Le psychodrame collectif de la crise étudiante et son chantage affectif

Psychodrame

Forme de thérapie utilisant la théâtralisation dramatique au moyen de scénarios improvisés, et permettant la mise en scène de névroses.

La loi 78 promulguée par le gouvernement du Québec, que l’on dit être antidémocratique, contre la liberté d’association, d’expression ou de manifestation s’avère être moins coercitive que plusieurs autres lois en vigueur dans de nombreuses autres juridictions dont la France, les États-Unis ou la Suisse (pays réputé antidémocratique, j’ironise) comme le révèle Radio-Canada. Les associations étudiantes en grève ne représentent qu’une fraction de la population étudiante elle-même et ont tente de nous faire croire que c’est maintenant la population du Québec qui se lève pour manifester son raz le bol contre la magouille, la corruption et le gouvernement. On vivrait un « printemps érable » !

J’ai pourtant partagé mes connaissances ces dernières semaines dans plusieurs universités, devant des étudiants ravis d’être là et qui n’étaient de toute évidence pas en grève.

Oui il y a magouille, oui il y a corruption et oui il y a raz le bol, mais il y a aussi plusieurs avenues pour changer ça. Il y a la dénonciation judiciaire, il y a la loi et il y a la démocratie qui s’exerce entre autres par la manifestation et par les campagnes électorales. Hier soir il y avait cette « grande manifestation » contre la loi 78 qui rassemblait quelques milliers de personnes sur une population de 8 millions. Probablement que le 22 ils seront 100 000. Mais sur les médias sociaux et dans les médias on hyperbole. Certains de nos élus appellent à la désobéissance civile, d’autres parlent de « l’inévitable » violence qui devrait arriver tout en accusant les Libéraux d’électoralisme. Je ne suis pas libérale, mais à entendre certains députés, je me questionne sérieusement sur leur habilité à nous représenter. Si Charest est un crosseur (ce qui est tout à fait possible), qu’on le prouve, qu’on l’arrête et qu’il soit jugé. Il y a un climat malsain de suspicion au Québec, mais je persiste à croire que la grande majorité des élus sont des gens honnêtes qui exercent un métier difficile. D’ailleurs ce sont souvent les sous-ministres qui ont les mains dans les dossiers, qui ont accès aux entrepreneurs véreux et qui une fois le contrat faramineux accordé, changent de camp. Pourtant, jamais un sous-ministre ne passe aux nouvelles et n’est tenu responsable des mauvaises décisions ou de la mauvaise gestion dont ils sont pourtant responsables.

Chantage affectif

Le chantage affectif est une manœuvre destinée à profiter des faiblesses ou de la sensibilité. Cela consiste habituellement à inspirer à cette personne un sentiment de culpabilité et/ou de responsabilité morale.
Le chantage peut provenir de la jalousie, de la dépendance excessive, ou du désir d’obtenir plus d’attention ou de modifier le comportement de la personne victime de ce type de chantage.

Par ailleurs, le chantage affectif est maintenant de mise dans le débat pour ou contre (ou devrais-je dire dans le dialogue de sourd). Si on est pour la hausse des frais de scolarité on serait contre la jeunesse, un sale libéral, un vendu, quelqu’un qui soudainement perd l’intelligence ou soi-même un crosseur. J’ose prétendre qu’il y a des péquistes, des souverainistes, des fédéralistes et même des jeunes qui sont pour la hausse des frais de scolarités et qui ne sont vraiment pas contre la jeunesse ou pour la magouille. D’ailleurs on entend crier ceux qui sont contre la hausse des frais de scolarité, mais d’être pour publiquement semble maintenant devenir dangereux. Personne n’aime être la cible de vilipendes et cette vilipende semble particulièrement virulente d’un côté du débat. J’ose ici, parce que c’est chez moi, exprimer mon point de vue de manière posée. J’espère que vous y réagirez avec la même retenue.

Exemple de conversation usant de « chantage affectif » sur Twitter

Moi

Les étudiants québécois devraient être reconnaissants, selon le milliardaire Jarislowsky http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/05/19/001-jarislowsky-droits-scolarite.shtml via @RadioCanadaInfo

Interlocuteur sur Twitter (je protège son identité pour ne pas qu’elle soit la cible de conards)

@MichelleBlanc @RadioCanadaInfo c’est de la désinformation…ce qui se passe réellement dans les manifs n’est pas montréa à r-c

@MichelleBlanc @RadioCanadaInfo on va dire ça aux 2 gars qui ont perdu un oeil et aux milliers qui ont passé la nuit en prison…

Moi

et aux commerçants et aux travailleurs et aux passagers du metro pris en otage et aux habitants du centre-ville

Interlocuteur

désolée que votre coeur ne soit pas capable de voir au-delà…

Moi

une autre chose qui me fatigue de ce psychodrame collectif, le chantage émotif …

Interlocuteur

Vs manquez l’bateau, on en reparlera lorsque le gouv. aura repris son bon sens, à l’heure de la récupération.

moi qui croyait que vous étiez informé, sur la touche…eh bien…

Dévoilement, aucun des protagonistes ou acteurs du psychodrame collectif de la crise étudiante n’est client et l’opinion exprimée ici est la mienne.

MSN : Les Québécois qui se sont démarqués dans le domaine techno

Hier soir je prends connaissance de la série Les Québécois qui se sont démarqués dans le domaine techno. En regardant cette liste de 12 individus et entreprises sélectionnées par MSN, je ne peux qu’être grandement touchée et honorée de figurer en 7e place de ce palmarès d’entreprises et individus de classe mondiale. MERCI MSN de cet honneur. Ça finit extrêmement bien ma semaine qui a été on ne peut plus mouvementée, trépidante et d’une intensité intellectuelle et professionnelle rare. Voici donc la liste de MSN

iWeb Technologies
Druide Informatique
CGI
ExoPC
Ubisoft
Gamerizon
Michelle Blanc
Patrick Pichette
Sonomax
Beyond the Rack
Behaviour Interactive
Moment Factory

Le texte qui accompagne la page de ma nomination dit :

Cette conférencière est devenue la référence en matière de Web 2.0 au Québec. À mesure que le Web social se développe, les médias se précipitent vers la spécialiste en stratégie Web et marketing internet pour comprendre la tendance et les mécanismes qui sont en action. Loin de se laisser gagner par l’euphorie qui entoure l’émergence des réseaux sociaux, Michelle Blanc préfère parler de stratégie d’affaires et d’interaction constructive avec les internautes.

MERCI encore MSN de ce trop grand honneur

La prochaine élection provinciale sera-t-elle média sociaux ?

Nous savons déjà que les libéraux sont en fin de mandats et qu’ils devront déclencher des élections dans les prochains mois. J’ai aussi l’hypothèse que le seul député de Québec Solidaire à avoir été élu, le fut grâce à une présence des plus efficaces du parti sur Twitter. La gestionnaire de communauté avait réussi l’exploit d’inciter plusieurs influenceurs de Twitter (dont plusieurs habitent le Plateau, le comté de monsieur Kadir) à mettre sur leur avatar Twitter le logo Vote QS pour « vote Québec Solidaire). Cette gestionnaire de communauté avait même réussi à me toucher (ce qui est rare, surtout d’un outil de communication politique) par ses échanges sur Twitter. Mais quatre ans plus tard, qu’en est-il ?

Plusieurs politiciens usent maintenant efficacement de Twitter. L’un des exemples intéressants (sans doute à cause de son ancienne vie de journaliste et du fait qu’il n’est pas au pouvoir) est celui de Bernard Drainville du Parti Québécois. Il a réellement compris le mécanisme de discussion bidirectionnel de Twitter. Son site par contre est on ne peut plus « corporatif » dans son essence. On peut certes y faire des commentaires, mais le discours y est convenu et ce qui tient lieu de blogue, n’en est en fait pas un (pas de blogroll, d’états d’âme ou de billets qui nous font sentir l’homme derrière la plume).

Je vous parle spécifiquement de ces deux députés parce qu’entre autres, ils sont les deux premiers au classement Politwitter des politiciens provinciaux du Québec.

La donne de la CAQ

Le copain blogueur et spécialiste des médias sociaux Mario Asselin, se lance en politique sous la bannière Coalition Avenir Québec. Il sait très bien comment fonctionnent les médias sociaux et pourrait certainement aider positivement la CAQ à se positionner convenablement, si le parti lui permet d’user de son savoir. Au moment d’écrire ces lignes, la présence en ligne de la CAQ n’a encore rien de bien innovant. Elle est aussi convenue que celle des autres partis, c’est à dire sclérosée par les discours convenus et travaillé par les gens de communications et de relations publiques classiques. Il en va certainement de même pour le Parti Libéral, le Parti Québécois et Québec Solidaire.

Le premier à oser sera peut-être le premier à botter le cul des autres

Comme tous les partis politiques sont d’une platitude web à peine consommés (à part sur Twitter comme je l’ai mentionné), la pression pour sortir de la communication web classique et drabe n’y est pas. D’ailleurs ça me fait toujours rire d’entendre des politiciens ou des attachés politiques se plaindre que les journalistes déforment leur propos alors qu’ils ont la chance de parler directement à l’électorat via le blogue, et ne le font tout simplement pas. Tant qu’un parti n’osera pas s’éloigner quelque peu des lignes de communication politiques classiques, les autres risquent de suivre le train-train quotidien. J’ai bien peur qu’encore une fois nous n’ayons une prochaine élection pour laquelle le plus important outil de communication restera l’éternelle pancarte électorale :-(

À lire aussi de mes archives

Signets pour une gentille candidate aux élections et pour un fonctionnaire de bonne volonté

Jenna Talackova, La norme c’est quelquefois de la marde

Ces derniers jours, j’ai donné certaines entrevues et ait été questionné à propos de l’épisode de mademoiselle Jenna Talackova, une ravissante jeune fille de Vancouver qui a été expulsée du concours Miss Universe Canada parce qu’elle ne serait pas une « natural born female ». Elle ne correspondrait pas à la « norme ».

Elle est sur le point d’annoncer qu’elle va poursuivre la bataille pour continuer sa participation au concours de beauté (selon son agent de presse Rory Richards qui est aussi une amie et cliente). Au moment d’écrire ces lignes, mademoiselle Tellackova est en train de donner une conférence de presse tel qu’il est stipulé dans l’excellent document de PR de madame Richards :

Thank you so much for your continued interest in Jenna Talackova’s story. Thank you also for your patience as she sought to secure legal counsel. Miss Talackova has now retained legal counsel in both Canada and the United States.

On Monday we will be announcing details of a press conference to take the place the following day.

Jenna is deeply humbled by the overwhelming support she has received, and the important attention to trans issues that her situation has catalyzed. She understandably realizes that her case could be a significant landmark for the dignity and liberty of LGBTQ citizens everywhere.

The Miss Universe Pageant is about beauty, but it is also about values. We ask Mr. Trump, and the Miss Universe Pageant stakeholders, to be on the right side of history, and reconsider their decision to disqualify Jenna on the basis of not being a « naturally born female, » and accept Jenna as the brave young woman she clearly is today.

Rory Richards
media ~ pr ~ events

Pourquoi la « norme c’est des fois de la marde »

Selon Wikipedia,

En philosophie, une norme est un critère, principe discriminatoire auquel se réfère implicitement ou explicitement un jugement de valeur.
Par la volonté de certains acteurs, ou tout simplement de par son éducation et par le jeu de ses habitudes, l’être humain a tendance à édicter des normes précisant ce qui est normalement attendu et ce qui ne l’est pas. Ces normes varient fortement avec les époques, les individus et de manières plus générales les sociétés.

La norme est donc un principe discriminatoire, inscrit dans un temps et un contexte social. Il y a quelques décennies à peine, les Amérindiens n’avaient pas le droit d’étudier à l’université, les femmes devaient rester au foyer et ne pouvaient pas voter, les noirs devaient utiliser des toilettes, des portes et des transports différents des blancs et il y a quelques centaines d’années, la terre était ronde. Il y a quelques mois, on me questionnait aussi sur le cas de la coureuse Sud-Africaine Caster Semenya qui avait un genre « non précis » et s’il était juste ou pas de la disqualifier de sa médaille d’or. Mon point de vue était (et il l’est toujours) que nos sociétés aiment la « binarité » des concepts. Nous divisons les choses en grand/petit, beau/laid, gauche/droite, hétéro/homo, etc. Malheureusement pour les normes que nous aimons créer, la diversité de la nature s’exprime dans une très large palette avec laquelle il est difficile de tracer des lignes strictes (par exemple les hermaphrodite, l’intersexuation qui touche un enfant sur 50). La semaine dernière, une militante pour les droits LGBT me parlait d’un organisme qu’elle avait créé et qui s’appelait « nuance » (groupe d’égalité des droits LGBT chez IBM Canada). Je trouvais que c’était un nom très juste. Dans la norme il n’y a souvent pas de cette nuance et c’est pourquoi c’est souvent de la marde.

Je ne m’intéresse ni au concours de beauté ni au sport de compétition, mais cependant je remarque que jamais on n’a interdit à un basketteur de 7 pieds 6 pouces de jouer au basket parce qu’il avait une grandeur hors-norme et que ce serait non équitable pour les autres personnes « normales ». Jamais on n’a demandé à quelqu’un qui avait un QI trop élevé de ne pas participer à un concours de mathématique parce que son intelligence désavantageait ses compétiteurs. Jamais on n’a demandé à un joueur de ping-pong de ne pas être plus petit 5pieds 5 pouces parce que ce serait inéquitable pour les géants. Cependant pour les questions de sexe et de genre, il semble qu’on aime à être catégorique et que « la norme, c’est la norme ». Même s’il y a de fortes chances pour que cette norme soit sortie d’un chapeau, juste au moment où ça faisait bien notre affaire d’en avoir une…

MAJ
La décision de Miss Universe Canada vient d’être renversé: Jenna Talackova: Vancouver transgender beauty back in Miss Universe Canada pageant
= wouhouhou

Une 2e MAJ

Aujourd’hui, en Californie, madame Jenna Talackova représenté par l’une des avocates les plus en vue de la planète, Me Gloria Allred, qui a notamment défendu O.J. Simpson et Michael Jackson, donnaient une conférence de presse. Me. Allred demande directement à M. Donald Trump de mettre ses culottes et de dire si oui ou non, madame Talackova peut participer à toutes les éditions de Miss Universe et s’il est prêt à renier la règle de son organisation qui est carrément discriminatoire.

« Mr. Trump qualifies it by adding conditions that are ambiguous, »

« What other competitions is he referring to? Why would Mr. Trump defer to other competitions? Does he want to be a leader, or a follower? We are asking Mr. Trump to step up and be a leader in the fight against discrimination. Or would he prefer to hide behind other organizations and say that if they discriminate, so can he. »

Les declarations completes de Mademoiselle Jenna Talackova et de Me Gloria Allred (PDF)

3e MAJ

Un autre point de vue intéressant, celui des athlètes transsexuels (elles) dans les sports de compétition. Dans le très bon article Transsexual athletes treated unfairly de CNN on peut lire, sous la plume de Donna Rose:

In 2003, the International Olympic Committee became the first international sports organization to develop a policy of inclusion for transgender athletes. Recognition that a person’s gender is more complicated than any single factor, combined with the inability to identify medically sound testing criteria, led to discontinuation of mandatory sex testing on female athletes 1999. (Tests may be done on a case-by-case basis, however.)
According to IOC guidelines, transsexual athletes must have undergone hormone replacement therapy for at least two years, be legally recognized as the sex in which they want to compete and have had « sex reassignment » surgery in order to compete in their authentic gender. Many international sports organizations, including the governing body for wrestling, have adopted or defer to the IOC policies.
As transgender people continue to integrate into all aspects of broader society, the practices that have historically been accepted as « just the way it is » will be identified as discrimination. So, too, will the daily indignities that so many of us face regarding bathrooms, jobs, housing, harassment and having to prove our manhood or womanhood be identified as unacceptable, illegal and inherently unfair.

La vérité, la responsabilité et les « cheaps shots »

La vie est faite entre autres de recherche de vérité, de saine confrontation d’idées et de « cheaps shots » qui arrivent de nulle part. Prenez par exemple les politiciens. Encore mieux, prenez les ministres. Ils sont souvent la cible de « cheap shot ». On va fouiller dans leurs vies personnelles pour dénoncer des points de vue idéologiques qui n’ont absolument rien à voir avec les débats idéologiques. Vous me direz, mais oui, ils ont choisi en connaissance de cause de devenir politiciens, qu’on fouille dans leurs poubelles et qu’on y trouve des détritus qui servira à démontrer qu’ils ne sont pas intègres, qu’ils ont des agendas cachés, qu’ils magouillent. Souvent ils sont parachutés à des ministères et doivent supporter l’odieux de décisions qui sont prises par d’autres.

Il n’y a pas longtemps je discutais avec un pote fonctionnaire. Comme tous, je parlais de la magouille gouvernementale, du scandale de la construction, de celui des TI dont on ne parle que très peu encore et il eut une réflexion que je trouvai vraiment très juste. Il me dit, tu sais Michelle, il y a certainement de la magouille. Il y a aussi certainement des gens qui sont bien et qui s’efforcent vraiment de faire leur travail avec éthique. Prenons les sous-ministres par exemple. Ils ne sont jamais scrutés par personne. Ils sont ceux qui prennent réellement les décisions. Ils sont ceux aussi qui donnent des contrats faramineux et qui quelques mois plus tard, traversent travailler pour les entreprises qu’ils ont rendues riches. Le vrai scandale il est là. La sclérose du gouvernement est là aussi. Entretemps on s’amuse aux dépens des politiciens qui dans le fond ne mènent pas vraiment les dossiers. Pire encore, souvent ce sont les propres fonctionnaires d’un ministre qui coulent l’information aux journalistes pour planter le ministre et qu’il décrisse. J’ai souvent vu des hauts fonctionnaires se tordre de rire de voir leur ministre se faire plomber par les journalistes. Pourtant eux savent être intouchables. Ils peuvent faire les conneries qu’ils veulent, jamais ils ne passent à la télévision. Jamais on ne va fouiller dans leurs poubelles, dans leurs vies privées.

Plus récemment encore, j’étais avec un compétiteur à avoir une discussion professionnelle devant un auditoire. J’ai exprimé un point de vue stratégique web très spécifique. J’en ai parlé sans nommer de clients ou de fournisseurs. Ce point de vue ne faisait pas l’affaire de mon compétiteur parce qu’il a une boîte à faire vivre. Parce qu’il a un pay-roll. Parce que mon point de vue dérange « son modèle d’affaires ». Plutôt que d’en débattre avec des arguments convenables, il est allé dire devant tout le monde « le vrai problème est que Michelle a perdu son client, la compagnie X. Ce client est maintenant avec moi et j’ai augmenté tel aspect financier de Y. Ce n’est pas Michelle qui aurait fait ça “gros rire gras”. La réalité que mon compétiteur savait très bien est que oui j’ai perdu ce client, simplement parce que le V-P marketing avec qui je transigeais a changé de job, qu’un nouveau V-P est arrivé et qu’il a décidé de travailler avec mon compétiteur. Ce sont des aléas d’affaires qui n’ont strictement rien à voir avec la compétence ou les résultats. C’est un changement de garde, voilà tout. De plus il sait très bien que je n’ai pas travaillé sur l’aspect stratégique qu’il se vante d’avoir gonflé tout simplement parce que c’est le genre de pratique d’affaires Web que je trouve inacceptable. Pire encore, je crois qu’il a fait ce stratagème Web qu’il sait être contre les pratiques “kosher” de la plate-forme pour laquelle il l’a fait et qu’il risque de mettre en péril la présence web de son nouveau client si jamais la plate-forme s’en rend compte, et faire disparaître les propriétés de son client, probablement parce que ça donne des résultats rapides et surtout que ça entre de la business pour les salaires qu’il doit payer à la fin du mois.

Mais il a usé d’une “cheap shot” pour faire passer son point. La galerie l’a trouvé intéressant. Moi je n’ai pas relevé en public sa mesquinerie et ai continué le débat, irrité, mais sans le coincer à son tour comme j’aurai pu le faire, en sortant à mon tour des “cheap shot” (réelle cette fois-ci) que je connais sur lui et sur son entreprise.

Dans les débats qui vont s’ouvrir avec la commission Charboneau, dans les débats politiques qui s’engageront lors des prochaines élections, dans les débats d’idées qui ne cessent d’alimenter les discussions entre passionnés du web ou de tout autre sujet, il est important de faire la différence entre un argument, un contreargument et une “cheap shot” qui n’y est que pour faire dévier le débat ou marquer un point. Des fois, les vrais responsables s’en sortent, d’autre fois nous payons collectivement ou individuellement pour les conneries de responsables que nous ne trouverons jamais et des fois nous serons la cible ou l’instigateur de petites mesquineries faciles. Mais dans tous les cas, la recherche de la vérité et l’intégrité personnelle peuvent certainement aider à garder la tête haute.

Je me sens de plus en plus comme une politicienne étant donné mon statut de “gourou”, “papesse” et/ou grande gueule notoire. J’ai certainement moi-même envoyé des “cheaps shots” inconscientes plusieurs fois. Mais lorsqu’on est la cible de tels procédés, ça illumine. Ça fait prendre un recul. Ça fait prendre conscience que personne n’est parfait et surtout, ça aide en criss à relativiser et à saisir des subtilités “des discours” qu’on ne saisissait peut-être pas avant…