que lorsque ça marche, c’est poche et s’il neige, grêle ou s’il pleut trop fort, plus de signal du tout. D’ailleurs, je me suis patenté un balai télescopique de 16,5 pieds strictement pour enlever la neige qui se dépose sur cette soucoupe. Je suis chanceuse, ça pourrait être sur le toit et là, monter sur le toit à chaque fois qu’il neige juste pour pouvoir profiter d’un signal minable, ce n’est pas le Pérou (qui eux par contre, jouissent d’un service internet même dans les coins les plus reculés).

Nous discutions de ce problème majeur et il me disait que lorsque les Touristes Français débarquent et qu’ils sont plus que deux à vouloir se servir d’internet pour raconter à leur pote d’outre-Atlantique à quel point leur voyage est extraordinaire, et ainsi les inciter à venir faire un tour eux aussi, 5MBPS divisé entre 10 personnes, oubliez ça. Votre page Facebook ne s’affiche même pas. Vous pouvez toujours envoyer un courriel qui prendra 10 minutes à s’envoyer si vous n’y ajoutez pas une seule photo. Skype, Facebook messenger, Facetime, instagram et autre, impossibles. Je lui disais qu’il pourrait toujours s’installer une dizaine de soucoupe et de modems avec la dizaine de comptes pour chacun d’eux, mais on parle ici de plusieurs milliers de dollars par mois pour un service par usager pire que la basse vitesse à Montréal. C’est, disons, surréaliste.

Lorsque je parle à des détaillants, je leur explique qu’il faut que leur site soit « responsive », c’est-à-dire qu’il s’adapte aux écrans mobiles. Mais ils ne le feront pas pour leurs clients qui ont des connexions sans fil déficientes dans leur coin. Ils le feront juste pour ne pas être pénalisés par Google et son algorithme de classement des sites web. Je parle aussi à une dame propriétaire d’une entreprise manufacturière qui vend à la grandeur de l’Amérique. Elle le fait au téléphone. Elle a bien un site web, mais pour le transactionnel, faut oublier ça. Elle ne pourrait que très difficilement recevoir ses commandes. Elle pourrait par contre s’ouvrir un bureau à Montréal, strictement pour prendre ses commandes internet et se les transférer par fax en Estrie. C’est bien beau de dire aux entrepreneurs qu’ils se doivent d’être en ligne, qu’en Chine 8 millions d’entreprises vendent en ligne dans 120 pays, ici au Québec, si on n’est pas à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau ou Trois-Rivière, juste à 20 km de ces villes, c’est le Nouveau-Brunswick notre seul fournisseur* (Xplornet) avec un service qui ferait faire une dépression à un entrepreneur Chinois ou Péruvien…

*Note: Chez moi, Bell Canada est aussi disponible avec son Turbo Hub 3G (Internet sur ondes cellulaires) mais les prix sont si prohibitifs pour la bande passante, qu’en contexte d’affaires, ça en devient d’un ridicule à peine consommé… Et faut-il que les ondes cellulaires se rendent, ce qui très souvent n’est pas le cas. Chez moi, j’ai dû ajouter un « booster » (de modèle ZBoost) de signal cellulaire, juste pour recevoir un signal correct…

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Nous ne sommes pas tous égaux devant Google et les arnaques de référencement

Quelques arnaques de référencement

Il m’arrive d’entendre à la radio la pub d’un fournisseur de référencement qui se vante que 97 % de ses clients arrivent sur la 1re page de Google. La pub ne dit cependant pas pour quelle requête. La semaine dernière, lors de mes ateliers avec le CEGEP de Sherbrooke, j’ai aussi rencontré une femme d’affaires qui me dit qu’elle payait l’un de ses fournisseurs pour qu’il fasse des « vagues de référencement ». Comme après 15 ans de consultation web je n’ai jamais entendu ce terme je lui demande:

Mais qu’est-ce qu’une vague de référencement?
Elle ne sait pas
Qu’est-ce qui est référencé?
Elle ne sait pas non plus
Pour quelle requête êtes-vous mieux positionné?
Aucune idée
Comment vos statistiques ont-elles augmenté?

Rendu là elle était rouge comme une tomate et me dit que c’est pourquoi ils venaient suivre mes ateliers.

La semaine dernière aussi, un autre entrepreneur me demanda conseil à propos de son contrat de 10 000 $ pour du référencement. Ses statistiques n’ont pas bougé et il pense bien s’être fait avoir. Je lui demande de m’envoyer le contrat de son fournisseur.

Son fournisseur lui facture donc :

  • Orientation stratégique 1,154.25 $
    • Planification
  • Création d’un blogue dans sa plateforme Drupal 5,130 $
  • Référencement payant 2,965 $
    • OPTIMISATION DE VOS CAMPAGNES
    • CONCEPTION ET PROGRAMMATION D’UNE PAGE D’ATTERRISSAGE
    • SUIVI ET OPTIMISATION
  • Référencement social 1,420 $
    • Ajouter des fonctionnalités sociales dans votre site Web
  • ACCOMPAGNEMENT STRATÉGIQUE 3,080 $

Pour un total de 13 749,25 $ + taxes, il va s’en dire. Mais ce fournisseur n’est vraiment pas dispendieux. Le taux horaire n’est que de 90 $ à 110 $ de l’heure…

Le document du fournisseur s’intitule OPTIMISATION ET ATTRACTION DE VOTRE SITE WEB. De surcroît, les activités de référencement payant n’incluent pas les budgets de placement de publicité à être payés à Google et Facebook.

Tout d’abord, le site au complet du client, s’il avait été fait à partir de WordPress, comme il n’est qu’informationnel, couterait très probablement le 5,130 $. Le plugiciel Sharethis que le fournisseur facture 1,420 $ prend un gros 5 minutes à intégrer dans WordPress et est déjà développé. Finalement, je ne vois rien dans cette proposition qui soit du référencement naturel. C’est pourtant la nette impression qu’a l’entrepreneur qui a payé pour ça. Les deux bras me tombent. Bien certainement qu’on parle de référencement payant (qui est en fait beaucoup plus du positionnement payant que du référencement, mais enfin…) et qu’on équipe le client avec des fonctionnalités sociales, mais la question qui tue, pourquoi cette entreprise qui a fait le site Web dès le départ, n’a pas installé tout ça dès le départ? Pourquoi lui facturer un 13K$ de plus, pour ce qui va de soit en lui faisant croire que c’est du référencement? Qui plus est, le blogue que l’entreprise a facturé 5000 $ à l’entrepreneur est hébergé chez WordPress.com (ce qui est gratuit) avec une adresse XYZ.wordpress.com qui redirige par la suite vers une URL complètement différente de celui du client. On s’entend que comme spécialiste de référencement, ou de la mise en place de WordPress.org, le fournisseur n’est pas un cent watts en plus d’être un crosseur…

Nous ne sommes pas tous égaux devant Google

Par ailleurs, en fonction de votre champ d’activités, vous ne serez vraiment pas égale à un autre entrepreneur qui travaille dans un autre domaine. Voici un exemple pour que vous compreniez de quoi je parle. Disons que vous êtes un détaillant de brassière. Au moment d’écrire ces lignes, il y a 435 000 résultats pour la requête brassiere et pour magasin de brassiere a montreal 38 600 résultats. Comparons ça maintenant à broches orthodontique 46 100 résultats ou encore manufacturier de broches orthodontique 11 200 résultats. Vous comprenez donc qu’avant même de débuter une réflexion référencement, l’un des entrepreneurs aura 10 fois plus de travail que l’autre, strictement parce qu’il offre un produit ou un service qui est dans un marché extrêmement cherché ou compétitif. Et là, ce n’est que le début du début. Si en plus, votre fournisseur nomme les onglets de votre site « produit », « service » ou « notre équipe », disons qu’avant qu’on trouve votre produit ou service spécifique, il risque d’y avoir du travail à faire. En terminant, l’autre qui se vante à la radio de classer 97 % de ses clients en première page, le fait sans doute avec le nom de commerce de ses clients. Si on ne vous trouve pas avec votre propre nom d’entreprise sur la première page, sans même avoir fait de référencement, il y a déjà un méchant problème. Aussi, si les gens vous trouvent avec votre nom, ce n’est pas de l’acquisition de client, c’est de la rétention. Si on vous cherche par votre nom, on vous connait déjà…

MAJ
Conseil aux entrepreneurs qui ne connaissent rien au Web

Certaines personnes aiment se donner une aura de respectabilité en parlant en jargon aux clients ou même en s’inventant des expressions que seuls eux comprennent (comme vague de référencement). Si votre fournisseur ne peut pas vous expliquer en terme clair ce qu’il vous facture et les résultats escomptés, oubliez-le. Oui le Web regorge de termes techniques, mais un expert arrive facilement à simplifier tout ça. Aussi n’hésitez pas à vérifier les dires et à observer les présences web et les recommandations des fournisseurs éventuels. Ça me rappelle une dame qui allait donner une conférence « l’art d’être efficace sur Twitter » et elle n’avait que 300 personnes qui la suivaient sur son propre compte. Il me semble qu’il doit y avoir des lumières qui s’allument dans la tête d’un entrepreneur…

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Dialogue en ligne, ce n’est pas donné à tous

C’est en lisant le billet de Fabien Loszach, Dialogue en ligne : la fin d’une utopie ? du blogue du Fond des médias du Canada (client), que je réalise qu’on peut prendre des faits, qui sans perspective historique ou analyse approfondie, nous font faire des constats qui ne sont peut-être pas les bons. Ainsi, on peut y lire :

Interaction en baisse entre les internautes et les marques, difficulté pour ces dernières à engager une conversation en ligne, fermeture des espaces de commentaires sur les sites de nouvelles… En 2016, l’utopie conversationnelle que promettait le Web social a de plus en plus de mal à répondre à ses promesses.

(…)

Au tournant des années 2010, les gourous du marketing social piochent aux sources de l’utopie numérique pour annoncer la révolution communicationnelle 2.0 — une révolution devant permettre de ne plus seulement envoyer un message (la vieille publicité verticale), mais d’interagir plus intimement avec le consommateur.

Cette utopie s’est matérialisée dans une sémantique propre qui nous paraît aujourd’hui bien désuète (communication 2.0, consom’acteurs, tribus numériques, etc.).

(…)

Selon EdgeRank Checker, la portée moyenne d’une publication non commanditée sur Facebook est passée de 16 % en 2012 à 6,5 % en 2014. Selon la firme Locowise, cette portée n’était plus que de 2,27 % en mars 2015 pour les marques ayant plus de un million de fans. Une marque disposant d’une base de un million d’abonnés ne rejoindra que 22 700 personnes à chacune de ses publications…

Alors, allons-y pour ma perspective « utopique ». Le problème des marques avec le dialogue est justement que trop souvent, ils ne font pas de dialogue. Trop de marques débarquent sur Facebook, Twitter et autre en faisant de la réclame. Leur ligne éditoriale se résume à « mon entreprise, mon produit, mon rabais, mon concours ». C’est l’antithèse du marketing de contenu. C’est facile. Ça ne demande que très peu d’effort. Avec le « mon concours ou mon rabais » ça permet d’aller chercher de nombreux fans sur Facebook qui ne vous aimerons qu’une fois. En outre, vous paierez pour que de moins en moins d’usagers voient vos contenus naturels dans leur accueil puisque le Edgerank est un ratio du nombre de fans sur le nombre d’interactions. Donc si vous montez artificiellement le nombre de fans, votre Edgerank diminue. À contrario, si vous développez un contenu riche, informatif, rigolo, touchant ou pertinent en parlant de « votre sujet » au lieu de « votre marque », ce sera plus long à monter vos chiffres de fans, mais l’interaction sera incroyable et pérenne. Vous pouvez relire le cas de Lululemon dont j’ai maintes fois discuté. D’ailleurs, nombre de marques se sont fait piéger par Facebook. Ils ont massivement fait de la publicité disant « venez nous voir sur notre page Facebook » et une fois que Facebook a pris son envol grâce à cette publicité gratuite valant plusieurs centaines de millions de dollars, ils ont remercié toutes ces marques en installant leur algorithme Edgerank et en réduisant constamment leur visibilité naturelle. Tout le contraire de YouTube par exemple, qui fait tout en son possible pour aider l’usager à aller chercher le plus de « vue » possible.

Les commentaires sur les médias ont toujours été à la dérive et l’explication en est bien simple. Les médias, voulant profité gratuitement des contenus générés par les internautes (à la suite de la popularité des blogues autour de 2005), ont tous ouvert des espaces commentaires. Mais la plupart d’entre eux n’ont jamais développé une politique éditoriale des commentaires et n’ont jamais payé de gestionnaire de communauté pour modérer les discussions. Ils veulent le beurre et l’Argent du beurre. Or, une discussion sans balise et sans mécanisme de modération est une discussion dans le vide. En fait, ce n’est pas une discussion et ça ne l’a jamais été. C’est un défouloir à connards et à trolls. Je connais de nombreux chroniqueurs qui ne lisent JAMAIS les commentaires de leurs lecteurs. Ça aussi ce n’est pas des plus productif pour développer une communauté.

Finalement, le problème des discussions est dans la majorité des cas beaucoup plus structurel qu’autre chose. Ce n’est pas payant pour les agences de pub de susciter les discussions et de les gérer. Ce l’est beaucoup plus de faire du push pour les marques. Si on devait pointer du doigt des coupables, ce serait sans doute d,abord les agences et les gestionnaires de marque qui les écoutent plutôt que les « gourous » qui diraient n’importe quoi. D’ailleurs, à la fin de son article, monsieur Loszach offre des contre-exemples appuyant mes dires.

Ces constats sont d’autant plus intéressants que tous ne sont pas perdants devant les dernières mises à jour de l’algorithme de Facebook.

Selon EdgeRank Checker (un site consacré au marketing sur Facebook), certains domaines d’activité comme ceux touchant les médias, les magazines, les radios, les podcasts, les artistes et les producteurs de film disposent sur Facebook d’une portée organique bien supérieure aux bannières de vente au détail, d’alimentation, d’habillement, de services financiers ou encore d’assurance.

Ce constat est aussi corroboré dans un autre récent article TRUCS DU MÉTIER : COMMENT UTILISER LES MÉDIAS SOCIAUX EN 2016 du magazine de la SOCAN.

Professeure de communications à l’Université du Kansas pendant 15 ans et actuellement chercheure principale pour Microsoft Research, Nancy Baym a publié des recherches et commenté in extenso les communications sociales, les nouveaux médias et le phénomène du « fandom ».

Lorsqu’il est question de l’utilisation des médias sociaux par les artistes du domaine de la musique, Mme Baym favorise une approche globale plutôt que des conseils pratiques du genre « Top 10 » ou une approche axée sur une plateforme en particulier. Tout est une question pratique : « J’aimerais que 2016 soit l’année où les gens retrouvent un peu de gros bon sens en ce qui a trait à ce que les médias sociaux peuvent et ne peuvent pas faire pour eux, qu’ils comprennent que c’est un outil pour bâtir des relations, pas un mode de diffusion », dit-elle.
(…)

« Imaginez que c’est comme vous rendre à une fête », dit Mme Baym. « Quelqu’un arrive à cette fête et tout ce qu’il fait, c’est de parler, parler, parler. Votre intérêt envers cette personne ne sera pas de très longue durée. Nous sommes naturellement plus attirés vers des personnes qui s’intéressent à nous. Il est important, idéalement, et tout particulièrement pour les gens qui ne sont pas déjà à l’avant-scène, d’approcher les réseaux sociaux comme un outil pour écouter, apprendre et trouver des gens avec qui vous pourrez avoir une véritable connexion plutôt que d’essayer de simplement gonfler vos chiffres. »

Les médias sociaux ne sont pas pour toutes les entreprises

J’ai une nouvelle cliente qui m’a été référée par un client actuel de longue date. Elle est la propriétaire d’un commerce de détail du secteur mode, dans la ville principale d’une « région éloignée ». Son site web actuel est une page qui redirige vers les sites des grandes marques qu’elle vend en magasin. Sur sa page Facebook, ses 6 derniers statuts sont pour dire qu’elle est en vente. Les seuls qui réagissent à ses statuts sont ses employés ou ses voisins. Elle a fait de la publicité dans sa localité, sans apparent grand succès. Elle est inquiète des changements majeurs que vivent présentement les détaillants du secteur mode au Québec et ailleurs dans le monde. Elle me demande de l’aider à être efficace sur les médias sociaux.

J’écoute sa problématique et je lui enseigne le B.a.-ba d’une saine présence Web. En discutant avec elle, j’apprends qu’elle est passionnée de course et qu’elle s’entraine une heure par jour. J’apprends aussi que dans son coin, on lui dit à la blague qu’elle est la Véronique Cloutier de l’endroit parce qu’elle connait tout le monde, qu’elle peut facilement identifier les bons restos et les activités trépidantes de la région, bref qu’elle est LA personne qui sait ce qui est « hot » dans sa ville. Je lui propose donc de faire du marketing de contenu, de discuter des tendances mode, de parler de sa vie d’entrepreneure en région, de faire parler ses employés, de partager ses passions (c’est là que j’apprends qu’elle s’entraine) et de faire sa Véronique Cloutier locale.

C’est là que notre entretien se corse. Combien de contenus devrais-je faire, combien de temps cela me prendra-t-il, comment vais-je trouver le temps de faire ça?

Je lui demande à quelle vitesse veut-elle avoir des retombées? Plus elle travaillera, plus les retombées seront rapides. Mais elle me dit être terrorisée par l’idée d’écrire. Je lui fais remarquer qu’elle s’exprime très bien alors je lui propose de plutôt dire ce qu’elle a à dire, de se filmer et de demander à une secrétaire de transcrire son vidéo. Mais elle a peur de ne pas savoir quoi dire. Je lui souligne qu’elle n’a pas à avoir « la science infuse », que je suis là pour l’aider et qui si elle se fait un mécanisme de veille, elle pourra partager les contenus qu’elle trouve intéressant ailleurs. D’ailleurs, elle a un droit de citation. Ce droit de citation est le droit de copier un extrait, d’en attribuer la paternité à son auteur et de le mettre en contexte. Mais l’extrait doit justement être mis en contexte et cette mise en contexte est la valeur ajoutée qu’elle contribuera et qui lui permettra d’humaniser sa marque auprès de la clientèle. Mais elle n’en démord pas. Ça va réellement prendre trop de temps. Mais je comprends plutôt que la réelle inquiétude est celle d’écrire et de partager.

Je lui fait observer qu’avant de courir son premier marathon, avant de s’entrainer la première fois, il y a eu un premier pas, un premier « commitment ». Elle me répond que c’est bien différent parce que c’est pour SA santé. Je lui fais valoir que c’est exactement la même chose pour LA santé financière et la pérennité de son entreprise. Je lui mentionne aussi qu’elle me dit être LA Véronique Cloutier de son patelin alors elle n’a qu’à mettre en ligne ce qu’elle dit à ses amies. Mais rien n’y fait. Ce n’est pas pareil.

Je lui dis que malheureusement, il n’y a pas de magie. Ou bien elle sort du gros cash et fait de la pub (ce cash représente des heures de travail et la pub n’a pratiquement plus d’effet), ou bien elle se retrousse les manches et fait du marketing de contenu et idéalement elle fait les deux, mais en s’assurant de mesurer les retombées de ses efforts marketing. Mais elle choke, la montagne est trop grosse. Elle me parle d’un éléphant qui se dresse devant elle, qu’elle ne pourra jamais manger.

Morale de l’histoire

Le marketing de contenu et le marketing médias sociaux ce n’est pas facile. Il n’y a pas de magie. Il y a beaucoup de travail et de dédicacions. Mais ce n’est pas le seul marketing possible. Ce n’est pas LA recette miracle. Le cout d’être efficace en ligne n’est pas celui de monter ses présences web, mais plutôt celui de les faire vivre et de les garnir de contenus « pertinents ». Ce n’est clairement pas pour tous et plusieurs préfèreront la tranquillité d’esprit de payer à fort prix des créatifs et du placement publicitaire pour se donner la certitude « qu’on fait quelque chose ». Mais d’être sur les médias sociaux et de réussir sans effort c’est un mythe, une chimère que même moi qui suis une experte de ces médiums, ne pourrai réaliser pour vous. Je ne le peux même pas pour moi-même.

En épilogue, voici deux extraits de l’article ‘You Need Editors, Not Brand Managers’: Marketing Legend Seth Godin on the Future of Branded Content de http://contently.com.

If you were trying to build a brand media property—if you were Gillette—how would you build it? Would you just give some really smart people the resources and creative freedom to go out and make great content?

I think the most important thing is to have an office that’s not in your building. I think what kills brands who try to be interesting is to have meetings where they’re not saying to senior management, “How can we be more interesting?” Instead, they’re saying, “How can we play this more safely?” That’s not what happens when you want to make a hit TV show or a website that people care about. You need editors, not brand managers, who will push the envelope to make the thing go forward.

So one easy way to do that is to set people up in an office down the street, only visit them once a month, and give them really significant metrics—not about pageviews, but about mattering. And give them the resources—not too much, just enough—to go do work that matters.

(…)
Let’s go back a little bit to the ideal brand newsroom—or whatever you want to call it—where you set up people up in an office and give them creative freedom. That kind of feels impossible at a lot of brands right now, simply because there isn’t that attitude towards content within the organization. How can marketers who agree with your vision convince people to make that kind of commitment?

I think that if you want to keep whining about the decline of advertising and the stress that retailers are being exposed to, by all means, feel free. If you want to find a way out of where you are stuck, you may have to do something that’s uncomfortable, that’s organizationally difficult, and worst of all, that is frightening. And I don’t know how to tell you how to do it, other than to point out that it might be frightening.

Conférence Les médias sociaux dans le monde des affaires en 2014

Mardi prochain, le 28 octobre, je serai conférencière lors des Rendez-vous du commerce de Sherbrooke, journée organisée par Commerce Sherbrooke. L’événement affiche déjà complet depuis un bon bout de temps, mais comme c’est mon habitude, vous pouvez jeter un coup d’œil à ma présentation PowerPoint ou encore visionner la pudicité télévisuelle de l’événement dans laquelle je m’éclate à inciter les gens d’affaires à se diguidiner avec le commerce électronique et les médias sociaux. Ce sera assurément une partie de plaisir à échanger et à partager mes connaissances avec les entrepreneurs de la région de Sherbrooke.

C’est triste pour les nombreuses personnes qui voulaient venir à cet événement et qui ne se sont pris assez rapidement pour réserver leur place, mais en même temps, ça devrait inciter d’autres organisations à retenir mes services de conférencière commerce électronique et médias sociaux à Sherbrooke ou ailleurs puisque de toute évidence, la demande est là :-)

Le ridicule des sondages en ligne = Les Canadiens passent 90 % de leur temps libre devant un écran

Lorsque je vois une statistique de sondage qui me semble juste un peu farfelue, j’ai tout de suite en tête un de mes mentors et anciens profs de marketing, Jacques Nantel qui disait :

Si vous demandez aux Montréalais combien de fois ils vont au théâtre par année et que vous extrapolez leur réponse sur la population, vous remarquerez très rapidement qu’il n’y a pas assez de théâtre pour répondre à la demande apparente du consommateur de théâtre. Or la réalité est très loin de ça.

Ainsi, on peut lire dans La Presse de ce matin le gros titre Les Canadiens passent 90 % de leur temps libre devant un écran. Wow! 90%? Vraiment? Et que fait l’autre 10%? À ce titre, les théâtres (justement), les restaurants, les centres d’achat et de conditionnement physique ou tous les autres fournisseurs de divertissements « non en ligne » n’ont qu’à fermer leur porte. Ils n’ont vraiment plus de marché au Canada.

C’est là qu’on se rend compte du ridicule d’un tel titre et des prétentions qu’il sous-tend. D’ailleurs, si on regarde plus à fond l’article, on peut lire :

Dans un sondage en ligne mené auprès de 28 000 Canadiens en août dernier par Ipsos pour le compte de Google, la moitié des répondants ont dit posséder un téléphone intelligent. Parmi ces usagers, 99% possédaient aussi un ordinateur, 88% un téléviseur et 39% une tablette électronique.

Et

Le sondeur, l’Association de la recherche et de l’intelligence marketing (ARIM), indique que les enquêtes en ligne comme celle menée pour le compte de Google ne peuvent se voir attribuer une marge d’erreur car elles ne comportent pas d’échantillons représentatifs de la population au même titre que les coups de sonde par téléphone.

Donc le titre judicieux serait sans doute : Une marge importante de la population canadienne en ligne passe beaucoup de leur temps libre devant leurs écrans. Mais c’est beaucoup moins sexy et ça punch moins l’imaginaire. Par contre, ça évite sans doute de prendre des décisions erronées qu’on croit basées sur des faits.

D’ailleurs, si je faisais un sondage auprès de mes voisins au chalet à Chertsey et que j’extrapolais sur la population canadienne, je dirais que 70% des Canadiens ont un quad et un bateau et 30% ont un ski-doo. De surcroît, ils vivent dans le bois à plus de 10 km des services courants comme une banque, une épicerie ou un CLSC.

En terminant, je vous raconte cette blague. Un de mes voisins qui a 84 ans vint me voir pour un problème d’ordi. Je lui demande quelle est la marque de son ordi et il me répond « à suce » au lieu de « é-sus », prononciation anglo-saxonne de ASUS. De toute évidence je lui demandai donc si c’était un ordi spécialisé pour visionner du porn . Depuis ce jour, à chaque fois que je le rencontre je lui demande c’est quoi la marque de ton ordi déjà? :-)