Conférencière Web 2.0, médias sociaux, Santé 2.0 et relations publiques 2.0

Cette semaine est particulièrement chargée pour mes services de conférencière. Je vous ai écrit ce billet du cégep de Jonquière puisqu’avant-hier après-midi, je passais quelques heures avec les étudiants du fameux programme ATM (Art et Technologie des médias – Techniques de communication dans les médias et Techniques de production et de postproduction télévisuelles –pour les candidats en journalisme, en radio, en publicité ou en télévision sont invités à visiter les installations), pour une période de questions-réponse à propos des médias sociaux et de leurs risques et opportunités pour ces jeunes qui justement se spécialisent en journalisme et production télévisuelle. Hier, je donnais une conférence à Chicoutimi, pour les futurs patrons de ces étudiants, qui se regroupent à la conférence des professionnels de la communication Saguenay Lac St-Jean, pour leur congrès Devenez Cybercommunicateur –Joignez le réseau. Comme c’est mon habitude, ma présentation Les médias sociaux : comment les intégrer efficacement dans une stratégie de communication? est déjà en ligne sur Slideshare.

Aujourd’hui, je suis de retour à Montréal pour donner une conférence sur le thème de la Santé 2.0 à l’Association Québécoise d’établissements de santé et de services sociaux, pour le Colloque des communications 2010, Malades de com 2.0 : pour des interventions stratégiques. Ma présentation est évidemment disponible aussi.

 

Finalement, demain je m’adresse aux étudiants membres de la Société Québécoise des professionnels en relations publiques. J’y donnerais une conférence somme toute semblable à celle que j’ai donné aux étudiants du 2 e cycle de l’Université Sherbrooke et qui est disponible dan mon billet Conférencière : Les médias sociaux, une perspective socio-démo-marketing.

De l’usurpation d’identité sur les médias sociaux II

Dans mon récent billet : De l’usurpation d’identité sur les médias sociaux je disais :

Ça fait longtemps que le cybersquatting existe pour les célébrités et pour les grandes marques. Ne prenez donc pas de chance et sécurisez donc vos noms de marque sur tous les médias sociaux (même si vous ne vous servez pas de ces comptes pour l’instant). Commencez aussi à monitorer vos marques sur les médias sociaux afin de vérifier ce qui se dit et la médisance à propos de vous et de votre marque. Si vous laissez le champ libre à n’importe qui de prendre votre place, il y a de fortes chances que cela arrive et c’est toujours plus facile d’agir que de réagir…

Or ce week-end, ma conjointe dont je parle souvent ici et dans mes comptes Twitter et Facebook,sous le nom de Bibitte, (elle a même une chronique musicale annuelle) a été victime d’une usurpation d’identité. J’utilise depuis des années le sobriquet d’amour que je lui donne, Bibitte ou encore Bibitte électrique, pour parler d’elle. J’utilise ce subterfuge littéraire parce qu’elle exerce un métier, qui pour qu’elle soit efficace, se doit de conserver le plus possible son anonymat. Nous en avons maintes fois discuté et sommes arrivés à la conclusion que d’utiliser « Bibitte » est une manière positive de parler d’elle, sans pour autant compromettre son identité ou encore m’empêcher de parler de celle qui est la personne la plus importante de ma vie. Or des connards se servent de son image littéraire pour me faire chier et pour faire de l’humour de bas étage (voire de sous-sol). J’ai une bonne idée de qui il s’agit, mais je n’ai vraiment pas de temps à perdre pour me battre avec des imbéciles de cette espèce. J’ai donc pris les grands moyens et combattu le feu par le feu. Ces connards avaient ouvert un compte twitter du nom de BibitteBlanc et ils lui faisaient dire des conneries telles que :

Son livre, c’est pas mal du copié-collé-traduit de trucs qu’elle a lu sur des sites américains, vous savez… #jeudiconfession
http://twitter.com/BibitteBlanc/status/10348476612
Bon. J’ai un début de rhume. Je lui avais dit que c’était tôt pour se balader en décapotable. “Hey! J’passe à Vox! Tu m’dois respect!” snif
http://twitter.com/BibitteBlanc/status/10091813083
C’est ELLE qui veut déménager dans le Mile-End. Elle parle d’un DJ cowboy dans son sommeil maintenant… en bavant. #inquiétude
http://twitter.com/BibitteBlanc/status/10030835755

J’ai donc ouvert à Bibitte un compte Twitter de même qu’un profil Facebook. Je suis ravie de constater qu’après une journée d’activité, la vraie BibitteElectric a déjà 10 fois plus de Followers Twitter que le subterfuge de bas étage dont elle a été victime. Je vous demande donc d’être indulgent avec elle si elle ne vous répond pas rapidement puisqu’elle ne twittera et facebookera que le Week-end, et avec mon aide. C’est qu’elle ne tape que difficilement encore sur son nouveau Laptop et qu’elle n’a son premier compte courriel que depuis quelques mois. Le Web ce n’est vraiment pas son truc. Elle ce qui la branche (à part moi) c’est la musique alternative (et moi je m’en fou).

Morale de cette histoire :
Même des images littéraires et des représentations d’êtres qui vous sont chers peuvent être usurpées par de petits esprits mesquins, jaloux et vils. La meilleure défense sur les médias sociaux est de prendre ou de reprendre sa place et d’exposer ouvertement son authenticité, soit-elle littéraire ou pseudonymique. Les internautes savent être fair-play et reconnaître la vérité du mensonge et les blagues de mauvais goût auront toujours un auditoire, mais il sera de beaucoup moindre que celui de la délicatesse élémentaire…

Conférencière : Les médias sociaux, une perspective socio-démo-marketing

Hier soir j’étais à l’université de Sherbrooke (campus Longueuil) à titre de conférencière pour le cours de 2e cycle Communication et commerce électronique de Simon Rivard. Simon est en ancien client et un ami et je lui en dois une couple de faveurs étant donné sa grande gentillesse et plusieurs services qu’il m’a rendus. C’est donc avec grand plaisir et étonnement que j’ai rencontré son groupe d’élèves. Ils étaient d’une sagesse et d’une attention qui m’impressionne encore. C’est que j’ai encore en souvenir d’avoir été sur les bancs d’écoles lors de mon bac à l’Université Laval et d’avoir été très turbulente. Je me souviens aussi de mon passage à HEC Montréal/Université de Montréal lors de ma M.Sc. commerce électronique et de ce cours du jeudi soir qui avait lieu juste après le 5 à 7 assez bien arrosé. Les temps changent et contrairement à ce que peuvent dire bien des gens, les nouveaux étudiants sont sages, curieux, intéressés et participatifs. Voici donc la présentation PowerPoint que j’y ai faite…

De l’usurpation d’identité sur les médias sociaux

Je termine une discussion avec Guy A. Lepage à propos de sa présence médias sociaux et d’un épisode d’usurpation d’identité Twitter dont il a été victime. C’est que quelqu’un utilisant le compte twitter @Guy_A_Lepage se faisait passer pour lui. Monsieur Lepage a désormais son propre compte Twitter @GuyALepage. Mais le problème reste entier. Il est très possible d’être victime d’usurpation d’identité sur les médias sociaux, lorsqu’on est une célébrité ou une grande marque. Il existait aussi une page d’admirateurs de Joannie Rochette sur Facebook, servant soi-disant à la soutenir face au décès de sa mère, qui n’était pas approuvée par la principale intéressée et qui ne servait qu’à mousser d’autres pages n’ayant aucun rapport. On peut, dans ce cas, se plaindre et demander à avoir un compte vérifié (comme dans Twitter par exemple). Il ne faut cependant pas confondre page d’admirateurs, caricature (ou parodie) et usurpation d’identité. À titre d’exemple, il existe aussi un compte Clothaire Rapaille sur Twitter et Facebook, qui est de toute évidence une parodie du célèbre personnage. D’ailleurs, il est tout à fait légal et approuvé entre autres par Twitter, de faire de la parodie. Twitter fait donc une différence entre l’usurpation (name squating) et la parodie.

Twitter users are allowed to create parody, commentary, or fan accounts. Twitter provides a platform for its users to share and receive a wide range of ideas and content, and we greatly value and respect our users’ expression. Because of these principles, we do not actively monitor users’ content and will not edit or remove user content, except in cases of violations of our Terms of Service.
Guidelines for Parody, Commentary and Fan accounts
In order to avoid impersonation, an account’s profile information should make it clear that the creator of the account is not actually the same person or entity as the subject of the parody/commentary. Here are some suggestions for marking your account:
• Username: The username should not be the exact name of the subject of the parody, commentary, or fandom; to make it clearer, you should distinguish the account with a qualifier such as “not,” “fake,” or “fan.”
• Name: The profile name should not list the exact name of the subject without some other distinguishing word, such as “not,” “fake,” or “fan.”
• Bio: The bio should include a statement to distinguish it from the real identity, such as “This is a parody,” “This is a fan page,” “Parody Account,” “Fan Account,” or “This is not affiliated with…”
• Communication with other users: The account should not, through private or public communication with other users, try to deceive or mislead others about your identity. For example, if operating a fan account, do not direct message other users implying you are the actual subject (i.e., person, band, sports team, etc.) of the fan account.

Selon cette politique, le cas spécifique de @Crapaille apparaît donc (ceci n’est pas un avis légal) légitime, tandis que celui qui se faisait passer pour Guy A. Lepage, carrément frauduleux.
Ça fait longtemps que le cybersquatting existe pour les célébrités et pour les grandes marques. Ne prenez donc pas de chance et sécurisez donc vos noms de marque sur tous les médias sociaux (même si vous ne vous servez pas de ces comptes pour l’instant). Commencez aussi à monitorer vos marques sur les médias sociaux afin de vérifier ce qui se dit et la médisance à propos de vous et de votre marque. Si vous laissez le champ libre à n’importe qui de prendre votre place, il y a de fortes chances que cela arrive et c’est toujours plus facile d’agir que de réagir…

Copie d’écran de l’ancien faux compte Twitter de Guy A Lepage

Je vous invite aussi à lire ou relire mes billets :
Planifier une stratégie médias sociaux
La GRC/RCMP dans Second Life, contre son gré?
Primeur : Des sites du gouvernement du Québec squattés par des domaineurs

De l’importance du pâté chinois dans une stratégie médias sociaux

Le pâté chinois c’est magique (pour les potes d’outre-Atlantique c’est la version québécoise du hachis parmentier). J’ai déjà parlé de l’importance de Savoir déconner et j’ai aussi expliqué, Mais que peut bien venir faire une recette dans un blogue marketing Internet?
Les gens s’identifient à ce qui est universel, ils aiment déconner de temps à autre et ils veulent donner leur opinion lorsqu’ils le peuvent. J’ai donc fait un petit test hier soir et ce matin sur mes profils Twitter et Facebook et inscrivant les statuts suivants:

Bibitte dit que c’est un sacrilège mis moi mon pâté chinois je le mange avec du ketchup et épicé à part ça et je l’assume pleinement. http://twitter.com/MichelleBlanc/status/10193716671
Pour se venger, Bibitte dit qu’elle va maintenant mettre du ketchup dans ma soupe boeuf et orge que j’ai fait hier soir = hehehe http://twitter.com/MichelleBlanc/status/10197701699
Nouvelle polémique: Le pâté chinois avec du maïs en crème ou en grain? http://twitter.com/MichelleBlanc/status/10224900841

La réponse a été surprenante. Quelques centaines de réactions dont celles de la très respectée journaliste Marie-France Bazzo après que j’eu répondu à un twitt d’une autre journaliste, Thérèse Parisien.

De madame Parisien

@MichelleBlanc Alors il faut absolument que tu mettes la main sur la recette de pâté chinois très épicé d’Ethnée De Vienne.!

Ma réponse

@thereseparisien elle avait d’ailleurs déjà essayé la recette Paté chinois tex-mex de @MFBazzo http://bit.ly/4ompZs  c’était très bien http://twitter.com/MichelleBlanc/status/10196433832

Quelques-unes des réponse de Madame Bazzo :

@MichelleBlanc Est super épicé-chiplote,etc-, sqash,patates douces+ normales,haricots rouges et viande.(Je peux pas croire ce que j’écris!)
http://twitter.com/MFBazzo/statuses/10199909320
@thereseparisien @michelleblanc @ElaineElle Éh les filles, je prépare entrevue avec mon idole Robert Lepage,et là, je perd tte crédibilité!
http://twitter.com/MFBazzo/statuses/10202325926

Morale de cette histoire?
Il est difficile pour des internautes non-spécialistes de commenter et d’interagir sur des twitt ou statuts Facebook qui sont spécifiquement dans ma niche professionnelle et très spécialisée. Ils peuvent cependant se sentir interpellés par un élément universel sur lequel n’importe qui a une opinion. Ces éléments universels qui sont publiés de temps à autre, humanisent votre brand et permettent une interaction. Le nombre d’interactions sur un élément sans rapport avec votre ligne éditoriale permettra à vos contenus spécifiques et à votre présence médias sociaux d’être encore plus fort et d’encore mieux sortir dans les engins de recherches. Tout comme le ketchup dans le pâté chinois, il ne faut pas en abuser, mais ça assaisonne positivement le tout…

En prime: La recette de pâté chinois tex-mex de Marie-France Bazzo et celle déniché par Thérèse Parisien et venant d’Ethnée De Vienne, se trouvant toutes les deux sur le site de madame DiStasio

Et vous, votre pâté chinois vous le prenez avec ou sans ketchup? Et il est fait de maïs en grain, en crème ou une mélange des deux?

Retour sur le webothon Haiti

Ce billet est une reproduction intégrale de Retour sur le webothon Haïti publié chez Fontaine de pierres par Sacha Declomesnil et il est republié ici avec la permission de l’auteur que je remercie pour sa pespicacité.

Le dimanche 21 février se tenait le webothon Haiti, un évènement organisé par Michelle Blancen vue de venir en aide à Haiti et de parler de médias sociaux dans la sphère humanitaire.

Le résumé de l’opération, les capsules vidéo et le programme complet se trouvent ici.

Le webothon était une première à plusieurs niveaux et une innovation remarquable dans le domaine de la philanthropie 2.0. J’ai donc voulu en savoir plus sur les attentes et les résultats des principaux intéressés. J’ai interrogé certains des participant que je connaissais. Leurs réponses m’incitent à penser que nous verrons avant longtemps d’autres webothon pour d’autres causes.
D’abord et avant tout, contrairement à ce que le nom de webothon avait pu me laisser penser, il ne s’agissait absolument pas d’un téléthon sur le web. Comme me le précisait Michelle au téléphone, l’idée n’était pas de se péter les bretelles sur les montants donnés, ni de jouer à battre des records de donations… ce que j’ai effectivement toujours trouvé assez malsain à la télé. Par ailleurs, le webothon était entièrement bénévole, aucun participant n’a été rémunéré, et aucun argent n’a transité par eux: les dons étaient directement redirigés vers les via http://haiti.guignoleeduweb.org/ aux organismes choisis:

Le webothon jouait sur la force du web, soit la création d’hyperliens. Or, si on cherche aujourd’hui webothon sur google, on tombe sur plus de 28 000 résultats. Pour un mot qui n’existait pas le mois dernier, c’est un premier joli succés…

Par ailleurs, Marisa Curcio d’Oxfam Québec m’a bien précisé que l’objectif premier de sa participation n’était pas forcément le montants des dons au cours de la journée mais plutôt de sensibiliser les ONG aux médias sociaux et surtout de venir faire partager l’expérience en nouveaux médias d’Oxfam. Le webothon n’aura certes eu que peu d’impact sur la fréquentation du site d’Oxfam, par contre, il est difficile de mesurer l’influence de la journée puisque tout le contenu est encore consultable - et consulté - sur Ustream (ce qui est un autre avantage par rapport au traditionnel téléthon télévisé).

C’est dans cette optique qu’il faut comprendre la philosophie de Michelle Blanc quand elle dit que « Donnez un poisson et vous nourrissez quelqu’un pour un jour, montrez-lui à pêcher et vous le nourrissez pour la vie ».

Le webothon se voulait donc avant tout une tribune pour parler d’Haiti et faire en sorte que les médias sociaux soient utilisés plus fréquemment et de manière plus pertinente en période de crise par les organismes caritatifs.

Par ailleurs, d’un point de vue plus technologique, Philippe Martin     me faisait remarquer qu’une chaine de télé faisait ainsi pour la première fois l’expérience de la diffusion sur le web. En effet si l’évènement se tenait dans les bureaux de la chaine de télé Vox, sa diffusion avait lieu exclusivement sur Ustream, en utilisant également Skype afin de réunir des intervenants issus de plusieurs continents. Je retiens que mettre les moyens de la télé pour diffuser sur le web est une avenue que l’on commence à peine à explorer et je trouve passionnant de constater que c’est la philanthropie qui permets d’ouvrir cette voix.

Je me suis également demandé, et je m’en suis ouvert en toute transparence à Michelle, si au delà de la pertinence de l’opération, on ne parlait pas seulement à un groupe d’initiés: les afficionados des médias sociaux, qui sont déjà des convaincus.
Il est difficile de prévoir l’impact du webothon sur le traitement des prochaines crises par les ONG et impossible de mesurer son impact sur le taux de pénétration des médias sociaux au sein des ONG au cours de la prochaine année. Toutefois, je crois que Michelle a raison d’être optimiste à ce sujet puisqu’elle me signalait que la Vice-consul d’haiti l’avait contactée dés le lendemain du webothon pour un colloque, ce qui illustrait bien que l’on était déjà sorti du cercle des initiés.

Alors finalement le webothon, un succés?
- Au regard de l’importance de la discussion sur le web, assurément, rendu là, on peut même parler de buzz.
- En terme de levée de fonds, pas terrible certes, mais si on considère que ce qui a été accompli est un travail d’éducation, et que les ONG seront désormais mieux outillées pour lever des fonds sur le web, il y a lieu d’être optimiste et de ne pas attacher trop d’importance à ce critère, du moins à court terme.
- Enfin, troisième point, qui dépasse de loin le seul cadre de la philanthropie, si le webothon a permis de faciliter la diffusion par des chaines TV de contenu sur le web, c’est un pas en avant non négligeable pour toute l’industrie.

Bilan des courses: un succés oui, et une innovation qui dépasse largement le cadre de la philanthropie. Je ne serai pas étonné d’assister à d’autres webothons dans un avenir rapproché. Peut-être même, on peut bien réver, un webothon multi-causes, qui parviendra à ressouder les pots cassés lors de la polémique du téléthon…

Lhasa de Sela, pseudodébat et pseudoéthique

Avant de discourir du sujet du traitement de la nouvelle de la mort de la très grande chanteuse Lhasa De Sela, dans les médias sociaux, je tiens à offrir mes condoléances à sa famille, ses proches et ses fans.

Lhasa de Sela est décédé et la nouvelle de sa mort s’est d’abord manifestée sur Twitter puis Facebook Facebook puis Twitter. L’historique de l’événement est bien documenté sur les blogues des copains Nadia Seraiocco et Geoffroi Garon.

J’ai appris la nouvelle via certains twitt qui m’interpellaient directement pour que je prenne part aux débats et par le téléphone de quelques journalistes qui voulaient mon avis sur ledit débat. J’étais en vacance et une fois par deux ans, ça me fait du bien de décrocher des petites guéguerres que se font des pseudopuristes des médias traditionnels versus certains adeptes des médias sociaux. Mais, après-coup, voici mon opinion sur toute cette situation (et j’admets que c’est plus facile de réagir à froid, que d’être dans le feu de l’action). Je précise aussi que le cas de la mort de Lhasa de Sela me rappelle péniblement celle de la mort de ma copine Renée Wathelet, qui a aussi été très médiatisée, notamment dans les médias sociaux. Renée n’était pas une vedette (elle l’était dans le cœur de ses amis mais elle n’avait certes pas le rayonnement médiatique de madame de Sela), mais les médias considéraient que la nouvelle de sa mort était d’intérêt public. Le cercle de ses amis proches, à appris le décès de Renée le jeudi soir, jour de sa mort. Nous avions décidé de ne pas en parler avant le lendemain matin et de dormir là-dessus. Étant donné les circonstances pénible de sa mort, nous avons aussi décidé d’un commun accord, et par respect pour le deuil de sa famille, d’honorer sa vie et de ne pas discourir indûment sur les causes de son décès et de laisser les médias et les policiers, faire leur travail de fouille-merde. J’y vois une certaine similitude avec le cas Lhasa de Sela. Il me semble clairement d’intérêt public d’annoncer le fait de la mort d’une artiste de l’envergure de Lhasa de Sela. Cela est de soi, une information journalistique pertinente. Les circonstances du décès peuvent quant à eux être retenues un certain temps, afin de ménager les membres de la famille et de leur permettre de faire le deuil de leur chère. Mais j’ai bien du mal à comprendre que l’on fasse un procès d’intention, et qu’on accuse de manque d’éthique ceux qui en ont parlé sur Twitter ou sur Facebook. Surtout qu’il appert que des membres de la famille de madame de Sela ont eux-mêmes partagé ces informations sur leur mur Facebook respectif. J’y vois de plus un deux poids deux mesures inquiétant. Dans le cas de Renée Wathelet, certains journalistes sans vergogne trouvaient normal d’insinuer que Renée connaissait son assassin alors qu’on s’indigne que la mort de madame de Sela ait été coulée sur Twitter, sans respect pour le deuil de ses proches? Une vedette aurait-elle donc un droit à la vie privée plus grand que celui d’une personne non proche des cercles journalistiques? Le fait véridique de la mort d’une personnalité est-il du domaine privé et combien de jours cette nouvelle doit-elle rester secrète afin de satisfaire le chagrin d’une famille endeuillée? Voilà des questions auxquelles je n’ai pas de réponses. Je sais cependant que la frontière vie privée/vie publique devient de plus en plus ténue. Je sais aussi qu’un fait, aussi douloureux soit-il, demeure un fait. J’observe aussi qu’avec la célébrité, vient un poids qui pèse sur la vie privée et qu’il est légitime pour une célébrité de protéger sa vie privée. Cependant, Twitter et Facebook ne sont que des moyens, des outils. Leur faire un procès est démagogique. Faire le procès de leur utilisation est déjà plus éclairé et les motivations d’une chasse aux sorcières médias sociaux devraient sans doute être analysées pour comprendre que la tempête dans un verre d’eau, demeure une tempête vraiment très, mais très localisée…

La folie des entreprises avec Facebook

Bien des gens d’affaires et des consultants que je rencontre veulent tous soudainement être sur Facebook. C’est quoi la folie? C’est quoi cette quête d’être « in », d’avoir la « nouvelle affaire », de pouvoir se péter les bretelles à être sur Facebook? Comprenez-moi bien, d’être sur Facebook dans un contexte d’affaires peut certainement avoir ses gros avantages. Si on a un branding fort, si on est une organisation d’importance, si on est très médiatisé, ça peut valoir certainement le coup et le coût et servir d’outil de fidélisation de la clientèle, de service client, de canal de dialogue direct avec la clientèle, les employés ou les partenaires, de magasine interne et de plusieurs utilités encore. Le problème est que souvent, on pense à Facebook pour faire de l’acquisition de client, d’électeurs et de partisans via une page Facebook ou un groupe. Je me permets ici de faire un « wake-up call ». Vous ne ferez pas d’acquisition de client avec une page Facebook ou un groupe Facebook, ou si peu. Si vous avez 300 fans de votre page d’entreprises, c’est tout ce que vous avez, 300 fans et ils sont déjà fans et vous connaissent ou ont pitié ou se sont fait forcer le bras par l’un de leurs amis qui est déjà sur Facebook. « That’s it that’s all ». Vous ne parlerez à personne d’autre que ce groupe de 300 personnes et si vous êtes vraiment bon, efficace, drôle, pertinent et à valeur ajoutée, peut-être que quelques-uns d’entre eux reprendront vos statuts et infos pour les partager à leurs 300 amis. Vous serez donc fermé au reste du monde, au reste du web et à ceux qui ne vous connaissent pas déjà. Ça me fait donc vraiment rire de voir des politiciens qui pensent se faire élire avec leurs 300 potes sur Facebook. Ces mêmes ignares vomissent sur Twitter en disant que seulement 2% des Québécois y sont. Ils ne comprennent pas que ce 2% est le deuxième groupe le plus influent du Web et que s’ils vous trouvent intéressants, ils auront le « pull » pour faire voyager votre message à la grandeur du Web et qu’ils risquent même d’être repris par les médias traditionnels. De plus, Twitter lui est ouvert au reste du Web. Mais comme je le dis maintenant presque chaque semaine, le king des médias sociaux reste le blogue et c’est en outre un excellent outil d’acquisition client, surtout s’il est mis en relation avec ces autres médias sociaux utilitaires, conversationnels ou faire valoir que sont facebook, Twitter mais aussi LinkedIn, Flickr, SlideShare, YouTube, Plaxo et la myriade d’autres outils Web 2.0 qui s’offrent à vous et à votre niche spécifique. Mais juste pour vous faire baver un peu et pour réaliser que certaines entreprises qui ont déjà englouti des fortunes en branding et en marketing et qu’elles ont ainsi un méchant pull de gestion client sur Facebook, voici une présentation des 50 meilleurs page Facebook de Fan des entreprises. (via un twitt de @KarineMiron et @JsChouinard).

View more documents from Willis Wee.

Forrester prédit la mort des agences de communication/pub désuètes

Je viens tout juste de recevoir l’analyse de Forrester US Interactive Marketing Forecast, 2009 To 2014 Spend Will Reach Nearly $55 Billion As Interactive Cannibalizes Traditional Media, via un courriel d’Omniture. Le sommaire va comme suit :

Interactive marketing will near $55 billion and represent 21% of all marketing spend in 2014 as marketers shift dollars away from traditional media and toward search marketing, display advertising, email marketing, social media, and mobile marketing. This cannibalization of traditional media will bring about a decline in overall advertising budgets, death to obsolete agencies, a publisher awakening, and a new identity for Yahoo!.

Trois éléments de ce paragraphe me sautent aux yeux. Tout d’abord, la mort des agences de communication/pub désuètes. J’en ai déjà parlé maintes fois mais ça fait du bien de lire que Forrester est du même avis.

Traditional agencies expire. We’ve hinted before that agencies that can’t transition from pushing out messages to nurturing customer connections aren’t long for this world. Agency readers, heed our warning. Services firms that lack data management, analytics, listening, social media execution, and strategy expertise will dry up. Likely fatalities? Havas’ Arnold and Interpublic Group’s Mullen will be relegated to creative and production work as interactive agencies like R/GA and Razorfish assume agency of record status across enterprise firms. This means that insights gained from interactive programs will also become more key to business strategy. Digital agency TM Organic expanded its influence at Chrysler Group and now informs product, sales, and media strategy by modeling expected sales per different media mixes for the auto manufacturer.

Nous pouvons, sans être des devins, prédire qu’ici aussi, les agences “dites traditionnelles ” devront éventuellement changer leur fusil d’épaules et commencer à entreprendre le virage média social, monitorage et gestion des données et de la donnée fondamentale, celle de la conversation et du marketing de style « pull » plutôt que celui de type « push ». C’est donc un gros Wouhouhou pour les agences interactives.
L’analyse de Forrester s’attarde aussi sur l’aspect média social de la nouvelle équation marketing interactif.

Social media will see the steepest growth of any channel in our 2009 forecast: a 34% CAGR over the next five years as marketers invest to keep up with consumers’ increasingly social use of the Web. (…)
More companies embrace social media. Social is growing into an established part of the interactive mix. Sixty-four percent of marketers already build social media applications and 22% more will by the end of 2009.(…)
Marketers better understand the medium. Marketers will improve how they use social media to engage — not just reach — target audiences. (…)
Social media matures. Social media types, tools, metrics, and benchmarks are still very much under development. This means that many new ways to apply social media to marketing will unfold between now and 2014. (…)

Ça veut donc dire que les « capotés » comme moi et ma bande de « looser » qui évangélisent la plèbe à propos des médias sociaux (vous comprendrez qu’ici j’ironise une certaine perception qu’on peut entendre dans les agences trad.), seront de plus en plus en demande auprès des entreprises qui sont encore, ici, innovante. Mon agenda est d’ailleurs très bien rempli merci et celui des potes qui sont dans les blogues, les applications sociales et autres « gugus » Web 2.0 le sont aussi. Notre petit groupe d’entrepreneurs Web 2.0 ne semble pas trop morose les temps qui courent, malgré la récession qui semble faire très mal à d’autres.
Finalement, la cerise sur le sunday, les applications marketing mobiles seront de plus en plus demandées. Cette année a réellement été l’année de la poussée des téléphones intelligents avec les Androïds et iPhone et les succès du Apple store et Androïd Market ne font qu’illustrer la direction inévitable que prendra le nouveau marketing hyperlocal, hyperpersonnalisé et géolocalisé. Mais ça illustre aussi la nouvelle frontière excitante que prend désormais le Web, qui sort enfin des ordinateurs pour entrer dans la vie de tous les jours (et les poches/sacoches) des usagers.

Mobile remains one of the most anticipated, least adopted interactive channels in the mix. Sure, plenty of “cool” mobile programs exist: Sapient created a “spin the bottle” iPhone application for TheCoca-Cola Company. But complexity around metrics, marketer, content, and carrier relationships, plus limited consumer mobile data use, stifles mainstream mobile marketing adoption today. Marketers will prefer more established tools to mobile until mid-2011 when we anticipate postrecession adoption will escalate. What will contribute to mobile marketing’s 27% CAGR over the next five years.

L’avenir des communications, Réponse aux questions d’InfoPresse

Je reçois un courriel de la rédactrice en chef d’InfoPresse, Marie-Claude Ducas, qui me demande de pondre un texte en vue d’un spécial qu’ils préparent sur les changements que vivront différents acteurs des communications. Voici donc la question que l’on me pose et la réponse que j’en fis.

Quel est le plus important changement que vous voyez en ce qui concerne les entreprises (côté gestion d’image, RPs, publicité, etc.)? En ce qui concerne les médias, l’information, la valeur du contenu, les modèles d’affaires et métiers autour de l’information ? En ce qui concerne toute autre chose que vous auriez envie de mentionner ?

C’est Boston Counsulting Group qui disait dans son document The CMO’s Dilemna(1) que les patrons marketing ne pouvaient plus rejoindre la masse avec le marketing de masse et ne pouvaient pas non plus le faire avec le marketing de niche, d’où le dilemme. IBM en rajoute une couche en prétendant que les 5 prochaines années verront plus de changement dans l’industrie de la publicité que les cinquante dernières (dans son document The End of advertising as we know it (2)). Nous pouvons donc assumer sans être trop prudents que nous vivons une époque de turbulence et de réajustement qui frappera durement les industries de la presse, des médias, du marketing et des relations publiques. D’ailleurs, les gens de relations publiques qui sont habitués à faire dans la relation média devront certainement réajuster leur modèle d’affaires pour faire plus de la relation avec les publics, qui deviennent désormais des interlocuteurs multiples, actifs et participants. Ce public est aussi celui que visent ultimement les secteurs industriels déjà mentionnés. Le hic est qu’il est maintenant participatif et qu’il tient à dire son mot. De plus, il est lui-même générateur de contenus et il les filtre pour ses amis. Les contenus, médiatiques, publicitaires, marketing et de communication ne sont donc plus unidirectionnels et/ou la panacée d’une gang de « créatifs ».

La démocratisation des contenus touche aussi plusieurs autres sphères de l’activité humaine. À titre d’exemple, avant d’aller voir le médecin, le patient s’informe désormais sur le Web et arrive avec des questions et de l’information qu’il veut faire valider par le professionnel. L’étudiant remet en question le professeur et cherche par lui-même et tente de valider « le cours et les informations » qui étaient jadis détenues par le professeur au « grand savoir ». Nous pourrions continuer avec bien d’autres exemples pour illustrer à quel point les changements que nous vivons sont profonds et remettrons bien des choses en perspectives. Il y a aussi la question de la gratuité des contenus et des modèles d’affaires qui les sous-tendent. L’argent n’est plus dans les contenus, mais plutôt dans les contextes (tel que l’explique si bien le blogue AFPmediaWatch (3)) et les produits dérivés qu’ils entraînent. Cependant, il y aura toujours de gens qui seront payés pour créer des contenus à haute valeur ajoutée et originaux. Mais qu’est-ce que cette valeur ajoutée? À mon avis elle se trouve désormais dans les aspects locaux (dans le sens géographique), dans l’analyse et dans la mise en perspective. En ce sens, les médias et les journalistes agiront comme filtres et agrégateurs de l’information, qu’ils bonifieront par la suite, d’expertises de pointes.

Pour revenir sur la question des modèles d’affaires, comme l’expliquait l’économiste Jacques Attali (4) :

La gratuité d’un service pour le consommateur n’entraîne pas nécessairement celle du travail de celui qui le fournit. Le projet de loi (Hadopi) ne vise qu’à freiner le développement d’Internet pour préserver le profit des majors. La licence globale peut fournir des recettes nouvelles significatives pour les auteurs, les interprètes, les cinéastes. La licence globale accélérera aussi une modification très profonde et très positive du mode d’organisation des métiers de l’art.

Il explique aussi que la culture a toujours été financée par la société, elle devra l’être aussi une fois qu’elle se retrouve sur le Web (ce qui n’est pas encore le cas). Les modèles d’affaires des créateurs auront donc cette manne réorientée Web, afin de financer leurs créations. D’autres entreprises devront aussi songer à comment développer des produits dérivés de la création d’un contenu, pour faire de l’argent. Personnellement, je ne fais que peu de profits de mes contenus médias sociaux, mais je vis vraiment très bien de leurs produits dérivés que sont mes services-conseils et mes conférences. Ainsi, d’autres entreprises devront se faire le même genre de réflexion…

1 http://www.bcg.ru/documents/file21387.pdf
2 http://www-935.ibm.com/services/us/gbs/bus/pdf/ibv-g510-7869-01-advertising.pdf
3 http://mediawatch.afp.com/?post/2009/11/18/Context-is-King
4 http://www.michelleblanc.com/2009/03/23/attali-argumentation-pour-telechargement-gratuit/

S’acheter une bonne conscience avec le Web

L’an dernier, j’ai lancé l’idée d’une GuignoléeDuWeb.org dans mon billet Pour une guignolée des blogueurs. Cette idée a soulevé tellement d’enthousiasme qu’elle est de retour pour une 2e fois cette année. Or, monsieur Pierre Fraser, qui a pris l’habitude de m’envoyer des messages twitter pour que je parle de ses contenus (il a un peu le sens du marketing, mais n’imitez pas son geste, ça me ferais trop chier de devenir une twitter à spam) le refait encore ce matin avec son Twitt

Guignolée de la conscience, le Web, @MichelleBlanc et bien d’autres http://ow.ly/HaTn

Or, dans son billet, Guignolée de la conscience, le Web, @MichelleBlanc et bien d’autres, il n’a pas tout à fait tord.

Dès que le mois de décembre se pointe, notre conscience nous souffle à l’oreille qu’il faut bien l’entretenir. À l’heure de l’egocasting où nous n’en finissons plus de nous faire plaisir en consommant tous les contenus que nous voulons, sans compter que nous diffusons tout ce que nous voulons sur nos blogues, Facebook, Youtube et Twitter afin de gratifier encore plus notre ego pour fin de reconnaissance personnelle, voilà que les laissés pour compte de la société, ceux qui n’ont pas accès à tous nos bonheurs et plaisirs, viennent rappeler à l’ordre notre conscience.

Donc la GuignoléeDuWeb serait un mécanisme de soulagement de la conscience? Mais il a raison. C’est même tout à fait ça. Et puis après?
Je lisais dernièrement que l’invention du Walkman est arrivée parce que le grand patron de SONY, étant amateur de musique et de course, voulait pouvoir faire son jogging sans avoir à traîner un ghetto-blaster, qui était la seule alternative à ce moment. Il ordonna à ses ingénieurs de lui trouver une solution et ainsi est né le Walkman qui est en fait l’ancêtre du iPod et du iPhone actuel. Comme quoi, la nécessité est parfois source d’inspiration et d’innovation et qu’un besoin egotistique peut aider la masse.

Pour revenir à la GuignooléeDuWeb, elle est en fait une réponse à un problème que j’ai vécu l’an dernier, résultant de mon passage à Tout Le Monde En Parle et que j’ai exprimé dans un premier billet : Aider les autres grâce au Web

Depuis dimanche, je ne vous apprends rien, mais ma vie a changé. Je suis entre autres sollicitée par de nombreuses organisations caritatives qui veulent du conseil Web gratuit. Ça me crève le cœur de leur dire non parce que je suis déjà très impliquée dans (…)
Mais voulant faire profiter celles-ci de ma visibilité croissante et de permette un jumelage entre les organisations dans le besoin et des ressources stratégiques Web ayant le temps et le cœur d’aider des initiatives caritatives, je vous fais ce billet spécial pour vous et vous invite dans les commentaires à dire vos besoins ou à offrir vos services. Je me sentirais ainsi moins coupable de ne pas pouvoir me donner à tous et de ne pas encore être capable de me couper en quatre…

J’étais donc submergée de demandes d’organismes de charités et je ne pouvais même pas réussir à répondre aux milliers de courriels et centaines de téléphones que mon passage à cette émission suscita. Ce fut un tel raz-de-marée que plusieurs mois plus tard, j’écrivais le billet L’authenticité et la transparence c’est de l’admettre aussi quand on se plante

Les deux semaines qui ont suivi ont été catastrophiques pour ma business. J’ai en effet reçu une avalanche de courriels, commentaires, Twitt, messages Facebook et téléphones qui n’avaient rien à faire avec « la business » mais que je me devais de traiter.(…)
Tout ça pour vous dire que j’ai accumulé un retard énorme et que deux de mes très bons clients furent victimes de ce concours de circonstances. J’avais déjà livré la moitié des livrables à ces clients. J’ai donc décidé de rembourser leur dépôt et de leur faire cadeau des livrables déjà donnés en m’excusant de ne pas pouvoir terminer leur mandat. C’est la seule fois de mon histoire de consultante qu’une telle chose m’arriva. J’en étais rendue à avoir de la difficulté à dormir. Mais, une situation « incontrôlable » peut arriver, mes clients n’avaient pas à en payer le prix et c’est pourquoi je leur fis cadeau de mes livrables déjà faits, avec mes excuses. Je me devais aussi de ne pas leur faire payer pour des frasques qui les atteignirent et pour lesquels ils n’ont aucun contrôle (…)

De ces circonstances extraordinaires et de la pression de faire quelque chose alors que j’étais si sollicitée par des organismes de charité, est née LaGuignoléeDuWeb.org. J’en suis vraiment ravie, ça répond à un dilemme egotistique et je m’en fou. Je sais que ça fait du bien parce que l’une des intervenantes qui travaillaient dans l’un des organismes de charité que nous aidons m’a confirmé qu’ils avaient eu une croissance de leurs dons en ligne de décembre dernier, de 390%. De plus, comme c’est une œuvre altruiste, nous redirigeons les visiteurs directement sur les pages de dons des organismes concernés sans toucher un sou et sans même les avoir avisés que nous les aidions. Ne vous gênez donc pas non plus d’être egotistique à votre tour et d’aider des gens sans qu’ils ne le sachent. Ça vous fera du bien à votre égo, ça ne réglera pas tous les problèmes de la planète et il se peut même qu’on vous bitch parce que vous soulagez votre conscience. N’empêche que ça aidera certainement un paquet de gens et que ça pourrait peut-être faire une boule de neige qui grossira hors de votre contrôle…

Si La Presse n’existait pas? Gros rire gras

Je viens tout juste de recevoir ce courriel :

Si La Presse n’existait pas…
Chers blogueurs,

Dans le cadre de la négociation en cours à La Presse, nous vous envoyons la vidéo suivante. N’hésitez pas à la diffuser!

http://www.youtube.com/watch?v=XWNIryDCMBE


Le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP)
Affilié à la FNC / CSN
Tél.: 514-840-4705
ou 514-285-7378
www.lestip.org

C’est comme plus fort que moi. Je pouffe de rire. Pourquoi je me fends en quatre? Je ne suis certes pas insensible aux angoisses des journalistes. Mais leur tactique est d’une « pochitude ». Tout d’abord, Le Lip dub Si La Presse n’existait pas… sans lip dub, n’est pas des plus original. C’est déjà « has been ». Deuxio, mais quel courriel désespérant! Pas de personnalisation, pas de mise en situation, pas de contexte. Le syndicat des journalistes prend-il les blogueurs pour des courroies de transmission? Eux-mêmes, s’ils recevaient ce genre de courriel (en en étant pas l’émetteur) le prendraient-ils en considération? Sommes-nous si obnubilés par leur sort que nous partirons à la course pour les sauver? Combien de journalistes de LaPresse sont déjà allés rencontrer les blogueurs (outre Patrick Lagacé et Tristan Péloquin), lisent leurs blogues, les commentent ou les suivent sur Twitter? Combien d’autres journalistes ont vomi sur la plèbe des blogeurs? Répondre à ces questions est déjà un début de réflexion. En outre, je ne suis pas reconnue pour être la plus ardente défenseure de positions syndicales ou journalistiques et j’ai maintes fois “pogné les nerfs” pour des relations publiques aux blogueurs, médiocres. J’ai déjà écrit des billets comme :
Communiqués de presse optimisés

Le dilemme des gestionnaires en marketing

Les 10 mythes des médias sociaux

Avanquest Software, comment polluposter et être con en même temps

Réflexion sur la nature échangiste blogue journalisme groupe médias relationnistes

Ou encore,
Pôvre boîte de relation publique

Faut croire qu’ils ne lisent pas les blogues qu’ils pollupostent indûment avec leur mièvre message? Mais si jamais ils lisent ce billet (puisque je vais l’optimiser pour Google, et encore un autre Si LaPresse n’existait pas?), je vais les inviter à lire aussi L’information ne s’est jamais mieux portée dans LeDevoir :

La crise? Quelle crise? demande de très loin le grand reporter Andreas Kluth, qui travaille pour l’excellent magazine The Economist depuis 1997. «Il n’y a pas de crise médias, dit le fauteur de trouble, joint par téléphone en Californie. Évidemment qu’une part de l’industrie de l’information se meurt. En ce sens, il y a effectivement une grande crise pour les propriétaires des médias qui voient fondre leurs profits. Il y a aussi une crise pour les journalistes qui voient disparaître leurs emplois. Mais pour le reste de la société, est-ce une crise pour autant? Non, non et non.»

(…)«Personnellement, je n’ai jamais été aussi bien informé par des sources de plus en plus diversifiées, confie-t-il. Mieux encore: je consomme maintenant une information de très grande qualité qui n’est plus seulement produite par des journalistes.»
(…)«Ce sont les journalistes eux-mêmes qui parlent de la crise des médias et en font tout un plat, poursuit le pourfendeur des clichés. Je le redis: du point de vue de tous les autres citoyens, cette crise n’existe pas. Ce n’est même pas vrai que certains sujets ne sont plus bien couverts. Au contraire. Pensez à tous ces blogues et ces sites tenus par les universitaires, les politiciens, les groupes de pression. Ils fourmillent d’informations qui ne demandent qu’à être prises.»

Ou encore dans le très récent billet Context is king du blogue AFP MediaWatch :

(…) De plus en plus de journalistes développent, de gré ou de force, (la nécessité) de développer leur propre marque, de travailler sous leurs propres couleurs, seuls ou en petits groupes. Le journalisme de qualité n’est plus l’apanage de grands groupes de médias. De nouveaux acteurs inventent, avec facilité et jubilation, la grammaire des médias, des échanges, de la circulation de l’information de demain. Ils le font gratuitement, car le média est excitant et qu’il y a des places à prendre ! La révolution de l’information est terminée : chacun est devenu un média !

Les médias traditionnels se retrouvent donc coincés entre les concurrences de millions d’acteurs individuels, et des géants aux ressources mille fois plus importantes qu’eux, qui entendent bien profiter de l’appétit du public pour l’information : après Google, Microsoft, Yahoo, Orange, AOL veulent être des mass media sociaux. Médias, informatique et telcos convergent.
Et au lieu de travailler ensemble, ils restent « la tête dans le guidon », obsédés par l’urgence de leurs revenus à court terme, voire désormais, leur survie.

En conclusion
Je dis souvent qu’il faut se monter une communauté avant d’en avoir besoin. Lorsqu’on en a besoin, elle est là. Le contraire ne marche que très, très rarement. Bonne chance tout de même dans vos négos et dans vos rêves d’un paradis journalistique peut-être perdu… Entre-temps, changez de relationnistes syndicaux…

MAJ
C’est aussi totalement subjectif, mais Joe Dassin, n’est-ce pas aussi « has been »? Veulent-ils lancer la serviette et nous faire savoir qu’ils sont déjà définitivement morts? Veulent-ils que ce soit les « matantes qui ne bloguent pas » qui les sauvent?
Finalement, mon titre devrait peut-être changer. Ce n’est plus un gros rire gras, mais un désespoir profond qui m’habite après avoir écouté ça. Un ennui insoutenable même… Je n’ai même pas été capable de l’écouter au complet, même après trois essais. C’est tout dire. S’ils voulaient remettre du pep dans leur négociation, c’est complètement raté…

MAJ 2
La question qui tue : Quels sont les journalistes (le comité syndical) de La Presse qui ont concocté cette connerie?

Ces organisations qui ne comprennent pas Twitter

Jamais je ne demande à une organisation d’être mon amie sur Twitter. Mais, si eux me le demandent, j‘accepte volontiers. Certaines sont vraiment, mais là vraiment perspicaces dans leur interaction avec moi, tandis que d’autres sont vraiment stupides. Le but d’une organisation qui est sur Twitter est, idéalement, de se faire une base de lecteurs et d’aficionado, qui pourraient (ou non) reprendre vos statuts et leur donner une deuxième envolée. Il semble donc souhaitable d’avoir le plus de gens possible comme Followers. J’en ai d’ailleurs déjà parlé dans mes billets
Twitter, comment suivre des milliers d’usagers et les Twittersnobs

Techtoc.tv : Twitter Comment réseauter en paix : principe de réciprocité? Comment trouver SON audience? Pro vs perso?

De l’impact des médias sociaux en régions éloignées

Twopcharts est de la merde et sur Twitter, suivre ou ne pas suivre? Telle est la question

La grosseur compte sur les médias sociaux

Mémoire de maîtrise : L’émergence de réseaux sociaux sur le Web comme nouveaux outils de marketing

Des organisations ont compris l’importance de se faire suivre par des milliers de gens et d’interagir efficacement aux moments opportuns. À titre d’exemple, il y a plusieurs semaines, j’étais dans les Cantons-de-l’Est au Manoir Hovey. L’ayant partagé sur Twitter, je reçois de @HotelGermain ces messages directs :

Si a North Hatley, il faut essayer le croissant jambon fromage de Justine chez saveurs et gourmandises ou le gateau au fromage… Bon we

Absolument! La mousse aux raisins de corinthe :) Et j’ai dit gateau au fromage, c’etait vraiment carottes avec le crémage au fromage!!

Disons qu’ils sont entrés immédiatement dans mes bonnes grâces et que quelques semaines plus tard étant invitée par un client à coucher à l’hôtel Alt à Québec (l’une de leurs propriétés) je me faisais un plaisir de leur faire un twit favorable. Un peu plus tard, c’est le @Deltahotelsltd qui décide de me suivre sur Twitter. Justement au moment où je donnais une conférence à Québec et que j’étais au Delta de Québec, je me rends compte qu’ils décident de ne plus me suivre sur Twitter. Je n’ai pas dit un mot de mon expérience là-bas (qui n’était pas des plus positives de toute manière) et la semaine dernière, j’étais au centre des congrès de Trois-Rivières, justement assise à côté du très gentil directeur général de cet établissement et je me suis fait un plaisir de lui mentionner que je trouvais le gestionnaire de leur Twitt, un peu twit. Je viens d’ailleurs de Twitter à propos du Twitt de l’émission @mangetaville

@mangetaville m’a flushé de son Twitter et moi je les flushe de ma tv

Dans le cas de @mangetaville, je comprends qu’ils se sentent comme des journalistes et qu’ils aiment probablement se resserrer les coudes entre pros de l’information. C’est vrai que bien des journalistes ont des centaines, voire des milliers de followers et qu’eux, étant ce qu’ils sont (des vedettes), ne suivent probablement qu’une dizaine de leurs semblables. Ils me trouvent aussi probablement peu digne d’intérêt et c’est un point de vue qui se respecte. Cependant, si tel est le cas, il serait plus judicieux pour une organisation de faire la sélection à priori et de lire quelques pages des Twitts de la personne que l’on veut suivre, plutôt que de décider de suivre quelqu’un, que l’on flushe par la suite. Pour mes propres clients, moi je vais suggérer de suivre le plus de gens possible, d’utiliser des outils pour gérer la plèbe, d’identifier les influençeurs majeurs et d’interagir avec eux et de monitorer ce qui se dit sur Twitter et de dénicher les opportunités positives d’interaction (comme l’a fait adéquatement @HotelGermain) pour communiquer avec les gens. Si un assureur qui travaille seul, comme @DanyPaquin est capable de voir que je viens de m’acheter une voiture, de me proposer ses services d’assureur sur Twitteur et de faire un deal de $1500, une organisation un peu plus importante, est certainement capable d’en faire autant. De plus, si vous ne voulez pas me suivre, il n’y a certainement pas de problèmes avec ça. Mais si vous me suivez et que vous me flushez par la suite, les retombées de votre choix pourraient vous surprendre…

Conférencière : Entreprise touristique et réseaux sociaux

La semaine dernière, dans le cadre de l’événement les 24 heures du tourisme de Tourisme Mauricie, j’étais conférencière sur le sujet Entreprise touristique et réseaux sociaux – Le cas de Tourisme Mauricie. Voici la présentation que j’y ai faite.