40% d’adolescentes affirment avoir été victimes de cyberagression sexuelle

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40% d’adolescentes répondantes d’une recherche affirment avoir été victimes de cyberagression sexuelle. C’est le constat alarmant que fait Josée Laramée, du CALACS Francopnone d’Ottawa dans sa récente recherche action-communautaire La cyberagression à caractère sexuelle au Canada (PDF).

Parmi les participantes, 40 % ont mentionné avoir été victimes d’une forme de cyberagression à caractère sexuel. Devant ce pourcentage élevé, on peut confirmer que le cyberespace représente un enjeu alarmant. Considérant l’ampleur du problème, nous faisons face à un défi de taille lorsque l’on envisage des solutions pour y remédier ! L’exploitation sexuelle des filles sur Internet n’est pas une expérience isolée, il s’agit d’une situation grave et sérieuse qui est encouragée par notre société.

Cette recherche visait à valider sur le terrain, la réalité que vivent les jeunes. Ce document est la suite de la première partie que j’ai rédigé et qui était une revue de la littérature sur le sujet.

Cette recherche-action communautaire sur la cyberagression à caractère sexuel (CACS) est un coffre d’outils pour aider la collectivité à intervenir et représente les résultats des consultations auprès des jeunes. Vous trouverez à la fin du document la première partie de la recherche sur la recension des écrits qui a été publiée en mai 2015.

Ces rencontres terrain, viennent confirmer les statistiques qu’avaient déjà observer Statistique Canada:

En 2012, la police a identifié 2 070 victimes d’actes de violence comportant un cybercrime. (…) La majorité des victimes d’actes de violence liés à un cybercrime (69 %) étaient de sexe féminin, cette proportion passant à 84 % lorsqu’il était question plus particulièrement d’infractions sexuelles. Les victimes de cybercrimes déclarés par la police sont généralement jeunes. Dans l’ensemble, 42 % des victimes d’affaires de violence mettant en cause un cybercrime identifiées par la police avaient 17 ans ou moins, tandis qu’une autre tranche de 17 % des victimes étaient de jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans. (…) En 2012, 96 % des victimes d’infractions sexuelles liées à un cybercrime étaient âgées de 17 ans et moins, dont 10 % avaient moins de 12 ans. Dans l’ensemble, près des trois quarts (73 %) des victimes d’actes de violence liés à un cybercrime connaissaient l’auteur présumé. (…) Les victimes d’infractions sexuelles comportant un cybercrime étaient moins susceptibles de connaitre l’auteur présumé (57 %), comparativement aux victimes d’infractions avec violence de nature non sexuelle (77 %).

Heureusement, malgré les constats alarmants, il existe des pistes de solution. La recherche en fait état à de nombreuses reprises et vous pouvez consulter le tableau ci-bas, qui les regroupe.

Tableau des interventions possibles pour contrer la cyberagression sexuelle

La cyberagression sexuelle, faut en parler. Je laisse le mot de la fin à Josée Laramée, l’auteur de cette très pertinente recherche :

Les maux pour le dire !

En parler, c’est la solution la plus efficace ! Le problème ce n’est pas Internet, le problème c’est l’usage que nous en faisons. Pour apporter des changements réels, nous devons offrir une tribune aux jeunes pour leur permettre d’échanger sur leurs expériences en cyberagression sexuelle et il faut les aider à prendre conscience de l’impact nocif de la socialisation différentielle axée sur les stéréotypes et le sexisme. Cette socialisation se manifeste aussi dans la cyberagression sexuelle. La #CACSCanada comme toutes formes d’agression à caractère sexuel est partout : à l’école, chez le voisin, auprès des proches et des inconnues, dans toutes les sphères de la société et à tous les niveaux. La technologie nous suit partout ! Toutes les recommandations s’adressent à la collectivité en général.

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La Blague de IEDM et du CRTC à propos de l’internet haute vitesse au Canada

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La semaine dernière, je discutais avec des amis à qui il était venu aux oreilles que de hauts fonctionnaires disaient que le Québec n’avait pas besoin de services internet à haute vitesse. Ils prétendaient que 96% des ménages Canadiens avaient accès à la haute vitesse et que le 4% qui ne l’avaient pas, c’était parce qu’ils ne savaient pas comment ça marche. Et le haut fonctionnaire était certain de cette affirmation parce qu’elle venait des TELCO (Compagnies de téléphones et de câblodistribution). De toute évidence, mes amis sautèrent une coche. il y a deux semaines, lors du lancement du Plan d’Action en Économie Numérique du Québec, en fumant une clope, je rencontre un pote de chez Bell Canada qui me sort les mêmes sornettes. Il ajoute que c’est la vérité puisque ça vient du CRTC. Comme c’est un pote, j’ai ri poliment dans sa face en lui disant que c’était pitoyable de berner les gens de la sorte. Toujours est-il que j’ai retrouvé cette citation dans une étude de l’IEDM L’ÉTAT DE LA CONCURRENCE DANS L’INDUSTRIE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS AU CANADA – 2016.

D’après le CRTC, 96 % des ménages canadiens pouvaient bénéficier d’une vitesse de téléchargement de 5 Mbps en 2014, une vitesse qui permet à un internaute de faire à peu près tout ce qu’il veut sur le Web, y compris regarder des vidéos d’assez haute qualité – et 77 % des ménages sont abonnés à un tel service comparé à 71 % à peine un an plus tôt.

Et le paragraphe suivant on peut lire aussi

En 2014, 93 % des Canadiens étaient également couverts par un réseau sans fil LTE, une technologie 4G offrant des vitesses excédant 5 Mbps. Comme de plus en plus de Canadiens accèdent maintenant à Internet par un téléphone intelligent ou une tablette électronique plutôt qu’un ordinateur personnel, il s’agit là d’un autre indicateur de la disponibilité d’Internet haute vitesse.

À lire ces deux passages, on se croit réellement dans le meilleur des mondes. Or c’est on ne peut plus faux. D’abord, Comment est définit la haute vitesse au Canada? (tel qu’on peut le lire dans L’Enquête québécoise sur l’accès des ménages à Internet 2012, INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC):

Internet haute vitesse Au Canada, une connexion Internet qui permet un débit d’au moins 1,5 mégabit par seconde (Mbit/s) est dite à haute vitesse.

Juste pour que vous compreniez (traduit librement de Quora), avec une vitesse de 1.5MBPS, disons que vous voulez télécharger un film de 700MB ( l’équivalent de 5,600 Mbit et on s’entend que ce n’est pas un film de 2 heures en HD), il vous en prendra 93 minutes. Vous aurez donc le temps de vous faire à souper, de souper et de prendre votre digestif avant que le film soit téléchargé.

Ensuite, ce n’est pas parce que le client paie pour 5MBPS que c’est réellement la vitesse qu’il recevra. D’ailleurs selon le Consumer Report américain, même une vitesse de 5MBPS est considérée comme une vitesse déficiente.

Netflix and others say your Internet service needs to run at at least 5Mbps for streaming HD shows and movies—streaming 4K videos requires much greater speed—but 5Mbps is sufficient for only one user at a time. And given how much data Americans consume, 5Mbps isn’t going to cut it since performance can suffer as your broadband speed is split among more simultaneous users and/or activities. Deloitte LLP’s recent Digital Democracy Survey of 2,000 consumers age 14 or older, 90 percent of respondents said they multitasked—browsing the Web and texting, for example—while watching programs.

The FCC considers 10Mbps to 25Mbps reasonable for households that stream video, but heavy data users might want even more robust connections of up to 50Mbps or more. The good news is that often you can upgrade from 25Mbps to 50Mbps service for as little as $10 more per month.

But even if you pay for faster broadband, you might not get that speed boost all the time. Cable Internet service can slow down during the evening when more people in your area are also streaming. Congestion can also occur farther up the line when data travels though third-party networks, which can also get bogged down by traffic.

Et étonnamment, 5MBPS est l’idéal souhaitable de la haute vitesse au Canada.

Habitant en région (Lanaudière) et faisant régulièrement le tour de la province, je suis à même d’observer la déficience de nos réseaux cellulaires et services internet, surtout en région. Si vous habitez un grand centre, vous trouverez que c’est dispendieux, mais vous vous direz que les gens des régions se plaignent peut-être pour rien.

Vous trouverez ça dispendieux probablement parce que même si vous avez des réseaux cellulaires et internet potables, vous devrez payer de nombreux « extra » une fois que vous aurez atteint le maximum de téléchargement permis par le forfait de votre fournisseur. C’est ce que l’on nomme un « data cap » et le Canada, encore une fois, fait piètre figure à ce chapitre.

En conclusion de cette triste blague, je laisse la parole à la Fédération Canadienne des municipalités, tiré de leur document Broadband Access in Rural Canada: The role of connectivity in building vibrant communities.

Impeding an assessment of the state of broadband in Canada is the lack of complete data. Anecdotally, we often hear messages regarding the poor state of Internet access in Canada, particularly in rural and remote areas, while simultaneously being told that network operators are pouring billions of dollars into network improvements. Detailed information is a closely guarded secret and, the information that is publicly available is often not completely representative of the situation.

Vous pourriez aimer aussi lire:

Tiré de UnBlockCanada

Why internet upload speed in Canada lags behind world average. Source: CBC.

Canada is way below the OECD average on fibre Internet adoption. Source: OECD Communications Outlook 2013.

Canada ranks behind 33 other countries. Source: Huffington Post.

OECD Report: Canada Still Among Ten Most Expensive Countries for Broadband Internet Services. Source: Michael Geist.

Phone, Internet costs soar in Canada, StatsCan data shows. Source: Huffington Post

De mes archives:

Verizon au Canada, levée de boucliers des Telcos et des syndicats (ou pourquoi je m’en fou)

Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

Comment et pourquoi implanter un programme national de large bande

La piètre qualité des services internet québécois nuit aux exportations

Le pourquoi de la nationalisation des infrastructures numériques

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Combien investir dans les médias sociaux ?

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Comme je le dis souvent, ce qui coute cher d’une présence web, ce n’est pas les couts technologiques mais bien les couts de main-d’œuvre pour faire vivre vos présences. Et cela est encore plus vrai pour les médias sociaux, qui sont, pour la plupart, totalement gratuits (hormis la publicité en ligne que vous pourriez aussi acheter), mais qui contrairement la pub, prend du jus de bras pour fonctionner.

Mais comment déterminer un budget médias sociaux?

Le budget alloué aux médias sociaux dépendra de toute évidence du ou des objectifs d’affaires qui seront déterminés dès le départ. Il dépendra aussi du budget marketing de l’organisation et de sa vision de l’utilité de ces dits « média-sociaux » dans son mix-marketing. Il est généralement convenu qu’une entreprise devrait dépenser 10% de son budget en marketing. Ces chiffres nous viennent des États-Unis et je suis tout à fait consciente que nos pratiques sont loin d’être celles de nos voisins américains. Mais ça fait déjà un départ de discussion disons. J’entends déjà des critiques me dire « oui mais c’est certainement dans un contexte B2C ». Je suis désolée de désouffler votre baloune, mais non, c’est une moyenne tout contexte confondu. Voici d’ailleurs les chiffres apparaissant chez thenextweb.com, How to determine your social media marketing budget :

This has led to 10 percent being enshrined as the “magic number.” But a more granular examination reveals the existence of other variables when it comes to the percentage of revenue businesses dedicate to marketing:

B2B product businesses spend 10.6 percent.
B2B service businesses spend 10.1 percent.
B2C product businesses spend 16.3 percent.
B2C service businesses spend 10.9 percent.
This data suggests that, with the exception of B2C product businesses, 10 percent of total annual revenue — or something close to it — is the most commonly encountered marketing budget, if not the magic number.

Vos revenus étant déterminés et votre budget marketing aussi, vient la question des médias sociaux. L’université Duke dans son The CMO Survey, révèle que du budget marketing déterminé, les patrons marketing américains dépensaient 9.4% de cette somme en 2014 et que cela devrait atteindre 21.4% du budget marketing 5 ans plus tard. Une croissance de 128%. Je précise par contre que ces chiffres sont pour les États-Unis et qu’ici, et les budgets marketing et les budgets médias sociaux sont généralement beaucoup plus anémiques.

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Comment Poste Canada nuit au Commerce en ligne Canadien

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Oui nous avons des infrastructures internet déficientes, oui nos entrepreneurs sont trop souvent imbéciles lorsque vient le temps d’être en ligne et oui la taxation que doivent collecter nos entreprises qui vendent en ligne, ne trouve aucune mesure comparable chez les commerçants étrangers qui vendent chez nous. Mais il y a encore pire. Faire livrer un produit acheter en ligne au Canada chez une entreprise Canadienne, peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que si le même produit est livré par une entreprise Chinoise, depuis la Chine.

C’est le triste constat que fait l’entrepreneur Claude Denis, PDG d’Électro-5 dans une lettre qu’il a adressé à Françoise Bertrand, Présidente du Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

On peut y lire :

Le coût de départ pour les livraisons postales, par avion, de colis de la Chine, partout au Canada ou aux États-Unis est de 5¥ (Yuan) $0,99 (CAD). Notre coût de départ, pour ce même colis et ce même service en sens inverse, est de $11.54.

Ce qui m’indigne vraiment, c’est que Postes Canada livre pour le Chinois le paquet qui lui a coûté $0.99 partout au Ca­nada quand notre coût minimum, dépendamment de la région au pays, varie de $7.80 à $11.17.
Le consommateur considère le coût de livraison dans son magasinage. Loin d’encourager l’achat local, Postes-Canada est ainsi incitatif aux achats à l’extérieur du pays.

Actuellement; c’est nous qui payons. Dans mon esprit, nos tarifs postaux sont relatifs aux coûts des opérations. Si je dois comprendre que ça coûte jusqu’à $3.37 de plus pour livrer dans une région éloignée du pays, je ne comprends pas que ça ne coûte rien de plus pour le Chinois sur son $0.99.

Je comprends par ceci que nous payons plus cher que le coût réel du service postal que nous obtenons pour combler le manque à gagner des livraisons pour les Chinois.

Méchant casse-tête…

Vous pouvez lire l’intégrale de la lettre ici

Lettre à Mme Françoise Bertrand by Michelle Blanc

Et voici une démonstration, preuve à l’appui, de comment Poste Canada a littéralement deux poids deux mesures pour les livraisons au Canada.

Démonstration de comment Poste Canada floue les entreprises Canadiennes by Michelle Blanc

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La stratégie numérique du Québec, c’est sans doute pour avoir un meilleur Facebook

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Vendredi dernier, la ministre Anglade accompagnée du premier ministre Couillard, ont déposé leur Plan d’Action en Économie Numérique du Québec(PDF). Tout le gratin technophile et économique y était. Mais monsieur/madame tout le monde, les médias et même les partis d’oppositions, ont l’air de s’en foutre éperdument. Ils ont tous deux exprimés des critiques disons, laconiques (ici et ici).

Le commun des mortels ne semble pas s’émouvoir de la gravité et de la précarité de notre position collective concurrentielle dans le marché maintenant mondial de l’économie et de ce changement de paradigme majeur qu’est l’économie numérique. Le plus ironique de la chose est que plus souvent qu’autrement, ce sont ceux qui ont peu à gagner de ces transformations, qui militent pour un réveil collectif. Les geeks font déjà de l’argent et ne risquent pas d’en faire moins avec ou sans l’appui de la population. Par contre, elle, cette population, pourrait se retrouver « gros Jean comme devant » si elle ne prend pas conscience des changements qui sont déjà là et qui continueront de s’accélérer.

Bien des agences de voyages ont fermé. Il y a dix ans, beaucoup de propriétaires d’agences de voyages paniquaient seuls devant leurs destins. Bien des chaines de commerce de détail ont fermé, pourtant seulement seulement 12 % des entreprises québécoises des secteurs de la fabrication, du commerce de gros, du commerce de détail ou des services
vendent leurs produits et services en ligne. Bien des usines de confection vestimentaire sont aussi disparues. Tous cela est maintenant fait en Asie. Les chauffeurs de taxi sont heureux de voir le gouvernement maté Uber mais ne s’inquiètent pas des voitures autonomes qui les feront définitivement disparaitre. Il y a deux ans, nous avions les états généraux de l’éducation supérieure et pas une fois le numérique ne fut mentionné. Nous avons bien un Plan numérique Culturel mais il ne servira qu’à rattraper l’indécent retard de cette industrie par rapport à la communauté internationale. L’Afrique se dote d’un Silicon Savannah alors que nous pourrions songer à un Silicone Boréal. Nous avons des services cellulaires et internet à des prix hors proportion pour des vitesses pitoyables mais on nous fait croire que c’est parce que le Canada est grand. On ne soulève pas les conflits d’intérêts des TELCOs qui sont câblo, diffuseurs de contenu, producteurs et régie publicitaire à la fois. On ne dit pas non plus qu’ils doivent installer trois fois des antennes cellulaires pour un même territoire strictement parce qu’ils utilisent des technologies non-compatibles. Notre dévoué CRTC juge que 5MBPS est une vitesse rapide pour tous les Canadiens. Pourtant, bien des pays du monde vise le 100MBPS ou même le 1000 MBPS.(PDF) C’est comme si lors de l’avènement de l’électricité, nous étions fiers de continuer de nous chauffer au bois et luttions pour sauver les vendeurs de glace et de charbon parce que le réfrigérateur et le calorifère électrique, bah, ce n’est pas très important. Ce qui importe, c’est de garder des jobs pour les semaines à venir et de toute façon, la technologie et la révolution industrielle, ils auront besoin de nos ressources naturelles, faut pas s’inquiéter. Nous pourrons encore draver pendant des années…

Voici d’ailleurs la critique que j’ai fait lors de l’émission 24 heures en 60 minutes, du Plan d’action de la stratégie numérique, tout de suite après l’entrevue de la ministre Anglade. Ironiquement, d’habitude c’est l’opposition officielle qui critique le dépôt d’un plan du gouvernement. Faut croire que les oppositions n’avaient rien à dire ou que les députés étaient déjà partis en long week-end. Je les remercie dont de m’avoir offert cette belle visibilité par leur absence :-)

24/60 Politique numérique du gouvernement Couillard. Entrevue avec Michelle Blanc, à partir de 31:30

24-60-2

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Comment et pourquoi implanter un programme national de large bande

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Depuis des années, je vous parle du besoin d’un plan numérique pour le Québec et le Canada. Depuis des années je mentionne que la question des infrastructures numériques est à la base de cette même planification du numérique. Or comment pouvons-nous faire ça? D’un côté, on peut nationaliser les infrastructures numériques (internet et cellulaire) comme nous l’avons déjà fait pour l’électricité et à l’autre extrême, on peut financer les Telcos pour qu’enfin elles donnent accès à ses services aux régions. Et entre les deux, on peut faire l’un des fameux PPP (partenariat public-privé). Mais qu’ont fait les autres états? Qu’est-ce qui fonctionne? Que devrions-nous faire? C’est la question que pose le document Benchmarking 15 national broadband plans de Cullen International (financé par Erickson).

Les constats de Cullen international (librement adaptée)

Un plan de large bande ambitieux a plus de chance d’avoir de l’impact. Une cible très élevée peut être inspirante (même si les réalisations concrètes peuvent être moindres que l’objectif initial, le changement sera néanmoins significatif)

L’ambition du plan de large bande doit être étendue et avoir une portée. Plus l’envergure de ce plan sera large, plus il risque d’avoir un impact important sur l’économie nationale et la société

Aucun des constats précédents n’aura d’importance (aussi ambitieux qu’ils puissent être) si les cibles à atteindre n’ont pas été définies clairement avec un plan robuste et une organisation efficace devant en assurer son implantation, sa surveillance et son succès.

Pourquoi avoir plan de développement de large bande? Pour créer de l’emploi et de la richesse

Dans le chapitre Convergent Objectives, Divergent Strategies: A Taxonomy of National Broadband and ICT Plans, (adaptée librement) on présente que la rationalité derrière la croissance de l’adoption et de l’expansion d’une infrastructure nationale de large bande, a des effets à court et long terme. Pour le court terme, la construction du réseau stimule les économies locales par l’embauche de travailleur et l’achat de matériel. Pour le long terme, c’est l’effet réseau créé par les infrastructures à large bande )une fois installées) qui créera un impact économique sur les autres industries non reliées aux télécoms? Plusieurs études confirment ceci :

Several studies have identified short-term employment effects stemming from (1) direct labor employed to build broadband infrastructure and (2) indirect and induced jobs that are created by suppliers and services supporting the construction activity. One review of six studies that estimate various employment impacts suggests that, on average, 1.56 direct and indirect jobs result per employment opportunity focused on broadband network construction; this figure rises to 2.78 for direct, indirect, and induced jobs created.

In the long term, business utilization of broadband can result in network effects and gains in productivity. In the United States, the employment impacts caused by network effects are estimated to be 1.17 jobs per direct and indirect job. Recent research by Qiang and Xu at the World Bank examined cross-country time-series and firm-level data; they determine that broadband has “longterm effects on growth, and contributes to the growth of a number of non-telecom industries, especially high-tech industries.”


Comment financer ça

Dans le document du Groupe de travail n° 2 sur la concurrence et la réglementation de l’OCDE, SYNTHÈSE DE LA TABLE RONDE SUR LE FINANCEMENT DU DÉPLOIEMENT DES RÉSEAUX HAUT DÉBIT on peut lire :

(1)La couverture nationale en haut débit est perçue comme essentielle pour le développement économique et social d’un pays. L’accès au haut débit sur la totalité du territoire est donc au cœur de l’agenda numérique et du plan national pour le haut débit de nombreux pays, membres de l’OCDE ou non.

(2) Le déploiement de la fibre optique pour offrir un service haut débit n’est commercialement viable que dans les zones très densément peuplées et à revenu élevé. Il est donc probable que déployer la fibre à l’échelle nationale nécessitera un financement public sous une forme ou une autre. Les pays doivent donc aujourd’hui trouver le moyen de garantir le déploiement du haut débit sur la totalité de leur territoire tout en préservant les incitations à l’investissement privé.

(3) Avec l’évolution technologique, il pourrait devenir moins coûteux de proposer un accès haut débit également dans les zones isolées et/ou moins densément peuplées. Cela signifie que les subventions et autres types d’aides d’État visant à favoriser le déploiement du haut débit pourraient ne plus être une condition nécessaire pour atteindre les objectifs fixés dans les plans nationaux pour le haut débit et les agendas numériques des pays.

(4) La concurrence au niveau des infrastructures devrait être meilleure pour le marché qu’une configuration à un seul réseau. Néanmoins, la présence de plusieurs infrastructures peut, dans de nombreux cas, s’avérer n’être pas rentable.

Par ailleurs, on y apprend aussi que pour les zones de faible densité de population :

Dans les zones où la demande est faible, l’implication d’investisseurs privés dans le déploiement du haut débit est peu probable. Pour veiller à ce que ces zones ne soient pas oubliées, d’autres formes de financement sont donc utilisées :
• subventions directes (dans l’UE, aux États-Unis et au Chili par exemple) ;
• subventions indirectes, telles que les taux d’intérêts favorables ou les avantages fiscaux (au Japon par exemple) ;
• partenariats public-privé (au Mexique ; cette option est également envisagée en Italie), et
• réseaux (de gros) construits avec des fonds publics (en Australie par exemple).

Tout ça pour vous dire qu’à la lecture de ce billet, vous ne pouvez que conclure qu’à chaque mois qui passe, le Canada et le Québec prennent de plus en plus de retard pour se positionner convenablement dans cette nouvelle économie dont l’autoroute sera numérique et que justement, cette autoroute est ce que l’on nomme la large bande. Plus nous attendrons avant de nous doter collectivement de ces infrastructures ESSENTIELLES pour le développement économique de notre pays, moins bien nous serons positionnés pour concurrencer les autres états dans cette révolution pour laquelle nous sommes déjà en retard. Durant le temps qu’on s’obstine pour savoir quoi faire avec Uber, 60% de notre commerce en ligne (consommateur) sort déjà du pays et une fois qu’on se sera décidé sur le comment on se dote d’une infrastructure, il faudra toujours la construire. Nous en avons pour plusieurs années et par rapport aux pays européens qui sont déjà en retard sur la Corée du Sud, on peut lire dans ce même document :

Par exemple, l’agenda numérique de la Commission européenne prévoit que 100 % de la population de chaque pays européen ait accès à l’internet à une vitesse d’au moins 30 Mbit/s dès 2013 avec des connexions internet de plus de 100 Mbit/s pour au moins 50 % des ménages d’ici à 2020.

Comme le disait notre premier ministre Trudeau dans un autre dossier «  Parce que nous sommes en 2015 »… mettons.

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Les sites web parallaxe, une autre mode contreproductive

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Après vous avoir parlé des problèmes associés aux sites Faites-le vous-même (FLVM) (et ici où je m’attardais spécifiquement à Votresite.ca), je vous parle aujourd’hui de cette autre mode (que je souhaiterais passagère, mais trop de gens d’affaires aiment le beau au détriment de l’efficace) qu’on voit depuis quelques années, les sites web parallaxe.

Qu’est-ce qu’un site web parallaxe
La définition de ce qu’est le design parallaxe est difficile à saisir pour le commun des mortels. Mais en gros, vous avez tous en mémoire ces sites qui ont une image fixe (image de fond) et qui lors du déroulement, se transpose en plusieurs autres images superposées. Lors du défilement sur le site, vous observerez que vous êtes toujours sur la même page. En fait, les sites Parallaxe sont une très longue page web avec différentes sections accessibles par des hyperliens sur la même page. Les premiers sites faits avec ce type de design web étaient très invitants parce qu’on n’avait encore jamais vu ça. Mais 10 000 sites Parallaxe plus tard, l’effet de nouveauté n’y est vraiment plus, disons.

C’est un type de site qui a la cote auprès des firmes de communication. On peut facilement y attacher un « concept » et les boites de comm aiment ça les concepts. La beauté des concepts est qu’une fois livrés, on peut facturer et passer à autre chose. Tout comme pour la mode des sites avec la technologie Flash, les sites au design Parallaxe, ont un début et une fin.

Malheureusement pour leurs clients, le web ne fonctionne pas tout à fait comme ça et un site qui est livré avec un début et une fin, est un site qui va sans cesse reculer dans les résultats de Google, et cela, même s’il arrive à s’y installer, ce qui est loin d‘être évident.

Pourquoi les sites au design parallaxe sont poches en référencement

Comme je vous l’ai mentionné plus haut, ces sites sont de long site d’une page. Il sera donc difficile pour un moteur de recherche d’identifier le ou les mots-clés présents dans cette page. Par ailleurs, les hyperliens qui sont dans cette page auront tous un # pour identifier les sous-sections de la page. Or, Google ne verra pas ces sous-sections comme des pages différentes. D’ailleurs, plus u site est volumineux et donc plus il a de pages, plus il risque d’être pertinent pour des requêtes particulières. Plus il est mis à jour fréquemment, plus il sera aussi pertinent.

Par ailleurs, un positionnement web efficace comporte aussi son lot d’hyperliens externes spécifiques. Plus vous avez d’hyperliens profondément dans le contenu de votre site (un hyperlien vers « site.com/quelquechose par opposition à site.com », plus il sera encore une fois jugé pertinent. Or un site avec seulement une page ne pourra, vous donnez ça.

Tout comme c’était le cas avec les sites en Flash, on pourra vous dire qu’on fait un site miroir de votre design parallaxe afin de satisfaire les besoins des engins de recherches. On pourra aussi y inclure un blogue spécifiquement pour ça. Mais ce seront là des solutions alternatives à un problème évident de manque de visibilité naturelle dans les moteurs de recherches.

Lorsque je rencontre un client qui me dit à quel point le « beau » et le « trendy » est important pour lui et son entreprise, je lui demande tout le temps s’il est déjà allé sur eBay, Amazon, Zappos ou autre et s’il trouve que ces sites sont beaux. Je lui fais remarquer qu’ils sont loin d’être « design et trendy » mais qu’ils rapportent plusieurs milliards de revenus. Alors quel est l’objectif premier d’un site? Plaire à son concepteur ou être trouvé?

Voici ce que Matt Cuts de Google


25 sites utilisant un effet de parallaxe original

Dans Wikipedia Parallax scrolling in web design

Web designers began incorporating parallax scrolling in 2011, using HTML5 and CSS3. Advocates argue it is a simple way to embrace the fluidity of the Web.[16] Proponents use parallax backgrounds as a tool to better engage users and improve the overall experience that a website provides. However, a Purdue University study, published in 2013, revealed the following findings: « … although parallax scrolling enhanced certain aspects of the user experience, it did not necessarily improve the overall user experience ».[17]

Vous aimerez peut-être aussi mes billets:

La question du « beau » sur le Web, ou pourquoi ça me fait toujours rire

Site de commerce en ligne et l’intérêt du beau

Est-ce que le « beau » design est important en ligne?

MAJ
On me fait remarquer à quelques endroits, dont dans les commentaires ici, que je confond site Parallaxe et one pager. En fait, la majorité des sites qui utilisent l’effet parallaxe s’adonnent aussi à être des « onepagers ». Mais il est vrai qu’un site puisse utiliser cet effet et avoir aussi plusieurs autres poges indépendantes, un blogue ou plusieurs autres contenus avec des URLs spécifiques. Voilà

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Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc

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Note importante : Votresite.ca et Branchonslespme peuvent avoir une pertinence pour de nombreuses personnes et de nombreux clients. Il est aussi très possible que de nombreux clients soient extrêmement satisfaits des services de monsieur Charron et c’est tout à son honneur. Il y a de la place pour tout le monde sur le Web et avec tous les moyens et techniques imaginables. Moi-même j’adore manger des hot-dogs. Il y a un maudit gros marché pour ça. Cependant, je ne me fais pas croire que je mange de la gastronomie lorsque je bouffe un hot-dog.

Dans mon billet Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca, Liki.com et autres faites-le vous-même je mentionnais François Charron et « ses bébés » Votresite.ca et Branchonslespme. Ce billet se voulait générique et exposait différents problèmes inhérents aux Faites-le vous-même (FLVM). Mais monsieur Charron ne la trouve vraiment pas drôle et sur Twitter il publie :

Ma réponse au billet de @MichelleBlanc publié ce matin: Faites vos devoirs Mme Blanc!

Ce à quoi il joint l’hyperlien de son billet Faites vos devoirs svp Michelle Blanc

Je comprends que monsieur Charron se débatte comme un diable dans l’eau bénite. Après tout, il prétend que je porte ombrage à sa business. Puisqu’il m’accuse de mentir et de ne pas faire mes devoirs, je lui accorde que certains des éléments de mon billet pouvaient porter à confusion. Tous n’ont pas le même niveau de compréhension de langue et peuvent confondre générique et spécifique. Je m’en excuse, monsieur Charron. Mais tout ce qui y est écrit est strictement vrai. Question de dissiper tout doute par rapport à SA plate-forme, voici donc une analyse plus rigoureuse et SPÉCIFIQUE à ses patentes BranchonsLesPME et Votresite.ca

Comme il le dit sur son billet (qui ne peut étrangement recevoir de commentaires :-) )

Madame Blanc, vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas.
Comme on le dit à Radio-Canada, on joue à Vrai-Ment

Préambule

Ça fait des mois que je songe à faire ce billet. Je fais régulièrement le tour du Québec et à chaque arrêt, on me parle de votresite.ca et des histoires d’horreur qui l’accompagne. Or, je ne connais pas personnellement monsieur Charron. C’est un excellent entrepreneur. Il m’avait même approchée lors de la mise sur pied de son projet de Votresite.ca pour que je le cautionne, moyennant rétribution. Je lui fis part de mes questionnements quant à la pertinence de ce projet pour les gens d’affaires, notamment en termes de référencement. J’étais certaine que ce serait payant pour monsieur Charron, mais j’avais de gros doutes pour les clients. Je ne voulais vraiment pas m’impliquer dans ce projet et j’ai hésité longtemps à faire ce billet parce que même s’il n’a aucune formation en numérique, monsieur Charron a fait œuvre de vulgarisation auprès de la masse. D’ailleurs le numérique n’a pas non plus d’ordre professionnel. Ça permet donc à tout un chacun, du jour au lendemain, de se prétendre expert de n’importe quoi (petite note ici, je parle en termes génériques et je ne cible pas monsieur Charron). Ça n’aide pas non plus les entrepreneurs à prendre des décisions éclairées. Qui dit vrai et qui dit de la bullshit enrobée de beaux termes techniques que personne ne comprend? Par ailleurs, je sais que monsieur Charron est aimé (je reviens au spécifique ici), qu’il est une personnalité médiatique importante et que de traiter de lui ou de ses projets, comporte de nombreux risques. J’en ai d’ailleurs déjà fait les frais auprès de ses fans sur son mur Facebook. Mais je me dois de répondre point par point à monsieur Charron qui met en doute mon expertise et ma probité.

Mon mea culpa

La seule erreur de mon billet est d’avoir utilisé Votresite.ca dans le paragraphe :

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ».

J’aurais dû spécifier que dans les faits, il ne fait sans doute ça que pour la période dite « d’essai gratuit » de son produit. Je m’en excuse. N’empêche que pour la majorité des autres FLVM, c’est une pratique qui se poursuivra après la période d’essai.

Par ailleurs, pour les autres points soulevés par monsieur Charron, ils ne s’adressaient pas particulièrement à son entreprise, mais bien à l’ensemble de FLVM dont il fait partie. Je suis aussi fort aise d’apprendre qu’il incite les gens à acquérir leur propre nom de domaine (qu’il s’adonne aussi à vendre si le client le désire). Aussi, je trouve un peu étrange qu’il m’accuse de le mettre dans le même panier que les autres FLVM alors que lui-même, dans sa présentation PowerPoint, tout juste après avoir fait l’éloge de ses client, met dans le même panier les logos et exemples de Frank & Oak, Le Hunt Club ou Simons, ce qui pourrait laisser croire à tort, que ces entreprises sont peut-être avec Votresite. Amalgame pour amalgame et spécifique pour spécifique, je me sens tout d’un coup juste un peu moins coupable disons.

Mais pour ce qui est de son assertion, « vous n’avez pas fait vos devoirs et vous commentez un produit québécois que vous ne connaissez pas. »

Il est étrange de lire sur sa page Facebook de monsieur Charron le commentaire suivant de monsieur Frédérick Harper

où puis-je savoir que je peux transférer mon site si je ne suis pas content du service? Où puis-je lire que vous donner le code pour unlocker mon nom de domaine et me permettre d’aller dans un autre registraire? Où puis-je être renseigné et faire mes devoirs comme vous demandés, à titre juste si elle n’a effectivement pas fait ses devoirs, à madame Blanc? Je n’ai pas trouvé l’information, alors je me dis que probablement je n’ai pas bien cherché ou que cette information n’est pas disponible?

Et la réponse de François Charron

Ces infos ne sont pas publiée sur le site, mais en communiquant avec equipe@votresite.ca vous aurez tous les détails

Ha tiens! Avant d’écrire mon billet, je me devais donc de faire des recherches exhaustives sur la plate forme de monsieur Charron ou communiquer avec son équipe pour avoir des réponses? À titre de consommatrice éventuelle, je devrais me satisfaire d’infos nébuleuses et ne poser des questions que par courriel? Déjà, ça me tique un peu disons.

Les problèmes de Votresite.ca

D’abord, à la demande de monsieur Charron, j’ai en effet fouillé sa plate-forme. J’y ai découvert que pour la portion « site Web » l’entreprise de monsieur Charron utilise une version non « responsive » (donc pénalisé fortement par Google) du logiciel « Parallels Presence Builder 12.0.7 » qui a récemment été acheté par Odin et rebâti de toutes pièces. D’ailleurs, on me mentionne que certains hébergeurs qui utilisaient la même solution la mettaient gratuitement à la disposition de leurs clients. M’enfin, il faut bien que monsieur Charron vive. Pour la portion transactionnelle « boutique en ligne », renommée Shopp.it, il s’agit en fait du logiciel OpenCart qu’on ne découvre qu’en lisant le code source ou dans l’une des nombreuses lignes de sa notice légale. Lors des nombreuses présentations de monsieur Charron et sur ses PowerPoint, il mentionne très souvent que Votresite.ca est open source, mais sans dire qu’en fait, il s’agit d’OpenCart ou de Parallels Presence Builder. Opencart n’est vraiment pas un mauvais logiciel. Ce n’est pas ce que je conseillerais à mes clients, mais tous les goûts et besoins sont dans la nature. Il est totalement gratuit, mais bon, vous n’y connaissez rien et vous devrez donc payer pour le faire mettre en ligne et pourquoi pas utiliser les services de M. Charron? Certains des problèmes associés à OpenCart incluent (chez merchantmaverick.com)

• Hard to implement upgrades.
• Sporadic security issues.
• Difficult to install some themes.
• Some reports of messy code.
• Merchants are required to find website hosting.

Chez ecommerceguide.com on mentionne aussi

Not as SEO-Ready: By default, OpenCart isn’t as search engine friendly as it could be. This means it won’t be automatically performing in Google in the same way as other e-commerce sites might, and you will need to approach this issue separately to get the right results in search engines.

Donc ce n’est pas moi qui le dis.

Maintenant, je n’ai pas observé de plans de site ou de fichier Robot.txt dans le code que j’ai analysé. Ça ne veut par contre pas dire qu’il n’y sont pas. Ça veut simplement dire qu’il y a une limite à une analyse externe. Par ailleurs, certains des clients de votresite.ca qui sont dans des marchés peu achalandés, qui ont scrupuleusement activé les outils minimaux d’OpenCart en termes de référencement, peuvent en effet très bien sortir sur la première page de Google. Pour les autres, ça demeure un questionnement et dans le pire des cas, ce sera de toute évidence la faute du client lui-même à qui on dira qu’il n’a pas utilisé judicieusement toutes les fonctionnalités de l’engin, qu’il ne s’est pas appliqué à lire l’imposante documentation et en bref, que c’est de sa faute et stricte faute. Anyway, au prix que vous payez, faut pas charrier. Vous pourrez aussi très certainement faire faire la job par les très nombreux experts qui sont proposés (moyennant rétribution) sur Votresite.

Par ailleurs, le copain développeur Emmanuel Scotto me dit ceci dans ce courriel :

Boutique en ligne shop.it:
– Systeme OpenCart restylisé (http://www.opencart.com/).
– Conforme à l’adaptive design
– Conforme techniquement pour le SEO

Conclusion: Rien d’étonnant à ce que ça soit conforme: c’est juste pompé d’un logiciel open source qui est très bon à la base (opencart) et qui intègre toutes les conformités techniques du W3C. Par contre, c’est juste dommage que ça soit présenté comme « sa » solution (opencart est seulement mentionné en pied de page dans le back-office), car mise à part une modification de CSS pour le style, le coeur du système ne semble pas avoir été touché, à part un ajout pour permettre une synchronisation avec le logiciel comptable Adminico. Alors, présente-toi pas comme éditeur de solution logiciel, mais comme intégrateur de solution Opencart, à la limite. Ou il devrait le dire clairement dans son argument de vente, parce que pris comme cela, on croit vraiment que c’est lui qui a développé la solution et qu’il est éditeur.

En ce qui concerne le code HTML produit, c’est un truc craché automatiquement. Ça me fait penser à ces vieux sites faits avec Frontpage. J’ai quand même constaté un code de feuille de style CSS directement dans la page (au lieu d’être externalisé) et ça c’est pas terrible pour le concepteur que je suis, mais passons.… Je ne sais pas si Google en tient compte d’après la nouvelle politique, mais ça ne serait pas étonnant qu’ils pénalisent. D’une manière générale, le code passe correctement en code review: pas de trucs vraiment dégueulasses (ce qui est bon pour les robots Google). En ce qui concerne la conformité technique pour le SEO, on va dire que c’est correct pour les minima: les métadonnées y sont, les alt/title sur les images sont présentes en majorité (peut être des utilisateurs qui en oublient), bref, je pense que ça fait la job pour du référencement naturel de base. Pour les minimas, de mon point de vue…
Mais en étudiant le code, j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette structure et certains éléments techniques quelque part… Pareil pour les screenshots de l’application présentée: ça me dit quelque chose, je suis certain d’avoir vu ça à quelque part… Je vais essayer de regarder ça de plus près, je te reviens là-dessus au plus vite. Je ne veux pas jouer ma « langue de pute », mais je mettrais bien un petit 2 sur le fait que ce n’est pas sa solution comme ça porte à croire quand on l’écoute….

Confirmé par F.Charron, les sites produits sont « compatibles mobile, et seront adaptive design en septembre ». Donc ils ne sont pas adaptive design présentement ;) Et donc pas compatibles avec la nouvelle politique de référencement si on en croit Google (là tu es plus callée que moi). La différence technique est celle-ci: un site « compatible mobile » est une sorte de duplicata du site « normal ». Quand un utilisateur arrive sur le site à partir de son téléphone, un javascript permet le repérer et « active » une version pour mobile. C’est ce qu’on appelle du « dynamic serving »: l’url reste la même, mais le code HTML est différent suivant la plateforme.
Dans le cas d’un site adaptive/responsive design, c’est le fichier CSS de style qui permet d’adapter réellement le site aux différents formats. Dans ce cas-ci, l’url ET le code HTML restent les mêmes quelque soit la plateforme. C’est donc extrêmement important au niveau du référencement suivant la politique Google.

Voilà ce que je peux en dire rapidement. Je dirais que c’est plus un « problème » d’éthique dans son discours en ce qui me concerne. Déjà, tu ne dois pas présenter comme TA solution un logiciel qui est open source. Je ne sais pas comment est la licence d’Opencart dans le détail, mais un petit lien en back-office me semble insuffisant. Surtout, ça laisse penser au potentiel acheteur et en fait à l’ensemble des gens que tu es un éditeur de logiciel. Ce qui n’est pas le cas, et l’éditeur concepteur que je suis est un peu « choqué » par la méthode. Je voudrais aussi vraiment regarder de plus près ce qui est utilisé pour la partie site, car comme je te le disais, je suis sur à110% que c’est produit par un logiciel que j’ai déjà audité. Je vais retrouver, mais si je ne me trompe pas, et bien c’est encore plus « grave » d’un point de vue éthique, à mon sens

2e Note importante

Mes sources sont notées au fur et à mesure avec des hyperliens directs et les citations sont claires et ne sont pas une reprise des textes des autres avec une nébuleuse note de bas de page laissant croire que j’ai la science infuse et que je sais réellement tout le temps de quoi je parle ou que j’ai rêvé cette expertise durant la nuit. Je respecte assez le droit d’auteur des autres pour ne pas reprendre leurs réflexions ou les adapter de l’anglais au français sans que ce ne soit clairement indiqué. Mais bon, je suis de l’école du blogue qui cite correctement ses sources. Et ce problème de « sources nébuleuses » est endémique chez plusieurs journalistes technos. Il suffit de lire Gizmodo, Techcrunch et autre pour que ça nous saute aux yeux. M’enfin… D’ailleurs, lorsque vous trouverez un vidéo sur mon blogue, toutes les redirections vers la source n’auront pas été effacées (ce qui se nomme du video scraping) pour y mettre mon logo et inciter les gens à repartager avec mon propre code comme le fait monsieur Charron. Ce n’est pas criminel de faire du vidéo scraping ou plutôt, les juges et avocats ne s’entendent pas encore sur comment, quoi ou qui on devrait poursuivre des très nombreux sites qui font ça. Mais c’est clairement une question d’éthique douteuse de se faire du trafic et du fric avec la propriété intellectuelle des autres. Vous pouvez lire un excellent article sur le sujet chez Venturebeat, How legal is content scraping.

BranchonsLesPME

Branchonslespme est une OSBL. C’est-à-dire qu’elle ne peut pas faire de profits. Elle peut de toute évidence par contre faire de l’argent. C’est le modèle qu’utilisent certains de nos grands festivals. Nous avons donc une OSBL qui reçoit de la commandite et des subventions et de l’aide gouvernementale pour disons « inciter les PME à être en ligne ». Ce qui est très noble et louable. Simultanément à ça, vous avez une entreprise qui elle est très lucrative et qui ramasse les retombées trébuchantes et sonnantes des activités de l’OSBL. Dans ce cas-ci c’est votresite.ca. Ainsi, monsieur Charron est largement subventionné et commandité pour faire le tour de la province avec BranchonslesPME pour faire le pitch (que nous appellerons ici conférence) de Votresite.ca qui lui appartient. Monsieur Charron à l’instar de certains géants du festival, est donc un excellent entrepreneur. Je lui lève mon chapeau.

Votresite.ca

Votresite.ca est une machine à saucisse. J’aime la saucisse. Celle haut de gamme comme celle qu’on vend dans les supermarchés. Par contre, celle des supermarchés ne peut certainement pas se targuer de faire de la gastronomie. C’est un peu le reproche global que je faisais à Votresite.ca. Il est vrai comme il le prétend que vous serez en ligne. Je ne doute pas (et je n’ai jamais dit spécifiquement) qu’il tient en otage le nom de domaine de ses clients. Je reconnais que la rédaction de mon billet pouvait porter à confusion sur ce point.

La machine FrancoisCharron, Votresite.ca et autres

FrançoisCharron.com existe depuis des années. Il a joui de la visibilité à la populaire émission SalutBonjour et de redirections très avantageuses chez le défunt Canoë.ca. Déjà ça lui faisait un trafic monstre. Puis au fil des ans, il s’est spécialisé dans ce que l’on nomme le clickbait et ce bien avant les Buzzfeed de ce monde. En gros, il prend les vidéos YouTube qui ont la cote, il enlève la redirection YouTube (ou Viméo ou autre), ajoute son logo et va même jusqu’à fournir le code pour qu’on le repartage à notre tour, mais en redirigeant vers son site plutôt que vers le détenteur légitime des droits de la vidéo.

Puis il eut l’idée d’élargir son offre. Ainsi, vous pouvez acheter les services de votresite.ca et durant les premiers mois chez lui, vous ferez partie de la page des exemples qu’il propose, vous créant ainsi un afflux de visiteurs qui ne seront pas clients, mais bien d’autres entrepreneurs qui se demandent s’ils doivent eux aussi s’inscrire à Votresite.ca.

Si nous revenons à OpenCart, caché dans le code de l’une des boutiques de Votresite.ca on peut lire :

<!–
OpenCart is open source software and you are free to remove the powered by OpenCart if you want, but its generally accepted practise to make a small donation.
Please donate via PayPal to donate@opencart.com
//–>
<!– Theme created by Welford Media for OpenCart 2.0 www.welfordmedia.co.uk –>

OpenCart est gratuit (même si vous payez pour) et il est de bonne pratique d’inciter les gens à faire une donation PayPal à donate@opencart.com. Bon, c’est certainement clairement indiqué aux clients de Votresite.ca quelque part qu’ils sont incités à faire une donation à OpenCart. Je n’ai pas trouvé ça à nulle part, mais je n’ai pas fait le tour des milliers de pages de Votresite pour vérifier ça, mais bon, je vais supposer que c’est là quelque part…

À propos de son argument qu’on peut partir de chez lui comme on le veut, sur le propre mur de monsieur Charron on peut lire

Une merdouille à sortir de sortir de son machin. J’ai tenté d’aider une copine… Pas marrant et pas easy user. Semble l’être au début, mais…. Puis lié avec Google pour les email , une fortune quand on sait que l’hébergement peu être 80%moins cher ailleurs

Et

Pourtant, la dernière fois que j’ai parlé à un membre de votre personnel, il m’a bien indiqué que si je partais de chez vous, je perdais tout ce que j’aurais fait et que je devrais recommencer à neuf… À moins que vos services aient changés entre temps

Mais la palme des commentaires sur le mur de monsieur Charron revient à

Fredolini-Frederico Boris Iuliani François Charron – Page officielle Je vous invite à dégrimper des rideaux et essayer un tantinet d’être magnanime et ouvert. Je me souviens de vous avoir posé deux ou trois questions lors d’une « conférence » « gratuite » à Delson ou vous expliquiez aux entrepreneurs de se brancher. Vous m’aviez dit que j’étais beaucoup trop avancé sur le web et que votre produit s’adressait à des néophytes, ceux qui commençaient sur le web. J’ai écouté attentivement tout votre pitch de vente, puisque c’était en fait un très long infomercial culpabilisant pour promouvoir votre « solution » et non pour être objectif. C’est bien beau un obnl, mais on s’entend pour dire que la charité bien ordonnée a semblé vraiment commencer par soi-même. Un peu plus et j’aurais cru être dans le film Leap of Faith avec Steve Martin et que les guérisons miraculeuses s’en venaient après la pause! Sérieusement, je suis tout à fait d’accord avec l’affirmation que vous faites du clickbait depuis des années, avec des vidéos tirées d’autres sites web. Le seul truc, c’est qu’ils ont été vu et revus bien avant publication sur votre page. Et votre « solution » est efficace pour des TTPE, des TRÈS TRÈS PETITES ENTREPRISES, ce qui est fort louable et très utile. Mais diantre, faudrait pas faire miroiter le tout telle une annonce à la Shamwow et laisser croire que 15$/mois est le seul investissent réel.
#JustSayind

En conclusion

Pour une coiffeuse qui veut être en ligne, allez sur GooglemyBusiness et vous y serez gratuitement.

Aussi tiré du mur Facebook de monsieur Charron, le commentaire

Mathieu Dumoulin François Charron – Page officielle En défense à Michelle, votre solution est peut-être élégante mais ne remplacera jamais le travail de programmeurs, gestionnaires de produits, équipe de marketing. Il s’adresse à des pme (et pas plus que des petites entreprises a mon avis). Il est tout bonnement impossible de croire qu’un produit vendu pour 15$/mois peut faire tout ceci de la façon la plus optimale fonctionelle et donc remplacer le travail de plusieurs programmeurs, gestionnaire de projet/produit, équipe de support de réseautique, équipe de dev-ops, équipe de marketing. Rien que mon outil de gestion de projet momenteo me coute 20$ par mois. C’est un bon produit, j’en suis sur mais faut faire attention au perpétuel adage du « Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement trop beau pour être vrai! ». Belle initiative pour embarquer ceux qui n’aurait pas embarqué dans le monde du commerce en ligne mais très mauvais pour les professionnels du millieu qui eux travaillent dur à chaque jour pour faire valloir leur profession. J’ai des gens qui m’approche pour un site complêt à 500$ et c’est tout bonnement impossible et ils nous rient dans la face avec des: « Ben voyons, Wix, Liki et plein d’autre le font eux, t’est juste un arnaqueur » et c’est loin, mais très loin d’être vrai!

C’était donc l’essence même de mon précédent billet. Sur ce, la meilleure des chances è vous monsieur Charron et je suis convaincue que mon humble blogue ne détruira pas votre business. Il y a encore énormément d’entrepreneurs pour croire au Père Noël …

MAJ

(source: http://thankyoubusiness.net et merci à Louis Veillette sur Facebook pour le clin d’oeil)

Rappel aux journalistes/chroniqueurs technos qui ne citent jamais leur source: le point 3H du code déontologique http://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4 :-)

Les obligations de licence sous GPL (comme dans le cas d’une entreprise qui revend OpenCart disons) https://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_g%C3%A9n%C3%A9rale_GNU#Le_copyleft et la version GPLv3 spécifique à OpenCart 

13 commentaires

App vs site responsive dans un contexte touristique ou non

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Pour certains gestionnaires, le web, ça demeure mystérieux. Ils peuvent facilement se laisser séduire par des modes ou de beaux discours dont ils ne saisissent malheureusement pas tous les rouages et toutes les implications.

Ainsi, j’ai un nouveau client du domaine touristique. Il s’agit un client d’envergure nationale. Lors de nos rencontres, nous discutions de leurs objectifs d’affaires, de leurs besoins et des initiatives qu‘ils ont déjà mis en place, ou qu’ils envisagent. Puis vint la question d’une application pour téléphone intelligent. Ce client, pour une initiative particulière, veut rejoindre une catégorie de clientèle à la grandeur du Canada. Ils avaient donc décidé d’opter pour une application, malgré le fait que pour cette initiative, un site web n’existe même pas. C’est alors que je fis prendre conscience à ce gestionnaire qu’une application est certainement judicieuse pour certains types de clients ou d,initiative, mais que dans leur cas particulier, ils ouvriraient une boîte de crabes associés à des coûts de mise en marché, de développement, d’adaptation aux différents App Store, de communication et de relations publiques, exponentiels et ce pour des résultats probables, très certainement anémiques.

D’ailleurs je pris l’exemple de l’un de leur partenaire qui avec un budget de 300K$ sur quatre ans, avait obtenu 5500 téléchargements de leur application. Ça fait cher de l’usager, disons. Cette réflexion est tout aussi valable pour un grand nombre d’entreprises. Voici donc le PPT que j’ai développé pour le comité de gestion de ce client. Le nom du client et certaines diapositives ont été retirés pour ne pas compromettre la confidentialité de ce dossier.


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Les problèmes avec Wix, Web.com, Votresite.ca Liki.com et autres faites-le vous-même

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(Mise à jour: François Charron a répliqué à ce billet Faites vos devoirs svp Mme Blanc! ce à quoi je lui ai répondu Votresite.ca et François Charron vs Michelle Blanc)

Au tournant de 2005, les crédits d’impôt à la R ET D numérique avaient vu naître une multitude d’entrepreneurs qui avaient tous inventé le CMS (Content manager system → Gestionnaire de contenu) qui devait révolutionner la planète. Je ne me souviens plus le nombre d’entrepreneurs que j’ai rencontrés pour leur dire que leur solution existait déjà et que leur version de « faite-le vous-même » (FLVM) avec ma cochonnerie se comparait mal avec ce qui existait déjà .

Durant presque 10 ans, je voyais encore des logiciels de mise en ligne propriétaire (dont l’outil appartient au fournisseur et pour lequel le client pait en croyant avoir la propriété de son site), mais disons que le phénomène de la soi-disant « magie du facile et performant » avait pratiquement disparu. Mais depuis 2013, cette tendance au « faites-le vous-même » revient en force. C’est d’abord Wix qui a inondé Facebook de publicités faisant l’apologie de sa magie. S’en est suivi une avalanche de copycat et d’hébergeurs qui ont tous proposé de vous mettre en ligne plus facilement, rapidement et moins cher que la concurrence.

Ainsi vous avez Godaddy qui vous propose pour 2 $ par mois d’acheter votre nom de domaine et de créer et d’héberger votre site. Ils disent même :

Apprenez à créer avec une rapidité et une facilité déconcertantes un site Web grâce à notre créateur de sites Web maintes fois récompensé.

Ce qui est déconcertant est que des gens d’affaires tombent dans le panneau.

Au Québec, vous avez le même genre de situation avec François Charron qui a fait le tour du Québec avec son initiative Branchons les PME et durant laquelle il vantait les mérites d’être sur sa propre plate-forme Votresite.ca. De même, lors d’un récent reportage de RDI économie on vous présentait l’autre bouton à quatre trous, Liki.com, sur lequel vous pourriez faire un site web transactionnel en moins d’une heure.

En fait ils ont tous raison. Ils disent la vérité lorsqu’ils prétendent que vous pouvez être en ligne rapidement et à peu de frais (quoique cela soit très relatif puisque les coûts afférents s’additionnent très rapidement). Cependant, le serez-vous efficacement et avec des résultats et de la visibilité? Là est toute la question. Ce n’est pas parce que vous achetez un encadré dans le feuillet paroissial que vous pouvez vous targuer de faire de la publicité…

Avant d’illustrer les nombreux problèmes de ces différentes plates-formes, je souligne quelques points positifs que je leur trouve. Tout d’abord, vous aurez certainement un sentiment de réalisation personnelle et la fierté d’avoir fait vous-même votre site web. C’est déjà ça. Par ailleurs, si on vous cherche par votre nom, il y a de fortes chances que l’on vous trouve. Mais dans ce cas, on ne parle certainement pas d’acquisition de clients. Si on vous cherche par votre nom, c’est qu’on vous connait déjà. Mais vous pourriez avoir exactement le même résultat, et ce tout à fait gratuitement. En effet, GoogleMyBusiness vous donnera le même résultat et vous n’avez qu’à vous y inscrire et à vous monter un profil. Vous pourrez y ajouter des photos et des textes, tout comme ces plates-formes vous le proposent. De surcroit, depuis maintenant quelques mois, ces présences GooglemyBusiness se classent même avant ceux des pages jaunes qui sont pourtant payantes, pour des requêtes génériques comme « plombier à Verdun ». Ce qui risque d’être drôlement difficile à faire (voire impossible) avec les plates-formes présentées plus haut.

Les nombreux problèmes des faites-le vous-même

Une limite de thèmes sans originalité

En affaire et surtout en commerce de détail, votre brand et votre personnalité ont de l’importance. Avec les « faites-le vous même » vous aurez le même look que des milliers d’autres sites. D’ailleurs, vous choisirez probablement le thème qu’offre le FLVM que vous trouvez le plus beau. Il y a de fortes chances que tous ceux qui sont avec ce même FLVM, choisissent aussi le même thème. Difficile de se démarquer dans ce contexte.


Un référencement médiocre voire, inexistant

La majorité des FLVM sont en sous-domaine du domaine du fournisseur. Ainsi, votre URL sera quelque chose comme « XYZ.votresite.ca ». Ce sera vraiment très bon pour « votresite.ca », mais pour « XYZ », ce ne sera pas des plus performant. Ils vous permettront de rediriger votre « XYZ.ca » vers « XYZ.votresite.ca », mais dans les faits, votre URL ne sera qu’un masque de l’URL prédominante qui restera « XYZ.votresite.ca ». Par ailleurs, en octobre dernier, les sites de la populaire plate-forme Wix étaient éjectés de Google. Déjà qu’ils n’y figuraient pas très bien. Aussi, la majorité des sites fait avec les FLVM (voir la totalité) ne sont pas « web responsive » c’est-à-dire qu’il ne s’ajuste pas aux téléphones mobiles et aux tablettes. Google pénalise très fortement les sites qui ne sont pas adaptés aux mobiles dans son algorithme de recherche.

Les options et outils de référencement et les outils statistiques y seront minimaux, voire inexistants. Ce dernier point est probablement bénéfique. Dans le fond, il est peut-être mieux pour votre égo de ne pas savoir à quel point personne ne visitera votre site.

Le hold-up possible de votre nom de domaine

L’un de mes clients a fait affaire avec l’un de ces FLVM et après une expérience difficile et peu productive, décida de faire construire son site et de s’héberger lui même. Malheureusement son fournisseur ne voulait pas lui redonner son nom de domaine hors de sa plate-forme.

Vous n’êtes pas chez vous

La pérennité de votre investissement internet et marketing est entre les mains de quelqu’un d’autre qui peut, sans préavis fermer, être vendu ou décider que votre site, votre boutique ou vos contenus ne répondent plus à leur politique d’utilisation. Tout comme je le dis souvent pour les gens qui sont sur Facebook, vous n’êtes pas propriétaire, vous êtes locataire avec tous les inconvénients que cela comporte. Aussi, si un jour vous décidiez d’avoir votre propre site web, vous pourriez perdre une partie importante, voir la totalité, des efforts et des coûts associés à l’investissement FLVM que vous aurez faits.

Si vous avez la chance extraordinaire d’avoir une base de données client avec ces outils (ce qui dans la majorité des cas est impossible), cette base de donnée confidentielle et dont vous être légalement responsable, sera aussi partagé avec l’entreprise qui vous fournit le FLVM et pour laquelle vous n’avez aucun contrôle. Songez aussi que lorsqu’il est temps de vendre votre entreprise, la base de donnée client est l’un des actifs potentiellement très lucratifs de votre entreprise. Avec ces outils vous n’en aurez pas le contrôle ou pire, vous n’en aurez tout simplement pas.

Le Web c’est votre présence à la face du monde

Avant d’être en ligne, il est des questions primordiales comme « pourquoi y être »? En fonction de vos réponses, vous aurez à déterminer des mesures de rendement de vos efforts et investissements. Voulez-vous recruter, vendre, communiquer, influencer, faire des relations publiques ou autre? Est-ce que ces objectifs d’affaires peuvent évoluer dans le temps? Voudrez-vous ajouter des fonctionnalités au fil des mois? Ne serait-ce que de faire un simple sondage auprès de votre clientèle? Toutes ces questions cruciales risquent de trouver des réponses très décevantes.

Dans la vie, il n’y a pas de magie et lorsqu’il y en a, on appelle ça aussi de l’illusion. Pour avoir des résultats, il faut une vision, des objectifs, du travail et de l’investissement. Si faire un site web est si facile, il y a de fortes chances que de vous trouver sur le web sera par contre une tâche impossible…

Ce billet est la suite de Les magasins de vente au détail vivent ce qu’ont vécue les agences de voyages il y a dix ans

MAJ
Je viens d’apprendre à l’instant (via un statut Facebook de l’agence Nubee) que le bouton à quatre trous dont je vous parle dans ce billet, Liki.com, annonce la fermeture de sa plate-forme le 2 juillet prochain. Lorsque je vous disais que vous n’êtes pas chez vous…

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