Primeur : Rapport sur la cyberagression sexuelle au Canada

Pin It

L’automne dernier, après avoir fait une conférence à propos de la Cyberviolence à caractère sexuel pour les CALACS francophones d’Ottawa, ils m’ont demandé de faire une recherche de données secondaires (pour les néophytes il s’agit d’une revue de la littérature déjà disponible) pour le sujet de La cyberagression à caractère sexuel. Cette analyse est financée par Condition Féminine Canada et se poursuivra par une recherche de données primaire (il s’agit de sondage ou d’entrevues individuelles) auprès des jeunes de quatre écoles secondaires d’Ottawa.

Ça fait déjà longtemps que je fais des recherches et des écrits à propos d’une foule de phénomènes web. Mais ce mandat revêt un caractère très particulier pour moi. C’est que je sais qu’il permettra de comprendre un phénomène extrêmement dévastateur pour les victimes, qu’il offrira quelques pistes de solutions, qu’il identifiera les lacunes et les enjeux et qu’il me permet de passer outre mes propres blessures de victime de nombreuses menaces de mort et de harcèlement ne ligne. C’est une manière pour moi de créer du positif à partir d’évènements malheureux.

Ça me touche donc particulièrement de vous présenter ici, en primeur, le labeur de mon travail, mais aussi des très nombreuses personnes qui ont aussi planché sur ce document et qui sont nommées dans l’introduction rédigée par les CALACS francophones d’Ottawa. Je remercie aussi chaudement mesdames Josée Guindon et Josée Laramée qui mont confié ce mandat et monsieur Nam Hai Hoang (mon stagiaire) qui a passé de nombreuses heures à sélectionner et colliger l’imposante littérature que nous avons utilisée pour cette recherche.

Bonne lecture
La cyberagression à caractère sexuel
Recherche-action communautaire
Première partie : recension des écrits

Rapport: La cyberagression à caractère sexuel: aider la collectivité à intervenir by CALACS francophone d Ottawa

MAJ

Mon entrevue (audio) à l’émission Le midi-trente de la première chaîne de Radio-Canada Gatineau-Ottawa

Cette recherche et l’initiative de Calacs d’Ottawa fait aussi les manchettes télévisées de Radio-Canada
Les « cyberagressions sexuelles » sous la loupe du CALACS d’Ottawa

Laisser vos commentaires

Les sept raisons d’aller à MCETECH

Pin It

Depuis ses tout débuts, j’étais partenaire avec l’évènement MCETECH. J’ai fait partie du premier comité organisateur et j’ai développé une franche camaraderie avec le professeur Hafedh Mili, ce chercheur informatique de haut niveau et directeur du LATECE (Laboratoire de Recherche sur les Technologies du Commerce Électronique).

C’était une manière de me tenir à jour sur les dernières avancées technologiques, mais aussi d’échanger avec ces grands penseurs de l’informatique. D’ailleurs, plusieurs de mes anciens professeurs à la Maitrise en commerce électronique font partie de son comité scientifique. Mais c’était aussi l’occasion d’apprendre lors des divers ateliers qui y sont présentés. D’ailleurs, le 15 mai prochain, j’y donnerai l’atelier: Les stratégies de contenus sur les médias sociaux pour contrer l’inefficacité publicitaire.

Mais pour vous convaincre d’aller y faire un tour, j’ai demandé à Hafedh de me vendre MCETECH, comme si je n’y connaissais rien. Voici donc ce qu’il m’a envoyé :
(dont l’argument béton : Pas de discours de vente d’éditeurs de logiciels: on n’est pas un trade-show. :-) )

1) 4 jours d’activités variées ciblant décideurs, architectes, gestionnaires, développeurs, et chercheurs, intéressé(e)s par divers aspects des applications déployées sur Internet, avec une emphase sur les aspects informatique (architectures de déploiement, analyse de données, frameworks de développement d’applications web) et gestion (processus, marketing, CEM, CRM). Sans oublier la dimension sociale de la technologie, dont la cyberjustice (http://www.mcetech.org/workshops/cyberjustice.php), et les préoccupations liées au profilage et la confidentialité des données (http://www.mcetech.org/workshops/epersonas.php)

2) Pas de discours de vente d’éditeurs de logiciels: on n’est pas un trade-show. Que ce soit les chercheurs qui présentent les résultats de leurs dernières trouvailles, ou les présentateurs ou présentatrices de tutoriels (dont une célèbre consultante en stratégie de marketing internet), ils/elles donnent l’heure juste. Les conférences de recherche (voir http://www.mcetech.org/program.php) ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse par un comité international de pairs (40 chercheurs, issus de 4 continents/14 pays, voir http://www.mcetech.org/committees.php).

3) Concernant les tutoriels, nous nous sommes efforcés de concocter un programme solide de 10 tutoriels couvrant divers aspects allant de la stratégie d’affaires (e.g. stratégies de contenus pour médias sociaux pour remédier à l’inefficacité publicitaire, alignement de BPM avec architecture d’entreprise, règles d’affaires, utilisation de RFID pour optimiser les processus en milieu hospitalier), à du savoir-faire portant des normes (accessibilité), architectures (applications mobiles), ou APIs (JHipster, Spring Boot, Netflix OSS, Big data 101 avec Python). Voir http://www.mcetech.org/workshops-tutorials.php

4) depuis sa fondation (2005), la série de congrès MCETECH s’est donné comme mission d’agir comme catalyseur d’innovation pour l’industrie TI Montréalaise et Québécoise, en faisant le pont entre la recherche et la pratique, de part l’offre d’activités destinées aux uns et aux autres, créant d’amples opportunités de réseautage. Pour cette sixième édition, MCETECH organise une activité de maillage industrie-chercheurs, parrainée par le Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie (CRSNG, www.nserc-crsng.gc.ca). Cette activité vise à établir des relations entre, d’une part, des entreprises en TI ayant des problématiques en R&D ou des besoins d’innovation, et d’autre part, des chercheurs Canadiens (essentiellement Québécois/Montréalais et Ontariens/Outaouais) ayant des expertises pertinentes, et ce, pour résoudre ces problèmes par de la recherche collaborative financée, en bonne partie, par des fonds provinciaux/fédéraux. Cette activité, qui aura lieu le premier jour du congrès (12 mai) est gratuite pour les entreprises (mais les places sont limitées). Voir http://www.mcetech.org/workshops/networking.php

5) La série de congrès MCETECH (www.mcetech.org) est sans but lucratif, et s’appuie sur le travail de beaucoup de bénévoles pour maintenir des frais d’inscriptions bas (de l’ordre de 200 $/jour), allant des étudiantes et étudiants qui gèrent l’accueil et la logistique, aux divers présentateurs/conférenciers. Tout surplus budgétaire sert à payer des bourses aux étudiant(e)s impliqué(e)s.

6) une maudite bonne gang sympathique, où vous aurez la chance de nouer de nouveaux contacts, ou de retrouver d’anciens camarades de classe, ou des professeurs que vous avez peut-être eus à l’UQAM, l’UdeM, HEC, Polytechnique, Concordia, ETS, McGill, etc.

7) des forfaits d’inscription flexibles, permettant, entre autres, à deux personnes de la même organisation de se partager un passe à la conférence. voir http://www.mcetech.org/registration.php

Laisser vos commentaires

Formation médias sociaux : Ateliers Michelle Blanc au CÉGEP de Sherbrooke (partie 1)

Pin It

C’est avec grand plaisir que j’ai entrepris une série d’Ateliers à propos des médias sociaux et du Web au CÉGEP de Sherbrooke. Ces ateliers qui s’adressent aux commerçants sont déjà complets. Mais étant donné le vif succès de ces formations spécialisées, une série de supplémentaires de la série d’ateliers est déjà en discussion, de même qu’une autre série d’ateliers encore plus spécialisés.

Les sujets qui sont couverts dans la première série de formation sont :

Atelier du 25 mars 2015 – Les médias sociaux pour les affaires
Profil sociodémographique, mythes et types et usages des médias sociaux
• Survol des mythes tenaces associés aux médias sociaux
• Profil sociodémographique de divers médias sociaux
• Efficacité des médias sociaux en fonction des objectifs d’affaires
• Les médias sociaux c’est pour la vente, le marketing, les communications, le recrutement, les TI, pour l’organisation ou pour les clients?

Atelier du 22 avril 2015 – Rédiger pour les médias sociaux de façon stratégique
La rédaction Web, storyline et les diverses politiques éditoriales
• Comment écrire pour le Web
• L’importance des titres, des éléments du corps du texte et des balises meta
• L’infolettre
• Les diverses politiques : d’utilisation du web pour les employés, éditoriale, des commentaires
• Calendrier éditorial

Atelier du 13 mai 2015 – Médias sociaux et relations publiques
• Les risques communicationnels de divers médias sociaux
• Le communiqué de presse pour le web
• La gestion de crise médias sociaux
• Études de cas

Atelier du 10 juin 2015 – Les médias sociaux : la recette parfaite!
Les étapes d’une mise en place d’une présence médias sociaux :
• Phase 1 : Écoute et monitorage
• Phase 2 : Création de ses profils et de son image de marque
• Phase 3 : Création de contenus
• Phase 4 : Distribution des contenus et promotion de ceux-ci
• Phase 5 : Création d’une communauté
• Phase 6 : Mesurez, analysez et ajustez le tir

Vous pouvez suivre la page Ateliers avec Michelle Blanc de CEGEP Sherbrooke, pour connaître les dates des supplémentaires et les sujets des prochaines formations.

Comme c’est mon habitude, voici les présentations des deux premiers ateliers.



Je remercie chaleureusement le CÉGEP de Sherbrooke et ses partenaires pour la mise sur pied de cette série de formations et j’apprécie grandement l’accueil des gens d’affaires de Sherbrooke. D’ailleurs, à lire la critique de ma première journée de formation, je crois bien qu’eux aussi apprécient la formule :-)

Le premier atelier se déroulait sous le thème « Les médias sociaux pour les affaires » et a permis aux participants et participantes de vivre une incursion efficace dans cet univers qui représente un réel défi pour beaucoup d’entre eux. Les particularités des médias sociaux, les avantages du blogue, l’importance d’humaniser ses publications, la nécessité de mesurer ses actions de promotion, l’utilisation des images et des vidéos, le magasinage en ligne, sont au nombre des sujets que Mme Blanc a abordés, le tout truffé d’anecdotes sorties tout droit de sa riche expérience.

Les invités provenaient de différents secteurs, soit de la restauration, de la santé, des médias, de la recherche, de la vente et de la soudure, entre autres. Les commentaires reçus à la suite des ateliers étaient des plus positifs, témoignant de la pertinence de cette offre de formation.

1 commentaire

Agences de voyages et détaillants, même combat

Pin It

Lorsque j’ai entrepris ma M. Sc Commerce électronique au tournant de l’an 2000, le gros des dépenses en ligne des Québécois était pour les voyages. À l’époque, bien peu d’agences de voyages voyaient l’utilité d’être en ligne. Dans les années qui ont suivi, plusieurs ont tout simplement fermé les portes. Celles qui ont survécu, étaient en ligne ou encore se spécialisaient dans des forfaits compliqués et difficilement vendables en ligne. Par exemple pour les voyages d’aventure ou les forfaits très spécialisés.

15 ans plus tard, le plus récent fascicule du CEFRIO sur les tendances du commerce électronique nous apprend que les catégories « mode » et « électronique » sont les deux catégories les plus populaires pour les dépensent des Québécois en ligne. Ironie du sort (ou juste équilibre des choses) au même moment, les fermetures de détaillants traditionnels se succèdent à un rythme impressionnant. Et ce sont justement les détaillants mode et électroniques qui en prennent un coup. Dans un article du Journal de Montréal, on cite les raisons principales de ces fermetures :

La faiblesse du huard, les loyers élevés, le salaire minimum en hausse, la concurrence féroce et les problèmes à s’adapter au marché québécois ont eu raison de centaines de détaillants depuis six mois.

Mais je préfère de loin, l’explication de Jacques Nantel en bas de l’article :

Surtout que, dans l’électronique, les consommateurs savent souvent ce qu’ils veulent et préfèrent acheter sur le web dans le confort de leur foyer.
À cet égard, les ventes web de Future Shop étaient faibles comparativement à ses concurrents, expliquait récemment Jacques Nantel, professeur à HEC Montréal.
Et ça va aussi pour l’industrie du vêtement, où plus d’un achat sur 10 se fait en ligne au Québec.
Or, les investissements des boutiques de vêtements en ce sens sont deux fois moins importants que ceux des grands magasins, concluait une étude effectuée l’an dernier par le Conseil canadien du commerce de détail.

Pire encore, dans une récente étude comparative de l’efficacité de la présence web de plusieurs joueurs en ligne « mode » canadiens et québécois, pour un gros détaillant québécois (je ne peux vous la montrer étant donné la confidentialité de ce dossier), j’étais estomaquée de la pauvreté des présences web commerciales et de l’utilisation des médias sociaux qu’ils en faisaient. C’est comme s’ils avaient décidé d’être en ligne parce qu’ils faillaient y être, mais en utilisant des technologies médiocres et sans aucune stratégie web. Disons que ça m’a grandement attristée et que je suis malheureusement convaincue que plusieurs autres détaillants fermeront encore.

Par ailleurs, la semaine dernière j’ai dépensé 1200 $ d’achat de vêtements chez le détaillant en ligne britannique http://ca.longtallsally.com/. J’aurais vraiment mieux aimé dépenser mon argent pour une entreprise québécoise, voire canadienne, mais à ma connaissance, aucune encore ne s’est réveillée pour satisfaire aux besoins des femmes de grandes tailles comme moi. Comme quoi d’avoir une niche très précise a peut-être permis à certaines agences de voyages « brique » de survivre à l’arrivée du web, mais pour les détaillants, il est très possible que ce soit exactement le contraire…

1 commentaire

Monsieur Couillard, expliquez-moi la logique du plan Nord

Pin It

Cher monsieur Couillard. J’ai fait des cours d’économie, de politique et comme vous le savez, parce que l’automne dernier je vous ai gentiment secoué les oreilles (avec quelques mots d’églises) à propos du manque de vision numérique, j’ai aussi étudié en commerce électronique. Tout ça pour vous dire que dans cette période dite « d’austérité », j’entends qu’en grande pompe, vous relancez le Plan Nord? Expliquez-moi s’il vous plait? Parce que lorsque je regarde les chiffres, je ne comprends vraiment pas cette fixation à tirer notre argent par la fenêtre.

Bon tirer l’argent par la fenêtre est une figure de style. Je comprends que vous investissez dans notre avenir. Vous avez la vision de léguer « de grands travaux » et de « grandes retombées » pour les générations futures. C’est très louable et je vous félicite pour l’audace. Je comprends aussi que le Québec est très grand, que nous n’habitons qu’une infime partie de ce territoire et que nous aurions intérêt à « coloniser » le Nord. Cependant, je me trompe certainement, mais à ce qu’on en rapporte, votre plan ne parle pas de colonisation. Il parle plutôt d’exploitation des ressources naturelles du Grand Nord. Il parle de faire un Jean Charest de vous-même. Il ne parle pas d’avoir une vision originale de ce que sera le Québec, il parle de la suite, plus modeste, de la vision de votre prédécesseur.

Que disent les chiffres que je ne comprends pas?

Radio-Canada nous informe que :

Québec investira environ 2 milliards de dollars dans des projets d’infrastructure d’ici 2035. Hydro-Québec investira pour sa part quelque 19,5 milliards au cours de cette période. Le gouvernement espère ainsi convaincre le secteur privé d’investir environ 29,7 milliards, pour des investissements totaux d’un peu plus de 51 milliards de dollars.

Humm, c’est du bidou. Maintenant, si je regarde les chiffres de l’institut de la statistique du Québec(PDF), qui doivent sans doute être ceux que vous consultez aussi pour prendre vos décisions, on y apprend, dans sa plus récente mouture, que le secteur économique Extraction minière, exploitation
en carrière et extraction de pétrole et de gaz
, représente pour 2013 (en chiffre actualisé de 2007) des retombées de 3,5 milliards. Je comprends aussi qu’essentiellement, le plan nord servira à ce secteur économique. J’imagine aussi que si Hydro-Québec investit 20 milliards, c’est qu’ils s’attendent à avoir des retombées à tout le moins équivalente mais qui ne sont pas comptabilisées dans le fascicule des secteurs économiques du Québec (bon je ne m’obstinerai pas avec l’institut de la stat du Qc pour leur catégorisation). Mais j’apprends aussi, la journée avant votre annonce, que le flyé américain inventeur de la Tesla, Elon Musk, s’apprête à rendre public sa batterie pour maison qui permettra aux consommateurs de ne plus être dépendants des fournisseurs d’électricité et d’emmagasiner l’électricité nécessaire à leur maison via des panneaux solaires et cette batterie révolutionnaire. Incidemment, après un seul twitt de sa part, la valeur de ses actions a bondi de 1 milliard (je dis bien 1 milliard). Disons que pour un seul twitt, c’est du bidou. Mais bon, cet original est issu du monde des technologies de l’information, pas des mines. Ce n’est pas sérieux quoi. C’est de l’intangible. Les banques n’aiment pas ça. C’est d’ailleurs pourquoi (j’imagine) que vous venez de donner la batterie développer depuis des années par Hydro-Québec, aux Français? D’ailleurs, à terme, si les gens peuvent emmagasiner l’énergie dans ces super batteries à l’aide d’éoliennes personnelles ou de cellules photovoltaïques, est-ce toujours opportun de faire d’autres mégas barrages? D’ailleurs, est-ce que je me trompe ou ai-je lu que les minerais sont aussi à un bas historique?

Bon avec toutes ces questions, et si peu de réponses qui me semble logiques, vous comprenez sans doute mon manque de compréhension.

Le plan nerd

L’automne dernier, mon pote Sylvain Carle vous disait ce passage prophétique, que vous avez applaudie chaudement :

Pourquoi Twitter, sérieusement qui l’aurait cru, pourquoi cette compagnie vaut maintenant 32 Milliard?

Elle optimise au maximum toute les méthodes des hackers pour créer une immense valeur à partir de rien.

Ben pas de rien, à partir de cellules grises. C’est super renouvellable en plus comme matière.

C’est pour ça que je parle de “Plan Nerd” plutôt que de “Plan Nord”.

L’ère industrielle et des ressources naturelles, c’était le 20ème siècle. Ça ne va pas disparaitre.

Mais il s’ajoute toute une couche additionnelle de valeur, Michelle Blanc avait de bons chiffres hier.

On ne peut pas ne pas profiter de cette nouvelle richesse.

Je disais hier à la blague, l’économie ça ne m’inquète pas.

Je n’en reviens pas qu’on donne tant d’efforts pour réduite les dépenses par rapport à augmenter les revenus. L’un n’exclut pas l’autre, je le sais bien, mais me semble qu’on pourrait au moins mettre des efforts égaux.

La mine qui va nous sortir du trou (ok, mauvaise métaphore), la matière première de l’ère du savoir, de la société en réseau, elle n’est pas dans le sol, elle est dans la tête des Québécois.

Et pis là, on est tous en réseau. Il faut apprendre à travailler ensemble. À collaborer. Sinon, on va passer à côté.

Sinon on va manquer la bateau et devenir un pays du tiers monde numérique.
Je ne veux pas ça. Vous non plus. Pis le bateau, il a déjà commencé à quitter le quai.

15% du 21ième siècle est déjà passé.

Vous avez conclu ce fameu week-end, pour lequel j’étais bé-né-vo-le, par l’assurance que vous développeriez une stratégie numérique pour le Québec. Et là vous nous ressortez le plan nord des boules à mites? Je vous disais que les mines c’est 3,5 milliards du PiB du Québec. Industrie de l’information et industrie culturelle c’est 10,2 milliards. Services professionnels,scientifiques et techniques c’est 16 milliards. Les technologies de l’information touchent directement TOUS les secteurs d’activités économiques et TOUS les aspects de la société. Pourtant, pas encore de ministre, de ministère, de vision ou de stratégies. Le secteur des TIC est celui qui est le plus en croissance de TOUTES les activités économiques, quelles qu’elles soient. Pourtant, vous voulez investir 21 milliards, pour une activité économique qui en rapporte 3?

Je ne comprends pas. Je suis perdue. Éclairez-moi de votre sagesse parce qu’à la lecture des éléments que je viens de vous présenter, votre logique m’échappe…

Je vous rappellerai aussi que j’avais « sauté une coche » à propos de nos infrastructures numériques et cellulaires pitoyables. Je vous parlais de notre très haute vitesse qui tourne autour de 40 MBPS, mais qui est plutôt de 5MBPS dans les régions. Vous vous en souvenez? Je vous donnais l’exemple de Google Fiber ou de Chattanooga avec leur 1GBPS (c’est mille fois 1MBPS juste pour être certaine que vous suivez). J’étais « su’l cul ». Et là, COMCAST annonce qu’ils livreront désormais à leurs clients le 2GBPS!!!

Ça ne vous tenterait pas de nationaliser les infrastructures numériques et cellulaires et que ça devienne votre lège pour les futures générations? Ça ne vous tenterait pas de développer une vision du numérique pour tous les Québécois et de mettre une couple de milliards là-dedans? En supposant évidemment que vous fassiez en même temps le ménage dans les milliards qui sont déjà dépensés inutilement par le gouvernement avec les firmes de trois lettres qui sont suivies depuis des mois par les journalistes et l’UPAC avec l’élogieuse épithète de « bordel informatique »?

J’ose croire que mes réflexions porteront fruit et que prochainement, vous nous annoncerez votre vision numérique et que vous songerez à mettre à niveau nos infrastructures cellulaires et internet? L’économie du savoir, ça passe aussi sur des infrastructures :-)

Vous aimerez peut-être aussi:
De l’urgence d’un plan pour bénéficier positivement de l’économie numérique

L’internet en région ou comment handicaper l’essor économique

La corrélation entre l’électricité et le numérique pour le développement économique du Québec de demain

Internet, un impact économique plus important que l’agriculture ou l’énergie

Un plan numérique pour le Québec pour éviter de se faire fourrer par les TELCOs

Les gagnants et les perdants de l’économie numérique

Les étonnés et le rapport d’étonnement

Un plan « big data » pour le développement économique du Québec

L’argumentaire économique du numérique

8 commentaires

Tentative d’explication de la médiocrité de certains commentaires sur les médias sociaux

Pin It

Comme je le mentionnais dans mon dernier billet Sur les médias sociaux, le plaisir de la discussion s’effrite:

J’ai eu de belles révélations dans les commentaires de mon blogue. Parfois même, les arguments et opinions de mes lecteurs étaient encore plus pertinents que les miens et dans ces cas, je les publiais intégralement dans un nouveau billet, avec le crédit qui se doit.

Le hasard ou encore la justesse de ce propos a fait en sorte que dans les commentaires de ce billet, je trouvais l’un d’eux particulièrement lumineux. Il s’agit du commentaire de Laurent B-Roy. Le voici donc :

Merci pour ce billet. Effectivement…

Je crois que ce manque de civisme peut s’expliquer par plusieurs facteurs. On l’a dit les gens apprivoisent l’outil. Les « codes » de politesse n’ont pas encore été établis, surtout par ceux qui n’ont pas beaucoup d’expérience avec les outils en ligne. On n’est aussi pas très sélectif avec ceux qui sont nos « amis ». Facebook nous encourage à tous les mettre dans un même gros panier, et Twitter, c’est carrément le monde entier qui peut nous voir. Ça a plusieurs conséquences.

D’abord, les réseaux sociaux nous exposent à tous les types de personnalité. Problème, certaines personnes sont juste naturellement désagréables. Il suffit de regarder les gens qui viennent parler aux réceptionnistes dans une salle d’attente. Certains sont très bêtes. Dans la vie de tous les jours, on se contente de focuser sur les intérêts communs et de les ignorer pour le reste. Sur les réseaux sociaux, ces gens sont constamment dans notre bulle.

Cela crée aussi un « melting pot » parfois dangereux. Mon Facebook, notamment, contient des gens de plusieurs horizons, et leurs valeurs sont parfois très loin d’être alignées. Avec un commentaire le moindrement politisé, les auditeurs de CHOI se retrouvent côte à côte avec les lecteurs de Bio-Bulle, et la pagaille prend rapidement. Dans la vie de tous les jours, on a souvent différents visages pour différent groupe. On ne discute pas des mêmes choses dans un diner végétarien chez la tante granola qu’au bar avec un vieil ami d’enfance dans l’armée. Sur Twitter / Facebook, tout le monde dans le même panier.

Les réseaux sociaux exposent aussi le manque d’éducation de notre société. 50% d’analphabétisme, ça parait. On a des contacts qui n’ont parfois pas autant d’outils de débat et de rhétorique, un moindre bagage de connaissances scientifiques, et qui n’ont pas le réflexe d’analyser un problème avant d’émettre une opinion. Cela donne des discussions très émotives, avec des réponses venant du « guts » plutôt que la tête. Puisque c’est difficile pour certains de trouver un argumentaire pour répondre aux gens plus cartésiens, les discussions dégénèrent rapidement en insulte : c’est le seul outil qu’ont certaines personnes pour ne pas perdre la face…

Je crois que dans l’avenir des médias sociaux, il y aura le développement d’outil pour gérer le problème. Peut-être que plus tard, les médias sociaux auront un système de réputation, qui faciliteront le filtre des indésirables. Ou bien un système de point: les commentaires instructifs donnent donne des points à leur auteurs, et leurs commentaires sont par la suite systématiquement affiché avant ceux des moins agréables. Les incorrigibles eux sont carrément masqués par défaut. Impossible de prédire de quoi ça aura l’air, mais une chose est sûre : laisser une simple boîte de texte en bas d’un contenu, style YouTube, ça ne fonctionne pas.

La solution au manque de civisme sera le défi du reste de la décennie, je dirais!

Laisser vos commentaires

Sur les médias sociaux, le plaisir de la discussion s’effrite

Pin It

J’aime discuter, argumenter et m’obstiner. Ce sain plaisir intellectuel est malmené par les temps qui court. J’ai eu de beaux et bons arguments sur mon blogue il y a de ça maintenant bien des années. J’en ai eu de moins joyeux avec des journalistes de la vieille garde qui vomissaient allègrement à propos des blogueurs et des blogues, ces vils amateurs, qui représentaient tous les maux des changements que vivaient et que vivent encore les grands médias. « Les blogueurs ne faisaient que de l’opinion, pire encore, ils écrivaient au JE, indice irréfutable de leur narcissisme ». Pourtant ce sont ces mêmes médias qui regorgent maintenant ad nauseam «d’opinion et justement de blogue». Il semble aussi y avoir plus d’analyse dans les blogues (c’est une impression qui n’au aucune valeur scientifique)???

J’ai eu de belles révélations dans les commentaires de mon blogue. Parfois même, les arguments et opinions de mes lecteurs étaient encore plus pertinents que les miens et dans ces cas, je les publiais intégralement dans un nouveau billet, avec le crédit qui se doit. D’ailleurs, l’une des règles d’or de chaque blogueur qui se respecte (ou qui se respectait, je parle ici de la vieille école du blogue des années 2000) était justement de donner le crédit à qui de droit et de citer correctement ses sources. Tout le contraire de l’école journalistique qui se doit de protéger ses sources, même celles qui ne sont pas des sonneurs d’alarmes et qui sont plutôt des nouvelles ou opinions reprises d’autres grands médias ou encore de blogueurs…

Puis viennent les outils de micropublications (twitter en particulier) qui ne permettent pas vraiment l’échange et la discussion en 140 caractères. Puis cette évolution de MySpace qu’on appelle Facebook. Puis il y a eu la démocratisation de ces médias sociaux, qu’on appelait autrefois les e-communauté et qui étaient réservés à quelques geeks. Maintenant TOUT LE MONDE et sa grand-mère s’expriment. Je trouve ça réellement génial. J’aime même lire ces gens qui ne savent pas écrire. Je suis fière de leur audace à s’exprimer malgré leur handicap qu’ils se savent avoir. À force d’écrire et de lire sur les médias sociaux, ils amélioreront leur niveau de littératie et deviendront de meilleurs scribes.

Par contre, là où le bât blesse, est maintenant ce manque de savoir-vivre, ces foires d’empoigne, ces insultes, ces dénigrements systématiques et ces menaces de mort qui pleuvent pour un oui ou pour un non. Plus rien n’est gris. Tout est blanc ou noir. Tu es à gauche ou à droite. Plus de milieu. Je ne retrouve plus cette bonhommie à s’obstiner. Je vois plutôt ce désir de détruire l’autre, sans égard à ses idées qui ne font maintenant office que de mèche d’allumage.

À force de lire et de commenter, les illettrés amélioreront leur niveau de littératie. Mais je me demande comment arriverons-nous collectivement à réapprendre à nous obstiner civilement? Comment transmettrons-nous à nos enfants les valeurs démocratiques du débat et de l’engagement lorsqu’ils sont témoins à longueur de journée de dérapages sur les médias sociaux, dans les médias traditionnels et maintenant dans les rues avec ces manifestations qui n’en finissent plus de dégénérer?

Je n’ai pas de solution qui me vient au moment d’écrire ces lignes. J’ai par contre une grande inquiétude et une tristesse. En guise d’espoir, je m’efforce de partager le plus souvent possible, des moments de vie positifs qu’il m’arrive d’expérimenter avec mon petit-fils, avec ma chienne, lors d’un lever de soleil ou de la création de l’un de mes soupers du week-end. Je tente, autant que faire se peut, de présenter quelques fleurs dans ce bourbier trop souvent nauséabond…

8 commentaires

Le saviez-vous? Les médias sociaux ont plus de 20 ans

Pin It

Plusieurs personnes et certains médias semblent croire que c’est avec l’arrivée de Facebook que sont apparus les médias sociaux. Je leur concède que c’est effectivement grâce à Facebook que les médias sociaux ont pris leur envol planétaire et qu’ils se sont démocratisés. Par contre, ce que nous nommons les médias sociaux, ont maintenant 20 ans. Avant on appelait ça les e-communautés. C’était aussi le titre de l’un de mes billets de 2005, Les e-communautés pour répondre à des objectifs d’affaires dans lequel je citais l’exemple d’un babillard électronique de CISCO de 1993.

CISCO est l’un des précurseurs dans ce domaine. Déjà en 1993(*), dans un geste de transparence inusité, CISCO afficha sur le babillard électronique de son site, tous les défauts ( bugs ) connus de ses logiciels et pièces d’équipements. Les clients à leur tour alimentèrent cette liste de défauts, dans l’espoir que les ingénieurs de CISCO trouvent une solution. Étrangement, les clients commencèrent à se donner des solutions entre eux et l’entreprise économisa le salaire des 10000 ingénieurs qu’ils auraient dû embaucher, sans cette solution, pour répondre aux clients. D’ailleurs, de 1995 à 2000, les ventes de CISCO ont augmenté de 600% mais les effectifs de support client n’ont que doublé.

(*)Exemple tiré et traduit librement de : Slywotsky, Adrian J., et al., How digital is your business ?, éd. Crown Business, New York , 2000, ISBN 0-609-60770-7, p. 164-169

Voici d’ailleurs un intéressant tableau tiré d’un twitt du copain Audrey Nadeau

Histoire des médias sociaux

1 commentaire

Le ROI du marketing de contenu

Pin It

Dans mon récent billet Les médias sociaux ne sont pas pour toutes les entreprises je disais :

Le marketing de contenu et le marketing médias sociaux ce n’est pas facile. Il n’y a pas de magie. Il y a beaucoup de travail et de dédicacions. Mais ce n’est pas le seul marketing possible. Ce n’est pas LA recette miracle. Le cout d’être efficace en ligne n’est pas celui de monter ses présences web, mais plutôt celui de les faire vivre et de les garnir de contenus « pertinents ». Ce n’est clairement pas pour tous et plusieurs préfèreront la tranquillité d’esprit de payer à fort prix des créatifs et du placement publicitaire pour se donner la certitude « qu’on fait quelque chose ». Mais d’être sur les médias sociaux et de réussir sans effort c’est un mythe, une chimère que même moi qui suis une experte de ces médiums, ne pourrai réaliser pour vous. Je ne le peux même pas pour moi-même.

J’aurais pu résumer ça aussi en disant : Les médias sociaux offrent la possibilité aux entreprises de devenir leur propre média, mais pour ce faire, ils ont l’obligation de le devenir.

Mais est-ce payant le marketing de contenu?

Cette question est légitime et bien des entreprises se la posent. Il y a plusieurs manières d’analyser ça. La première dont je vous parlerai, qui est sans doute la plus éloquente, est l’approche de Costco et de son Costco contact. Dans mon billet Costco : Devenir son propre média j’illustrait simplement le coût publicitaire d’une page dans leur magazine. Chez média brokers on parle (au moment d’écrire ces lignes) de $140 000 par page. À chaque édition de la revue, on compte au moins une vingtaine de pages de pub. Faites le calcul et vous remarquerez que « ce média » génère de toute évidence de gros profits à chaque parution. Plus même que bien des magazines dont c’est la vocation. Vous y remarquerez aussi que Costco n’y parle que peu de son entreprise. C’est un média à part entière et c’est même un média qui faisait rager récemment « de gros médias » puisque notre premier ministre qui refuse de leur parler était en page frontispice du magazine Costco.

Pour toutes initiatives marketing, quelle qu’elle soit, nous devons toujours nous demander
— Est-ce que ça augmente les ventes?
-Est-ce que ça réduit les coûts?
-Est-ce que ça augmente la confiance du client et sa rétention?

Mais l’équation mathématique la plus évidente du ROI est (dans TheGuardian) :

(Revenue Generated – Cost of Content Marketing) / Cost of Content Marketing = ROI

So, if you make £100 in revenue from content marketing and the total cost of undertaking content marketing was £50, you will find the ‘return on investment’ to be ‘1’ (or 100%).

Comme démontré avec l’exemple de Costco, le marketing de contenu peut générer à lui seul des revenus. Par contre, il est clair que cet exemple ne s’applique pas à tous. Plusieurs bénéfices secondaires peuvent aussi s’y ajouter et accroître les retombées positives de telles initiatives marketing. Le tableau suivant du Contentmarketinginstitute, les font apparaître clairement.

mesurer le marketing de contenu

D’ailleurs, dans le récent rapport Quarterly Digital Intelligence Briefing Digital Trends 2015 de e-consultancy, à la lecture du prochain tableau, on se rend compte que le marketing de contenu est l’initiative marketing considérée comme la plus excitante, quoiqu’encore sous-estimé.

La facilité a toujours eu meilleure presse (sans jeu de mots de marketing de contenu :-) )

Pourquoi le marketing de contenu n’est pas populaire auprès des agences de pub?

Imaginons un budget publicitaire d’un million de dollars. L’agence qui récoltera le mandat fera de la création publicitaire et du placement média. Cette agence sur une période, disons de trois mois, pourra toucher grâce à son expertise et la compétitivité de son marché, entre $200 000 et $400 000 de ce million. Une fois l’argent dépensé, il restera dans l’imaginaire du consommateur une « perception de la marque » que l’on mesurera via des analyses de notoriété, d’appréciation et de considération de la marque. De toute évidence cette campagne devrait aussi répondre aux autres critères de ROI déjà présentés pour toutes initiatives marketing. Cependant, une fois le message payé et diffusé, il ne restera plus rien de celui-ci.

À contrario, avec le marketing de contenu, une fois que le même million sera dépensé, il restera une certaine « visibilité » des contenus sur le web et les moteurs de recherches. Mais ce même million de dollars sera dépensé complètement différemment. L’entreprise ou son sous-traitant devra engager plusieurs rédacteurs, les former, monitorer les interactions et mesurer l’impact. Les marges (pour l’agence de publicité) ne seront vraiment plus les mêmes et ce même montant serait dépensé sur une très longue période de temps. De surcroit, avec ce genre d’initiative l’entreprise entre directement en contact avec le client, ce qui n’est pas nécessairement le cas avec la publicité. Ce n’est donc vraiment pas un scénario « payant » pour les agences de pub traditionnelles. Ça demande aussi, du côté client, un suivi et un effort qui est beaucoup plus lourd à gérer. En somme, c’est difficile. Par contre, les retombées sont autrement plus pérennes.

Chez mes clients
300 % de croissance du trafic web c’est possible, le cas Tourisme Mauricie

Conférence Les médias sociaux et le web pour l’exportation, le cas DessinsDrummond

À propos des médias sociaux et des petits

De l’importance du SEO et d’une structure d’URL efficace pour des sites de commerce en ligne (cas SpiceTrekkers qui depuis la rédaction de ce billet, est courtisé par Harrods de Londre :-) )

Chez Forbes
5 Big Brands Confirm That Content Marketing Is The Key To Your Consumer

Chez Exacttarget
The 30 Most Genius Content Marketing Examples of 2014 (So Far)

Chez Katpost
The top 50 content marketers
Cold, hard content marketing stats

 

Laisser vos commentaires

Contribuer monétairement à un parti politique ou à un candidat, un geste médiatique???

Pin It

Pour la deuxième fois de ma vie, j’ai contribué dernièrement à la caisse électorale d’un candidat. Il s’agit de Pierre-Karl Péladeau. La dernière fois que je l’avais fait, c’était pour le libéral Henri-François Gautrin, il y a une douzaine d’années. Dans les deux cas, j’aimais l’homme d’abord. J’aimais leur fougue. J’aimais la possibilité qu’ils offraient d’éventuellement changer les choses. Cela ne signifie pas que nécessairement je voterais pour eux (ils ne sont pas dans ma circonscription), ou leur parti. À chaque élection, je fais l’analyse du candidat qui est présenté dans ma circonscription, du parti qu’il représente et du chef de ce parti. De plus, de contribuer monétairement une fois au dix ans est un geste démocratique qui de surcroit est déductible d’impôt. Dans les deux cas, je n’ai jamais eu aucun avantage financier de ce geste, si ce n’est que messieurs Gautrin et Péladeau sont des personnes que je connais personnellement et que j’apprécie, qui me reconnaissent et me disent bonjour et que surtout, qu’ils m’ont demandé de l’aide.

J’aurais pu aussi donner à la caisse de Marguerite Blais, de Maka kotto, de Stéphanie Vallée, de Bernard Drainville, de Pascal Bérubé, d’Alexandre Cloutier (qui m’a remerciée publiquement de mes travaux sur le plan numérique pour le Québec), de Manon Massé, de Christine St-Pierre et de bien d’autres politiciens que j’apprécie grandement, sauf qu’ils ne me l’ont jamais demandé.

Intimidation journalistique

Or, de faire ce geste politique devient maintenant un geste public. Un geste médiatique. Un geste qui vous peinture dans le coin. Notre vote est secret, mais notre don, qu’il ne soit qu’un petit $200 ou $500, devient maintenant un geste médiatique et médiatisé. AYOYE!

Il y a deux semaines j’étais estomaquée d’avoir mon nom lancé à heure de grande écoute radiophonique prononcé comme donatrice de PKP aux émissions de Paul Arcand et de Paul Houde au FM98,5 par Jean Lapierre.

Cette semaine, un journaliste de La Presse me téléphone pour connaitre les « motivations » derrière mon don à PKP. Hier j’étais avec un client et au moment d’entrer dans mon bureau, il était en ligne avec ce même journaliste qui voulait savoir les motivations de son patron pour ce même don de $500. Il cherchait à corréler ce don avec l’entreprise qu’il dirige. Méchant casse-tête. On s’entend que ce dirigeant d’entreprise, tout comme moi, a des amis de tous les côtés de l’Assemblée nationale. Il discute avec tous et il contribue financièrement (quoi qu’on s’entend que ce n’est pas des milliers de dollars) à ceux qui osent lui demander. Sauf que maintenant, il appert qu’on veuille peinturer dans le coin les donateurs et qu’on tente de leur extirper une intention politique, qui se devrait d’être évidente? Je trouve que c’est une pente glissante et dangereuse pour la démocratie et que ça n’aidera certainement plus les partis et les candidats à trouver d’autres donateurs en affaire qui désormais, craindront d’apparaitre comme des « mettez l’étiquette politique de votre choix » sans leur consentement.

C’est un triste constat…

6 commentaires