Le suffixe .Quebec et les autres nouveaux TLD, méchant casse-tête en vue

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Sur Twitter on me demande ce que je pense du nouveau suffixe .Quebec qui sera disponible dès novembre.

Que pense les experts du web/MRK du .quebec? cc: @mcducas @MichelleBlanc @LucDupont @guillaumebrunet http://cnw.ca/Bx5br
https://twitter.com/C_Croteau/status/502455364059947010

Ma réponse fut courte et assez directe

@C_Croteau @mcducas @LucDupont @guillaumebrunet d’une inutilité qui sera très dispendieuse pour les brands
https://twitter.com/MichelleBlanc/status/502473978192343040

Permettez-moi de développer un peu plus ici.

Ce n’est pas la première fois que l’ICANN autorise de nouveaux Domaines de premier niveau (TLD Top-level Domain) ou plutôt de GTLD (Generic Top Level Domain) dans ce cas-ci. À chacune des nouvelles apparitions de TLD ou gTLD, on me demande ce que je pense des ces ajouts. C’est toujours un peu la même histoire. Tout d’abord avec l’explosion du nombre de sites internet sur le web, il était évident qu’il fallait ajouter des TLD. Ce n’est cependant plus le cas depuis belle lurette. Les ajouts de nouveaux gTLD ne servent maintenant plus qu’à enrichir les vendeurs de noms de domaine et l’ICANN et à complexifier la tâche des marques qui doivent acheter à fort prix une multiplicité de TLD et de gTLD pour protéger leur propriété intellectuelle pour très peu ou plutôt aucun avantage additionnel. Moi qui ne suis qu’une très petite marque, déjà je reçois de multiples demandes de domaineurs qui veulent faire une piastre avec les différentes déclinaisons de Michelleblanc.com et Analyweb.com comme AnalywebS.com Analyweb.cn, .fr, et toute les déclinaisons de TLD ou d’épellations possibles de mes marques. Imaginez maintenant ces déclinaisons d’épellations associées aux gTLD comme .travel, .name ou .biz. Maintenant, ajoutez à ça les NewgTLD qui sont déjà autorisés (vous en avez déjà plus de 300 (PDF)) comme .Quebec, vous vous retrouvez avec un capharnaüm d’adresses internet à enregistrer et à surveiller. Les seuls qui seront réellement heureux de cette situation sont les registraires de nom de domaines, les escrocs qui feront du cybersquattage avec la propriété intellectuelle des autres et les avocats et les consultantes comme moi qui aideront les clients à ne pas se faire arnaquer par cette nouvelle tour de Babel…

Finalement, on ne sait toujours pas comment les engins de recherche réagiront face à cette avalanche de nouveaux gTLD et comment les sites qui en seront affublés se positionneront dans les résultats des engins de recherches. Encore un autre casse-tête additionnel à monitorer…

MAJ
Pour ajouter au mal de tête et en plus des 300 nouveaux gTLD qui seront bientôt ajoutés, visualisez sur une page les TLD de pays et les gTLD qui existent déjà, chez IANA (Internet Assigned Number Authority).

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Les affaires sont les affaires, sauf que…

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Lorsque je voulais faire de la pizza avec une pâte cuite à la perfection, j’ai trouvé L’INVENTION révolutionnaire qui a finalement réussi à la cuire comme je le voulais. Il s’agit de la Baking Steel. J’ai trouvé ce site sur Google avec je ne me souviens plus quelle requête. Depuis, je ne jure que par elle et chaque fois que je fais une pizza, je suis fière d’en parler à mes convives et à mes amis.

J’expérimente et je raffine tranquillement mon art de pizzawoman et je partage avec fierté mes créations.

Pizza avec tomates herbes roquette de mon jardin et mozzarella frais sopressata et champignons marinés

Cette photo de l’une de mes pizzas que j’ai partagée sur mes présences médias sociaux a eu des résultats d’interaction au-dessus de la moyenne. Comme les gens veulent savoir comment je l’ai réussi, je partage ma trouvaille de la Baking Steel et même dans ce billet, vous trouvez un hyperlien vers leur site web. Je ne connais personne chez cette entreprise, Ils ne me connaissent pas (encore) et pourtant, je leur fais une pub du tonnerre, simplement parce que j’aime beaucoup leur produit. De plus, leur site est affublé d’un blogue avec des recettes intéressantes. Ça aide à garder le contact et à sortir comme une balle dans Google, disons.

Cette semaine, je reçois le téléphone d’une cliente que j’apprécie beaucoup. Elle m’informe qu’elle quitte son emploi actuel pour une très grosse organisation dans un autre secteur d’activité. Elle me dit aussi qu’une fois bien installé, comme cette organisation est plutôt débutante en médias sociaux, elle se fera un plaisir de m’engager comme consultante pour effectuer le virage média social nécessaire chez son nouvel employeur. Comme mon mandat avec son organisation précédente continuera malgré son départ, ça me fera un nouveau client d’envergure pour qui travailler.

D’autres très hauts dirigeants avec qui j’ai travaillé et avec qui je travaille encore, m’ont parlé de leur mort prochaine, de la maladie ou de la mort de l’un de leurs proches, de problèmes psychologiques de leur enfant, de l’inefficacité de certains des membres de leur personnel ou de tout autre enjeux ou drames qui n’ont absolument rien à voir avec ma pratique. Je les écoute, les conseille, je partage mes réflexions et je suis attentive à leurs confidences.

Tous les exemples dont je vous parle dans ce billet sont des exemples de business qui dans le fond ont peu à voir avec la business et énormément à voir avec l’humain. Que ce soit pour un produit ou un service, l’humain et l’émotion arrivent rapidement dans le portrait. C’est aussi souvent ce qui fait la différence dans les choix futurs d’achat ou de renouvèlement ou d’octroi de mandat. C’est de l’intangible. Ça se mesure très difficilement. Ça va bien au-delà de ce qui est demandé ou de ce qui est requis et c’est pourtant l’un des ingrédients essentiels de la réussite en affaire. Ces mêmes dirigeants (dont je vous parle plus haut) blaguent souvent avec moi (j’ADORE taquiner), me demandent des nouvelles de ma chienne Charlotte, de mes rénos ou de tout autre sujet qui n’ont strictement rien à voir avec la business. Je fais exactement la même chose avec eux. Ça s’appelle « de la relation humaine » et ça fait aussi partie intégrante des mes lignes éditoriales médias sociaux. Quelqu’un qui est tout le temps sérieux est plate et quelqu’un qui déconne tout le temps est con. La conversation est un savant mélange d’infos pratiques, pertinentes et de déconnage et d’humanité. (Encore une petite mise au point ici pour les ignares qui disent « Michelle Blanc dit n’importe quoi sur les médias sociaux, elle parle même de son chien », ce à quoi l’un de mes nouveaux collaborateurs répondit, alors tu sais qu’elle a un chien, donc tu la suis, donc sa stratégie doit être un petit peu efficace pour que tu m’en parles aujourd’hui? :-) )

D’ailleurs cette intangibilité se traduit simplement par la « conversation ». C’est aussi cette conversation que l’on retrouve sur les médias sociaux. C’est souvent la conversation qui fait qu’on écoute quelqu’un ou que simplement on change d’endroit pour écouter quelqu’un d’autre dans un cocktail. Dans ce même cocktail, ce n’est pas parce qu’on écoute une conversation qu’on va nécessairement donner un mandat ou acheter quelque chose de quelqu’un. Ça prend d’abord de toute évidence un besoin. Par contre, si la conversation a été plaisante, enrichissante ou divertissante, lorsqu’un besoin se présentera, c’est probablement à celui qui tenait la conversation qu’on songera.

Les affaires sont les affaires et le resteront sans doute toujours. Mais dans les affaires (comme sur les médias sociaux), la dimension humaine est fondamentale, intangible et difficilement mesurable, mais elle fera très souvent la différence entre un succès et un échec…

Par ailleurs, parlant de pertinence et de déconnage

Hier j’ai été sur le cul d’apprendre que la prestigieuse revue américaine Search Engine Journal, a choisi mon humble blogue comme l’un des 10 meilleurs blogues marketing au Canada. Disons que ça a fait ma journée, que ça me touche beaucoup et que ce n’est pas l’un de ces concours dont on présente soi-même sa candidature et pour lesquels les juges sont nos chums des autres agences. Je n’avais AUCUNE idée de ces SEOlympics.

De plus, ça devrait fermer la gueule à une couple de mes détracteurs pour une couple d’heures :-)

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Les crosseurs du web

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Étant donné la confidentialité de mes dossiers, je ne peux nommer le nom des fournisseurs ou des clients impliqués dans ces arnaques.

Durant mes vacances, j’ai dû travailler à quelques reprises pour aider certains clients aux prises avec des problèmes urgents. Une OSBL qui fait le plus grand bien dans la société, a un fournisseur web et d’hébergement qui lui facture $2000 par mois, strictement pour le serveur dédié qui est supposé hébergé leur site. Ils n’ont cependant pas accès à ce serveur, leur site est en désuétude depuis des années et ils ne peuvent donner accès à leur serveur à aucun autre fournisseur, n’ayant même pas accès eux-mêmes à celui-ci. La rationale du fournisseur pour le coût du serveur est qu’ils font du streaming audio et que ça devrait prendre beaucoup de bande passante. Pourtant ce streaming est fait via iTunes. Ce fournisseur facturait une quinzaine d’heures pour faire une simple redirection de DNS. Le client se rend compte de surcroit que son fournisseur épie les courriels des employés et de la direction et qu’il héberge sur le même serveur, d’autres sites qui semblent liés à des activités louches liées au monde interlope en Russie et ailleurs sur la planète. Disons que ce dossier est un capharnaüm on ne peut plus troublant, non efficace, couteux et très probablement criminel.

Un autre client d’envergure a fait un processus d’appel d’offres très détaillé. Le contrat de la firme très respectable qui a été retenu contient de nombreuses pages explicitant le processus de gestion de projet extrêmement professionnel et précis. Mon client pouvait donner le contrat les yeux fermés puisque le fournisseur choisi a une feuille de route impressionnante et des références impeccables. Malheureusement, mon client a déjà complètement payé le fournisseur et pourtant la livraison du site est maintenant 4 mois en retard. Les étapes du processus de gestion de projet décrite dans le contrat du fournisseur n’ont jamais eu lieu et plus le dossier avance, plus il dérape. Le fournisseur fournit à mon client un wireframe qu’il juge être ce que le client demande, puis chacune des modifications que le client demande, qui sont et dans le contrat et dans l’appel d’offres, sont maintenant considérées comme des demandes de changement à être facturé à la pièce. Même la configuration de l’hébergement du futur site web, est considérée comme une demande additionnelle. La semaine dernière mon client se fait dire par le fournisseur que ce dossier est maintenant trop complexe, qu’il a déjà coûté des milliers d’heures au fournisseur et que de continuer ce mandat pourrait mettre la survie de l’entreprise en péril. Le fournisseur exige donc plusieurs dizaines de milliers de dollars supplémentaires pour terminer le mandat, sinon rien ne sera livré. En douze ans de consultation, je n’ai jamais vu une situation semblable. Ou bien mon client allonge les dizaines de milliers de dollars, essuie ses pertes ou entame une poursuite en justice. Je ne parle même pas ici des pertes encourues par mon client pour le retard de mise en ligne de son site de même que les salaires des employés de celui-ci qui travaillent depuis des mois sur le projet ou de mes propres honoraires que mon client doit payer. Au moment d’écrire ces lignes, je n’ai aucune idée de ce qu’il adviendra de ce dossier et je suis triste de constater le merdier dans lequel se trouve mon client. Pour compliquer les choses, le grand patron de l’organisation cliente, accompagne son épouse qui combat présentement un cancer extrêmement virulent. Disons que le timing du fuck-up web n’est pas des plus approprié pour mon ami qui a bien d’autres chats à fouetter…

Voici donc quelques-uns des dossiers sur lesquels je me suis penchée durant mes vacances. J’observe que les problèmes eux ne prennent pas de vacance, que le secteur des services internet est encore une jungle dans laquelle les clients débutants ou même très préparés peuvent se faire avoir par des écueils gros comme le bras, ou encore extrêmement subtils et non prévisibles. J’ADORE ma job mais des fois je suis triste d’observer les requins et la mer agitée dans laquelle j’évolue de même que la naïveté positive avec laquelle certains clients se font avoir……

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Le premier courriel de mes vacances – un message gratifiant

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Aujourd’hui et pour les 21 prochains jours, je serai en vacance. Voici d’ailleurs le soleil de mon premier levé.

ciel de Chertsey

Mais comme le beat « de ne rien foutre » ne s’est pas encore installé, je me suis levé aux aurores et j’ai ouvert mes courriels. Voici le premier que j’ai ouvert ce matin, avec permission de son auteur, de le publier :-) Disons que ça fait drôlement plaisir…

Bonjour Michelle,

Ça fait plusieurs mois que je veux écrire ce courriel. Je le fais ce soir :) .

On s’est rencontré il y a 2 ans et demi, octobre 2011. Ma compagnie s’appelait INBOX International à l’époque. On avait retenu tes services, moi et mon collège Jonathan, pour une consultation de 2h chez toi. On t’a expliqué ce qu’on faisait, et surtout notre nouveau projet: un forfait à 250$ / mois pour un site web pour entrepreneur ou petites compagnies. Ce qu’on faisait à part ça, c’est un intranet pour la performance et la reconnaissance de plusieurs milliers d’agents pour Bell Canada. Tu nous avais dit quelque chose comme:

« Donc si je comprends bien, vous avez une grande expertise dans les intranets pour grandes entreprises et vous voulez vendre de la cochonnerie à 250$ par mois ? ».

On était sortie de chez toi avec un « reality check », solide :) . Ça a pris du temps avant qu’on comprenne.

1 an plus tard, ton message avait fait beaucoup de chemin dans mon esprit. Et c’est en lisant Good to Great de Jim Collins que ton message a complété le puzzle. J’ai eu une révélation en lisant sur son Hedgehog Concept. Ce qui nous passionne, ce qu’on peut être les meilleurs au monde et ce qui génère le cash, c’est clairement notre expertise dans les portails de reconnaissance.

J’ai alors pris la décision de changer l’orientation de la compagnie et de focuser uniquement sur l’engagement des employés: créer des stratégies et des outils pour augmenter l’engagement la performance et la reconnaissance des employés dans les grandes entreprises. On a accompagné tous nos clients vers d’autres fournisseurs, on n’a gardé que Bell Canada. On est ensuite allé chercher d’autres clients comme Hydro-Québec, Imperial Tobacco et d’autres centres d’appels.

Dans les 12 mois qui ont suivi cette réorientation, nous sommes passés de 7 à 15 employés et nous avons triplé notre chiffre d’affaires en gardant la même marge de profit.

En février dernier, nous avons rebrandé la compagnie et changé son nom pour Karelab. On commence à parler de nous dans les médias, on est en voie de devenir la référence au Québec en engagement et reconnaissance des employés. On est 23 employés. On a des opportunités incroyables qui se présentent nous tous les jours.

Et je n’ai jamais été aussi heureux.

Je tenais à écrire ce courriel et te raconter cette petite histoire, car tu en as été l’élément déclencheur. Et je t’en remercie.

Michelle, merci, merci, merci :)

Au plaisir de jaser avec toi un de ces 4 !

Bon week-end !

Karelab
Marc-André Lanciault
Fondateur, PDG

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Le côté hautement pratique des médias sociaux et du Web, même perdu dans le bois

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Depuis plus d’un an, je vis à 60 % de mon temps sur un demi-hectare, près d’un lac et d’une rivière dans le bois à Chertsey dans la région de Lanaudière. J’ai l’internet (qu’on appelle honteusement la haute vitesse, mais ce n’est pas le propos de mon billet) et j’y travaille et j’y socialise avec mes potes virtuels comme si j’étais en plein cœur de Montréal (juste pas mal moins rapide pour beaucoup plus cher).

Toujours est-il que je suis curieuse, que je découvre mon nouvel environnement, que je m’y adapte. Depuis quelques semaines, j’observe une étrange fougère qui s’est installée juste à côté de bleuetiers que j’ai plantés. Il s’avère que c’est un endroit peu propice au gazon, car le sol y est très acide et il est sous de grands pins centenaires. Par ailleurs sur Facebook, on parle de la Berce du Caucase, plante hautement toxique et dangereuse, qui se répand au Québec. Je vois rapidement que ma nouvelle fougère n’est pas cette Berce qui peut causer des brulures au 2e degré. Mais ça pique ma curiosité néanmoins et ce que l’on nomme les mauvaises herbes, sont souvent des plantes pour lesquelles nous n’avons pas d’utilité (petite citation de l’un de mes cours d’anthropologie : on ne nomme que ce que l’on considère utile, ou nuisible). Je partage donc la photo que je prends avec mon iPhone sur mes différentes présences médias sociaux.

Achillée milles-feuilles, herbe à dinde, herbe du soldat
https://twitter.com/MichelleBlanc/status/486281232221601792

Très rapidement on m’informe que c’est de l’herbe à dinde, connu aussi sous le nom de l’achillée milles-feuilles. Puis je vérifie sur Wikipédia et je découvre que c’est l’une des plus vieilles plantes médicinales. Elle était connue de l’homme de Néandertal, des Chinois, des Grecs et que durant la Première Guerre mondiale, elle faisait partie du kit de première urgence porté par chaque soldat qui, faute de médicaments, pouvait soigner des blessures légères avec cette plante. Je découvre aussi qu’elle est vendue comme couvre-sol alternatif au gazon (et ça fait vraiment mon affaire), qu’elle sert aussi une fois séché à donner une bonne odeur à la maison et qu’elle peut être utilisée à d’innombrables usages médicinaux (grâce au site Passeport Santé). Tout d’un coup, grâce aux médias sociaux et au web, ma mauvaise herbe devient une plante quasi miraculée.

C’est ça aussi l’un des avantages des médias sociaux et du web, même perdu dans le bois, on se couche moins niaiseuses et on évite (par ignorance) d’arracher une partie de l’histoire de l’humanité qui s’est adonnée à pousser sur son terrain … :-)

MAJ
Afin d’en savoir plus sur la flore de mon coin de pays, je viens Je viens d’acheter le grand classique de botanique, Flore laurentienne, 3e édition du Frère Marie-Victorin https://cheneliere.ca/4069-livre-flore-laurentienne-3e-edition.html

Des fois, l’information la plus pertinente et condensée n’est pas toujours en ligne…

MAJ2
Afin d’éviter d’être exposé à la plante extrêmement dangereuse qu’est la berce du Caucase, Santé et Services Sociaux du Québec recommande d’être capable de l’identifier. http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/environnement/index.php?berce-du-caucase

La berce du Caucase : un envahisseur toxique(PDF)

MAJ3
Pour revenir à l’achillée millesfeuilles, selon Floramedicina.com (PDF)

Son nom fait référence au dieu Achille, car on dit que sa mère l’a trempé dans un bain d’achillée millefeuille pour le rendre invincible. Comme elle le tenait par son talon, cette partie de son corps n’a pas pu devenir invincible.
Tout comme Achille avait fait avec ses soldats après la guerre de Troie, les soldats du temps de l’Empire Romain et ceux de la deuxième guerre mondiale étanchaient leurs plaies avec de l’achillée, ce qui arrêtait les saignements et stimulait la guérison.
En Chine, on utilisait la tige sèche d’achillée pour tirer le I-Ching.
L’achillée était utilisée dans les oreillers pour enlever la mélancolie.

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Les ratés de la personnalisation en ligne et la faiblesse de l’approche algorithmique

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C’est en lisant Why Websites Still Can’t Predict Exactly What You Want de Harvard Business Review que ça m’a frappé. Les entreprises numériques ont encore bien des croûtes à manger avant d’avoir une personnalisation en ligne, digne de ce nom. Je vous en avais déjà parlé dans mon billet Certains ratés de la personnalisation numérique.

Toujours est-il que dans l’article de HBR, l’auteur met le doigt sur une possible explication de ces lacunes de personnalisation.

All that data and still an underwhelming result. What’s happening here? It seems that it’s a matter of how the companies position personalization. They regard it as a tool for upselling–they want to push us out of our comfort zone, to buy new things, and to buy more things. To achieve that goal, the companies can’t just look at one’s historical browsing or purchase patterns. Instead, data scientists look for traits in similar customers. When you position personalization this way, you build algorithms that are based on finding variables.

En effet, depuis l’avènement de « la filtration collaborative » d’Amazon, (c’est-à-dire ceux qui ont aimé ce produit ont aussi aimé tel, tel et tel autre produit, ce qui représente tout de même plus de 50% des ventes d’Amazon) les entreprises se sont confinés à l’analyse prédictive. Il s’agit donc d’une tentative d’upselling (concrétiser la 2e vente). Par contre, très peu, voire aucun effort n’est encore mis sur l’historique de consommation, ce que l’on nomme les données invariables. Comme l’auteur le mentionne, sur Amazon, si ça fait déjà quelques achats que je fais pour acquérir des souliers de grandeur 13WW, il y a de fortes chances que si je magasine encore des chaussures sur Amazon, ce le sera pour la même grandeur de chaussure. Pourtant, cette simple donnée invariable, qui améliorerait très sensiblement mon expérience usager en ligne, n’est toujours pas utilisée.

Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué?

C’est un peu la conclusion de l’auteur de l’article. Ce n’est pas sexy de travailler sans algorithme et il n’y a pas de valorisation pour les geeks qui les développe. Ça faciliterait par contre grandement la vie des clients internautes et les fidéliserait aussi sans doute à la marque

In short, these kinds of easy wins aren’t sexy enough for data scientists. And maybe they fear their effort would go unnoticed if we can get better personalization without teams of PhD’s spending three years to create hundreds of algorithms.
Data scientists are vital to the future economy and advanced algorithms are an extremely important part of their work. But from a market-facing perspective, simplicity and quick wins should be part of the data science toolbox.

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Bloquer l’accès aux réseaux sociaux dans les entreprises est contre-productif, voire stupide.

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Cette semaine, LaPresse révélait dans son article avec un titre qui dit déjà tout, que :
Plus d’un tiers des entreprises bloquent l’accès aux réseaux sociaux. Dans l’article on mentionne que :

Selon cette enquête du cabinet Proskauer, réalisée pour la troisième année consécutive, 36% des entreprises disent bloquer activement les accès aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, etc.). Elles n’étaient que 26,4% à le faire en 2012.
Plus de sept entreprises sur dix (71,15%) disent également avoir déjà dû prendre des mesures disciplinaires à l’encontre d’un employé à cause de son utilisation abusive de ces réseaux, contre 35% en 2012 et 31,3% en 2011.
(…)

Les raisons mises en avant par les groupes pour bloquer les accès sont de se protéger contre l’utilisation d’informations confidentielles (80,26%), contre le fait de véhiculer une fausse image de l’entreprise (71,05%) ou encore contre les commentaires désobligeants sur l’entreprise et les employés (64,47%).

Pourquoi bloquer l’accès aux réseaux sociaux des organisation est contre-productif, voire stupide.

L’argument le plus souvent avancé par les gestionnaires lors de rencontre que j’ai avec eux est que les employés perdent leur temps sur les réseaux sociaux au lieu de travailler, comme ce commentaire que j’ai reçu sur mon linkedIn

bonne chose, l’accès au wi-fi pour les téléphones devrait-être géré également. il est temps que les employés donnent leur 100%a leur travail et non a leur vie sociale.

(Le certain monsieur Bessette qui avait fait ce commentaire a préféré le retirer depuis. D’ailleurs, il fit ce commentaire sur un réseau social, durant les heures de bureau. Bonjour la cohérence :-) )

Donc, si je comprends bien, on préfère couper l’outil qui nous permettrait d’identifier ceux qui ne foutent rien sur les heures de travail? Alors, une fois les réseaux sociaux « barrés », comment fera-t-on pour identifier les tire-au-flanc? Je crois au contraire que l’accès aux réseaux sociaux pour tous a plusieurs avantages. Mais avant de les énumérer, je rappelle que plusieurs employés, dès la sortie du lit et encore en pantoufle, regardent déjà leurs courriels d’entreprise, alors qu’ils sont encore chez eux. Ils font aussi souvent la même chose une fois la journée terminée. Alors lorsqu’on veut qu’ils donnent leur 100% au travail, de quel 100% parle t-on exactement?

Voici donc quelques arguments de pourquoi les réseaux sociaux devraient faire partie des outils mis à la disposition des employés

Un début du siècle dernier, le téléphone n’était que pour les riches, puis pour les grands patrons. Le téléphone, s’il était rendu disponible aux employés, réduiraient leur productivité puisqu’ils ne s’en serviraient que pour « mémérer ». étrangement, avec la démocratisation du téléphone, ce sont maintenant les patrons qui sont difficilement joignables par cet outil :-) J’en discutais plus abondamment dans mon billet Les réseaux sociaux suivent une route similaire à celle de la messagerie instantanée

Plusieurs employés, surtout ceux de la génération net, se servent abondamment de leur communauté pour régler divers problèmes d’affaires. Ces « communautés personnelles » des employés ne sont pas sur le « payroll ». Ils ne coûtent strictement rien à l’organisation. Pourtant, ils permettent à bien des employés des organisations d’être beaucoup plus performants, donc efficaces et donc économiques. D’ailleurs, comme je le mentionnais déjà dans mon billet de 2008 (plus ça change, plus c’est pareil) Facebook, l’accès au service permet de garder ses employés

39% des 18-24 ans américains considéreront quitter leurs emplois si l’entreprise bloque Facebook et un autre 21% seront dégoutés d’une telle pratique

Par ailleurs, en principe, vos employés devraient être les meilleurs ambassadeurs de votre marque et de vos organisations en temps de crise communicationnelle. Pour ce faire, ils devraient donc « avoir accès » aux médias sociaux et être habilités et outillés pour être efficace sur ceux-ci. D’ailleurs dans mon autre billet Le clou final aux paranos des enjeux de relations publiques sur les médias sociaux, vous pourriez remplacer relations publiques par « réseaux sociaux accessibles au travail » :-) J’y disais

Imaginez une organisation qui fonctionne dans un contexte réglementaire et dont certains règlements peuvent même inclure « la peine de mort ». Cette organisation met aussi le feu par accident à des hôpitaux bondés de gens qui y meurent dans d’atroces souffrances. Cette organisation fait aussi exploser par mégarde des écoles avec des centaines d’enfants. La tête des membres de cette organisation est mise à prix, elle est détestée à la grandeur de la planète et elle blesse, tue et handicape souvent ses propres partenaires. Croyez-vous que vos enjeux de relations publiques ou que votre contexte réglementaire peuvent être pire que ça ?
La réponse est de toute évidence non.
Alors (comme j’en ai déjà parlé ici) sachez que cette organisation est la US Air Force et que ses membres, je dis bien tous ses membres allant du simple soldat au général, ont été formé et habilité à prendre tous part et être actifs sur les médias sociaux.

Finalement, il est évident que l’organisation doit se protéger des abus de ses employés sur les réseaux sociaux. Au lieu de priver son organisation « du téléphone du XXIe siècle », il est certainement judicieux de plutôt développer une politique des médias sociaux qui soit efficace. Comme je me répète encore, lisez plutôt mon billet Comment créer une politique médias sociaux

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L’ingrédient essentiel de la stratégie, la créativité (discussion avec Jacques Nantel)

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Hier je passais une partie de l’après-midi avec un de mes mentors le très réputé Jacques Nantel. C’est que nous tournions le pilote d’une websérie informationnelle (à être diffusé cet automne) à propos du commerce électronique et des médias sociaux. Puis avec un café, nous avons par la suite discuté longuement à l’ombre de grands arbres sur le campus de HEC Montréal.

La stratégie c’est beaucoup plus que des tactiques, des analyses ou une direction.

Nous discutions bien sûr de la vie, de marketing et de nos projets respectifs. Puis nous avons partagé certains des enjeux et des idées que nous avons pour nos mandats et clients respectifs. Il me parla d’une rencontre qu’il avait eue avec un de ses partenaires pour un client majeur. Autour de la table, il y avait plusieurs analystes de très haut niveau. Ça discutait de segmentation de marché, d’analyse de données primaire (lire ici sondages divers) et des besoins de compréhension stratégique du client. Par contre, personne ne parlait d’analyse de données secondaires (la revue des analyses qui ont déjà fait par l’organisation ou par d’autres organisations et qui sont disponibles dans diverses bases de données, dont le web) et personne n’usait de cet ingrédient capital qu’est la créativité.

Je présentais à mon tour la problématique d’un nouveau client que je rencontrerai prochainement. Je lui fis le rapide exposé de ce que je me proposais de présenter à la haute direction (puisque j’ai déjà rencontré certains des gestionnaires). Il s’agit d’une organisation importante qui veut s’implanter sur les médias sociaux. Hors des médias sociaux, ils ont déjà planifié de dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars en campagne publicitaire d’image. Pourtant, déjà certains de leurs commettants ont fait les nouvelles nationale et internationale pour une histoire tout à fait charmante et de son époque. L’administration précédente fit tout en son possible pour étouffer l’affaire et mettre des bâtons dans les roues du membre de cette organisation. Je présenterai donc l’idée qu’au contraire, il devrait être utilisé comme un champion de l’organisation qui devrait s’en servir comme d’un élément multiplicateur afin que des dizaines d’autres commettants fassent exactement comme lui. Ainsi, l’effet social médiatique initial, serait décuplé et cette organisation serait perçue comme très innovante et en faveur du développement durable, l’essence même de ce pourquoi ils sont déjà prêts à dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars.

Par ailleurs, cette organisation a aussi certains autres champions extrêmement connus et aimés des médias. Pourtant, ils ne font strictement rien avec ceux-ci. Comme pour le client de Jacques, ils paient pour des analyses primaires très étoffées. Ils obtiennent des données extrêmement pertinentes, mais le pas suivant, « que devrions-nous faire de cette connaissance » n’est jamais franchi. Le problème est que souvent, ces données deviennent un cadre duquel personne n’ose sortir. D’où l’expression bien connue, penser hors du cadre. Mais pour ce faire, il faut avoir du front, oser affronter et confronter les idées préconçues et les grands patrons et surtout, user de créativité pour joindre ensemble des éléments qui de prime abord ne semblent avoir rien en commun, mais qui ont déjà fait leur preuve dans d’autres organisations ou d’autres contextes. Des fois il faut aussi carrément innover et oser la différence. Tout le monde se gargarise de ce mot « innover » mais peu osent réellement le mettre en pratique ou même « risquer » de le présenter à une haute direction.

L’avantage que peux avoir Jacques ou moi-même pour « risquer » cette créativité dans des organisations solides et établies est certainement l’âge, l’expérience et la maturité, mais aussi un certain détachement par rapport aux enjeux de nos clients. Si nous perdons un client parce que nous avons « osé » proposer l’innovation, notre vie ne sera pas immédiatement sans dessus dessous (comme pour un employé qui pourra perdre sa job ou parce que c’est notre seul client et que jamais nous ne prendrions le risque de le contrarier). Être créatif est possible pour tous. Oser l’exprimer ne l’est par contre peut-être pas…

En marketing et en analyse de marché, l’analyse primaire est primordiale. Pourtant, ce qui l’est encore plus est l’analyse des données secondaires. C’est-à-dire la revue des autres analyses qui a déjà été payée par différentes organisations et qui s’adresse spécifiquement à la même question. Trop peu de gens prennent la peine de fouiller ça et d’apprendre des succès et des erreurs des autres. Qui plus est, une fois que les données secondaires et les données primaires ont été recueillies, il reste encore l’élément ESSENTIEL de la créativité pour faire un sens de toutes ces connaissances et pour suggérer une direction qui soit concordante avec les objectifs initiaux des clients…

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Le Web a déjà mis la démocratie mondiale en péril

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Il m’arrive de lire des analyses profondes et lumineuses. Mais rarement ai-je été autant à la fois bouleversée et transportée par la justesse d’un article. C’est ce qui m’arrive ce matin après la lecture de Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy Thanks to Edward Snowden, we know the apparatus of repression has been covertly attached to the democratic state. However, our struggle to retain privacy is far from hopeless.

Oui je sais depuis des années l’érosion de la vie privée, ou plutôt je connais le déplacement de cette ligne entre ce que JE considère comme étant un marchandage entre ce que je suis prête à partager en ligne et ce que les différents fournisseurs de services tels que Google, Facebook, Yahoo et autres font de mes informations. Par contre, je n’avais jamais songé qu’en utilisant ces services, je devenais moi-même complice de la scandaleuse intrusion gouvernementale de la vie privée de mes amis et des gens avec qui j’échange des courriels. Je n’avais pas non plus mesuré l’ampleur de l’attaque directe au fondement même de la démocratie qui est la liberté et pour laquelle le Canada, les États-Unis et la grande majorité des démocraties se sont battus durant la Deuxième Guerre mondiale. Je n’avais pas réalisé à quel point le totalitarisme contre lequel les démocraties avaient lutté avec tant d’acharnement était aujourd’hui une réalité numérique que nous sommes en voie de léguer à nos enfants. Par sa perspicacité, l’auteur nous indique comment la chute de Rome et les leçons de l’esclavagisme américain et sa guerre de Sécession subséquente sont des enseignements précieux pour le plus fondamental des enjeux globaux auxquels le Web nous convie, le combat à finir pour la liberté.

Our concept of « privacy » combines three things: first is secrecy, or our ability to keep the content of our messages known only to those we intend to receive them. Second is anonymity, or secrecy about who is sending and receiving messages, where the content of the messages may not be secret at all. It is very important that anonymity is an interest we can have both in our publishing and in our reading. Third is autonomy, or our ability to make our own life decisions free from any force that has violated our secrecy or our anonymity. These three – secrecy, anonymity and autonomy – are the principal components of a mixture we call « privacy ».

Without secrecy, democratic self-government is impossible. Without secrecy, people may not discuss public affairs with those they choose, excluding those with whom they do not wish to converse.

Anonymity is necessary for the conduct of democratic politics. Not only must we be able to choose with whom we discuss politics, we must also be able to protect ourselves against retaliation for our expressions of political ideas. Autonomy is vitiated by the wholesale invasion of secrecy and privacy. Free decision-making is impossible in a society where every move is monitored, as a moment’s consideration of the state of North Korea will show, as would any conversation with those who lived through 20th-century totalitarianisms, or any historical study of the daily realities of American chattel slavery before our civil war.

In other words, privacy is a requirement of democratic self-government. The effort to fasten the procedures of pervasive surveillance on human society is the antithesis of liberty. This is the conversation that all the « don’t listen to my mobile phone! » misdirection has not been about. If it were up to national governments, the conversation would remain at this phoney level forever.

(…)
We face two claims – you meet them everywhere you turn – that summarise the politics against which we are working. One argument says: « It’s hopeless, privacy is gone, why struggle? » The other says: « I’m not doing anything wrong, why should I care? »

(…)
Hopelessness is merely the condition they want you to catch, not one you have to have.
So far as the other argument is concerned, we owe it to ourselves to be quite clear in response: « If we are not doing anything wrong, then we have a right to resist. »

Et

This is a matter of international public law. In the end this is about something like prohibiting chemical weapons, or landmines. A matter of disarmament treaties. A matter of peace enforcement.

Cela était l’un de mes vieux arguments que j’avais développé sous une forme utopiste (à l’époque) dans un cours de droit des technologies de l’information de mon ancien prof. devenu copain Vincent Gautrais. J’avançais l’idée de créer, au plan législatif, un huitième continent avec le Web. Dans mon billet de 2006, Plaidoyer pour un cadre législatif international régissant le Web, je reprenais ma dissertation de 2001 De l’urgence d’un cadre juridique international du cyberespace (PDF)

« je me suis penchée, lors de certains travaux, sur l’utopie de réguler le Web, via des traitées internationaux distinct et faisant du cyberespace, un territoire supranational et encadré par des traités tel que ceux qui régissent les océans, l’Antarctique et la Lune et les corps célestes. Ces divers traités font de ces territoires, des espaces appartenant à tous et à aucun état en particulier. De plus, ces divers traités, permettent d’encadrer juridiquement, les activités humaines que les états et individus entreprennent sur ceux-ci.

De plus, nous pourrions considérer mandater l’ONU pour mettre sur pied un organisme de contrôle, d’arbitrage et de mise sur pied d’un organisme chargé de cet espace commun. »

Il n’en tient qu’à vous, citoyens du monde et acteurs du Web, de faire du Web ce huitième continent protégé par tous les états et n’appartenant à aucun état, comme on le fait déjà pour l’Antarctique, l’océan, la lune et les corps célestes…

Pour ce qui est de l’article Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy, je demeure profondément troublée par son constat. Ma vision du web et de son aspect totalitariste gouvernemental en complète opposition à la réelle LIBERTÉ civile ne sera plus jamais la même. Ça va me prendre plusieurs jours, voire même quelque mois, avant de réaliser à quel point ce texte a désormais changé ma vision du web, de nos gouvernements et de ma propre mission, vision et participation à comment je peux changer les choses…

MAJ

via l’amie D. Vézina sur Facebook

1984 de George Orwell
« A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

MAJ 2

MAJ 3

Via le Twitt
@MmeNatmark
@MichelleBlanc Tu as sûrement vu sa récente entrevue sur TedTalk? https://www.youtube.com/watch?v=yVwAodrjZMY …

MAJ 4

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Le web profond, ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle

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(Des fois, il est mieux de laisser vieillir un billet sur son disque dur avant de le publier. Ce billet a été écrit il y a plusieurs mois. Il ne vise personne en particulier…)

Certains chroniqueurs font l’éloge ou le procès de l’humour noir, trash ces temps-ci. J’entends beaucoup parler de feu Georges Carlin. Ce grand humoriste de l’humour noir qui repoussait les limites. Il parlait et blaguait sur tout. Même sur le viol. Dans sa célèbre vidéo à propos du viol justement il disait « On peut rire d’absolument tout. Mais pour ce faire il faut jouer avec la mécanique du gag et pousser l’un de ces éléments à l’extrême ». Puis il le démontra avec un génie, avec une acuité de l’un des grands maitres de cet art difficile.

Tous n’ont pas ce talent et au Québec, depuis l’avènement de la manufacture à humoriste qu’est Juste pour rire, des artistes et des pseudoartistes du rire il en pleut. L’humour fait vendre et c’est très payant. Les humoristes sont partout. Ils sortent de l’humour pour devenir animateurs, chroniqueurs, maitres de cérémonie, acteurs et j’en passe. Bientôt ils seront sans doute aussi politiciens.

Je suis moi-même une pseudohumoriste. De surcroit, j’aime l’humour trash. Je la pratique aussi. Je sais ce qu’est « créer un malaise ». Je l’ai expérimenté plusieurs fois dont sur les planches du théâtre Latulipe, lors du Combat contre la langue de bois du Festival Voix d’Amérique en y faisant la lecture de ce que je considère mon chef d’œuvre, un éloge du caca avec mon poème Pour toi Serge c’est avec fieté que je te chie un poème.

Vous remarquerez cependant qui ni Carlin, ni moi ne nommions précisément d’individus ou de groupes dans nos textes. C’est là justement la problématique de l’humour soi-disant trash au Québec. Depuis l’infâme émission de télévision Piment Fort, par manque de créativité sans doute, il faut nommer quelqu’un dans son texte pour que ce soit drôle. Il faut détruire une personnalité. Il faut diffamer. Non, de faire de l’humour intelligent à la limite du scabreux sans avoir besoin de traîner quelqu’un de ciblé dans la boue, ce doit être trop difficile à faire. Il faut cibler une personnalité pour que le gag passe.

On me dira, mais que fais-tu des caricaturistes? He bien justement, les caricaturistes ciblent une personnalité en poussant à l’extrême l’une de leurs caractéristiques. Mais eux aussi ont des limites. Comme le mentionne l’article L’éthique de la caricature du Conseil de presse

« Le caricaturiste doit s’acquitter de sa tâche avec la même conscience, le même souci de qualité et de respect des personnes, des groupes et du public. Lorsque la caricature est porteuse d’une connotation haineuse, le seuil de tolérance de la société est déjà franchi. »

(…)
Même si la caricature vise à provoquer, à faire réagir ou à choquer, certaines limites s’imposent d’elles-mêmes aux caricaturistes. L’autocensure fait même partie de leur réalité et en démocratie, celle-ci ne pose pas problème, souligne Mira Falardeau, spécialiste de la caricature et auteure du livre L’histoire de la caricature au Québec. C’est que l’autocensure du caricaturiste s’apparente davantage à une forme retenue, qui lui permet de trouver le ton juste et de s’aventurer sur l’étroite bande délimitée d’un côté par la subversion et de l’autre, par la vulgarité. « L’autocensure, c’est ce qui distingue un bon caricaturiste d’un mauvais; celui qui est incapable d’autocensure ne trouvera tout simplement pas de contrats parce qu’il ne pourra pas se retenir et ira trop loin », remarque-t-elle.

Mais le gros problème de cetains humoristes au Québec, qui ne font pas de la caricature est justement ça. Ils vont trop loin, n’ont pas de censure et ont l’outrecuidance de personnaliser leur gag. Soit qu’ils manquent d’imagination, qu’ils ne comprennent pas les limites de la diffamation et des contenus haineux ou que tout simplement qu’ils sont cons…

P.-S. On parle aussi souvent du grand Yvon Deschamps comme d’un maitre dans l’art de repousser les limites de l’humour et du jeu avec le second degré. Je me trompe peut-être, mais je ne me souviens vraiment pas qu’il a déjà eu le besoin de personnaliser l’un de ses monologues pour susciter le rire…

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