Les marques et organisations doivent-elles être neutres sur le Web et dans les médias?

Pin It

Il y a de ça 6 ans, dans mon billet Politique éditoriale et tabous j’écrivais :

Lorsque j’étais au Collège Militaire Royal de St-Jean, lors de ma formation d’officier, nous avions des cours de bienséances visant à nous préparer aux « Mess Diner ». Ce sont en fait de grands diners de gala extrêmement protocolaires. L’une des choses qu’on nous apprenait et qu’il était proscrit de discuter de trois sujets lors de ces soupers, mais aussi lorsque nous étions dans le mess d’officier. Nous ne devions pas parler de RELIGION, POLITIQUE ou de SEXE. Étrangement, je suis restée avec ces tabous et je crois que dans une politique éditoriale médias sociaux d’entreprise, ce sont des tabous qu’il est certainement préférable d’observer.

À cette époque, je parlais tout de même de ma transition, mais je ne parlais pas vraiment de religion, politique et de sexe. Mais depuis, mon point de vue a passablement évolué. Les organisations tout comme les marques, sont des « personnes morales ». Or, les choix moraux qu’elles feront ou pas, seront un actif ou un boulet avec lequel elles devront composer. Nous avons tous en tête que Volkswagen et IBM ont collaboré avec les nazis. Par contre, la plupart des gens ont oublié que Coca-Cola, Hugo Boss, Ford ou plusieurs autres l’ont fait aussi. D’Ailleurs, les choix moraux des entreprises, comme ceux des individus, pourront avoir un impact à court, moyen ou long termes. Par ailleurs, la neutralité est sans doute plus sécurisante, mais elle n’aura jamais d’impact publicitaire ou sociétal et comme je le disais aussi en conclusion d’un récent billet:

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité.
de Dante

Ces derniers jours, trois articles traitent du sujet de la prise de position des marques et organisations face aux enjeux politiques, sociaux et moraux. Ils s’agit de What brands need to understand about controversial content, The radical future of branding et LA HAINE ET L’ARGENT. Nous avons aussi eu lors du dernier Superbowl, plusieurs entreprises qui ont pris position contre la directive de Donald Trump qui refuse l’accès des États-Unis aux ressortissants de sept pays. D’ailleurs, le procès contre cette directive est supporté publiquement par plusieurs des grandes entreprises technos.

Plus localement, nous avons eu de petits commerçants qui sont montés au front contre les travaux interminables sur les artères de Montréal, contre l’homophobie, contre l’islamophobie ou contre tout autre enjeu qui peut avoir un impact négatif sur leurs ventes, leurs ressources ou leurs valeurs. La neutralité a ses avantages, mais même la neutralité est une prise de position en temps de crise politique ou morale.

Comme il est mentionné dans l’article de LaPresse qui cite Chris Baillargeon

« Une question me turlupine depuis quelques jours », écrit la directrice de création chez Cossette, qui précise toutefois que le billet a été écrit à titre personnel. « Sommes-nous les bailleurs de fonds de la haine ? »

« Vous me direz, poursuit-elle : “Avons-nous vraiment le droit d’influencer les médias ? N’avons-nous pas, comme obligation, d’être impartiaux ?”

« Oui et non. Certes, nous ne sommes pas des éditorialistes et nous ne sommes pas garants de la qualité des médias dans lesquels nous réalisons nos placements. La presse doit être libre. Nous sommes, par contre, responsables de leur santé financière. »

Mais avant de prendre quelque décision éditoriale que ce soit, il est bon de garder en tête les trois recommandations de ThenextWeb

So how can you make controversy work for your brand? To get big results, your content needs to get people talking. Keep in mind, though, that adding a contentious angle also opens the door for people to question – and even criticize – your content, so here are some ways to minimize any risks.

Understand there are different forms of controversy and stick to what’s appropriate for your brand

(…)Realizing that are different forms of controversy is crucial when outlining an idea that will get your campaign noticed and not dragged through the mud. Different types of controversy include presenting something shocking and unexpected, igniting a debate, or taking a strong opinion – the latter being the most difficult to execute. Regardless of which option you choose, though, understand that your content should be tasteful and grounded in respect.

(…) Ensure credibility with a quality data source

Another thing any controversial campaign should be rooted in? Reliability. In order to limit any kind of backlash from publishers and their audiences, your content should rely on a credible and trustworthy data source.

(…)Connect your content back to your brand’s mission or services

(…)Shocking an audience simply to shock won’t deliver the results you’re looking for if the content doesn’t tie back to your brand and its core messages.

Quant à elle, Fastcodesign prédit que les marques se radicaliseront.

Conventional wisdom has it that brands shouldn’t talk politics. Why risk alienating potential customers? That was before Donald Trump.

Now that a sneering, orange man-child is sinking his tiny fingers into every aspect of American life, experts believe activism will become nearly as ubiquitous in the brand world as it is on college campuses. « As a reflection of the changing political tides, many brands will evolve from ‘mission-driven’ to ‘activist,’ encouraging consumers to go beyond simply subscribing to a set of core values and driving them to participate in actions to defend them, » says Geoff Cook, partner at the branding agency Base Design. « In choosing sides, brands will alienate certain consumers, yes, but will galvanize an impassioned constituency in the process. »

To Melanie McShane, head of strategy at Wolff Olins in New York, activism isn’t just about tapping into the zeitgeist; it’s a business imperative. « With the rise of political authoritarianism, brands will face fundamental choices, » she says. « About whether to take a stand on issues that offend them and their users, risking the wrath of politicians and their acolytes. Or stay quiet and seem complicit. »

Pour ma part, j’ai déjà pris parti. Ma ligne éditoriale fait une part importante au militantisme LGBT et plus spécifiquement trans. Je milite depuis des années pour un Plan numérique pour le Québec et le Canada et pour une infrastructure numérique décente à des prix raisonnables, j’ai milité avec les Janettes pour la laïcité et j’ai été résolument anti-Harper. J’ai donc déjà choisi mes camps et je l’ai fait (humblement) dans un esprit altruiste d’améliorer ma société et pour le bien être de mes concitoyens.

Et vous, resterez-vous sur les banquettes des spectateurs?

 

Laisser vos commentaires

Le mythe de la « neutralité journalistique » et pourquoi ça a toujours été une création de l’esprit

Pin It

Je viens tout juste de me « pogner » sur LinkedIn avec un journaliste à propos de mon statut :

Aux chroniqueurs et journalistes, vous devez chercher à comprendre, valoriser les points de vue différents, mais juger, prendre des positions, dévaloriser et stigmatiser a des conséquences sociales dont vous êtes responsables…

Avant de reproduire ici le débat, j’aimerais expliquer pourquoi la « neutralité journalistique » ça a toujours été une création de l’esprit et de la bullshit. Prenons les deux exemples de titre :

Israël avance sur le Liban et Le Liban envahit par Israël. À première vue, les deux titres sont équivalents. Mais en y regardant de plus près, le premier titre peut laisser supposé qu’Israël répond à une agression tandis que le deuxième, qu’Israël est l’agresseur.

Prenons aussi cet autre exemple d’un verre qui contient 50% d’eau. Un journaliste pourra dire que le verre est à moitié plein ou qu’il est à moitié vide. L’un sera optimiste et l’autre pessimiste. Pourtant, les deux journalistes qui feraient ces tournures de phrases se réclameraient de la neutralité journalistique. Vous comprenez donc qu’on ne peut réellement jamais prétendre à cette neutralité et qu’à chaque ligne d’un texte, consciemment ou inconsciemment, l’information qui nous est présentée est souvent biaisée strictement dans la formule qui sera utilisée même, si objectivement, le verre contient 50% d’eau.

Voici donc le débat avec le journaliste à propos de mon statut mentionné plus haut:

Luc Archambault

Je crois, madame, que vous faites erreur, en mélangeant les rôles de journaliste et de chroniqueur. Un journaliste doit rapporter les faits, aussi objectivement que possible, soit. Mais un chroniqueur se doit de prendre position, de donner son opinion personnelle. C’est sur la force de son argumentation qu’il est jugé. Si sa pertinence est vague ou irresponsable, c’est au public à s’en plaindre et à l’équipe éditoriale de le rappeler à l’ordre, voire de le congédier. Il est trop facile de blâmer les « médias » pour les excès de violence. Il est beaucoup plus facile de pointer du doigt les Cassandres de ce monde plutôt que ceux à qui profitent la montée de cette violence, ie les politiciens, les magnats de l’information, les fabricants d’arme, les histrions de la sécurité mur-à-mur, et tous ceux qui veulent brimer la liberté d’expression. Si les fous furieux passent au travers des mailles du système limitant l’acquisition d’armes, peut-être faudrait-il revoir ce système… et non dénoncer en coup d’épée dans l’eau ceux qui s’attaquent à la médiocrité ambiante. Je suis parfaitement conscient que le milieu médiatique comporte son lot d’imbéciles, mais de là à proposer un bâillon sur la libre expression, c’est de la folie pure…

Michelle Blanc

Luc Archambault un verre a 50% d’eau. Ceci est un fait. Maintenant si le journaliste dit qu’il est à moitié plein, déjà c’est une prise de position éditoriale basée sur un fait. La soi-disant « neutralité journalistique » est commode pour faire oublier les biais éditoriaux qui pullulent dans les médias et les préjugés qu’ils alimentent. À titre d’exemple, l’article http://www.journaldemontreal.com/2017/01/25/la-saaq-interdit-a-des-employes-de-dire-monsieur-ou-madame présente en sous-titre, une plainte sur 22 millions. Dans les faits, il y a eu une plainte à St-Hyacinthe donc le nombre de plaintes de St-Hyacinthe devrait être mis en relation. Or on prend plutôt le nombre de plaintes provinciales et on la met en sous-titre. Par ailleurs, on associe l’idée « qu’un individu » se fait dire « monsieur » et que la SAAQ va désormais interdire de dire monsieur et madame pour toute la population du Québec. Or, on ne mentionne pas que l’individu s’est fait dire monsieur 3 fois et que la troisième fois, elle a exigé des excuses. « L’individu » n’a jamais exigé qu’on cesse de dire « monsieur madame » à la grandeur du Québec et elle c’était fait mépriser par le préposé de la SAAQ. Prenant pour du « cash » les affirmations du JdeM (qui ont été démentis par la SAAQ) tous les chroniqueurs du même journal et de plusieurs autres ont monté en mousse que les trans exagéraient en faisant des demandes sans cesse qui sont plus loufoques les unes que les autres. Il me semble que c’est là même l’exemple d’un média qui « rapporte les faits » en jouant avec en tabarnak…

Luc Archambault

La première victime de tout fasciste est justement cette ‘liberté d’expression’ celle sur laquelle vous crachez si allègrement… et bien cette même liberté vous permet (ainsi qu’à moi) de postillonner un lot de bêtises qui ne devraient sûrement pas exister dans l’arène publique, mais réseaux sociaux obligent… la démocratie en marche vers le nivellement par le bas, au lieu de s’élever vers un monde meilleur. C’est sûrement pour cette raison que David Goldberger, un avocat de l’ACLU (American Civil Liberties Union), a défendu un groupe de néonazis dans la cause « National Socialist Party v. Skokie (1977) »… pas pour les idéaux de ces fascistes, mais bien pour la seule liberté d’expression.

Michelle Blanc

Luc Archambaultà quel endroit déjà ai-je demandé « un bâillon sur la libre expression » ???

Luc Archambault

Michelle Blanc Pour vous, le Journal de Montréal est un exemple à suivre en terme de journalisme? Une feuille de chou qui se vautre dans les nouvelles de chiens écrasés et de porte-voix de l’empire Péladeau, c’est du sérieux à vos yeux? Ben bravo. La discussion est close. Aussi bien prendre les nouvelles de V au même titre que celles de PBS. Ou considérer que les articles du Der Stürmer ou du Völkischer Beobachter étaient à prendre pour du cash.

Michelle Blanc

Luc Archambault j’aurais pu citer d’autres médias, mais bon, vous avez vos propres perceptions dont celle que je demande « un bâillon sur la libre expression »…

P.S. Un des livres que je garde précieusement et qui décortique admirablement bien cette « bullshit » est :
MacLean, Eleanor, Between the lines, How to detect bias and propaganda in the news and everyday life. Publ. Deveric Development Education. (1981) ISBN 0-9690919-0-7

3 commentaires

Lettre personnelle aux intolérants et aux gens de bonne volonté

Pin It

En plus de la gestion de mon entreprise, j’ai passé les deux dernières semaines à gérer le mépris envers les trans. De plus, j’ai été bouleversée d’apprendre la semaine dernière que très prochainement, je serai assignée comme témoin lors d’un procès criminel dont je suis victime. Une copine trans écrivait aujourd’hui sur son Facebook:

 

11 chroniques et billets de blogue anti-trans dans le JdeM depuis deux semaines.

 

Je lis aussi ces chroniques et billets et il arrive que ma photo et mon nom les accompagnent. La semaine dernière, le monde entier a été témoin de la première semaine de l’intolérant en chef Donald Trump, qui décret après décret et twit après twit, nous enfonce collectivement vers la banalisation de la méchanceté et de l’outrage. Hier soir, à heure de grande écoute, ma face apparaissait encore en lien avec l’affaire Via Capitale et on demandait à la transgenre qui était invitée, ce qu’elle personnellement pensait du retrait de la publicité. En sous-entendu on voulait valider si elle aussi avait trouvé la publicité transphobe. Puis les questions subséquentes laissaient entendre qu’ « au contraire cette pub faisait ENFIN une place aux trans ». Heureusement des invités ont fait valoir que d’évoquer les trans comme étant responsable du bris des familles dans une parodie de ce qui s’adresse aux enfants n’est peut-être pas l’idée du siècle.

Au même moment, on apprenait qu’un ou des tireurs avait fait irruption dans une mosquée de la ville de Québec, tuant 5 personnes et en blessant plusieurs autres. Aujourd’hui, on apprend que le suspect principal est entre autres une personne qui a une haine des musulmans et des féministes et qu’il utilise l’expression « féminazie » rendue populaire par certains animateurs de radio-poubelle et reprise par des vlogueurs et maintenant abondant sur les médias sociaux.

Aujourd’hui, notre premier ministre Philippe Couillard a eu ces sages paroles qui ont été reprises sur le mur Facebook de notre ministre de la justice Stéphanie Vallée

 

Sages propos de notre Premier ministre: « Les mots écrits ne sont pas anodins, ils peuvent guérir ou blesser, à nous de choisir. »
Philippe Couillard, 30 janvier 2017

 

J’ai moi-même aussi partagé sur mes médias sociaux

 

Oui il y a des discours dangereux qui mènent à la violence. Ces discours sont parfois religieux, mais ils sont aussi parfois populistes et démagogues…

 

 

Aux chroniqueurs et journalistes, vous devez chercher à comprendre, valoriser les points de vue différents, mais juger, prendre des positions, dévaloriser et stigmatiser a des conséquences sociales dont vous êtes responsables…

 

 

Je pleure pour les victimes, pour leurs familles, pour ma ville natale (Québec) et pour cette époque qui fait tant de place aux extrémismes

 

Ces deux dernières semaines j’ai aussi reçu énormément de messages de soutien, de compréhension, de remerciement et d’amour. Mais, aujourd’hui je suis sonnée. Aujourd’hui je suis triste pour l’avenir de ma société et de notre planète. Aujourd’hui je remercie la providence de me donner la force de rester bonne, de garder mes valeurs et de ne pas me décourager face aux intolérants et à ceux qui les alimentent sans cesse en se drapant de la sacro-sainte liberté d’expression. Aujourd’hui je vais pleurer la profonde tristesse qui m’habite puis je reprendrai le bâton de pélerin qui m’accompagne parce que je sait que j’ai le don de la communication et qu’avec ce don vient la responsabilité de m’en servir au bien de ma société.

 

Mon esprit est combatif, ma verve est sans mot, ma foi en l’humain est blessée et mon âme est en berne…

 

J’ai la triste impression que le combat contre l’intolérance s’intensifiera dans les prochains mois et les prochaines années. Comme je le citais aussi sur les médias sociaux

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité.
de Dante

Condoléances aux familles de
M. Mamadou Tanou Barry, âgé de 42 ans;
M. Abdelkrim Hassane, âgé de 41 ans;
M. Khaled Belkacemi, âgé de 60 ans;
M. Aboubaker Thabti, âgé de 44 ans;
M. Azzeddine Soufiane, âgé de 57 ans;
M. Ibrahima Barry, âgé de 39 ans.

1 commentaire

MERCI au PDG de Via Capitale

Pin It

Cette semaine j’ai géré une crise média sociétale que j’ai moi-même créé (comme je gère des crises médias sociaux pour de très gros clients, je suis aussi capable d’en concevoir de toutes pièces pour faire valoir un point de vue que je juge important). En fait, il s’agit de la crise de la publicité disgracieuse de Via Capitale (qui est exposé dans mon précédent billet).

Le lendemain matin de la parution de la publicité et de ma sortie sur les médias sociaux, David Martin, le PDG de l’entreprise, me téléphone de New York où il était en congrès. Notre discussion a duré une trentaine de minutes et dès le début, il m’offre ses excuses et celle de son entreprise et m’informe qu’il a déjà donné les directives pour que cette publicité disparaisse. Sur un ton qui m’apparaissait très sincère et humain, il m’explique qu’après avoir lu mon billet et avoir reçu de nombreux commentaires de gens troublés par ces annonces, qu’il réalisait à quel point « l’esprit bon enfant » avec lequel il avait autorisé cette publicité, pouvait blesser et être perçu totalement différemment de ce qu’il avait lui-même escompté. Il comprenait tout à fait la problématique et réalisait la délicatesse du message sous-jacent que la publicité pouvait projeter.
J’ai accepté ses excuses sur le champs et l’ai félicité pour la célérité et la délicatesse de son action.

C’est aussi avec grand plaisir que plus tard dans la journée, j’ai appris le don de $3000 que faisait Via Capitale à l’organisme Aide aux transsexuel(les) du Québec.

Comme monsieur Martin me le dit lui-même lors de notre conversation, l’enfer est pavé de bonnes intentions et il arrive que l’on se trompe.

Merci de votre compréhension, monsieur Martin.

Aussi, parce que je sais que certaines personnes ne comprennent toujours pas pourquoi la défense des droits des trans peut encore être un enjeu en 2017, je reproduis ici l’excellent commentaire de Lou Morin, qu’elle fit sur la page Facebook de Judith Lussier

Un sondage Angus-Reid (2016) nous révèle que près de 80% de a population canadienne croyait que l’on a assez ou trop parlé des personnes trans dans les deux dernières années. Ah oui? Vraiment? Et si je vous demande que savez-vous de la réalité transgenre après ces deux années d’exposition, vous allez me répondre quoi? Probablement des clichés, car cette normalisation de cette population se fait au travers la lunette de producteurs blancs et cisgenres. Même l’émission « Je suis trans » que de nombreuses personnes transgenres voient comme positive reste controversée parce que les réalisateurs et producteurs, tous des blancs cisgenres, ont choisi de présenter une série de stéréotypes qui confortent leur vision de ce monde. La bonne nouvelle est que ça change. La créatrice de OITNB se soucie de demander à ses actrices qui jouent des minorités leur opinion sur la façon dont elle les représente. Les sœurs Wachowski (the Matrix) avec leur Sense 8, les créateurs de Transparent, Jen Richard qui a gagné un Emmy pour sa série web « Her Story », ce sont des exemples de personnes transgenres qui reprennent un peu le contrôle sur la diffusion de leur image, mais c’est encore marginal.

Le cliché de la personne trans comme responsable des drames familiaux vient renforcer des préjugés qui sont à la source de nombreuses souffrances. J’ai fait ma transition célibataire sans enfant, mais j’ai en tête de nombreux drames de femmes trans qui doivent se battre pour voir leurs enfants malgré un paquet de données qui démontre que la transition d’un parent n’influence pas négativement le développement de ses enfants et malgré le support de juges qui leur donnent raison. Les personnes se font dire qu’elles sont responsables de briser des vies, qu’elles auraient pu attendre avant de faire leur « trip » (comme si c’en était un). On encourage l’idée que les parents trans brisent des familles comme si c’était un caprice et vous ne pouvez savoir la transphobie et la culpabilisation que ces personnes intériorisent. La présidente d’un des premiers groupe d’aide et de soutien au Québec qui compte plus de 70 ans de vie ne compte plus le nombre de personnes trans surtout des parents qu’elle a enterré pour cause de suicide à cause de ces clichés. C’est dans ces circonstances que la « joke » de Via Capitale est mal digérée.

Vous en voulez d’autres clichés? La femme trans comme un film d’horreur. Voir ici Ace Ventura ou Hangover II ou la tonne de mèmes que l’on voit circuler sur le web de « oh mon Dieu, la fille a un pénis » comme si on découvrait que c’était un alien venu d’une autre planète. Cela combiné au fait que les producteurs choisissent tout le temps des hommes pour jouer des femmes transgenres (ou des hommes trans même si j’ai adoré Hillary Swank dans Boys dont cry). Des actrices trans aux États-Unis, il y en a, sinon choisissez des femmes comme Felicity Huffman dans TransAmerica. Parce que ça renforce le cliché que les femmes trans sont des hommes qui se déguisent en femme pour piéger les hommes. Résultat: près de 60% des personnes trans ont vécu de la violence et le scénario typique c’est le dude qui te trouve cute et là réalise que t’es trans. L’homme se sent alors attaqué dans sa masculinité parce qu’il pense dans sa tête que t’es un homme et il compense en devenant violent. C’est comme ça que les femmes trans surtout racisées se font assassiner. J’ai un témoignage d’une fille qui s’est fait embrasser de force pour ensuite se faire agresser quand le gars s’est fait dire par une autre personne qu’elle était trans. Chaque fois que je me fais aborder par un gars dans la rue un vendredi soir sur Crescent avec des « hey baby come here » j’accélère la cadence pour disparaître de son champs de vision avant qu’il ne découvre le son « erreur ». Parce que j’ai peur des conséquences bien réelles et trop communes.

Mais je devrais avoir de l’autodérision face à ces « jokes »?

Et ce à chaque fois que l’on fait la joke du « hey la personne t’as ben eu, elle a un pénis »? Je devrais juste être contente que l’on parle des personnes trans à la télé quand ces représentations renforcent la violence que nous vivons? Sourire quand devant les « blackfaces » version trans? En passant, ça fait presque l’unanimité que Jared Leto était mauvais dans Dallas Buyer club, son interprétation était une série de clichés. Mais il a gagné un Oscar! Ça vous démontre bien le décalage entre les producteurs, les juges de l’Académie et la réalité que nous vivons. Ce sont ces clichés et ces caricatures que vous connaissez de la réalité, alors il est naturel que l’on réclame d’arrêter des propager si ce n’est pas accompagné d’une exposition plus « normale »!

Même chose pour l’image de la personne transgenre comme prostituée toxicomane (hey, pourquoi tu ris pas Lou en regardant cet acteur homme jouer un autre cliché de prostituée trans dans Sons of Anarchy, c’est drôle pourtant? Ben non, c’est pas drôle, parce que les femmes trans sont vues comme des objets de fantasmes sexuels continuellement toxicomane. Est-ce que ça existe cette réalité (des femmes ou même hommes trans qui se prostitue et se drogue? Oui, mais encore si on le représente il faut donner du contexte, expliquer pourquoi cette réalité existe).
Sinon vous avez des personnes trans qui travaillent dans tous les domaines: du DEP en plomberie au MBA en passant par la médecine et l’infirmerie. Elles sont où ces représentations nuancées et non caricaturales? Nulle part. Il est où l’homme trans infirmier dans une télé-réalité de Télé-Québec sur les employés de l’urgence? Elle est où la femme trans qui est une bonne avocate dans une fiction télé de droit? Alors oui on l’a de travers quand chaque fois que l’on montre notre réalité c’est via des clichés ou du blackface version trans.

Désolée cher égocentrique de mr Morissette, mais les « moustiques » n’ont pas fini d’exercer leur liberté d’expression, cette liberté n’appartient pas qu’aux humoristes blancs privilégiés.

Ps: vous voulez une série produite, réalisée et jouée par une personne transgenre, en voici un exemple:


HER STORY S1, Episode 1
Her Story is a 6-episode new-media series that looks inside the dating lives of trans &….

1 commentaire

Via Capitale, charognards de l’immobilier

Pin It

Hier était la journée nommée « lundi blues», la journée la plus déprimante de l’année. Selon Atlantico, cette journée serait même associée à une hausse des suicides. Il est aussi peut-être judicieux de rappeler que dans le cas des trans, 65% de la population a fait une tentative de suicide, que 57% des personnes transgenres ont perdu les liens avec leur famille et que 55% des transgenre ont perdu leur emplois.

 

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que hier, lors de la diffusion de l’une des émissions les plus écoutées, le retour de la série Les Pays d’en haut, on pouvait voir cette pub de Via Capitale.

 

https://www.instagram.com/p/BPWXjQtjB3R/?taken-by=blancmichelle

 

Étant donné la délicatesse qui entoure les services funéraires, le soutien psychologique ou les services juridiques qui peuvent justement être associés aux drames humains que sont le divorce, le suicide et autres épreuves troublantes et difficiles de la vie, leur publicité sont fortement encadrée. Et c’est bien ainsi. Il doit y avoir une certaine décence à vivre et faire du fric sur le dos des gens affligés de tragédies.

 

Cette décence élémentaire vole complètement en éclat avec cette pub à soi-disant saveur humoristique.

 

C’est l’agence de publicité Alfred qui est derrière ce chef-d’œuvre de mauvais goût et comme me le disait Frédéric Henri sur ma page Facebook

 

Il y a 2 erreurs grossières :

 

  1. impliquer que le changement = drame = bris de famille automatique. Ce sont des stéréotypes indéfendables.

 

  1. tenter de blâmer la personne qui change de sexe auprès des enfants pour le drame (…depuis que papa est devenu maman) : le déménagement est la faute du papa devenu maman.

 

 

Je passe ma vie à relativiser le mépris de ma transsexualité. Pas besoin en plus de voir ça à la tv dans une estie de pub poche… de Via Capitale

 

Chiffes transphobie

P.S.

Notez que dans mon texte il n’y a pas d’hyperliens vers Via Capitale. Déjà que je rediffuse leur pub merdique, je ne leur donnerai pas du google juice en plus…

 

MAJ

Je reproduis ici le commentaire de monsieur David Martin, qui apparaît dans la section commentaire de ce billet:

 

David Martin

Notre campagne présente sur un ton léger et bon enfant diverses situations concrètes et contemporaines de la vie pouvant inciter des gens à reconsidérer leur type de résidence ou vendre leur propriété : infidélité conjugale, tanguy quittant enfin la maison familiale, gens attendant un héritage laissé à une tierce personne, grossesse imprévue, dettes auprès de gens peu recommandables.
Une des exécutions évoque le changement de sexe d’un parent. Nous pensions avoir abordé ce cas avec respect, sans jugement et avec le ton qui caractérise nos communications publicitaires.
Nous avons entendu certaines personnes exprimer un malaise ou un mécontentement. Nous tenons à réitérer publiquement notre sensibilité et notre respect envers elles, leur réalité et leur opinion. À cet égard, nous avons choisi de retirer ce message des ondes. De plus, nous avons décidé de faire un don à l’association des transsexuelles du Québec.

David Martin, président et chef de la direction
Via Capitale

 

Je vous invite aussi à prendre connaissance de mon autre billet MERCI au PDG de Via Capitale

 

7 commentaires

Haute Vitesse : Les beaux rêves et les bonnes blagues du CRTC et des gouvernements

Pin It

J’apprends à l’instant l’excellente nouvelle que le CRTC promet que « tous les Canadiens ont droit en principe d’avoir accès à une connexion internet de 50 mégabits par seconde (Mb/s) et un forfait internet avec des données illimitées ». J’apprends aussi dans un article de LaPresse et dans le communiqué de presse du CRTC que « Le CRTC estime que la proportion de Canadiens ayant accès à une vitesse internet de 50 Mb/s passera de 82% à 90% d’ici 2021, et à 100% d’ici 10 à 15 ans ».

Juste avant Noël, c’est un rêve. Je ne me peux plus. Je suis hors de moi d’extase et de bonheur… un gros 30 secondes. Par la suite, le triste réalisme fait place à la déception parce que je sais que c’est une bonne blague, voire, une triste plogue ou pire, du cynisme pour endormir les foules. Mais soyons positifs durant le gros 30 secondes dont je parlais. Au moins le CRTC a élevé son minima de vitesse pour les Canadiens de 5 à 50 MBPS. C’est déjà une cible juste un peu plus réaliste. Aussi, pour la première fois, le CRTC parle maintenant de données illimitées (les fameux datacap) pour tous les Canadiens. Je me prends à presque m’exciter le poil des jambes de nouveau.

Pourquoi est-ce une mauvaise blague ?

Que le CRTC avance le plus sérieusement du monde que 82% des Canadiens ont déjà 50 MB/s est un oxymoron. Selon le dernier rapport Akamaï dont j’ai pris connaissance ce matin, on apprend que seulement 31% de Canadiens ont une vitesse moyenne supérieure à 15MB/s. Alors je demande qui est réellement dans le champ ? Notre CRTC ou Akamaï ???

vitesse internet au canada selon akamai

Par ailleurs, les gouvernements du Québec et du Canada se gargarisent qu’ils veulent brancher les régions (quoiqu’au fédéral on confond souvent région et région éloignée avec un gros penchant pour l’éloigné). Or, pour pouvoir jouir des investissements fédéraux ou provinciaux pour acquérir la haute vitesse, il faut que l’on « fit » dans le tableau mis de l’avant par Industrie Canada pour déterminer si notre région a ou n’a pas « la haute vitesse ». Hier je parlais à mon maire, Michel Surprenant pour lui pousser dans le cul afin qu’il redépose de nouveau son projet de fibrer ma localité de Chertsey (projet qui a déjà été refusé par le fédéral) pour le provincial. Or il m’apprend que pour être éligible au programme provincial, il faut qu’on ne soit pas dans la « zone grise de la map » d’industrie Canada. Malheureusement pour nous, Industrie Canada considère que nous sommes en « zone urbaine non admissible » puisque nous avons déjà la haute vitesse. Wouah !!! Personne ici n’était au courant ??? Même le maire, le préfet de la MRC, moi-même ou tous mes voisins.

Haute vitesse supposé à Chertsey selon Industrie Canada

Alors je décide de vérifier par moi-même. Tout d’un coup que la haute vitesse est arrivée en cachette et que personne n’était au courant. Sur le tableau, on parle de Bell qui ferait du DSL. Or non Bell ne fait pas DSL ici et DSL est loin d’être de la haute vitesse. Puis on parle de Sans-fil fixe de GroupAcces Communications. Alors je vérifie leur service de 10MBPs et non, ils disent ne pas être disponibles ici. Puis on passe au suivant Xplornet (du Nouveau-Brunswick) qui enfin est disponible ici. J’ai déjà acheté leur 10MBPS, mais après avoir vérifié ma vitesse qui n’était jamais supérieure à 4MBPs, on m’explique que le satellite ne peut me fournir la vitesse pour laquelle je paye parce qu’il appert que le signal de Chertsey arrive sur le « edge » du satellite. Alors je demande pourquoi on ne me fait pas payer pour du 5, ce qu’on se dépêche de changer sans pour autant me créditer les mois que je payais pour du 10 alors qu’il n’était pas disponible. Puis vient les services mobiles. Oui en effet les modems cellulaires 3G à 10MBPS sont disponibles ici. Ils coûtent la peau des fesses, mais oui ils sont dispo. Est-ce vraiment de la haute vitesse ? Disons que c’est discutable. C’est très loin du 50MBPS et de la fibre optique entéka. Et avec une datacap très vorace en termes de coûts. Puis finalement, DeryTelecom qui offre de la fibre. J’inscris l’adresse de l’hôtel de ville (qui est ce qu’il y a de plus central à Chertsey) et non, malheureusement le service n’est pas disponible.

En résumé, c’est bien de vouloir offrir la haute vitesse à 50MBPS. Sauf qu’il semble que ce soit déjà disponible lorsque ce ne l’est pas et qu’il ne soit pas possible de se qualifier pour un projet de fibre optique municipal pour avoir la haute vitesse, parce que malgré ce que l’on peut penser ou observer, le gouvernement est convaincu que nous sommes déjà servis et comble de l’ironie, que nous sommes en zone urbaine.

La morale de l’histoire, vous seriez mieux d’être en région très éloignée plutôt qu’à 100km d’un grand centre, car dans ce cas, vous risquez définitivement de faire partie longtemps du tier-monde numérique Canadien et Québécois branché à 82% à 50MBPS…

MAJ

Juste pour en avoir le cœur net, j’ai vérifié d’autres localités (sur la carte interactive d’Industrie Canada) que je connais bien puisque j’y ai fait de nombreux ateliers médias sociaux et TOUS les entrepreneurs se plaignaient de se faire fourrer par Xplornet (la Néo-Brunswickoise) et de ne pas avoir de haute-vitesse, je ne veux pas vous faire pleurer mais vous aussi avez déjà la haute vitesse et vous ne le savez pas. Je parle ici de Val-D’or, Rouyn, Ville-Marie (dans le Témiscamingue), Lac-Mégantic, Coaticook, Ste-Marie de Beauce, Saint-Malo (Estrie) et St-Armand. Là je me suis arrêté parce que je pense que je ferais le tour des villages du Québec et qu’ils sont déjà tous sur la haute-vitesse. Mais bon, il ne faut pas en vouloir à Industrie Canada. Ils ont une notice de désistement :

Désistement de responsabilité concernant l’information provenant de tiers
Certains des renseignements contenus dans cette page proviennent de sources externes. Le gouvernement du Canada n’est pas responsable de l’exactitude, de la fiabilité ou de l’actualité des renseignements provenant de sources externes. Les utilisateurs qui désirent des renseignements fiables ont intérêt à communiquer directement avec la source en question. L’information provenant de sources externes n’est pas assujettie aux exigences en matière de langues officielles, de protection des renseignements personnels et d’accessibilité.

Alors ce n’est pas Industrie Canada qui dit n’importe quoi et qui se sert de ce n’importe quoi pour déterminer l’éligibilité (ou pas) des projets de haute vitesse locaux qui peuvent être présentés. C’est la faute des « maudits tiers » qui fournissent de la mauvaise info et qui nous fourrent à tour de bras en même temps.

Oui, oui, oui, Bell Fibe pis Vidéotron s’en viennent qu’ils disaient…

Le désistement de responsabilité c’est une manière polie de dire « on écrit n’importe quoi et on s’en criss »

De demander aux TELCOs s’ils offrent de la haute vitesse et de fournir leur étendue c’est comme les sondages qui demandent « Combien de fois par semaine faites-vous l’amour? ou Quelle est la longueur de votre pénis? » Les résultats sont toujours très près de la réalité…

7 commentaires

La culture du mépris

Pin It

Cette semaine, la très talentueuse Safia Nolin a été la cible du mépris outrancier que lui ont témoigné plusieurs personnes sur les médias sociaux. Cela faisait suite à son passage au Gala de l’ADISQ alors qu’elle allait y chercher son trophée de révélation de l’année. Le « petit Jérémy » a lui aussi connu son heure d’humiliation publique sur les médias sociaux. En fait, de très nombreuses personnes connues, ou moins connues, se font régulièrement vomir dessus par la plèbe qui s’exprime avec l’excuse de « c’est ma liberté d’expression ».

On parle de plus en plus de culture du viol. On devrait sans doute aussi parler de « culture du mépris ». Nos humoristes qui ont été très rapide à défendre la liberté d’expression du droit au mépris d’un certain Mike Ward, sont pourtant absent pour défendre un Raïf Badawi qui croupit en prison pour une réelle liberté d’expression.

Jadis, à l’époque de mon adolescence, des beaux dimanches, du magazine Perspective et des Yvon Deschamps, Sol et autres Cyniques, ont pouvait aller très loin dans la critique sociale sans tomber dans les vacheries de bas étage. La liberté d’expression existait pourtant.

Je suis moi-même d’une culture particulièrement critique, voire scabreuse (il suffit de lire ce que je considère mon chef d’œuvre Pour toi Serge c’est avec fierté que je te chie un poème pour s’en rendre compte), mais il me semble que rarement (sauf peut-être pour le cas de Nathalie Petrowski qui m’avait méprisé elle-même dans LaPresse) j’ai eu ce besoin vital de vomir publiquement sur quelqu’un. À l’importante masse de contenu que je partage en ligne depuis des années, vous trouverez sans doute matière à me contredire. N’empêche que depuis que j’ai moi-même été victime de mépris ouvert et de douloureuses et répétitives calomnies, je suis particulièrement sensible à ce que peut ressentir quelqu’un qui se voit lyncher (à tort ou à raison) sur la place publique.

Comprenez bien que je suis une grande défenderesse de la liberté d’expression et de la critique, mais j’ai de plus en plus de difficulté avec cet avilissement de l’autre qu’on claironne dans les médias et les médias sociaux au nom de cette sacro-sainte liberté d’expression. Je trouve qu’il serait judicieux qu’à l’instar d’un Raîf Badawi, on s’en serve pour élever l’esprit des hommes, plutôt que pour le piétiner pour du cash, une gloire médiasociétale éphémère, pour du clic ou plus simplement comme exutoire de nos propres cacas intérieur…

MAJ
Il y a aussi le traditionnel : « si tu ne vaux pas une risée tu ne vaux pas grand-chose »

Mais disons que des centaines de milliers de risées, ça fait une maudite grande-chose…

4 commentaires

Conférencière : Comprendre comment utiliser le web et les médias sociaux à son avantage et celui de son entreprise

Pin It

C’est vendredi le 21 octobre que je serai à Edmonton pour l’évènement Le rendez-vous d’affaires du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) (commandité par Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDEE)) pour présenter ma conférence Comprendre comment utiliser le web et les médias sociaux à son avantage et celui de son entreprise. Comme c’est mon habitude, vous trouverez plus bas le PPT de ma présentation. Par ailleurs, les 20 premières minutes de ma présentation seront diffusées en ligne à 19 h (heure de l’Alberta) sur la page Facebook de Radio-Canada Ici-Alberta.


Les commentaires sont fermés

Certains des problèmes structuraux du commerce électronique au Canada

Pin It

De toute évidence, le plus gros problème des entreprises Canadiennes et québécoises face aux défis du commerce électronique, est leurs propres inhabilités ou pires, leur absence à acquérir une saine présence en ligne. Cela va de soi. Mais au-delà de cette présence qui est déjà déficiente, plusieurs autres problèmes structuraux nuisent à nos entreprises.

Tout d’abord, la question de l’iniquité des taxes (en ligne vs hors-ligne) est un facteur déterminant dans le déclin des ventes en magasin et en ligne au Canada. C’était d’ailleurs un argument présenté la semaine dernière par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), tel qu’expliqué chez Radio-Canada.

« Le problème fondamental, c’est que nous assistons à une situation inéquitable au vu et au su de nos décideurs politiques », a résumé le président-directeur général du CQCD, Léopold Turgeon, lors d’un point de presse tenu mardi matin, à Québec.
« Le CQCD dénonce cet état de fait depuis au moins trois ans et rien ne bouge », déplore-t-il, en soulignant qu’il en va pourtant « de la survie même de plusieurs détaillants et, par extension, de celle de nos artères commerciales et de nos centres commerciaux, partout au Québec. »
« Nos détaillants ici paient des taxes, des salaires, des loyers, alors que toutes les entreprises étrangères qui nous envoient leurs produits, leurs services, ici, au Québec et au Canada, ne contribuent en rien à l’économie du Québec », résume M. Turgeon dans sa capsule diffusée en ligne.

Puis il y a la question des coûts de transport avec Poste Canada. J’en parlais récemment dans mon billet : Comment Poste Canada nuit au Commerce en ligne canadien.

Faire livrer un produit acheter en ligne au Canada chez une entreprise canadienne peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que si le même produit est livré par une entreprise chinoise, depuis la Chine.
C’est le triste constat que fait l’entrepreneur Claude Denis, PDG d’Électro-5 dans une lettre qu’il a adressée à Françoise Bertrand, Présidente du Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

Il y a certainement aussi la fracture numérique qui existe entre les services internet disponibles dans les grands centres et ceux disponibles en régions. Ainsi, un commerce de détail qui se trouve dans l’une de ces régions aura toutes les difficultés du monde à téléverser les images de son produit sur son propre site internet. Si cette entreprise doit téléverser des vidéos ou un inventaire très volumineux, on parle alors d’une tâche quasi impossible. Cette fracture numérique grand-centre/région est un thème abordé dans ce blogue depuis des années déjà.

Finalement, il y a aussi le problème criant de la disparité des prix et des taxes, des deux côtés de la frontière canado-américaine, pour un produit strictement identique. C’était le propos d’un article du National Post hier Why Canadian Club is cheaper in America: A product-by-product look at the U.S.-Canada price gap.

BFGoodrich Advantage T/A (size 195/65R15)
U.S. (TireRack): $94.75 ($71.25 USD)
Canada (Canadian Tire): $120.99
Price gap: 27.6% more expensive

Canadian Club Whiskey (1.75 L)
U.S. (BevMo!): $25.25 ($18.99 USD)
Canada (LCBO): $59.00
Price gap: Canadian price is 233% of U.S. price (133% higher)

Mini stripe crewneck sweater
U.S. (The Gap): $79.73 ($59.95 USD)
Canada (The Gap): $64.95
Price gap: 18.6% cheaper

Barney’s Version
U.S. (Barnes and Noble): $15.27 ($11.48 USD)
Canada (Chapters Indigo): $19.98
Price gap: 31% more expensive

The Canadian Customs Tariff Schedule is a 1,600-page document detailing virtually every product known to humanity, and outlining whether or not it’s slapped with a surcharge at the Canadian border. Near-identical products can have wildly different tariffs, and the tariff also depends heavily on where the product is from. Footwear is a particularly byzantine section of the schedule. Soccer cleats are hit with a 17.5 per cent tariff, while Australian cleats are only 13 per cent. A women’s running shoe can be hit with a border tariff of as much as 18 per cent, while luxury women’s shoes with an “at cost” rate of more than $30 only get an 11 per cent tariff. For reasons that may be forever lost to history, the highest shoe tariff of all (20 per cent) is for “riding boots.” Nobody ever lost an election by levying higher taxes on people who own ponies. 

C’est intéressant de s’attaquer aux défaillances de présence en ligne de nos entreprises, mais il ne faudrait certainement pas oublier les autres facteurs qui aggravent de manière généralisée, la compétitivité de nos entreprises qui y sont déjà, face à cette concurrence qui est de plus en plus mondiale…

Les commentaires sont fermés

Conférence : Comment les milléniaux modifient le commerce en ligne, une présentation de SAS Canada

Pin It

C’est grâce à l’appui financier de SAS Canada, que j’aurais le plaisir de présenter la conférence Comment les milléniaux modifient le commerce en ligne au Palais des Congrès de Montréal, dans le cadre de l’événement « eCommerce-Québec 2016 » du Conseil Québécois du Commerce de Détail (CQCD).

Depuis des années, SAS Canada est l’un de mes très bons clients. Ils ont la sagesse de m’engager pour faire du transfert de connaissance aux évènements qu’ils produisent ou auxquels ils sont associés, plutôt que de faire le « traditionnel pitch de vente déguisé en conférence » que trop d’organisations mettent de l’avant. C’est aussi ce que l’on nomme judicieusement, du marketing de contenu.

Comme je le fais souvent, lorsque cela est possible, voici donc le PowerPoint de la présentation que je ferai. Bonne lecture :-)


1 commentaire