Une des grosses nouvelles de la semaine dernière est que les services de police auraient accès aux messages cryptés envoyés à partir de terminal BlackBerry de RIM. Ça a fait réagir les avocats, puis les journalistes. Mais que fait-on de la vie privée et du droit des bandits à jaser confidentiellement entre eux?
Les experts en cybersécurité sont nombreux à croire que Research In Motion a été forcé de collaborer avec les policiers à cause de l’autorisation d’écoute électronique qu’ils détenaient. Mais une question irrite les avocats de la défense de Raynald Desjardins et Vittorio Mirarchi: ce mandat contenait-il seulement les numéros de téléphone des deux accusés ou comprenait-il également leur numéro PIN nécessaire pour envoyer des textes par la messagerie BlackBerry Messenger?
Voici donc un petit réveil matinal (wake-up call) pour ceux qui ne connaissent pas leur histoire techno.
BlackBerry n’a jamais été sécuritaire. Ou plutôt si, il l’est à des fins marketing. Il est même très sécuritaire pour les discussions entre gens de bonnes volontés. Mais il n’a jamais été à l’épreuve des services gouvernementaux, dont font partie prioritairement les services secrets, puis dans certains cas spéciaux, la police. D’ailleurs je vous rappelle l’épisode de Barrack Obama qui faisait flipper les services secrets américains avec son utilisation intensive de BlackBerry. Comme il ne voulait absolument pas se couper de sa base (qui l’avait fait élire), ils l’ont obligé à plutôt se servir d’un Sectéra® Edge™ (SME PED) développé spécifiquement pour les services secrets par la firme (américaine de toute évidence), General Dynamics.
La paranoïa de cryptage de données associé à BlackBerry dans les médias a débuté un peu après les attentats de Mumbai et le bras de fer entre certains gouvernements et RIM s’en est suivi.
C’est que le Canada, tout comme les États-Unis et plusieurs autres pays, a des politiques très strictes quant à l’utilisation et/ou le transfert de technologies de cryptage, qui sont considérés comme faisant partie de l’arsenal militaire d’un pays et de sécurité nationale. Il est donc illégal d’avoir un système de cryptage de données, qui ne soit pas partagé avec l’état, et pour exporter ces technologies ailleurs, il faut aussi une autorisation étatique.
As of 2009, non-military cryptography exports from the U.S. are controlled by the Department of Commerce’s Bureau of Industry and Security.[9] Some restrictions still exist, even for mass market products, particularly with regard to export to « rogue states » and terrorist organizations. Militarized encryption equipment, TEMPEST-approved electronics, custom cryptographic software, and even cryptographic consulting services still require an export license[9](pp. 6–7). Many items must still undergo a one-time review by or notification to BIS prior to export to most countries.[9] For instance, the BIS must be notified before open-source cryptographic software is made publicly available on the Internet, though no review is required.[10] Export regulations have been relaxed from pre-1996 standards, but are still complex,[9] and often require expert legal and cryptographic consultation.[citation needed] Other countries, notably those participating in the Wassenaar Arrangement,[11] have similar restrictions.[12]
Canada is signatory to a 33-nation agreement (the Wassenaar Arrange-ment) 14 that requires export controls on a long list of « dual-use products, » 15 including cryptography. Canada has reflected this agreement in a domestic regime 16 which restricts the export of customized encryption software or hardware. Canada’s export control regulations are designed to prevent the movement of certain goods that may not be in the strategic interest of Canada or its allies.
Others aren’t convinced. Austin Hill, one of the founders of Zero-Knowledge Systems and now CEO of Akoha.org, says most people remain unaware of what happens to their information online — and unwilling to make sacrifices to protect it.
« Ask people if they care about the environment they’ll say yes, but they’re not willing to give up their SUVs, » says Hill. « Ask if they care about privacy, they’ll say yes, absolutely, but I will not take down my MySpace page with my 400 friends on it because that’s how I socialize. They’re very unaware that these pages get indexed, archived, and become part of their public record.
« I hate to say this, because I am a big fan of privacy, » Hill adds. « But I think as a society we are redefining our understanding of what ‘privacy’ means, and unfortunately not for the better. »
Mais des rumeurs persistantes soutiennent qu’il a plutôt été forcé à ce redéploiement par diverses pressions de natures étatiques…
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Demain je serai conférencière Médias sociaux et festivals, lors d’un événement privé de la direction des commandites de Loto-Québec. C’est que Loto-Québec remercie ses partenaires événementiels en leur offrant une journée de formation. Le titre de ma conférence : Les Médias Sociaux 101 Pour ces organisations qui croient être des festivals
et ma première diapo : VOUS N’ÊTES PAS
UN FESTIVAL
VOUS ÊTES
UN SUJET
Je vais certainement les « shaker un peu ». L’idée derrière cette boutade est de faire prendre conscience aux Festivals (comme à n’importe quelle organisation d’ailleurs) qu’ils sont avant tout un SUJET, s’ils veulent être efficaces en ligne et trouver une ligne éditoriale. Comme je l’explique dans mes autres billets Comment trouver sa politique éditoriale médias sociaux et Politique éditoriale et tabous:
En fait, comment pourriez-vous parler de vos produits et services sans parler de vos produits et services? Là est la question!
Comme c’est mon habitude lorsque je suis conférencière, ma présentation est disponible en ligne au préalable.
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C’est grâce à une de mes lectrice avisée, que j’ai pris connaissance d’une allocution de monsieur David Crystal, l’un des plus éminents linguistes de la planète, qui détruit le mythe persistant que les sms, les twitts et l’écriture Web, diminuent les capacités littéraires et nuisent à la bonne orthographe des jeunes (bien que monsieur Crystal soit anglophone, ces observations valent certainement aussi pour le Français). Ces arguments sont :
Mythe 1 Les messages textes et twitter sont remplis d’abréviations. En fait, seulement 10% du contenu des messages sont des abréviations. D’ailleurs, 80% des messages textes sur le Web ne sont pas entre adolescents, mais plutôt entre adultes.
Mythe 2 Les nouvelles abréviations sont un langage codé d’adolescents. La plupart des abréviations utilisées dans les messages textes et twitter ont plus de cent ans d’existence. Par exemple, « C U Later » (pour à bientôt) était déjà utilisé par Lewis Caroll à l’époque victorienne. À cette époque, ils jouaient le soir à se divertir en faisant des jeux de mots abrégés. La reine Victoria elle-même utilisait ces abréviations.
Mythe 3 Les ados font disparaître des lettres dans l’orthographe de mots parce que simplement ils ne savent pas écrire. Les ados répondent parce que ça peut sauver de l’argent de texter avec moins de lettres, parce que c’est plus pratique et parce que c’est cool. La réflexion est donc que si vous enlevez des lettres parce que c’est cool, vous savez donc que vous enlevez ces lettres. Vous ne serez pas cool si vous ne savez pas le code. Donc vous savez de facto « le code ». En fait, ça prouve aussi que les meilleurs « texteurs » sont aussi des champions de l’autographe. Plusieurs recherches démontrent d’ailleurs que plus vous textez et plus vous commencez à texter jeune, pour votre niveau de littératie sera grand. Parce que souvent les adultes (et les parents) oublient que d’utiliser Twitter, les SMS et le Web, dans le fond ce qu’on fait est de lire et d’écrire.
Mythe 4 Les jeunes sont tellement inconscients de leurs erreurs d’orthographes lorsqu’ils écrivent les textos, qu’ils reproduisent ces erreurs dans leurs textes scolaires. Lorsqu’on demande aux professeurs s »’ils retrouvent ces abréviations dans les travaux de leurs étudiants, ils confirment que ce n’est pas le cas et si on le demande aux étudiants eux-mêmes, ils croient que vous blaguez ou que vous n’êtes pas sérieux.
Voici le message de l’une de mes lectrices (son nom est caviardé pour protéger son identité)
Mythes: twitter, texter a des effets pervers sur la qualité de la langue
Bonjour,
Bel et bien des mythes. Un linguiste britannique le démontre et si le sujet vous intéresse, voici une vidéo YouTube dans laquelle il explique (31 minutes).
David Crystal – Texts and Tweets: myths and realities
Il parle pour la langue anglaise. Mais j’ai tendance à penser que cela s’applique aussi au français. Je dis souvent que mes fils (16, 13 et 10 ans) sont tri ou quadrilingues : français, anglais, serbo-croate (pour mon plus grand) et… Twitt/Text. Ils en savent bien plus sur l’adjectif « K10″ que je ne l’aurais imaginé…
Toujours un plaisir de vous lire (ou vous voir dans les médias),
(caviardé)
PS: Je découvre une nouvelle photo de vous sur votre blog. Vous êtes s.u.p.e.r.b.e. !
L’allocution de monsieur David Crystal sur Youtube
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Petite note, techniquement Apple et Google partagent le même code source (libre) pour leur navigateur web, soit WebKit.
S’il y a une bataille, c’est celle des “app stores” pas des “browsers” (cette fois).
Mais c’est ce que tu mentionnes en conclusion, donc je pense que c’est juste une erreur de mise en phrase dans ton début de billet… Le mot clef pour moi dans tout ça (et le plus galvaudé par tout le monde): “Open Web”. :
).
(…) une guerre de tranchées se dessine afin de savoir quel sera le prochain logiciel de navigation du nouveau web qui sera décidément mobile. Est-ce que ce sera celui d’Apple (iPhone) ou celui de Google (Androïd)? Cette dernière confrontation en est une de taille parce qu’elle déterminera qui aura la propriété de la nouvelle passerelle que sera le Web mobile. Pour différentes raisons (dont celle que je n’aime pas Apple), je pense qu’à moyen terme, ça risque d’être Androïd qui l’emporte. Ça me rappelle d’ailleurs une ancienne confrontation, celle de Betacam versus VHS. Bétacam était de beaucoup supérieur au format VHS. Mais tout comme iPhone, c’était un standard fermé (appartenant à Sony), il n’était pas possible pour les autres manufacturiers de l’utiliser et à court terme, Sony fit un paquet de fric avec son innovation. Mais à moyen et à long terme, le standard VHS qui était partagé par tous les autres joueurs, même s’il était moins performant (comme pour l’Androïd qui au moment d’écrire ces lignes ne jouit pas des milliers d’applications qui sont présentement disponibles dans l’App store), conquit la planète parce que c’était un standard ouvert et que l’ensemble des autres fabricants l’adopta et rendirent disponibles des appareils qui étaient moins dispendieux que ceux en Bétacam. Vous connaissez la suite de l’histoire…
Nielsen is adding its voice to the chorus of research firms confirming the ascension of Android. Nielsen said among recent acquirers of smartphones in the last six months through August, Android was the top platform in the U.S. with 32 percent of new purchases, followed by the iPhone and Research In Motion’s Blackberry platform, tied at about 25 percent.
When looking at overall market share, RIM remains on top with 31 percent, trailed by the iPhone at 28 percent and Android at 19 percent. But the race continues to tighten with RIM maintaining a slide from 37 percent in February. The iPhone has remained largely stable during that period, while Android market share is up from 8 percent in February.
À la lumière de ce constat, ma théorie Beta vs VHS, semble de plus en plus se concrétiser…
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