La culture du mépris

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Cette semaine, la très talentueuse Safia Nolin a été la cible du mépris outrancier que lui ont témoigné plusieurs personnes sur les médias sociaux. Cela faisait suite à son passage au Gala de l’ADISQ alors qu’elle allait y chercher son trophée de révélation de l’année. Le « petit Jérémy » a lui aussi connu son heure d’humiliation publique sur les médias sociaux. En fait, de très nombreuses personnes connues, ou moins connues, se font régulièrement vomir dessus par la plèbe qui s’exprime avec l’excuse de « c’est ma liberté d’expression ».

On parle de plus en plus de culture du viol. On devrait sans doute aussi parler de « culture du mépris ». Nos humoristes qui ont été très rapide à défendre la liberté d’expression du droit au mépris d’un certain Mike Ward, sont pourtant absent pour défendre un Raïf Badawi qui croupit en prison pour une réelle liberté d’expression.

Jadis, à l’époque de mon adolescence, des beaux dimanches, du magazine Perspective et des Yvon Deschamps, Sol et autres Cyniques, ont pouvait aller très loin dans la critique sociale sans tomber dans les vacheries de bas étage. La liberté d’expression existait pourtant.

Je suis moi-même d’une culture particulièrement critique, voire scabreuse (il suffit de lire ce que je considère mon chef d’œuvre Pour toi Serge c’est avec fierté que je te chie un poème pour s’en rendre compte), mais il me semble que rarement (sauf peut-être pour le cas de Nathalie Petrowski qui m’avait méprisé elle-même dans LaPresse) j’ai eu ce besoin vital de vomir publiquement sur quelqu’un. À l’importante masse de contenu que je partage en ligne depuis des années, vous trouverez sans doute matière à me contredire. N’empêche que depuis que j’ai moi-même été victime de mépris ouvert et de douloureuses et répétitives calomnies, je suis particulièrement sensible à ce que peut ressentir quelqu’un qui se voit lyncher (à tort ou à raison) sur la place publique.

Comprenez bien que je suis une grande défenderesse de la liberté d’expression et de la critique, mais j’ai de plus en plus de difficulté avec cet avilissement de l’autre qu’on claironne dans les médias et les médias sociaux au nom de cette sacro-sainte liberté d’expression. Je trouve qu’il serait judicieux qu’à l’instar d’un Raîf Badawi, on s’en serve pour élever l’esprit des hommes, plutôt que pour le piétiner pour du cash, une gloire médiasociétale éphémère, pour du clic ou plus simplement comme exutoire de nos propres cacas intérieur…

MAJ
Il y a aussi le traditionnel : « si tu ne vaux pas une risée tu ne vaux pas grand-chose »

Mais disons que des centaines de milliers de risées, ça fait une maudite grande-chose…

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Conférencière : Comprendre comment utiliser le web et les médias sociaux à son avantage et celui de son entreprise

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C’est vendredi le 21 octobre que je serai à Edmonton pour l’évènement Le rendez-vous d’affaires du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) (commandité par Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDEE)) pour présenter ma conférence Comprendre comment utiliser le web et les médias sociaux à son avantage et celui de son entreprise. Comme c’est mon habitude, vous trouverez plus bas le PPT de ma présentation. Par ailleurs, les 20 premières minutes de ma présentation seront diffusées en ligne à 19 h (heure de l’Alberta) sur la page Facebook de Radio-Canada Ici-Alberta.


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Certains des problèmes structuraux du commerce électronique au Canada

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De toute évidence, le plus gros problème des entreprises Canadiennes et québécoises face aux défis du commerce électronique, est leurs propres inhabilités ou pires, leur absence à acquérir une saine présence en ligne. Cela va de soi. Mais au-delà de cette présence qui est déjà déficiente, plusieurs autres problèmes structuraux nuisent à nos entreprises.

Tout d’abord, la question de l’iniquité des taxes (en ligne vs hors-ligne) est un facteur déterminant dans le déclin des ventes en magasin et en ligne au Canada. C’était d’ailleurs un argument présenté la semaine dernière par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), tel qu’expliqué chez Radio-Canada.

« Le problème fondamental, c’est que nous assistons à une situation inéquitable au vu et au su de nos décideurs politiques », a résumé le président-directeur général du CQCD, Léopold Turgeon, lors d’un point de presse tenu mardi matin, à Québec.
« Le CQCD dénonce cet état de fait depuis au moins trois ans et rien ne bouge », déplore-t-il, en soulignant qu’il en va pourtant « de la survie même de plusieurs détaillants et, par extension, de celle de nos artères commerciales et de nos centres commerciaux, partout au Québec. »
« Nos détaillants ici paient des taxes, des salaires, des loyers, alors que toutes les entreprises étrangères qui nous envoient leurs produits, leurs services, ici, au Québec et au Canada, ne contribuent en rien à l’économie du Québec », résume M. Turgeon dans sa capsule diffusée en ligne.

Puis il y a la question des coûts de transport avec Poste Canada. J’en parlais récemment dans mon billet : Comment Poste Canada nuit au Commerce en ligne canadien.

Faire livrer un produit acheter en ligne au Canada chez une entreprise canadienne peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que si le même produit est livré par une entreprise chinoise, depuis la Chine.
C’est le triste constat que fait l’entrepreneur Claude Denis, PDG d’Électro-5 dans une lettre qu’il a adressée à Françoise Bertrand, Présidente du Groupe de travail sur l’examen de Postes Canada.

Il y a certainement aussi la fracture numérique qui existe entre les services internet disponibles dans les grands centres et ceux disponibles en régions. Ainsi, un commerce de détail qui se trouve dans l’une de ces régions aura toutes les difficultés du monde à téléverser les images de son produit sur son propre site internet. Si cette entreprise doit téléverser des vidéos ou un inventaire très volumineux, on parle alors d’une tâche quasi impossible. Cette fracture numérique grand-centre/région est un thème abordé dans ce blogue depuis des années déjà.

Finalement, il y a aussi le problème criant de la disparité des prix et des taxes, des deux côtés de la frontière canado-américaine, pour un produit strictement identique. C’était le propos d’un article du National Post hier Why Canadian Club is cheaper in America: A product-by-product look at the U.S.-Canada price gap.

BFGoodrich Advantage T/A (size 195/65R15)
U.S. (TireRack): $94.75 ($71.25 USD)
Canada (Canadian Tire): $120.99
Price gap: 27.6% more expensive

Canadian Club Whiskey (1.75 L)
U.S. (BevMo!): $25.25 ($18.99 USD)
Canada (LCBO): $59.00
Price gap: Canadian price is 233% of U.S. price (133% higher)

Mini stripe crewneck sweater
U.S. (The Gap): $79.73 ($59.95 USD)
Canada (The Gap): $64.95
Price gap: 18.6% cheaper

Barney’s Version
U.S. (Barnes and Noble): $15.27 ($11.48 USD)
Canada (Chapters Indigo): $19.98
Price gap: 31% more expensive

The Canadian Customs Tariff Schedule is a 1,600-page document detailing virtually every product known to humanity, and outlining whether or not it’s slapped with a surcharge at the Canadian border. Near-identical products can have wildly different tariffs, and the tariff also depends heavily on where the product is from. Footwear is a particularly byzantine section of the schedule. Soccer cleats are hit with a 17.5 per cent tariff, while Australian cleats are only 13 per cent. A women’s running shoe can be hit with a border tariff of as much as 18 per cent, while luxury women’s shoes with an “at cost” rate of more than $30 only get an 11 per cent tariff. For reasons that may be forever lost to history, the highest shoe tariff of all (20 per cent) is for “riding boots.” Nobody ever lost an election by levying higher taxes on people who own ponies. 

C’est intéressant de s’attaquer aux défaillances de présence en ligne de nos entreprises, mais il ne faudrait certainement pas oublier les autres facteurs qui aggravent de manière généralisée, la compétitivité de nos entreprises qui y sont déjà, face à cette concurrence qui est de plus en plus mondiale…

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Conférence : Comment les milléniaux modifient le commerce en ligne, une présentation de SAS Canada

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C’est grâce à l’appui financier de SAS Canada, que j’aurais le plaisir de présenter la conférence Comment les milléniaux modifient le commerce en ligne au Palais des Congrès de Montréal, dans le cadre de l’événement « eCommerce-Québec 2016 » du Conseil Québécois du Commerce de Détail (CQCD).

Depuis des années, SAS Canada est l’un de mes très bons clients. Ils ont la sagesse de m’engager pour faire du transfert de connaissance aux évènements qu’ils produisent ou auxquels ils sont associés, plutôt que de faire le « traditionnel pitch de vente déguisé en conférence » que trop d’organisations mettent de l’avant. C’est aussi ce que l’on nomme judicieusement, du marketing de contenu.

Comme je le fais souvent, lorsque cela est possible, voici donc le PowerPoint de la présentation que je ferai. Bonne lecture :-)


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Comment la fibre optique nous rendrait collectivement plus riches

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Le site du gouvernement du Québec nous informe que le PIB du Québec est de $363 milliards. Or selon différentes études de l’impact de la très large bande sur les économies nationales et tel que je l’ai présenté dans mon billet Pourquoi la Caisse de dépôt et placement ne s’intéresse-t-elle pas à la fibre optique ?, à chaque augmentation de pénétration de la très large bande de 10 % d’un territoire, le PIB de ce même territoire augmente de 0.25 % à 1.38 %.

most studies conclude that broadband penetration has an impact on GDP growth. However, one observes that such a contribution appears to vary widely, from 0.25 to 1.38 per cent for every increase in 10 per cent of penetration

Si nous supposons que le Québec décide de couvrir de fibre optique notre territoire et qu’elle arrive à le couvrir à 90 %, nous avons donc une pénétration de 90 % du territoire (nous sommes actuellement à plus ou moins 2 % de la pénétration de la fibre optique au Canada), on parlerait donc d’une croissance de notre PIB variant de 9 X 0.25 % à 9 X 1.38%.

Question de mettre ces chiffres en perspective, avec le scénario le plus pessimiste, notre PIB aurait une croissance de $742 millions et avec le plus optimiste, de $4.09 milliards. Je rappelle ici que pour couvrir 100 % du territoire, j’ai déjà démontré qu’il en coûterait $2,9 milliards. Donc avec l’hypothèse la plus pessimiste (des différentes études colligées par le Forum Économique Mondial et l’International Telecommunication Union,) la croissance du PIB couvrirait le tiers des coûts de la fibre optique et selon le scénario optimiste, elle en paierait la totalité en générant un beau milliard additionnel. Il faut aussi considérer qu’au-delà de l’augmentation du PIB, ce service se payerait lui-même (s’il était développé par nos gouvernements) puisque les usagers n’en profiteraient pas gratuitement. Ils paieraient pour ces services.

Par ailleurs, je lisais ce matin dans les actualités que:

Hydro-Québec pourrait investir jusqu’à 20 milliards $ pour prendre de l’expansion à l’étranger au cours des prochaines années.

Il serait peut-être pertinent qu’Hydro-Québec prenne de l’expansion chez nous plutôt qu’ailleurs! Par la mise en chantier de la fibre optique sur tout le territoire par exemple…

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Pourquoi la Caisse de dépôt et placement ne s’intéresse-t-elle pas à la fibre optique ?

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Michel Surprenant, le Maire de Chertsey, avait fait des études préliminaires pour couvrir de fibre optique notre localité. Pour les 300 km² de notre ville, il en couterait $8millions.

Si nous extrapolons ce calcul à la province, en considérant que celle-ci compte 110 000 km² de territoire habité (selon Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN)) avec une simple règle de trois, on obtient un beau $2,9 milliards pour couvrir le Québec habité en entier.

Or, au moment d’écrire ces lignes, la CDP est prête à investir $5,5 milliards pour son réseau électrique métropolitain. Dans le site web dédié à cette initiative, elle présente que pour un investissement de $5,5 milliards, il y aura des retombés de $3 milliards, sur une période de 4 ans.

Les retombées potentielles de ce réseau représentent plus de 3 milliards de dollars sur quatre ans pour le PIB québécois. En ce qui concerne les développements immobiliers le long du tracé, près de 5 milliards de dollars en investissements privés sont actuellement anticipés. Près de 7 500 emplois directs et indirects seront également générés durant chacune des quatre années de construction de ce nouveau réseau. Plus de 1 000 emplois permanents seront générés à la suite de sa mise en service.

L’économiste Hal Singer (financé par Bell Canada) dans son document Economic Impact of FTTH Deployment in Toronto, présente que pour un investissement de $1 milliard dans la fibre optique à Toronto, il prévoit la création de 19 000 emplois et des retombés de $3 milliards pour ce même PIB, mais sur une période de 2 ans.

impact économique de la Fibre optique à Toronto

Pourtant, j’imagine que la CDP est au fait des publications du Forum Économique Mondial, de même que de l’International Telecommunication union (ITU)? Or, selon le Forum Économique Mondial

Based on a significant body of research1 on the economic impact of broadband, it is generally accepted that broadband has a beneficial impact on economic growth. Moreover, some research suggests that broadband speed matters. The impact of broadband includes (1) direct effects through large-scale infrastructure investments that lead to increased economic activity in the investment area (e.g. immediate increase in employment and purchase of raw material), (2) indirect- or long-term effects that spur innovation and productivity through e.g. improved broadband speeds, and (3) induced effects such as spill-over into other economic sectors by enabling access to entertainment, education, healthcare, banking services, e-commerce and other. The benefits of faster broadband include economic effects such as increased innovation and productivity, social effects such as better access to services and improved healthcare and environmental effects such as more efficient energy consumption.

et

Studies of the impact of broadband on the economy have generated a number of elasticity estimates for a 10% increase in broadband penetration. These estimates refer to different geographic regions and country clusters. The range proposed by these studies for the impact on GDP of a 10% increase in broadband penetration is 0.25%- 1.38%. For broadband speed, it has been found that a doubling of broadband speeds for an economy can add 0.3% to GDP growth.6 These different elasticities are set out in Table 1 below. It should be noted that results indicate that the impact on GDP from an increase in penetration and also speed is higher for lower-income countries, as compared with higher income countries. However, results also show that a critical mass of penetration is needed to achieve these positive effects.

Quant à elle, l’ITU présente que

The study of the impact of broadband on economic growth covers numerous aspects, ranging from its aggregate impact on GDP growth, to the differential impact of broadband by industrial sector, the increase of exports, and changes in intermediate demand and import substitution. While the research on the contribution of broadband to GDP growth has confirmed its positive impact, it has also yielded results that vary widely. Constrained by data availability, the analyses have primarily focused on OECD countries (generally Western Europe and North America) and states in the United States (see Table 1).

Tableau des études d'impact de la fibre optique sur le PIB

As the data in Table 1 indicates, most studies conclude that broadband penetration has an impact on GDP growth. However, one observes that such a contribution appears to vary widely, from 0.25 to 1.38 per cent for every increase in 10 per cent of penetration

Quoi qu’il en soit, il m’apparaît évident que les retombées économiques trébuchantes de la mise en place de la fibre optique à la grandeur du Québec risquent clairement d’être plus rentables que dispendieuses. Et cela autant au bénéfice de la Caisse de dépôt et placement du Québec, ou du gouvernement lui-même, que pour la santé de notre produit intérieur brut.

D’ailleurs, si on investissait dans la fibre optique, nous n’aurions probablement plus besoin de ce réseau électrique métropolitain et les bénéfices de ces investissements rejailliraient sur le Québec tout entier plutôt que strictement à la région métropolitaine de Montréal…

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Coworking 6Cent1, merci de l’accueil et de l’atmosphère productive

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lobby du 6cent1

Depuis maintenant 11 ans, je travaillais seule dans mon bureau à rencontrer des clients ou à faire avancer les dossiers qu’ils me confient. Mais depuis le début de l’été, j’ai emménagé au coworking 6cent1, à Outremont. Je travaille toujours de mon bureau dans l’bois à Chertsey (et j’y fais aussi des rencontres clients, entre autres sur mon ponton), mais j’ai maintenant accès aux salles de conférences du 6cent1, pour rencontrer mes clients qui préfèrent Montréal.

De toute évidence, ça fait du bien de changer d’air de temps à autre et de socialiser avec d’autres entrepreneurs. En outre, ça me permet aussi d’avoir un point de départ de Montréal, pour rencontrer les clients qui préfèrent me recevoir dans leurs installations.

Tout ça pour vous dire que ce changement est des plus bénéfique pour mon entreprise et que je vous recommande fortement les espaces coworking en général et le 6cent1 en particulier. C’est d’ailleurs l’un des tout premiers coworking de Montréal.

salle de conférence du 6cent1

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Pourquoi devrions-nous investir massivement dans les infrastructures numériques

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(Dévoilement j’ai travaillé autant pour le PQ que le PLQ à titre de consultante pour les questions numériques)

 

Enfin, il est de plus en plus question des infrastructures numériques au Québec et au Canada. Il était temps. La ministre Anglade entamera une consultation populaire à ce sujet dans les prochains jours, tandis que la candidate à la chefferie du PQ, Martine Ouellet, si elle devenait première ministre, donnerait deux ans aux TELCO pour fournir 1GBPS aux Québécois, sans quoi elle nationaliserait leurs services.

 

Mais POURQUOI faut-il s’intéresser à cette question de large bande ?

 

Pour le commun des mortels, la consultation publique qui s’amorce au Québec n’est sans doute que de peu d’intérêt. Qu’est-ce que ça mange en hiver la large bande et quel impact ça peut bien avoir dans nos vies ?

 

La large bande est (pour faire simple) des liens internet très haute vitesse. Ça va potentiellement si rapidement que vous n’aurez pas besoin, à court terme, de toute cette puissance de vos branchements internet. Pour vous expliquer, le Canada se targe d’avoir de la haute vitesse à 5MBPS (pour méga bit par seconde) alors que la ministre Anglade propose de fournir 30 MBPS pour tous les foyers québécois et que la candidate à la chefferie du PQ réclame quant à elle 1000 MBPS qu’on traduit aussi par 1GBPS.

 

Le Québec peut faire quelque chose pour les infrastructures filaires, mais n’a que très peu de possibilités d’intervention pour les infrastructures mobiles, ce champ d’activité étant strictement sous contrôle du fédéral et du CRTC. Mais pour le filaire, il semble que l’on puisse agir (à ce que je sache). Aussi, les deux paliers de gouvernements se gargarisent depuis bientôt 10 ans du mot-valise « innovation ». Or, les innovations circulent sur des réseaux qui sont justement des infrastructures numériques. Les nôtres sont désuètes et nous coutent la peau des fesses (comme consommateurs).

 

Les bénéfices de la très large bande

 

La très large bande circule le plus efficacement sur la fibre optique. C’est ce que nous appelons « Fiber to the home » ou FTTH (la fibre jusqu’à la maison et c’est loin d’être la « Fibe » que Bell Canada a si judicieusement utilisé comme termes pour désigner l’un de ses services).

 

Parlant d’innovation, les récents déboires d’Uber au Québec, ne sont que l’un des nombreux changements qui nous attendent et qui sont issus de cette nouvelle révolution industrielle, qu’est l’économie numérique. L’un des pays les plus visionnaires à ce chapitre est la Norvège. Très tôt, dès 2004 en fait, ils ont identifié que la FTTH était la bouée de secours indispensable pour se positionner dans cette nouvelle économie et y ont investi massivement. D’ailleurs, l’internet le plus rapide de la planète se trouve dans un « shack » isolé de la mer du Nord, sur l’île de Bjørndalen, à plusieurs centaines de kilomètres de la Norvège.

L'internet le plus rapide du monde
(source: http://www.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303325204579467542262163298)

Le tableau suivant, illustre de façon éloquente, plusieurs des bénéfices qui y sont associés. Pour ne prendre que quelques exemples, imaginez un réseau fibre optique à la grandeur du Québec si efficace, jumelée à des incitatifs fiscaux favorisant le travail à domicile, pourraient réduire très substantiellement le trafic, les congestions routières, l’énergie pour chauffer les grandes tours à bureau, le pied carré commercial nécessaire, la pollution, le besoin d’un nouveau train électrique à Montréal et favoriser la croissance des régions. Imaginez aussi que présentement vous pouvez faire votre bac en ligne à Virginia Tech. Il serait sans doute intéressant par exemple que l’UQAC se questionne à savoir comment elle va faire compétition avec ça dans les années à venir.

 

Bénéfice socio-économique de la FTTH
(Source: http://www.epliitto.fi/images/09_Tobias%20Ahl_FTTH%20Council.pdf)

 

On investit massivement dans de super hôpitaux alors que présentement, plusieurs radiologistes américains travaillent de chez eux, avec de la large bande. Il en sera ainsi de plusieurs spécialistes médicaux et les consultations médicales virtuelles iront en s’accélérant.

 

Nos campagnes se vident parce que les jeunes s’y sentent coupés du monde et qu’ils vont chercher du travail en ville. La très haute vitesse permet de garder et de créer des emplois en région et de dynamiser les économies à la grandeur du territoire. Un travailleur de l’économie numérique n’a pas besoin d’être en plein centre-ville. S’il a de la très haute vitesse, il peut très bien travailler de n’importe où sur la planète.

 

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons certainement pas besoin d’avoir 1GBPS par résidence au Québec. Mais d’ici 5 ans, le temps de mettre sur pied un réseau digne de ce nom, ça pourrait changer drastiquement. Les emplois les plus payants de cette économie qui bouleverse déjà tout transiteront par ses réseaux. Il y a présentement une course à l’installation du FTTH et nous sommes en queue de peloton. Voilà quelques-unes des très nombreuses raisons pourquoi, ça devrait vous faire réagir, pour vous, mais aussi pour vos enfants et pour votre propre sécurité financière pour les années à venir.

 

Maintenant comment devrions-nous financer de telles infrastructures ? En nationalisant, en faisant des PPP, en subventionnant les TELCOs ou en favorisant la création de coops municipales ? Là est toute la question qui sera débattue dans les prochains mois. Je vous suggère donc fortement de vous impliquer dans ce débat parce qu’il fera la différence entre une position de superpuissance ou de tiers-monde numérique…

Question de vous prouver que je n’exagère pas lorsque je dis que nous sommes au tier-monde numérique et que contrairement à plusieurs informations dont celles de l’IEDM qui disait n’importe quoi dernièrement à propos de nos services de télécom (à moins que ce ne soit de l’infopub commandée par les TELCOs), voici un tableau de la pénétration de la FTTH dans le monde.(Tiré de Five common FTTH myths debunked) Et le Canada est à la troisième avant-dernière ligne :-(

tableau de la pénétration de la FTTH dans le monde

 

 

En prime, cette succulente vidéo :-)

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Ce que j’ai appris de Charlotte ma chienne

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Petit-fils et sa meilleure amie, Charlotte

Il s’avère que nous sommes aujourd’hui La journée  mondiale du chien :-)

J’ai maintenant ma compagne Charlotte (une golden doodle) depuis 5 ans. En allant chez le vétérinaire avec elle il y a deux semaines, j’ai appris qu’elle est maintenant à l’âge vénérable de 42 ans (en âge humain). Il y a longtemps que je voulais écrire ce billet et c’est en discutant avec l’une de mes récentes clientes que l’idée de finalement passer à l’acte, m’est venue. Je lui expliquais que pour un blogue d’affaires, il fallait quelquefois sortir de sa ligne éditoriale pour parler d’autres choses afin de se montrer tel que l’on est et d’ainsi, s’humaniser davantage. Voici donc pour la mise en contexte…

Je ne suis plus très religieuse en raison des différents assauts que les diverses religions font régulièrement à l’encontre des gens comme moi, mais je suis profondément spirituelle. Ma spiritualité trouve son écho dans l’admiration de l’exceptionnelle nature qui m’entoure à Chertsey, mais aussi dans l’observation de ma chienne Charlotte. J’y puise de très nombreux enseignements. À l’instar de St-François d’Assise, j’ai le plus grand respect des animaux et de la nature qui m’entoure (et c’est toujours avec regret et tristesse que je me débarrasse des mulots qui visitent ma demeure. Lorsque je serai chez moi plus régulièrement, j’aurai un chat pour que la sélection naturelle se fasse).

Oiseaux mes frères, vous devez beaucoup louer et aimer votre créateur. Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler… Il a fait de vous ses plus nobles créatures.
Du sermon aux oiseaux de Bevagna

Saint François d’Assise
Références de Saint François d’Assise


Charlotte aime tout le monde

Indifféremment de la couleur de votre peau, de votre poids, grandeur, croyance, orientation politique ou sexuelle, handicap ou autre, elle est toujours prête à se coller sur vous et à recevoir des caresses. Elle ne discrimine absolument personne. Elle est vraiment d’une nature ouverte et sans jugement. Il est extrêmement rare que je l’ai vu grogner ou reculer devant quelqu’un. C’est arrivé quelques rares fois comme par exemple, dans un parc en avant de mon ancienne résidence, alors qu’elle croisait des jeunes qui fumaient du crac. Son instinct de protection était là pour me protéger. Il n’était vraiment pas là pour juger. Elle mets en pratique l’un des versets les plus significatif et universel de la Bible «Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a de commandement plus grand que ceux-là.», Marc 12:31.

Elle aime inconditionnellement

Une fois qu’elle vous a adopté, elle vous aimera inconditionnellement. Son amour est débordant, constant et enjoué. Il lui arrive même de pleurer lorsque quelqu’un qu’elle aime, est sur son départ. Aussi, c’est souvent très touchant de la retrouver après quelques jours à la garderie ou à mon retour du dépanneur. C’est comme si elle ne m’avait pas vue depuis des années. Son bonheur de me revoir est infaillible et me touche souvent profondément.

Elle est toujours prête pour de nouvelles aventures

Il suffit de dire « est-ce que? » (on va prendre une marche, on va dans l’auto, on va voir le vétérinaire ou autre), qu’elle n’a aucune hésitation et est prête à quoi que ce soit qui pourrait arriver.

Elle est patiente

Elle peut rester des heures, immobile, à guetter les écureuils et les canards qui nous entourent. Elle rêve d’en attraper un jour mais entretemps, elle ne se décourage jamais d’y arriver. Aussi, elle est d’une incroyable patience avec petit-fils qui lui tire la queue, l’habille avec des couvertures ou fonce sur elle avec son tricycle. Elle ne perd jamais patience. Si elle est vraiment à bout, elle va se cacher loin de lui pour se reposer un peu. Elle est aussi très délicate. Lorsque je mange, elle vient délicatement toucher mon coude de sa truffe et s’assoie sagement derrière moi. Elle veut me faire savoir qu’elle est là, discrètement, et attend patiemment que peut-être, un petit morceau de quelque chose de mon assiette lui soit tendu. Si rien ne lui est tendu, Elle m’aimera tout de même sans arrière-pensée et souvent, elle viendra se coucher sur ou à mes pieds.

Elle sait dormir

Rien n’est plus important que de dormir ou de faire un petit roupillon au besoin.

Elle s’étire chaque jour

La première chose qu’elle fait en se levant le matin est de s’étirer. Elle recommencera plusieurs fois par jour. Chose que nous devrions certainement tous faire :-)


Elle n’est pas gourmande

Son bol est toujours plein. Elle ne mange qu’à sa faim. Bien certainement qu’elle ferait des flips par en arrière pour une croute de pizza ou un bonbon de chien au bacon. Mais ce n’est pas réellement de la gourmandise.

Elle adore jouer et faire plaisir

Rien ne fait plus plaisir à Charlotte que de jouer. Que ce soit avec moi, quelqu’un d’autre ou d’autres chiens, elle est toujours prête à sauter, se chamailler ou courir. Son jeu favori est « tenter d’enlever le bâton que j’ai dans la bouche. Dans ce temps-là elle me fait songer à Wayne Gretsky. Elle est étonnante dans les feintes qu’elle peut faire pour nous déjouer.

Tout ça pour vous dire que Charlotte m’apprend l’humilité et l’amour. Elle est une beauté naturelle et elle a le don de faire sourire tous les gens qui la croisent. Elle est toujours prête à donner de l’amour et à se faire caresser. Je voulais d’ailleurs faire un écriteau à l’entrée de mon terrain avec la mention « Danger, chien dépendant affectif ». C’est tout dire. Elle a réellement changé ma vie et est ma meilleure amie. Elle travaille souvent avec moi et je la présente comme « ma fille de PR ». Elle a le don de se faire aimer de tous et de détendre l’atmosphère. J’ai encore tellement à apprendre d’elle ! Je fais certainement de l’anthropomorphisme à vous raconter ça, mais si plus de gens avaient la gentillesse et le non-jugement de la différence qu’ont les chiens, le monde s’en porterait tellement mieux…

 

MAJ

Via un commentaire sur mon profil Facebook

Le chien possède la beauté sans la vanité, la force sans l’insolence, le courage sans la férocité et toutes les vertus de l’homme sans ses vices…Lord Byron

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Un triste exemple éloquent de cyberagression sexuelle

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La semaine dernière j’ai été citée dans l’article Participante de La Voix intimidée sur le web et il y a un an, je publiais la revue de littérature Cyberagression sexuelle au Canada grâce à la participation financière de Condition Féminine du Canada et le parainage des CALACs Fracophones d’Ottawa. Ils ont d,ailleurs complété cette revue de presse par des rencontres terrains avec des jeunes de l’Ontario et le document final est ici.

Tout ça pour vous dire qu’on discute beaucoup de cyberintimidation mais que le cyberharcelement qui lui touche les adultes, est encore trop peu discuté dans nos médias et plus triste encore, les corps de police sont sans outils et désarmés devant ce phénomène. Voici donc un courriel reçu ce matin (avec des éléments caviardés pour protéger l’identité de la victime) et qui illustre éloquemment ce terrible phénomène de cyberagression sexuelle.

Bonjour Michelle!
Je m’appelle (Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime). J’ai décidé d’entrer en contact avec toi suite à un article parut dans le journal de Montréal la semaine dernière sur la cyberintimidation et dans lequel tu y faisais un commentaire.

Je tenterai de te faire une histoire courte avec tout ce qui m’est arrivé mais j’aimerais avoir ton avis sur la situation et surtout savoir s’il existe des recours autres que ce dont j’ai essayé.

J’ai 36 ans et je suis (Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime). Il y a 2 ans, j’ai rencontré un Dominicain en République Dominicaine et après quelques mois et plusieurs voyages là-bas, nous nous sommes mariés. La lune de miel n’a pas duré. Le lendemain du mariage, il levait la main sur moi pour la première fois. Il s’en est suivi de plusieurs épisodes de violence physique et psychologique, de jalousie extrême et de menace de toutes sortes comme publier des photos et videos nue de moi sur le net. Nous étions mariés et nous nous voyions seulement qu’aux 2 ou 3 mois alors il me semblait normal d’accepter sa demande de nous échanger ce genre de photos et vidéo en attendant qu’il puisse avoir son visa pour venir ici avec moi au Canada et pour lequel j’avais accepté de le parrainer. Je suis tombée enceinte, chose qu’il souhaitait par dessus tout, et la goutte à débordé du vase lorsqu’il m’a frappé une ultime fois durant le début de ma grossesse et qu’il m’a menacé de sortir lui-même le bébé si je tentais de fuir. J’ai jouer le jeu afin d’être capable de sortir du pays et qu’il me laisse revenir au Canada.

Ça m’a pris quelques mois avant d’avoir le courage de le laisser, de couper totalement les ponts avec lui et d’entreprendre des démarches pour le divorce car je savais de quoi il était capable et j’avais très peur des conséquences. J’ai pris ma décision le 26 mars dernier, j’ai contacté mon avocate pour entamer les procédures, j’ai avisé mes proches et les gens de mon travail des menaces qu’il m’avait faites, j’ai avisé immigration Canada afin de stoper la demande de parrainage et je l’ai bloqué de partout. Évidement, il a mis son plan a exécution.

Il appelait sans cesse à (Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime) où je travaille, il harcelait les téléphonistes et mes collègues, il harcelait mon avocate et menaçait de me mettre dans le trouble et que je devrais payer pour tout ça avant qu’il meure. Il a créé un profil facebook à mon nom avec ma photo, a fait des demandes d’amitié à tous les gens de (Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime) en se faisant passé pour moi et a écrit des menaces et des méchancetés de toutes sortes à mon sujet. Il a aussi publié sur ce même compte des photos et vidéos nues de moi. Beaucoup de gens ont signalé ce compte mais ce n’est qu’il y a deux semaines que facebook l’a fermé définitivement. Il a aussi publié des vidéos sur youtube avec un faux compte à mon nom et je n’ose imaginer quoi d’autre il a pu faire sur le net car j’ai demandé à mes proches de ne plus me mentionner ce qu’il fait et de simplement le signaler sauf si ma vie est en danger ou qu’ils ont vent qu’il a réussi à venir ici au Canada.

J’ai contacté la police ici qui me disait au départ qu’elle ne pouvait rien faire car il est en République et que ma vie n’était pas en danger. J’ai contacté la police nationale en République qui m’a dit qu’elle lui donnerait un avertissement mais sans plus. Au mois de juin, j’avais amassé assez de preuves et de faits pour que la police ici me rencontre, prenne ma déposition et mette ça entre les mains d’un enquêteur au criminel. Une semaine plus tard, l’enquêteur me rappelait pour m’informer qu’il n’y a rien d’autre à faire que de signaler les sites en question et que même la gendarmerie royale ne pouvait rien y faire. J’ai obtenu mon divorce le (Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime) heureusement mais mon avocate dit qu’il n’y a pas vraiment d’autres procédures envisageable contre lui pour que le harcèlement arrête. Encore hier, il a créer un autre compte facebook et à écris à mes proches sur messenger pour leur dire des méchancetés sur moi et les aviser que je suis maintenant populaire sur les réseaux sociaux en raison de mes photos et vidéos.

Ma seule arme depuis le début est l’ignorance et de ne jamais lui avoir adressé la parole ou entré en contact avec lui depuis que j’ai pris ma décision en mars. J’avais espoir qu’il finisse par se lassé et qu’il passe à autre chose mais en vain. Ça ne s’arrête pas et j’ai l’impression que ça ne s’arrêtera jamais. (Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime). Mais je suis fatiguée, à bout, sans vraies ressources et je ne sais plus quoi faire pour que ça arrête.

Je ne sais pas si tu peux m’aider dans cette situation ou si tu as des conseils à me donner mais j’aimerais vraiment avoir ton opinion. Beaucoup de ressources existent pour la cyberintimidation envers les mineurs ou encore envers la cyberintimidation qui se passe ici au Canada…mais qu’arrive-t-il au gens qui vivent ce que moi je vie? Je ne dois certainement pas être la seule à qui ce soit arrivé!

Merci de l’attention que tu porteras à ce e-mail

Sincèrement
(Caviardé pour protéger l’anonymat de la victime)

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