Le premier courriel de mes vacances – un message gratifiant

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Aujourd’hui et pour les 21 prochains jours, je serai en vacance. Voici d’ailleurs le soleil de mon premier levé.

ciel de Chertsey

Mais comme le beat « de ne rien foutre » ne s’est pas encore installé, je me suis levé aux aurores et j’ai ouvert mes courriels. Voici le premier que j’ai ouvert ce matin, avec permission de son auteur, de le publier :-) Disons que ça fait drôlement plaisir…

Bonjour Michelle,

Ça fait plusieurs mois que je veux écrire ce courriel. Je le fais ce soir :) .

On s’est rencontré il y a 2 ans et demi, octobre 2011. Ma compagnie s’appelait INBOX International à l’époque. On avait retenu tes services, moi et mon collège Jonathan, pour une consultation de 2h chez toi. On t’a expliqué ce qu’on faisait, et surtout notre nouveau projet: un forfait à 250$ / mois pour un site web pour entrepreneur ou petites compagnies. Ce qu’on faisait à part ça, c’est un intranet pour la performance et la reconnaissance de plusieurs milliers d’agents pour Bell Canada. Tu nous avais dit quelque chose comme:

« Donc si je comprends bien, vous avez une grande expertise dans les intranets pour grandes entreprises et vous voulez vendre de la cochonnerie à 250$ par mois ? ».

On était sortie de chez toi avec un « reality check », solide :) . Ça a pris du temps avant qu’on comprenne.

1 an plus tard, ton message avait fait beaucoup de chemin dans mon esprit. Et c’est en lisant Good to Great de Jim Collins que ton message a complété le puzzle. J’ai eu une révélation en lisant sur son Hedgehog Concept. Ce qui nous passionne, ce qu’on peut être les meilleurs au monde et ce qui génère le cash, c’est clairement notre expertise dans les portails de reconnaissance.

J’ai alors pris la décision de changer l’orientation de la compagnie et de focuser uniquement sur l’engagement des employés: créer des stratégies et des outils pour augmenter l’engagement la performance et la reconnaissance des employés dans les grandes entreprises. On a accompagné tous nos clients vers d’autres fournisseurs, on n’a gardé que Bell Canada. On est ensuite allé chercher d’autres clients comme Hydro-Québec, Imperial Tobacco et d’autres centres d’appels.

Dans les 12 mois qui ont suivi cette réorientation, nous sommes passés de 7 à 15 employés et nous avons triplé notre chiffre d’affaires en gardant la même marge de profit.

En février dernier, nous avons rebrandé la compagnie et changé son nom pour Karelab. On commence à parler de nous dans les médias, on est en voie de devenir la référence au Québec en engagement et reconnaissance des employés. On est 23 employés. On a des opportunités incroyables qui se présentent nous tous les jours.

Et je n’ai jamais été aussi heureux.

Je tenais à écrire ce courriel et te raconter cette petite histoire, car tu en as été l’élément déclencheur. Et je t’en remercie.

Michelle, merci, merci, merci :)

Au plaisir de jaser avec toi un de ces 4 !

Bon week-end !

Karelab
Marc-André Lanciault
Fondateur, PDG

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Le côté hautement pratique des médias sociaux et du Web, même perdu dans le bois

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Depuis plus d’un an, je vis à 60 % de mon temps sur un demi-hectare, près d’un lac et d’une rivière dans le bois à Chertsey dans la région de Lanaudière. J’ai l’internet (qu’on appelle honteusement la haute vitesse, mais ce n’est pas le propos de mon billet) et j’y travaille et j’y socialise avec mes potes virtuels comme si j’étais en plein cœur de Montréal (juste pas mal moins rapide pour beaucoup plus cher).

Toujours est-il que je suis curieuse, que je découvre mon nouvel environnement, que je m’y adapte. Depuis quelques semaines, j’observe une étrange fougère qui s’est installée juste à côté de bleuetiers que j’ai plantés. Il s’avère que c’est un endroit peu propice au gazon, car le sol y est très acide et il est sous de grands pins centenaires. Par ailleurs sur Facebook, on parle de la Berce du Caucase, plante hautement toxique et dangereuse, qui se répand au Québec. Je vois rapidement que ma nouvelle fougère n’est pas cette Berce qui peut causer des brulures au 2e degré. Mais ça pique ma curiosité néanmoins et ce que l’on nomme les mauvaises herbes, sont souvent des plantes pour lesquelles nous n’avons pas d’utilité (petite citation de l’un de mes cours d’anthropologie : on ne nomme que ce que l’on considère utile, ou nuisible). Je partage donc la photo que je prends avec mon iPhone sur mes différentes présences médias sociaux.

Achillée milles-feuilles, herbe à dinde, herbe du soldat
https://twitter.com/MichelleBlanc/status/486281232221601792

Très rapidement on m’informe que c’est de l’herbe à dinde, connu aussi sous le nom de l’achillée milles-feuilles. Puis je vérifie sur Wikipédia et je découvre que c’est l’une des plus vieilles plantes médicinales. Elle était connue de l’homme de Néandertal, des Chinois, des Grecs et que durant la Première Guerre mondiale, elle faisait partie du kit de première urgence porté par chaque soldat qui, faute de médicaments, pouvait soigner des blessures légères avec cette plante. Je découvre aussi qu’elle est vendue comme couvre-sol alternatif au gazon (et ça fait vraiment mon affaire), qu’elle sert aussi une fois séché à donner une bonne odeur à la maison et qu’elle peut être utilisée à d’innombrables usages médicinaux (grâce au site Passeport Santé). Tout d’un coup, grâce aux médias sociaux et au web, ma mauvaise herbe devient une plante quasi miraculée.

C’est ça aussi l’un des avantages des médias sociaux et du web, même perdu dans le bois, on se couche moins niaiseuses et on évite (par ignorance) d’arracher une partie de l’histoire de l’humanité qui s’est adonnée à pousser sur son terrain … :-)

MAJ
Afin d’en savoir plus sur la flore de mon coin de pays, je viens Je viens d’acheter le grand classique de botanique, Flore laurentienne, 3e édition du Frère Marie-Victorin https://cheneliere.ca/4069-livre-flore-laurentienne-3e-edition.html

Des fois, l’information la plus pertinente et condensée n’est pas toujours en ligne…

MAJ2
Afin d’éviter d’être exposé à la plante extrêmement dangereuse qu’est la berce du Caucase, Santé et Services Sociaux du Québec recommande d’être capable de l’identifier. http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/environnement/index.php?berce-du-caucase

La berce du Caucase : un envahisseur toxique(PDF)

MAJ3
Pour revenir à l’achillée millesfeuilles, selon Floramedicina.com (PDF)

Son nom fait référence au dieu Achille, car on dit que sa mère l’a trempé dans un bain d’achillée millefeuille pour le rendre invincible. Comme elle le tenait par son talon, cette partie de son corps n’a pas pu devenir invincible.
Tout comme Achille avait fait avec ses soldats après la guerre de Troie, les soldats du temps de l’Empire Romain et ceux de la deuxième guerre mondiale étanchaient leurs plaies avec de l’achillée, ce qui arrêtait les saignements et stimulait la guérison.
En Chine, on utilisait la tige sèche d’achillée pour tirer le I-Ching.
L’achillée était utilisée dans les oreillers pour enlever la mélancolie.

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Les ratés de la personnalisation en ligne et la faiblesse de l’approche algorithmique

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C’est en lisant Why Websites Still Can’t Predict Exactly What You Want de Harvard Business Review que ça m’a frappé. Les entreprises numériques ont encore bien des croûtes à manger avant d’avoir une personnalisation en ligne, digne de ce nom. Je vous en avais déjà parlé dans mon billet Certains ratés de la personnalisation numérique.

Toujours est-il que dans l’article de HBR, l’auteur met le doigt sur une possible explication de ces lacunes de personnalisation.

All that data and still an underwhelming result. What’s happening here? It seems that it’s a matter of how the companies position personalization. They regard it as a tool for upselling–they want to push us out of our comfort zone, to buy new things, and to buy more things. To achieve that goal, the companies can’t just look at one’s historical browsing or purchase patterns. Instead, data scientists look for traits in similar customers. When you position personalization this way, you build algorithms that are based on finding variables.

En effet, depuis l’avènement de « la filtration collaborative » d’Amazon, (c’est-à-dire ceux qui ont aimé ce produit ont aussi aimé tel, tel et tel autre produit, ce qui représente tout de même plus de 50% des ventes d’Amazon) les entreprises se sont confinés à l’analyse prédictive. Il s’agit donc d’une tentative d’upselling (concrétiser la 2e vente). Par contre, très peu, voire aucun effort n’est encore mis sur l’historique de consommation, ce que l’on nomme les données invariables. Comme l’auteur le mentionne, sur Amazon, si ça fait déjà quelques achats que je fais pour acquérir des souliers de grandeur 13WW, il y a de fortes chances que si je magasine encore des chaussures sur Amazon, ce le sera pour la même grandeur de chaussure. Pourtant, cette simple donnée invariable, qui améliorerait très sensiblement mon expérience usager en ligne, n’est toujours pas utilisée.

Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué?

C’est un peu la conclusion de l’auteur de l’article. Ce n’est pas sexy de travailler sans algorithme et il n’y a pas de valorisation pour les geeks qui les développe. Ça faciliterait par contre grandement la vie des clients internautes et les fidéliserait aussi sans doute à la marque

In short, these kinds of easy wins aren’t sexy enough for data scientists. And maybe they fear their effort would go unnoticed if we can get better personalization without teams of PhD’s spending three years to create hundreds of algorithms.
Data scientists are vital to the future economy and advanced algorithms are an extremely important part of their work. But from a market-facing perspective, simplicity and quick wins should be part of the data science toolbox.

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Bloquer l’accès aux réseaux sociaux dans les entreprises est contre-productif, voire stupide.

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Cette semaine, LaPresse révélait dans son article avec un titre qui dit déjà tout, que :
Plus d’un tiers des entreprises bloquent l’accès aux réseaux sociaux. Dans l’article on mentionne que :

Selon cette enquête du cabinet Proskauer, réalisée pour la troisième année consécutive, 36% des entreprises disent bloquer activement les accès aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, etc.). Elles n’étaient que 26,4% à le faire en 2012.
Plus de sept entreprises sur dix (71,15%) disent également avoir déjà dû prendre des mesures disciplinaires à l’encontre d’un employé à cause de son utilisation abusive de ces réseaux, contre 35% en 2012 et 31,3% en 2011.
(…)

Les raisons mises en avant par les groupes pour bloquer les accès sont de se protéger contre l’utilisation d’informations confidentielles (80,26%), contre le fait de véhiculer une fausse image de l’entreprise (71,05%) ou encore contre les commentaires désobligeants sur l’entreprise et les employés (64,47%).

Pourquoi bloquer l’accès aux réseaux sociaux des organisation est contre-productif, voire stupide.

L’argument le plus souvent avancé par les gestionnaires lors de rencontre que j’ai avec eux est que les employés perdent leur temps sur les réseaux sociaux au lieu de travailler, comme ce commentaire que j’ai reçu sur mon linkedIn

bonne chose, l’accès au wi-fi pour les téléphones devrait-être géré également. il est temps que les employés donnent leur 100%a leur travail et non a leur vie sociale.

(Le certain monsieur Bessette qui avait fait ce commentaire a préféré le retirer depuis. D’ailleurs, il fit ce commentaire sur un réseau social, durant les heures de bureau. Bonjour la cohérence :-) )

Donc, si je comprends bien, on préfère couper l’outil qui nous permettrait d’identifier ceux qui ne foutent rien sur les heures de travail? Alors, une fois les réseaux sociaux « barrés », comment fera-t-on pour identifier les tire-au-flanc? Je crois au contraire que l’accès aux réseaux sociaux pour tous a plusieurs avantages. Mais avant de les énumérer, je rappelle que plusieurs employés, dès la sortie du lit et encore en pantoufle, regardent déjà leurs courriels d’entreprise, alors qu’ils sont encore chez eux. Ils font aussi souvent la même chose une fois la journée terminée. Alors lorsqu’on veut qu’ils donnent leur 100% au travail, de quel 100% parle t-on exactement?

Voici donc quelques arguments de pourquoi les réseaux sociaux devraient faire partie des outils mis à la disposition des employés

Un début du siècle dernier, le téléphone n’était que pour les riches, puis pour les grands patrons. Le téléphone, s’il était rendu disponible aux employés, réduiraient leur productivité puisqu’ils ne s’en serviraient que pour « mémérer ». étrangement, avec la démocratisation du téléphone, ce sont maintenant les patrons qui sont difficilement joignables par cet outil :-) J’en discutais plus abondamment dans mon billet Les réseaux sociaux suivent une route similaire à celle de la messagerie instantanée

Plusieurs employés, surtout ceux de la génération net, se servent abondamment de leur communauté pour régler divers problèmes d’affaires. Ces « communautés personnelles » des employés ne sont pas sur le « payroll ». Ils ne coûtent strictement rien à l’organisation. Pourtant, ils permettent à bien des employés des organisations d’être beaucoup plus performants, donc efficaces et donc économiques. D’ailleurs, comme je le mentionnais déjà dans mon billet de 2008 (plus ça change, plus c’est pareil) Facebook, l’accès au service permet de garder ses employés

39% des 18-24 ans américains considéreront quitter leurs emplois si l’entreprise bloque Facebook et un autre 21% seront dégoutés d’une telle pratique

Par ailleurs, en principe, vos employés devraient être les meilleurs ambassadeurs de votre marque et de vos organisations en temps de crise communicationnelle. Pour ce faire, ils devraient donc « avoir accès » aux médias sociaux et être habilités et outillés pour être efficace sur ceux-ci. D’ailleurs dans mon autre billet Le clou final aux paranos des enjeux de relations publiques sur les médias sociaux, vous pourriez remplacer relations publiques par « réseaux sociaux accessibles au travail » :-) J’y disais

Imaginez une organisation qui fonctionne dans un contexte réglementaire et dont certains règlements peuvent même inclure « la peine de mort ». Cette organisation met aussi le feu par accident à des hôpitaux bondés de gens qui y meurent dans d’atroces souffrances. Cette organisation fait aussi exploser par mégarde des écoles avec des centaines d’enfants. La tête des membres de cette organisation est mise à prix, elle est détestée à la grandeur de la planète et elle blesse, tue et handicape souvent ses propres partenaires. Croyez-vous que vos enjeux de relations publiques ou que votre contexte réglementaire peuvent être pire que ça ?
La réponse est de toute évidence non.
Alors (comme j’en ai déjà parlé ici) sachez que cette organisation est la US Air Force et que ses membres, je dis bien tous ses membres allant du simple soldat au général, ont été formé et habilité à prendre tous part et être actifs sur les médias sociaux.

Finalement, il est évident que l’organisation doit se protéger des abus de ses employés sur les réseaux sociaux. Au lieu de priver son organisation « du téléphone du XXIe siècle », il est certainement judicieux de plutôt développer une politique des médias sociaux qui soit efficace. Comme je me répète encore, lisez plutôt mon billet Comment créer une politique médias sociaux

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L’ingrédient essentiel de la stratégie, la créativité (discussion avec Jacques Nantel)

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Hier je passais une partie de l’après-midi avec un de mes mentors le très réputé Jacques Nantel. C’est que nous tournions le pilote d’une websérie informationnelle (à être diffusé cet automne) à propos du commerce électronique et des médias sociaux. Puis avec un café, nous avons par la suite discuté longuement à l’ombre de grands arbres sur le campus de HEC Montréal.

La stratégie c’est beaucoup plus que des tactiques, des analyses ou une direction.

Nous discutions bien sûr de la vie, de marketing et de nos projets respectifs. Puis nous avons partagé certains des enjeux et des idées que nous avons pour nos mandats et clients respectifs. Il me parla d’une rencontre qu’il avait eue avec un de ses partenaires pour un client majeur. Autour de la table, il y avait plusieurs analystes de très haut niveau. Ça discutait de segmentation de marché, d’analyse de données primaire (lire ici sondages divers) et des besoins de compréhension stratégique du client. Par contre, personne ne parlait d’analyse de données secondaires (la revue des analyses qui ont déjà fait par l’organisation ou par d’autres organisations et qui sont disponibles dans diverses bases de données, dont le web) et personne n’usait de cet ingrédient capital qu’est la créativité.

Je présentais à mon tour la problématique d’un nouveau client que je rencontrerai prochainement. Je lui fis le rapide exposé de ce que je me proposais de présenter à la haute direction (puisque j’ai déjà rencontré certains des gestionnaires). Il s’agit d’une organisation importante qui veut s’implanter sur les médias sociaux. Hors des médias sociaux, ils ont déjà planifié de dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars en campagne publicitaire d’image. Pourtant, déjà certains de leurs commettants ont fait les nouvelles nationale et internationale pour une histoire tout à fait charmante et de son époque. L’administration précédente fit tout en son possible pour étouffer l’affaire et mettre des bâtons dans les roues du membre de cette organisation. Je présenterai donc l’idée qu’au contraire, il devrait être utilisé comme un champion de l’organisation qui devrait s’en servir comme d’un élément multiplicateur afin que des dizaines d’autres commettants fassent exactement comme lui. Ainsi, l’effet social médiatique initial, serait décuplé et cette organisation serait perçue comme très innovante et en faveur du développement durable, l’essence même de ce pourquoi ils sont déjà prêts à dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars.

Par ailleurs, cette organisation a aussi certains autres champions extrêmement connus et aimés des médias. Pourtant, ils ne font strictement rien avec ceux-ci. Comme pour le client de Jacques, ils paient pour des analyses primaires très étoffées. Ils obtiennent des données extrêmement pertinentes, mais le pas suivant, « que devrions-nous faire de cette connaissance » n’est jamais franchi. Le problème est que souvent, ces données deviennent un cadre duquel personne n’ose sortir. D’où l’expression bien connue, penser hors du cadre. Mais pour ce faire, il faut avoir du front, oser affronter et confronter les idées préconçues et les grands patrons et surtout, user de créativité pour joindre ensemble des éléments qui de prime abord ne semblent avoir rien en commun, mais qui ont déjà fait leur preuve dans d’autres organisations ou d’autres contextes. Des fois il faut aussi carrément innover et oser la différence. Tout le monde se gargarise de ce mot « innover » mais peu osent réellement le mettre en pratique ou même « risquer » de le présenter à une haute direction.

L’avantage que peux avoir Jacques ou moi-même pour « risquer » cette créativité dans des organisations solides et établies est certainement l’âge, l’expérience et la maturité, mais aussi un certain détachement par rapport aux enjeux de nos clients. Si nous perdons un client parce que nous avons « osé » proposer l’innovation, notre vie ne sera pas immédiatement sans dessus dessous (comme pour un employé qui pourra perdre sa job ou parce que c’est notre seul client et que jamais nous ne prendrions le risque de le contrarier). Être créatif est possible pour tous. Oser l’exprimer ne l’est par contre peut-être pas…

En marketing et en analyse de marché, l’analyse primaire est primordiale. Pourtant, ce qui l’est encore plus est l’analyse des données secondaires. C’est-à-dire la revue des autres analyses qui a déjà été payée par différentes organisations et qui s’adresse spécifiquement à la même question. Trop peu de gens prennent la peine de fouiller ça et d’apprendre des succès et des erreurs des autres. Qui plus est, une fois que les données secondaires et les données primaires ont été recueillies, il reste encore l’élément ESSENTIEL de la créativité pour faire un sens de toutes ces connaissances et pour suggérer une direction qui soit concordante avec les objectifs initiaux des clients…

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Le Web a déjà mis la démocratie mondiale en péril

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Il m’arrive de lire des analyses profondes et lumineuses. Mais rarement ai-je été autant à la fois bouleversée et transportée par la justesse d’un article. C’est ce qui m’arrive ce matin après la lecture de Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy Thanks to Edward Snowden, we know the apparatus of repression has been covertly attached to the democratic state. However, our struggle to retain privacy is far from hopeless.

Oui je sais depuis des années l’érosion de la vie privée, ou plutôt je connais le déplacement de cette ligne entre ce que JE considère comme étant un marchandage entre ce que je suis prête à partager en ligne et ce que les différents fournisseurs de services tels que Google, Facebook, Yahoo et autres font de mes informations. Par contre, je n’avais jamais songé qu’en utilisant ces services, je devenais moi-même complice de la scandaleuse intrusion gouvernementale de la vie privée de mes amis et des gens avec qui j’échange des courriels. Je n’avais pas non plus mesuré l’ampleur de l’attaque directe au fondement même de la démocratie qui est la liberté et pour laquelle le Canada, les États-Unis et la grande majorité des démocraties se sont battus durant la Deuxième Guerre mondiale. Je n’avais pas réalisé à quel point le totalitarisme contre lequel les démocraties avaient lutté avec tant d’acharnement était aujourd’hui une réalité numérique que nous sommes en voie de léguer à nos enfants. Par sa perspicacité, l’auteur nous indique comment la chute de Rome et les leçons de l’esclavagisme américain et sa guerre de Sécession subséquente sont des enseignements précieux pour le plus fondamental des enjeux globaux auxquels le Web nous convie, le combat à finir pour la liberté.

Our concept of « privacy » combines three things: first is secrecy, or our ability to keep the content of our messages known only to those we intend to receive them. Second is anonymity, or secrecy about who is sending and receiving messages, where the content of the messages may not be secret at all. It is very important that anonymity is an interest we can have both in our publishing and in our reading. Third is autonomy, or our ability to make our own life decisions free from any force that has violated our secrecy or our anonymity. These three – secrecy, anonymity and autonomy – are the principal components of a mixture we call « privacy ».

Without secrecy, democratic self-government is impossible. Without secrecy, people may not discuss public affairs with those they choose, excluding those with whom they do not wish to converse.

Anonymity is necessary for the conduct of democratic politics. Not only must we be able to choose with whom we discuss politics, we must also be able to protect ourselves against retaliation for our expressions of political ideas. Autonomy is vitiated by the wholesale invasion of secrecy and privacy. Free decision-making is impossible in a society where every move is monitored, as a moment’s consideration of the state of North Korea will show, as would any conversation with those who lived through 20th-century totalitarianisms, or any historical study of the daily realities of American chattel slavery before our civil war.

In other words, privacy is a requirement of democratic self-government. The effort to fasten the procedures of pervasive surveillance on human society is the antithesis of liberty. This is the conversation that all the « don’t listen to my mobile phone! » misdirection has not been about. If it were up to national governments, the conversation would remain at this phoney level forever.

(…)
We face two claims – you meet them everywhere you turn – that summarise the politics against which we are working. One argument says: « It’s hopeless, privacy is gone, why struggle? » The other says: « I’m not doing anything wrong, why should I care? »

(…)
Hopelessness is merely the condition they want you to catch, not one you have to have.
So far as the other argument is concerned, we owe it to ourselves to be quite clear in response: « If we are not doing anything wrong, then we have a right to resist. »

Et

This is a matter of international public law. In the end this is about something like prohibiting chemical weapons, or landmines. A matter of disarmament treaties. A matter of peace enforcement.

Cela était l’un de mes vieux arguments que j’avais développé sous une forme utopiste (à l’époque) dans un cours de droit des technologies de l’information de mon ancien prof. devenu copain Vincent Gautrais. J’avançais l’idée de créer, au plan législatif, un huitième continent avec le Web. Dans mon billet de 2006, Plaidoyer pour un cadre législatif international régissant le Web, je reprenais ma dissertation de 2001 De l’urgence d’un cadre juridique international du cyberespace (PDF)

« je me suis penchée, lors de certains travaux, sur l’utopie de réguler le Web, via des traitées internationaux distinct et faisant du cyberespace, un territoire supranational et encadré par des traités tel que ceux qui régissent les océans, l’Antarctique et la Lune et les corps célestes. Ces divers traités font de ces territoires, des espaces appartenant à tous et à aucun état en particulier. De plus, ces divers traités, permettent d’encadrer juridiquement, les activités humaines que les états et individus entreprennent sur ceux-ci.

De plus, nous pourrions considérer mandater l’ONU pour mettre sur pied un organisme de contrôle, d’arbitrage et de mise sur pied d’un organisme chargé de cet espace commun. »

Il n’en tient qu’à vous, citoyens du monde et acteurs du Web, de faire du Web ce huitième continent protégé par tous les états et n’appartenant à aucun état, comme on le fait déjà pour l’Antarctique, l’océan, la lune et les corps célestes…

Pour ce qui est de l’article Privacy under attack: the NSA files revealed new threats to democracy, je demeure profondément troublée par son constat. Ma vision du web et de son aspect totalitariste gouvernemental en complète opposition à la réelle LIBERTÉ civile ne sera plus jamais la même. Ça va me prendre plusieurs jours, voire même quelque mois, avant de réaliser à quel point ce texte a désormais changé ma vision du web, de nos gouvernements et de ma propre mission, vision et participation à comment je peux changer les choses…

MAJ

via l’amie D. Vézina sur Facebook

1984 de George Orwell
« A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

MAJ 2

MAJ 3

Via le Twitt
@MmeNatmark
@MichelleBlanc Tu as sûrement vu sa récente entrevue sur TedTalk? https://www.youtube.com/watch?v=yVwAodrjZMY …

MAJ 4

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Le web profond, ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle

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(Des fois, il est mieux de laisser vieillir un billet sur son disque dur avant de le publier. Ce billet a été écrit il y a plusieurs mois. Il ne vise personne en particulier…)

Certains chroniqueurs font l’éloge ou le procès de l’humour noir, trash ces temps-ci. J’entends beaucoup parler de feu Georges Carlin. Ce grand humoriste de l’humour noir qui repoussait les limites. Il parlait et blaguait sur tout. Même sur le viol. Dans sa célèbre vidéo à propos du viol justement il disait « On peut rire d’absolument tout. Mais pour ce faire il faut jouer avec la mécanique du gag et pousser l’un de ces éléments à l’extrême ». Puis il le démontra avec un génie, avec une acuité de l’un des grands maitres de cet art difficile.

Tous n’ont pas ce talent et au Québec, depuis l’avènement de la manufacture à humoriste qu’est Juste pour rire, des artistes et des pseudoartistes du rire il en pleut. L’humour fait vendre et c’est très payant. Les humoristes sont partout. Ils sortent de l’humour pour devenir animateurs, chroniqueurs, maitres de cérémonie, acteurs et j’en passe. Bientôt ils seront sans doute aussi politiciens.

Je suis moi-même une pseudohumoriste. De surcroit, j’aime l’humour trash. Je la pratique aussi. Je sais ce qu’est « créer un malaise ». Je l’ai expérimenté plusieurs fois dont sur les planches du théâtre Latulipe, lors du Combat contre la langue de bois du Festival Voix d’Amérique en y faisant la lecture de ce que je considère mon chef d’œuvre, un éloge du caca avec mon poème Pour toi Serge c’est avec fieté que je te chie un poème.

Vous remarquerez cependant qui ni Carlin, ni moi ne nommions précisément d’individus ou de groupes dans nos textes. C’est là justement la problématique de l’humour soi-disant trash au Québec. Depuis l’infâme émission de télévision Piment Fort, par manque de créativité sans doute, il faut nommer quelqu’un dans son texte pour que ce soit drôle. Il faut détruire une personnalité. Il faut diffamer. Non, de faire de l’humour intelligent à la limite du scabreux sans avoir besoin de traîner quelqu’un de ciblé dans la boue, ce doit être trop difficile à faire. Il faut cibler une personnalité pour que le gag passe.

On me dira, mais que fais-tu des caricaturistes? He bien justement, les caricaturistes ciblent une personnalité en poussant à l’extrême l’une de leurs caractéristiques. Mais eux aussi ont des limites. Comme le mentionne l’article L’éthique de la caricature du Conseil de presse

« Le caricaturiste doit s’acquitter de sa tâche avec la même conscience, le même souci de qualité et de respect des personnes, des groupes et du public. Lorsque la caricature est porteuse d’une connotation haineuse, le seuil de tolérance de la société est déjà franchi. »

(…)
Même si la caricature vise à provoquer, à faire réagir ou à choquer, certaines limites s’imposent d’elles-mêmes aux caricaturistes. L’autocensure fait même partie de leur réalité et en démocratie, celle-ci ne pose pas problème, souligne Mira Falardeau, spécialiste de la caricature et auteure du livre L’histoire de la caricature au Québec. C’est que l’autocensure du caricaturiste s’apparente davantage à une forme retenue, qui lui permet de trouver le ton juste et de s’aventurer sur l’étroite bande délimitée d’un côté par la subversion et de l’autre, par la vulgarité. « L’autocensure, c’est ce qui distingue un bon caricaturiste d’un mauvais; celui qui est incapable d’autocensure ne trouvera tout simplement pas de contrats parce qu’il ne pourra pas se retenir et ira trop loin », remarque-t-elle.

Mais le gros problème de cetains humoristes au Québec, qui ne font pas de la caricature est justement ça. Ils vont trop loin, n’ont pas de censure et ont l’outrecuidance de personnaliser leur gag. Soit qu’ils manquent d’imagination, qu’ils ne comprennent pas les limites de la diffamation et des contenus haineux ou que tout simplement qu’ils sont cons…

P.-S. On parle aussi souvent du grand Yvon Deschamps comme d’un maitre dans l’art de repousser les limites de l’humour et du jeu avec le second degré. Je me trompe peut-être, mais je ne me souviens vraiment pas qu’il a déjà eu le besoin de personnaliser l’un de ses monologues pour susciter le rire…

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Mon homélie contre l’homophobie

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Voici le texte que je lirai ce dimanche 18 mai 2014, en l’église Saint-Pierre-Apôtre à Montréal
MAJ

À ma grande tristesse et surprise, j »apprends ce matin que mon homélie, jugée trop délicate pour la pastorale de l’église, est retiré du programme de la messe aujourd’hui. = c’est ça qui est ça…

Je suis profondément touchée de venir vous faire une homélie aujourd’hui. On me demande de vous parler d’homophobie. Un sujet triste, lourd, que je vis comme un poids depuis ma transition d’homme à femme.

J’ai été servant de messe et jeunesse du monde, mouvement missionnariat pour les jeunes. Enfant, je voulais devenir prêtre. J’étais très attirée par la soutane disons. J’ai fait mes études avec les pères du St-Sacrement. Puis ma mère divorça de mon père qui était gai. Nous n’étions donc plus les bienvenus à l’église qui m’a vu grandir, où j’ai été servant de messe et où je fis ma première communion. J’adorais sonner les clochettes lors de l’eucharistie. Faut croire que ce réflexe de sonner les clochettes m’est restée :-)

Je me souviens aussi de mon coach de baseball pee-wee, père de l’un de mes chums qui était joueur de notre équipe. Notre saison s’arrêta parce qu’il venait de se tirer à coup de 12 en surprenant sa femme au lit avec notre vicaire. Le vicaire de la même église qui ne voulait plus de notre famille. J’ai donc développé une relation disons, conflictuelle avec l’église.

Mais j’ai toujours été fascinée par la religion, ou devrais-je dire plutôt, la spiritualité. J’ai même entrepris des études en anthropologie et je m’intéressais aux phénomènes de transe de possession et de transe chamanistique. C’est vous dire un peu l’intérêt que j’ai toujours eu pour cette quête du mystique, de l’au-delà et de la spiritualité.

Puis les années ont passé et je ne revenais à l’église que sporadiquement, pour un enterrement, ou pour la messe de minuit. C’est le seul endroit ou je peux chanter et que personne n’ose me dire de me fermer la gueule parce que je fausse terriblement.

Mais pour revenir à l’homophobie, j’ai fait une recherche sur le web avec les mots-clés gai, et transsexuel avec les mots christianisme et bible et ce que j’y lis ne me remonte pas le moral. L’homophobie associée aux textes qu’on présente de ces recherches me saute au visage. Pourtant, à ce que je sache, Sainte Marie était la mère porteuse du St-Esprit. Le Christ lui-même avait 2 papas et trois parrains. Et c’est bien St-Paul qui rapportant les paroles du Christ disait : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus. Vous tous, en effet, qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus »

D’ailleurs, je viens vous parler aujourd’hui à titre de lesbienne. Parce qu’à titre de transsexuelle, en plus de ne pas exister dans l’église, je n’existe pas non plus devant la charte des droits et libertés du Québec ou du Canada. Je n’existe pas non plus dans le droit criminel. Ce serait pourtant un peu pratique. Surtout qu’en trois ans, j’ai déposé 6 plaintes criminelles pour harcèlement ou menaces de mort, la dernière en date étant cette semaine. Disons que si je me fais tirer en sortant de l’église aujourd’hui, j’aurais bien aimé que le « suspect » (d’habitude lorsque je parle de mes agresseurs j’utilise des mots d’église) soit poursuivi pour crime haineux. Mais comme vous le savez sans doute, la loi C-279 dort toujours au Sénat. Le gouvernement est donc aussi comme l’église. Plein de bonnes intentions. Mais dans les faits, l’acceptation de la différence n’est peut-être pas pour demain.

J’aurais aimé pouvoir jaser avec mon curé et lui confier mes tourments d’être rejetée. Je parle plutôt à mon psy. Je travaille très très fort, comme me l’a enseigné le Christ, à tendre l’autre joue et à aimer mon prochain. Même celui qui me menace de mort. C’est une méchante quête morale. Je travaille aussi à me débarrasser de cette agressivité qui est le couvert de ma profonde tristesse dont je me protège. Comme St-François d’Assise, je trouve du réconfort auprès de ma chienne, d’un coucher de soleil, du chant d’un oiseau ou de la force tranquille d’un arbre. Si les représentants de Dieu ne sont pas là pour moi, au moins sa création elle, est d’une très grande source de réconfort.

Je n’ai pas peur de la mort. J’en suis curieuse. Je suis convaincue que de l’autre côté, les anges m’accueilleront les bras ouverts. Eux non plus ne sont ni hommes, ni femmes. C’est d’ailleurs pourquoi le nom des anges est unisexe. Et je me prénomme Michelle.

Je remercie chaleureusement l’église St-Pierre de s’ouvrir aux différents et aux mal-aimés et ainsi de réellement mettre en pratique la parole de dieu qui est reflété dans les écrits de St-Paul

Paul déclare dans Ga 5,14 :  » La loi tout entière trouve sa plénitude dans la parole suivante : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

P.-S.

J’ajouterai en terminant, que l’amour de ma vie que je nomme en public, Bibitte Électrique pour la protéger, a su m’aimer avant, pendant et après cette transformation qui a fait de moi cette femme qui est devant vous. Elle n’est pas croyante selon les préceptes de l’église. Par contre, si il existe un exemple de l’amour vrai, de l’abnégation et de l’ouverture à l’autre dans toutes ses imperfections que prêchait le Christ, c’est bien celui de cette femme qui est toujours à mes côtés et avec qui j’ai récemment fêter nos vingt ans de vie communes. Nous vivons sans doute dans le péché mais à la grâce de dieu, je prie pour continuer de vivre ce péché jusqu’à ma mort…

Merci

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Les effets positifs de la narration personnelle dans un contexte d’affaires

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Depuis mes études de maîtrise, et la lecture de Out of The Box: Strategies for Achieving Profits Today and Growth Tomorrow Through Web Services, j’ai appris à apprécier John Hagel III qui est devenu l’un de mes mentors intellectuel virtuel. Par ailleurs, ça fait un bon moment que j’écris ici à propos de développer un « storyline » de la puissance du blogue comme outil de catharsis, et que j’expérimente différentes formes de contenus sur mes présences médias sociaux. Aussi, dans cette expérimentation, il m’arrive de me sentir coupable de « trop partager » ou devrais-je plutôt dire, de partager des contenus qui me semble trop personnels. C’était un peu mon impression à la suite de ma très forte pulsion d’écrire mon dernier billet Victime de cyberharcèlement, les impacts psychologiques (une autocatharsis). Or, ce matin, je lis deux billets de mon mentor virtuel qui au contraire, me confirme l’importance fondamentale de cette humanité dans une stratégie de contenu. Dans ses billets Personal Narratives: Insight and Impact et Personal Narratives (The Sequel) – Unpacking and Tapping Into Potential, il parle entre autres de sa mère acariâtre, de son père absent et de comment le fait de se faire crier continuellement après, lui a permis de développer ses capacités intellectuelles et son besoin constant de vouloir aider les autres. Il y définit ce qu’est la narration personnelle.

There are social narratives and institutional narratives, but we each have a personal narrative as well. At the end of the day, that’s the narrative that really counts. It defines how we connect with the world and where and how we can have impact.

The elements of a personal narrative

So, what’s a personal narrative? Like all narratives, it ultimately answers three questions:

Why am I here?
What can I accomplish?
What can you do to help me accomplish that?
The key is that final question – it defines how you will connect with people and represents a call to action for them.

Et il conclut

Personal narratives and personal brands

I can’t resist. Let me also take a minute to differentiate personal narrative from one of the business buzzwords of the day – personal brand (which I’ve written about here). Personal brand is all about communicating your accomplishments and strengths, packaging them in a powerful way so that we can influence others. Personal narrative, in sharp contrast, shifts the focus from what you have done to what you want to do, but have not yet done. It also highlights your need for help from others. In many respects, it’s the opposite of the notion of a personal brand, but ultimately far more powerful and satisfying.

Bottom line

Personal narratives shape our lives in powerful, yet often unseen, ways. We rarely take the effort to make these narratives explicit, much less reflect on them. We owe it to ourselves (and to others) to do this. Try answering the four questions that I offered at the end of my last post. You might be surprised by what you discover.

Ainsi, la narration personnelle, expose vos faiblesses, mais devient un catalyseur de ce que pourrait être vos forces, participe de ce qu’est « la passion en ligne » et surtout, elle permet de développer et surtout de solidifier la confiance entre le lecteur et l’auteur, élément capital d’une saine relation d’affaires…

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Victime de cyberharcèlement, les impacts psychologiques (une autocatharsis)

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Depuis ma transition d’homme à femmes et sa médiatisation inévitable, je suis victime de menaces de mort, de diffamation criminelle, de cyberharcèlement en ligne et de mépris hors ligne. Mon identité sexuelle différente et ma renommée sont la source de tous mes maux. J’ai plusieurs fois consultés pour apprendre à gérer les impacts de cette haine et je retournerai encore prochainement fouiller davantage les méandres de mon subconscient. D’ailleurs, le billet que je vous écris aujourd’hui participe aussi à mon propre rétablissement.

Plusieurs plaintes au criminel ont été déposées et déjà plusieurs suspects ont aussi été condamnés ou sont en voie de l’être. D’autres plaintes criminelles sont aussi toujours en processus d’enquête ou de judiciarisation.

Il y a un an, je rencontrais une psychologue anglophone qui ne me connaissait ni d’Ève ni d’Adam. C’était très « neutre » comme environnement thérapeutique. Après avoir fait le tour des techniques habituelles de gestion de la haine, je prenais congé d’elle. Nous avons évidemment approfondis les techniques de dénie, de relativisation, d’aveuglement volontaire et autres création de l’esprit pour nier l’évidence de la haine et du mépris quotidien en ligne et hors ligne. Lors d’une session particulière, j’ai pu enfin pleurer un bon coup. Elle m’apprit que la tristesse profonde étant trop pénible à vivre, j’avais développé le mécanisme de protection qu’est la colère. Ainsi, cette colère sortait n’importe comment et contre n’importe quoi à tout moment. C’est bien de comprendre, mais ça n’aide pas nécessairement à toucher à et évacuer cette profonde tristesse.

Plus récemment, je discutais avec une autre psychologue spécialisée dans la gestion de crise et le choc post-traumatique. Elle me dit qu’elle ne pouvait malheureusement pas m’aider puisque je suis continuellement en « état de choc », que je vis ces assauts sur une base régulière et qu’elle est spécialisée en choc post-traumatique, donc dans le « après l’événement ». Moi je suis toujours dedans et je risque fortement de l’être le reste de mes jours.

Je me souviens aussi d’une discussion avec mon premier psy, lors de ma transition. Je lui demandais s’il avait déjà eu une personnalité publique comme patient(e) qui devait faire une transition qui risquait d’être très médiatisée. Il me répondit qu’en 25 ans, ça ne lui était jamais arrivé et qu’il apprendrait avec moi. Or, un exemple très médiatisé d’une transsexuelle d’homme à femmes est celui de Mike Penner/ChristineDaniels qui se solda par un suicide. D’ailleurs, les transsexuelles se suicident dans une proportion alarmante et principalement à cause de harcèlement et de rejet. (dans une récente étude à USLA de janvier 2014 (PDF))

The prevalence of suicide attempts among respondents to the National Transgender Discrimination Survey (NTDS), conducted by the National Gay and Lesbian Task Force and National Center for Transgender Equality, is 41 percent, which vastly exceeds the 4.6 percent of the overall U.S. population who report a lifetime suicide attempt, and is also higher than the 10-20 percent of lesbian, gay and bisexual adults who report ever attempting suicide. Much remains to be learned about underlying factors and which groups within the diverse population of transgender and gender non-conforming people are most at risk.
(…)

Based on prior research and the findings of this report, we find that mental health factors and experiences of harassment, discrimination, violence and rejection may interact to produce a marked vulnerability to suicidal behavior in transgender and gender non-conforming individuals

Pas très rassurant disons et pourquoi je continue ma quête d’un mieux-être psychologique.

Les impacts directs et indirects du harcèlement

Je ne vous parlerai pas d’évènements en particulier puisque certains dossiers sont toujours en cour. Mais outre la colère latente dont je suis consciente et que je tente de contrôler, il y a aussi plusieurs autres impacts. J’ai ainsi perdu plusieurs journées de travail par angoisse ou découragement. J’en ai aussi perdu plusieurs justes à gérer ce mépris et ses incidences en ligne ou hors-ligne comme de devoir monter des dossiers criminels, rencontrer divers intervenants, faire du monitorage et des copies d’écrans, écrire des dépositions et être bouleversée par tout ça. J’ai aussi dû sécuriser par différents mécanismes de sécurités mes demeures physiques et mes propriétés Web. J’ai aussi dû gérer la peur d’être agressée par les lecteurs instables psychologiquement de harceleurs notoires qui ont de très grands lectorats. Je reçois même des menaces les « citant textuellement ». D’ailleurs récemment, pour la première fois de ma vie j’ai fait une crise de panique et j’ai sérieusement songé à m’armer pour me protéger. Lors de la marche des Janette, j’étais pour la première fois de ma vie, suivie par un garde du corps qui protégeait mes arrières. Je sais me défendre, mais je ne peux pas grand-chose contre quelqu’un qui m’attaquerait par derrière ou qui déciderait de me tirer. Ma grande angoisse. Me faire tirer par un jeune lecteur de l’un de mes harceleurs qui filmerait son acte et le diffuserait sur YouTube pour devenir célèbre. On a même menacé de me faire exploser à la cocotte minute (comme pour l’explosion lors du marathon de Boston).

Lors d’une récente conférence sur la cyberviolence en ligne, lorsque je parlais de mon cas personnel sur scène, je me suis observée blasphémer et traiter mes agresseurs de tous les noms. Je me suis excusée à l’auditoire, mais je sais avoir blessé certaines personnes. D’ailleurs, l’automne dernier, au plus fort de certains assauts en ligne, j’ai remarqué devenir plus masculine, ne plus me maquiller, cesser de prendre mes hormones et sacrer comme un chartrier. Je me suis aussi observée souhaiter mourir d’une crise de cœur.

Bref, j’ai vécu des moments extrêmement difficiles, sans parler de l’immense culpabilité de faire vivre ça par ricochet à la personne que j’aime le plus au monde, ma conjointe. Je ne parle pas non plus de ma très grande tristesse d’être toujours coupée de plusieurs membres de ma famille.

Mon salut

J’ai cependant la chance de vivre un amour extraordinaire de ma douce chérie et de ma fidèle chienne Charlotte. J’ai de très bons moments avec notre fils, sa conjointe et notre petit-fils. Je peux m’épanouir avec ma passion, le web, grâce à de nombreux clients que j’apprécie beaucoup. Mon chalet en bord de lac et ma propriété qui jouit de la présence de pins centenaires sont aussi d’un immense réconfort et me permettent de me retirer quelque peu de la civilisation et de me «grounder» pour refaire mes forces. J’ai aussi un appui public positif extrêmement touchant, des dizaines de milliers de lecteurs qui m’envoient régulièrement de l’amour et une reconnaissance professionnelle et personnelle qui me comble. D’ailleurs ce week-end je recevais le prix Christine Jorgensen pour mon support à la communauté trans de l’Association des Transsexuelles du Québec. J’ai donc un flot constant d’amour à ma portée. Mais l’esprit étant ainsi fait, malgré toute la sagesse populaire facile, le négatif que je reçois et qui statistiquement est somme toute minime, fait son mal et ses cicatrices.

J’investigue et débute les techniques de la pleine conscience et j’ai fait une demande pour un autre psy qui pourrait peut-être m’aider à gérer cette haine constante qui me fait si mal…

J’ai une tête de cochon, je suis une battante et une survivante. Je fais et ferai tout en mon possible pour terrasser tous ces revers et ces attaques vicieuses et je continuerai de m’observer lorsque je navigue en ces eaux troubles…

MAJ
Avant de changer de sexe je n’avais jamais eu peur de ma vie ou vécue d’angoisse (à ce que je sache consciemment). Depuis, j’apprends aussi à gérer ça…

D’ailleurs l’automne dernier, lors de l’épisode des Janette, les insultes étaient si intenses que j’ai partagé sur Twitter songer à m’acheter un 12 pour me protéger. Des inclusifs se sont servis de ça pour alerter la Sureté du Québec en sous-entendant que je voulais peut-être « tirer des minorités visibles ». Après enquête de la Sureté du Québec, ils ont vite compris que ça n’avait pas de sens et que comme tous les citoyens du Québec et vivants dans le bois, j’ai aussi droit d’aimer la chasse. J’ai d’ailleurs eu bien des cours de maniement d’armes et j’avais autrefois mon permis de chasse. Tout ça pour vous dire que oui des fois, j’ai encore peur et que j’angoisse pour un tas de trucs reliés directement à la perception négative de certaines petites personnes. J’apprends aussi à vivre avec ça…

2e MAJ

Une autre conséquence indirecte de la haine en ligne est l’hypervigilance en ligne et hors-ligne que je développe. Mon métier c’est déjà de monitorer le web (j’ai pas mal écrit là-dessus et fais des reportages et conférences sur le sujet). Ça a déjà aussi été d’observer attentivement mon environnement physique. J’ai été « bouncer » dix ans. Et l’une des conséquences de monitorer en ligne et d’observer ce qui si passe, est que ça nourrit aussi le sentiment de danger dans les mondes réel, en ligne et psychologique. Ça arrive n’importe quand et on ne sait pas toujours d’où. Du moins, à court terme. Le temps d’investiguer et de trouver. Ça absorbe et fatigue beaucoup en plus de gruger du temps sur une foule d’autres activités. Certaines fois même, ça arrive bousiller complètement un moment justement de repos avec mon amour. Criss, je me suis même déjà fait harceler le jour de Noël. Ça empêche de dormir aussi des fois. Et pas juste parce qu’un énergumène téléphone aux petites heures du matin aux cinq minutes. Parce que l’angoisse s’installe aussi des fois. Comme ce soir. Mais ma Charlotte vient vaillamment grogner après quelque chose d’invisible à l’extérieur de la porte d’entrée. Elle repousse sans doute les mauvais esprits et ça me fait sourire.

Mais bon, j’ai fait l’armée (et les tranchées d’exercice). Je vais les avoirs ces salauds et je garderai ce sourire qui est sur certains de mes avatars, avec mes belles dents toutes neuves

Bonne nuit, je vais me coucher. Charlotte est remontée au 2e. Il n’y a plus de danger. Pour ce soir, du moins.

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