Guides pour le commerce en ligne

En ces temps de confinement, de plus en plus d’entreprises, qu’elles soient B2C ou B2B , qu’elles vendent des produits ou des services, grossistes ou détaillants, s’intéressent finalement à la vente en ligne. Je dirais ENFIN puisque ça fera bientôt 20 ans que je les incite à le faire. Pour ces retardataires, la marche peut être haute. En fonction de la qualité des services internet de leur localité (ce qui est encore loin d’être un acquis en région), des prestataires de technologies Web (ils peuvent toujours sortir de leur région s’ils ne trouvent pas les fournisseurs qui leur conviennent) et de leur propre connaissance du sujet, de très nombreuses questions se poseront. C’est pourquoi j’ai colligé ici, certains des nombreux guides pour le commerce en ligne qui sont disponibles en ligne.

Je rappelle que d’avoir un site Web n’est souvent que le début de la démarche et que de le faire vivre et d’en faire la promotion, contrairement à ce qu’on peut croire, sera le gros du travail et la grosse dépense. Tout comme dans le monde physique, ce n’est pas parce que vous avez loué ou acheté un espace commercial et que vous y avez installé une pancarte magasin que par miracle, les acheteurs arriveront. Il en est de même pour le Web. Ça vous prendra une stratégie marketing, du personnel, une gestion du point de vente et de l’inventaire et un travail acharné pour en retirer des bénéfices. En outre, comme je l’explique lors de mes ateliers Web et médias sociaux, vous pourriez même vendre en ligne sans même avoir votre propre site transactionnel et utiliser des services tels qu’Amazon, eBay, Etsy, Alibaba et autre. D’ailleurs, j’ai déjà fait une émission de radio avec un entrepreneur qui une fois en ligne sur Amazon pour vendre ses antiquités de la IIe guerre mondiale, vendit ses deux magasins physiques pour s’y consacrer et acheta un 2e entrepôt pour satisfaire à la demande qu’il avait créée. Je connais aussi plusieurs entrepreneurs qui grâce à un efficace marketing de contenus sur le blogue et site informationnel, suscitent les ventes hors-ligne qui se feront en magasin ou au téléphone. Tous les modèles sont donc possibles. D’ailleurs, pour des raisons de pérennité de l’investissement marketing, j’ai toujours valorisé le marketing de contenu à la publicité en mentionnant que ce sont de gros efforts qui génèrent des retombées à moyen et à longs terme, mais que pour le court terme, la publicité demeurera un incontournable. Déjà, il y a plus de 10 ans, dans le chapitre du collectif Pourquoi bloguer, je présentais Bloguer pour vendre qui jetais les bases de cette approche du marketing de contenus.

Quel que soit l’approche de commerce en ligne que vous privilégierez, la mesure de rendement ultime sera toujours faites-vous des ventes ou pas? Après 12 mois vous pourrez mesurer si effectivement l’investissement que vous avez fait en vaut la peine ou pas. Cependant, il est aussi bon de rappeler que même Amazon, a attendu 10 ans avant de commencer à être rentable. Alors il faut regarder les objectifs à long terme, évaluer la justesse des décisions et des stratégies qu’on a prises afin de ne pas se conforter à croire « que le Web c’est de la marde parce que j’y ai investi sans retombée» alors que les raisons d’échecs peuvent être multiples.

Voici donc certains guides qui pourraient vous être utile

Bloguer pour vendre

10 étapes pour réussir son entrée Web

Le guide de création de crédibilité d’un site Web de Standford

Comment mettre en place une initiative d’achat local dans sa région ou sa localité?

Questionnaire Médias Sociaux pour membres de la haute direction d’une organisation

Comment accroitre son branding sur le Web

Le ROI du marketing de contenu

CEFRIO Guide de référence sur les processus d’affaires et les équipes à mettre en place pour sa boutique en ligne

BDC : Guide commerce électronique : Livre numérique gratuit: réussir en commerce électroniqueDécouvrez comment augmenter vos ventes grâce au commerce électronique

Poste Canada : La vente en ligne au Canada en 2020, Les facteurs qui maximisent l’expérience client

Pour aller plus loin

Rich snippet, schema, https et autres baguettes magiques du référencement

Le push et le pull marketing expliqué par le karaté et le judo

La règle de trois en marketing ou en publicité

Le pourquoi du retard numérique du Québec

Depuis des lustres, je m’intéresse au numérique, aux médias sociaux et à l’avancement de notre société et de nos entreprises dans cette révolution majeure qu’apporte internet. Très tôt dans ma pratique, j’ai sciemment choisi d’écrire et de partager mes connaissances en français, pour faire avancer mon Québec, qui a financé grassement ma formation de Maître ès Science en commerce électronique. Je trouvais normal de redonner à ceux qui avaient fait de moi une experte de classe mondiale.

A mes débuts, j’ai remarqué un clivage important entre les TI (technologies de l’information) et le Web. Les TI c’était sérieux, ça coûtait cher, c’était du travail d’expert tandis que le Web c’était pour les geeks, les faiseux de dessins ( le Flash était bin à la mode) et les agences de communications marketing qui déclineraient sur le web les mêmes « concepts » qu’ils faisaient à la tv, la radio ou l’imprimée. Ils se créèrent leurs propres Oscars du web qu’on appela « les Boomerangs ». Vous payez pour proposer vos trucs et à tour de rôle, vous serez aussi juge pour évaluer votre propre travail.

Nous avions un événement de classe international qui s’appelait Webcom. On y faisait venir à Montréal les bonzes du Web mondial. Mais Webcom n’avait et n’a jamais eu aucune subvention. Démerdez-vous. Puis, sortie de nulle part, l’idée de C2 Montréal du Cirque du Soleil et Sid Lee apparut dans le décor. On y parlera de Commerce et de créativité. On subventionna $2 Million cet événement qui n’avait encore jamais eu lieu et on laissa mourir à petit feu Webcom qui lui faisait du transfert de connaissance. À peu près au même moment, on commença à développer une délégation du Québec pour présenter ce qu’on faisait de mieux… en culture… à SXSW, l’une des messes planétaires de la transformation numérique. Ce ne sera que plusieurs années plus tard, qu’on songera y inviter aussi certaines de nos start-ups. Au même moment, l’autre messe planétaire européenne se déroulait à Paris. C’était l’événement LeWeb. Jamais le Québec ou le Canada n’y sera représenté officiellement. Pourtant, Sarkozy lui-même y passera beaucoup de temps et invitera à l’Élysée les patrons numériques mondiaux. Ça permettra entre autres à Paris de se vanter d’un investissement de $100 M d’Euros pour un centre de recherche de Google.

Au même moment, des sommes gigantesques étaient investies dans les TI. Les Oracles, SAP et vendeurs de « mainframes » et d’intégration de ce monde, feront des affaires d’or à implanter ces ERP, KMS, CRM, comptabilité informatique et autres systèmes informatiques « sérieux ». Plusieurs n’ont jamais fonctionné et ne fonctionneront jamais. Plusieurs milliards ont été engloutis dans ces efforts titanesques et leurs gestionnaires et fournisseurs sont sérieux et intègres. Ils portent le complet bleu et la cravate. Ils travaillent pour CGI, LGS, DMR et autres trois lettres patentées. Leurs avocats et comptables sont les mêmes que ceux des gouvernements et des grands donneurs d’ordres. Mais pas d’inquiétude, il y a un « mur de chine » étanche entre les professionnels des mêmes bureaux qui font les contrats ou qui les vérifient.

Les médias eux-mêmes participent aussi à cette grande mascarade. Branchez-vous qui se penchait sérieusement sur les changements qu’apportaient le web, est vendu. Il deviendra l’ombre de lui-même. Direction Informatique aussi. Le Journal Les affaires qui avait de sérieuses colonnes et chroniques numériques, change tellement de formats souvent, qu’on ne retrouve plus aucune de ses archives. Je le sais que trop bien, j’ai longtemps écrit pour eux. Pour Branchez-vous aussi d’ailleurs. J’ai aussi chroniqué pour l’émission LeLab sur feu CanalVox, aussi disparu.

Les grands quotidiens ont tous un cahier « affaire » et une section « techno ». L’économie y a toujours le haut du pavé. L’économie numérique elle, bof, ce n’est pas sérieux. On préférera parler du dernier gadget du CES et faire la liste des hashtags les plus populaires de l’année précédente et louanger les clips les plus populaires de YouTube à heure de grande écoute. Pour s’informer des grands changements qui nous affectent, on pourra toujours lire les Américains ou les Français. Le petit nouveau qui arrive dans la salle de rédaction d’un média, sera affecté à l’analyse des médias sociaux et en deviendra « l’expert patenté ». De toute façon, on peut dire n’importe quoi à propos des médias sociaux puisque personne ne sait vraiment de quoi on parle. Le web, le numérique et les médias sociaux seront trivialisés à l’extrême. D’ailleurs, entre 2000 et 2005, lorsqu’on parlait avec éclat de Web dans les médias, c’était pour souligner son caractère dangereux et/ou insignifiant. Le Web permettrait le vol d’identité et les blogueurs, n’étaient que des narcissiques qui voulaient voler les jobs de journalistes. JAMAIS un journaliste qui se respecte n’écrirait dans un blogue. C’était TELLEMENT insignifiant les blogues. Vous connaissez la suite de l’histoire…

Flashback 2016, alors que la majorité des pays du G20 ont leurs ministre, ministère, vision économique et stratégie numérique, le Québec et le Canada n’ont toujours rien. Alors que la majorité des pays du G20 ont des médias spécialisés qui scrutent, décortiquent et vulgarisent le numérique, ici on parle de hardware et de la nouvelle cochonnerie qui pogne auprès de la masse.

Si nous accusons un retard de plus en plus alarmant face au numérique, c’est de notre faute à tous. À l’industrie des TI, des communications, des médias, des gouvernements et des citoyens qui se satisfont de peu, du dernier gadget ou de la photo ou du dernier vidéo qui score sur les médias sociaux…

La section « Sac de chip » du Journal de Montréal est un exemple éloquent de notre insignifiance numérique collective. Au moins il reste aussi dans le même journal la section « enquête » et « Bordel informatique » qui nous rappelle lucidement et amèrement notre faillite numérique commune…

Le Lab VOXtv Chronique Pourquoi nos entreprises sont en retard sur le Web ?

Pour ma cinquième chronique, à l’émission LeLab, je discute avec Philippe Fehmiu de : Pourquoi nos entreprises sont en retard sur le Web ?

J’ai couvert le sujet de cette chronique dans mes billets :
Le Canada est le tiers-monde des technos usager
Comment se prouve le retard de nos entreprises sur le Web?
Autre explication du retard d’adoption des médias sociaux par les entreprises
Pourquoi nos entreprises sont-elles en retard sur le Web?
Lettre ouverte au Premier ministre du Québec
Le Québec en retard sur le Canada sur le plan des acheteurs en lignes
Américanisation du commerce de détail en ligne canadien
Les dépenses numériques canadiennes foutent le camp à l’extérieur du pays
Pourquoi le Canada perd-il ses plumes en commerce électronique ?
e-Readiness Ranking 2006, de la pub médiocre

Le Canada est le tiers-monde des technos usager

C’est un article de Canoë haute vitesse Les Canadiens paient plus et obtiennent moins, qui remet à l’ordre du jour le retard du Canada en matière de technologie de l’information, de Web et de commerce électronique. On peut y lire :

Les Canadiens paient de 3,85 à 110,51$ US par megabit offert, la troisième pire échelle de prix. Les seuls pays qui font pire sont le Mexique et la Finlande.
Le prix moyen pour un megabit par seconde est de 12$ US dans l’ensemble de l’OCDE. La meilleure offre se trouve en Corée du Sud, où le megabit le plus cher se situe à 4,48$ US.
Le Canada fait aussi piètre figure en ce qui concerne la vitesse de téléchargement maximale dont profitent vraiment les abonnés. La moyenne est de 6,6 megaoctets par seconde, la cinquième pire de toutes. La Turquie se trouve dans les bas fonds avec 3,3 Mo. Le «trophée Speedy Gonzales» revient au Japon, où la moyenne est de… 92,8 Mo par seconde.

et comme le fait remarquer à juste titre sur un Twitt, Reda :

on pourrait rajouter à ça la téléphonie/cellulaire et la télé. On est une putaine de vache à lait pour ces cies.

En effet, les enregistreurs numériques personnels que nous offrent Bell Canada et Vidéotron sont des appareils de moyen ou bas de gamme et les téléphones cellulaires que nous avons ici sont du même ordre et à des prix exorbitants. En plus, étant donné la guerre de standards de téléphonie que se font nos entreprises de cellulaires, l’innovation des applications cellulaires se fait pour d’autres consommateurs ailleurs dans le monde étant donné qu’ici, le marché est fragmenté et plus d’être lilliputien.

C’est bien d’avoir le mot innovation dans nos discours politiques, ce serait mieux d’avoir des infrastructures et des prix à la consommation qui permettent réellement de la développer…

L’étude payante de l’OCDE, Broadband Growth and Policies in OECD Countries.

Le Québec en retard sur le Canada sur le plan des acheteurs en lignes

Hier je vous pointais vers une étude sur le Profil des internautes canadiens. Or, au Québec, il existe l’étude mensuelle l’indice du commerce électronique qui est mise à jour notamment par la firme SOM. C’est dans le blogue de SOM que je remarque (ils ont fait l’effort de comparer le Québec et le Canada) que le Québec est très en retard en matière d’achats en lignes.

(…)38 % des internautes canadiens auraient fait un achat au cours du mois précédent le sondage. Sachant que, selon cette même étude, 78 % des adultes canadiens seraient des internautes, ça signifie que 30 % de l’ensemble des adultes canadiens auraient fait des achats en ligne à l’été 2007. C’est essentiellement le double de ce que l’on mesure au Québec avec l’ICEQ… Ouch!
(…)
le tableau de la page 61 place le Québec comme bon dernier sur le plan canadien en ce qui a trait au pourcentage d’utilisateurs d’Internet… Avec 64 % d’internautes à l’été 2007, le Québec serait 19 points derrière l’Alberta qui revendiquerait la première place avec un taux de pénétration de 83 %. Selon ce même tableau, le Québec aurait même reculé de 4 points depuis 2004!

Mon chauvinisme québécois en prend un méchant coup. Snif, snif, snif… Je vais donc aller m’acheter quelque chose en ligne pour faire ma part. Ce sera peut-être une boîte de Kleenex…

Les tendances, innovations et menaces qui affecteront le commerce électronique et le marketing Internet en 2006

Pour terminer l’année en beauté, quoi de mieux que de se projeter dans le futur et tenter d’anticiper ce à quoi 2006 nous prépare. C’est dans cet esprit que je vous présente cette série de réflexions sur Les tendances, innovations et menaces qui affecteront le commerce électronique et le marketing Internet en 2006. Je ne suis certes pas devin et mes observations doivent être prisent pour ce qu’elles sont : des observations. Cependant, des indices nous permettent d’anticiper l’évolution du commerce électronique et du marketing Internet pour 2006. Commençons donc!

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L’industrie hôtelière, le marketing internet et le commerce électronique

Dans un billet récent, je m’élevais contre l’inertie apparente des hôteliers à conquérir leurs clients qui se retrouvent massivement sur le Web. Ayant participé à une étude canadienne d’envergure sur l’industrie hôtelière en ligne au Canada, nous avions noté une difficulté à obtenir un portrait juste de l’adoption des affaires électroniques par les prestataires de services. Nous avions cependant été abasourdis de constater la vigueur et la portée des intermédiaires étrangers en sol Canadien.

Comme suite à ce billet et à un article du journaliste Laurier Cloutier de La Presse, j’ai reçu un courriel de madame Nancy Gilbert de la CITQ, dont voici quelques extraits :

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Les résolutions à adopter pour des affaires électroniques prospères au Canada en 2005 : les gouvernements

Lors de l’allocution de clôture de la conférence nationale du commerce électronique à la cyberéconomie : Stratégies pour le 21e siècle, Monsieur Charles Sirois (Telesystems) disait à peu près ceci :

« Lors de cette conférence, nous avons parlé de pinceaux, de toiles, de cadres et d’accessoires. Il est peut-être temps que nous aidions le peintre qui deviendra peut-être le Van Gogh numérique du 21 e siècle ? J’ai été nommé lors du G8 à la tête de l’initiative Dot Force G8 afin de venir en aide aux entrepreneurs numériques des pays en voie de développement. Il est peut-être temps que nous fassions pour nous-mêmes ce que nous faisons pour les pays sous-développés ? »

À l’écoute de ce vibrant plaidoyer, je bondis de ma chaise pour ovationner Monsieur Sirois, pour me rendre compte que ces propos avaient plus l’air d’amuser l’important auditoire que de les réveiller à cette réalité que l’infrastructure technologique est extrêmement bien développée au Canada, mais que l’adoption des affaires électroniques par les consommateurs et les entreprises est sérieusement en retard. Voici donc quelques résolutions qui, si elles sont mises de l’avant par les gouvernements, pourraient sérieusement contribuer à l’essor du commerce électronique canadien :

1- Favoriser l’adoption du commerce électronique par les entreprises :

en stimulant le partage des connaissances propres au commerce électronique (renverser le désengagement de ce champ d’activités d’Industrie Canada et du MDERR);
en valorisant l’adoption de stratégies, de modèles d’affaires et de marketing électronique efficaces par la mise sur pied de ressources informationnelles et financières pertinentes;
en finançant et parrainant les entrepreneurs de la nouvelle économie, comme le fait si bien Monsieur Sirois en Afrique avec Enablis.

2- Inciter les banques canadiennes (assujetties à la Loi sur les banques) à mettre sur pied le plus rapidement possible des mécanismes de débit en ligne et de micropaiements aux marchands.

Je ne parle pas ici de débit par courriel, tel que laborieusement disponible via Certapay, mais bien d’un mécanisme qui permette aux marchands d’encaisser directement des consommateurs des paiements par débit, comme cela se fait en magasin. Dans les faits, les Canadiens utilisent la carte débit de manière très importante, 85 % des titulaires de ces cartes l’utilisent pour faire des achats dans le monde réel avec une fréquence qui est l’une des plus élevées de la planète . Il serait temps que ce modèle canadien trouve son écho dans notre monde virtuel.

3- Faciliter l’harmonisation des statistiques économiques fédérales et provinciales en matière d’affaires électroniques et instaurer de nouvelles statistiques nationales spécifiques au Web.

À Statistiques Canada, il y a 19 secteurs économiques alors que l’Institut de la Statistique du Québec en compte cinq. Sans instruments de mesures cohérents, il devient ardu de comprendre où sont les manques et où sont les réussites au niveau local et de corriger le tir des politiques gouvernementales. D’ailleurs, les statistiques offertes par nos institutions ne font état que de mesures économiques. Le Web est lui-même porteur de nombreuses statistiques qui lui sont propres. Peut-être est-il temps que nos organismes gouvernementaux se penchent sur le Web et mesurent quantitativement et qualitativement l’efficacité de notre présence avec les outils statistiques qui lui sont propres.

4- Aider les industries très actives en ligne, où les entreprises canadiennes tirent de la patte : Industrie touristique

En préparant une présentation pour une association de l’industrie touristique, nous avons été étonnés de constater que 25 % des ménages canadiens et 35 % des ménages américains utilisent le Web pour magasiner et acheter un voyage. Paradoxalement, le secteur économique hébergement et restauration canadien est le 15 ème secteur économique sur 19, en termes de disposition d’un site Web. Cette situation a créé une industrie d’intermédiaires, principalement américains, qui drainent nos revenus touristiques et suffoquent les PME touristiques, pour envoyer l’argent au sud de la frontière. Nous devrions certainement permettre à ce secteur de se reprendre en main et d’adopter les affaires électroniques.

5- Aider les industries très actives en ligne, où les entreprises canadiennes tirent de la patte : Industrie de services

Finalement, l’économie canadienne est composée principalement d’entreprises de services. Qui plus est, le Web facilite les échanges commerciaux internationaux des services. Malheureusement, ces entreprises vivent un calvaire lorsqu’elles recherchent du financement, l’acceptation dans un programme gouvernemental ou de l’assistance pour croître à leur pleine capacité, car elles ne sont pas des entreprises manufacturières. Nous recommandons aux gouvernements de permettre à ce type d’entreprise d’atteindre son plein potentiel.

1- Source Interac : http://www.interac.org/fr_n2_32_researchfacts.html

2- Source: Le rôle d’Internet dans les voyages d’agrément des nord-américains, Secor, 2002.

3- Source: Charles, S., Ivis, M., Leduc, A., L’adoption des affaires électroniques : La taille importe-t-elle ? – Série sur la connectivité, Statistique Canada, Juin 2002.

#Crisedesmedias Les multiples causes d’un certain déclin des médias imprimés

Comme vous le savez, le Groupe Capitales Médias s’est prévalu de la loi de protection des créanciers. Vous avez sans doute vu aussi que La Presse + demande aussi une nouvelle aide au gouvernement pour protéger sa survie. Très rapidement on pointe du doigt les Gafa qui ne payeraient pas leurs dus aux médias imprimés. C’est tout à fait vrai, mais ce n’est pas la seule explication des débâcles de cette industrie.

En fait, la presse est loin d’être la seule industrie qui souffre des changements majeurs qu’engendre le numérique. On a qu’à songer aux musiciens qui depuis des années, souffrent de la diminution importante de leurs revenus de droits d’auteurs à cause du numérique, aux agences de voyages qui pour la plupart ont disparues, aux commerces de détail qui vivent des transformations, aux services bancaires et aux systèmes de paiements qui sont modifiés, au secteur du taxi, de l’hébergement, de la télévision et à plusieurs autres activités économiques qui sont ou seront touchées directement par cette transformation numérique de l’économie. Depuis bientôt 20 ans, je prêche dans le désert, pour que nos entreprises et nos gouvernements s’ajustent et soient pro-actifs à s’adapter et à adapter notre société à tous ces bouleversements. Malheureusement, autant les entreprises que les gouvernements sont en mode « réactifs » plutôt que « proactifs » et ils semblent toujours ébahis lorsque le train leur passe sur le corps.

Les autres facteurs qui ont un impact majeur sur les médias imprimés

Bien avant l’arrivée des GAFA, la presse écrite était déjà vampirisée par les nouveaux services d’information continue. Les CNN, BFMTV, RDI et LCN de ce monde ont pris une part de marché importante de la diffusion des nouvelles et des revenus publicitaires qui y sont associés. En outre, très souvent ils citent les « scoops » des médias écrits sans pour autant leur payer une rétribution pour le travail d’enquêtes qu’ils ont fait. Il arrive parfois qu’ils invitent les journalistes et leur versent un cachet pour discuter de leurs trouvailles. Mais les bannières pour lesquelles ils écrivent ne reçoivent pas un sou.

En fait, le Web vit une guerre des contenus. Que ce soit pour les nouvelles, la musique, la littérature, l’art pictural ou les films, les Gafa profitent des créateurs de contenus sans pour autant les rémunérer à la hauteur de la valeur de leurs contenus. Mais ils sont loin d’être les seuls. Les fournisseurs internet qui font fortune avec un service la plupart du temps médiocre à un coût exorbitant ne payent pas non plus leurs dus aux créateurs qui font vivre leurs business. Eux aussi devraient payer une part importante à ces créateurs qui les font vivre. D’ailleurs, au moment d’écrire ces lignes, la guerre des contenus fait rage entre les Netflix, Amazon, Disney et Apple de ce monde pour accaparer des parts de marché de la nouvelle télé numérique à la carte. Les câblos n’ont qu’à bien se tenir puisque les « cord cutters » dont je suis, leur feront bientôt très mal.

Les autres facteurs intrinsèques aux médias écrits.

Comme plusieurs autres secteurs industriels, le secteur de l’information est réfractaire aux changements, est souvent dirigé par des baby-boomers qui ne croient pas au numérique et vivent dans l’illusion de l’immobilisme. Pourtant, tout comme pour les agences de voyages, plusieurs ont disparu mais certaines ont réussi à prospérer malgré les tumultes. C’est qu’ils ont réalisé qu’une portion de leur business était devenu bancale.  L’agence qui vendait des voyages en avion Montréal-Toronto n’existe plus aujourd’hui. Par contre, les agences qui se sont spécialisées, qui vendent des forfaits difficiles à acheter en ligne à cause de leur complexité, font encore des affaires. Les autres ont disparu. J’ai d’ailleurs déjà écrit que le fait journalistique n’a plus de valeur. J’y disais :

Ainsi, les journaux qui nous répètent ce qu’on sait déjà, qui sont uniforme entre eux et qui ne peuvent se réinventer, risquent comme les agences qui nous vendaient des vols Montréal – Toronto, de devenir rapidement désuet…
(…)
À contrario, si le fait journalistique ne vaut plus rien, l’analyse, la réflexion, la valeur ajoutée et le journalisme d’enquête ont maintenant une grande valeur. Le lectorat de The Economist est en progression constante tandis que celui de The New York Times est en déclin constant.

D’ailleurs, les stratégies de The Economist, de the Atlantic ou de Vice Media ont toutes à voir avec « la valeur ajoutée » de leurs contenus et une stratégie qui embrasse le numérique et le multi-plateforme au lieu d’une démonisation du numérique et d’un retard majeur et inadéquat des stratégies numériques. C’est ce qui est expliqué dans l’article de Mashable (un autre fleuron journalistique de niche) Inside ‘The Atlantic’: How One Magazine Got Profitable by Going ‘Digital First’ .

L’un des autres aspects de la croissance du lectorat et des revenus en ligne est directement lié à la capacité des usagers de télécharger les contenus. C’est ce qui explique en partie, les problèmes que connaît La Presse + (comme je l’expliquais dans mon billet Les problèmes de La Presse+ et mon point de vue), et la croissance importante des médias Norvégiens en ligne.

Going digital: The booming Norwegian news business

Some of the reasons why Norwegians choose to pay for online news are the strong tradition of reading local news, as well as Norwegian’s high internet access. Also, Norway was early in making news digital – the first Norwegian newspaper went online in the late 1990’s.

Je me souviens d’avoir fait un audit pour la présidence d’un grand groupe de presse québécois et d’avoir été estomaquée du manque de vision numérique des dirigeants et de l’entreprise. Je vous mentionne aussi que j’ai longtemps été rédactrice dans le célèbre journal Les Affaires. Essayez de retrouver l’un de mes articles dans la version numérique et vous remarquerez, tout comme moi, que toutes leurs archives ont disparu. C’est qu’à chaque nouvelle mise à jour de leurs CMS (content management system), ils oubliaient le « jus » de leurs archives. Il en va de même de la grande majorité des journaux québécois.

La perte de la neutralité journalistique

Avec l’arrivée des blogues, les journalistes craignaient pour leurs emplois parce que les blogueurs étaient considérés comme « des voleurs de jobs au rabais ». Ironiquement, après avoir conspué les blogueurs, les médias se mirent tous à créer des blogues et à embaucher une armée de chroniqueurs. Ainsi, on trouve de moins en moins « de faits » et de plus en plus d’opinions. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, ironiquement, le chroniqueur d’opinion Steve E. Fortin écrivait dans le Journal de Montréal dans son billet Se regarder dans le miroir dans lequel il fustigeait « le journalisme militant » :

Il ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable, le Québec est fracturé, idéologiquement. Sur la question constitutionnelle, jadis, et désormais sur les questions liées à l’identité, au nationalisme.
On le sait, une nette, claire majorité de la population appuie l’initiative – promesse électorale – de la CAQ de légiférer dans le sens de la laïcité.
On le sait aussi, une nette et tout aussi claire majorité de chroniqueurs, éditorialistes et analystes ont transposé les anciennes fractures constitutionnelles aux dossiers liés au vivre-ensemble, à la laïcité, à l’identité, au nationalisme.
Combien de citoyens au Québec, parmi cette majorité qui appuie, légitimement, la laïcité institutionnelle ont un jour décidé de tout simplement changer de fréquence radio, ou de média à consulter au petit matin, pour s’affranchir des discours moralisateurs, et même parfois méprisants, de la part d’une intelligentsia devenue étrangère à ses préférences idéologiques.
Étrangère et adversaire farouche.
On parle ici du côté «opinion» du mur de Chine, évidemment.
Mais quand un média enfile les reportages larmoyants d’adversaires de la laïcité et refuse de passer le micro, au sein de certaines collectivités dont on dit qu’elles contestent le plus ce choix de la nation québécoise, à celles et ceux qui appuient cette initiative, on est en plein «journalisme militant».
(…)
Mais on connaît la chanson, une petite clique bien-pensante au sein des médias québécois relaiera, re-tweetera et partagera ce qui «fitte bien dans le narrative» et portera à l’index le reste. À l’index ou l’indifférence.
Et le quidam, qui ne se trouve rien d’intolérant à appuyer, comme la grande majorité de ses concitoyens, la laïcité institutionnelle, se trouvera Gros-Jean comme devant, écœuré de se faire traiter de toutes les épithètes méprisantes.
Il changera de canal. Il fermera sa radio, ou la troquera pour autre chose. Il maudira le travail, pourtant essentiel, des artisans de l’info, à côté, de l’autre bord du mur de Chine, cette bande esseulée désormais, enterrée, trop souvent, par l’opinion (mea culpa).

De l’espoir

Mais rien ne se perd, tout se transforme. Ainsi, les journalistes qui perdront leurs emplois, en trouveront peut-être dans ces nouvelles industries du journalisme corporatif. Saviez-vous que Costco publie son propre magazine déjà depuis une couple d’années? Saviez-vous qu’il font une petite mine d’or avec ça? Étiez-vous au courant qu’ils facturent près de 10 fois le prix d’une pleine page à ce que les plus grands médias du Canada facturent?

http://www.costcoconnection.com/connection/media_kit?pg=12#pg12
advertising-rate-Costco

Ils sont loin d’être les seuls. Chez PRWeek, dans l’article As news organisations suffer, corporate journalism is booming, on apprend:

Cazenove, the asset management company, has a head of content from the Telegraph. Insurance broker Aon and HSBC have managing editors from CNBC and the Financial Times. Fidelity International’s editor-in-chief came from Thomson Reuters via the FT and ITN.
The lawyers at Freshfields Bruckhaus Deringer have a guy from The Independent.Hogan Lovells, another law firm, has a managing editor from the BBC.
It’s not all high finance and corporate law. LinkedIn shows that Sotheby’s has an editorial director from Wallpaper*; Harvey Nichols has a managing editor who worked at People; and the managing editor at Eve Sleep, which sells mattresses, came from Hearst and Northern & Shell.

Cette tendance est si lourde, qu’avec mon nouvel associé, David Martin, nous sommes à mettre sur pied une nouvelle compagnie de rédaction de billets de blogues et de contenus pour entreprise. Nous avons déjà un premier client même si le nom de notre entreprise, notre mise en marché et sa structure administrative légale ne sont pas encore tout à fait complétés. C’est dire l’opportunité que ce genre d’initiative va créer dans les prochains mois.

D’ailleurs, je vous en reparlerai prochainement et dans un prochain billet, je ferai une liste des solutions possibles…

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Discours d’investiture de la circonscription de Mercier de Michelle Blanc

 

Avant de remercier qui que ce soit, je remercie ma conjointe, Bibitte Électrique, qui accepte de me partager avec vous. Si je suis ici ce soir, devant vous, c’est en grande partie grâce à elle. C’est l’amour de ma vie. Depuis 24 ans, déjà, elle est là pour m’aider à grandir et à me réaliser davantage. Elle m’accompagne dans mes rêves, même celui, capoté, de faire de la politique. Elle accepte déjà et acceptera de moins me voir pour que je lutte activement afin de créer un monde meilleur pour notre petit-fils, pour les gens de Mercier et pour tous les Québécois.

 

Même si vous ne verrez que moi, je serai toujours deux devant vous puisque derrière une femme politique, il arrive qu’il y ait aussi une très grande femme. Elle ne sera jamais sur les gradins avec moi, puisque son travail requiert qu’elle reste la plus discrète possible pour être efficace dans ses fonctions. Je t’aime, ma chérie.

 

Vous me permettrez aussi de remercier :

 

  • Jean-François Lisée;
  • Jean-Martin Aussant;
  • Mon président de circonscription, Dominique Goudreault, et tous les membres de l’équipe de Mercier;
  • Je vous remercie aussi, chers militants et chers amis, d’être si nombreux, enthousiastes et déterminés à soutenir ma candidature.

 

Mais LA question que plusieurs se posent est : Pourquoi? De quessé?, comme disent certains potes. Qu’est-ce que tu vas faire en politique? Pourquoi quitter la quiétude de ton bois et la présence chaleureuse de tes amours, Bibitte et ta chienne Charlotte, et venir te battre dans Mercier, dans ce qu’on dit être LE château fort de Québec solidaire?

C’est que, voyez-vous, j’ai des rêves. Depuis plus de 15 ans, je suis en mission. Ces missions m’ont poussée à gueuler pour un plan numérique pour le Québec, à me battre pour la laïcité et à partager mon vécu de femme transsexuelle.

Je disais cet hiver, lors d’une conférence, que sur mon lit de mort, ce ne sera pas le cash que j’aurai fait ou mes nombreux succès professionnels que j’aurai en tête. Ce sera plutôt le fait d’avoir ouvert ma gueule pour partager ma transition dont je serai fière.

On me dit souvent : on dirait qu’il y a de plus en plus de trans. Et je réponds : non, il y a de moins en moins de suicides. Parce qu’ils me l’ont dit, je sais que plusieurs de nos concitoyens qui vivent parmi nous sont encore ici parce que mon histoire était la lumière au bout de leur tunnel. Et je suis fière de ça en maudit.

Mais, bon. Malgré l’étiquette que les médias aiment me coller à la peau, je suis la candidate spécialiste de l’économie numérique et des transformations majeures que vivent déjà mes concitoyens, à cause de la révolution numérique qui bouleverse absolument tout. Mais pour certains, je ne suis et ne serai que la trans qui se présente en politique. Même si ça fait déjà 10 ans que j’ai changé de sexe et que je suis une femme – et que ça c’est fait sous l’œil de ces mêmes médias. Certains diront aussi que je suis « colorée » parce qu’il m’arrive d’avoir le tabarnak, le côliss ou l’estie de criss facile. Mais, bon. Si c’est le prix à payer pour avoir sauvé des vies et pour avoir sonné les oreilles – entre autres d’un certain Philippe Couillard il y a 4 ans, lors de son Forum des idées –, je suis prête à vivre avec ça.

Il y a 14 ans déjà, j’aidais un certain Henri-François Gautrin à réaliser son premier livre vert sur le numérique pour le gouvernement du Parti libéral du Québec. Six ans plus tard, il en faisait un deuxième. Ces livres verts lumineux furent tablettés tellement profondément que la seule copie qui en restait se trouve maintenant en ligne, à l’UQAC

Ma collaboration avec M. Gautrin avait commencé parce que j’étais allée le voir pour lui dire que ça n’avait pas de bons sens qu’une maître ès sciences en commerce électronique – comme moi et mes trois associés de l’époque – ne puisse pas aider notre propre gouvernement, qui avait pourtant payé le gros prix pour faire de nous des tops mondiaux. Il trouvait que ça n’avait pas d’allure non plus, et il suggéra que pour les gros chantiers informatiques, on alloue 10 % des montants aux firmes-conseils de petite taille afin de les aider à grossir. Je lui avais expliqué que les firmes de TI n’avaient pas besoin de subventions; elles avaient besoin de contrats. Quatorze ans plus tard, cette excellente suggestion n’est toujours pas réalisée.

Il y a quatre ans, Philippe Couillard fit son Forum des idées – en passant, Jean-François, c’est sans doute l’une des trop rares maudites bonnes idées de Couillard, son forum des idées pour le Québec. Toujours est-il que M. Couillard avait fait venir des experts du numérique des quatre coins de la planète pour l’inspirer à faire quelque chose avec ça. Je faisais partie de ces experts. Comme j’étais sur le dernier panel et que, comme d’habitude, les libéraux sont souvent en retard, on m’a dit qu’il n’y aurait pas de panel, mais que j’avais 15 minutes pour dire ce que ça me tentait de dire au premier ministre. Ho que boy que je me suis fait plaisir. D’ailleurs, ce discours on ne peut plus improvisé est toujours en ligne. Cherchez « Michelle Blanc discours au forum des idées » sur Google et vous tomberez dessus.

 

J’ai été gentille. Je l’ai fait rire au début et à la fin. Mais, entre les deux, je blasphémai à propos de nos stupidités numériques collectives, dans l’espoir de le shaker assez pour qu’il se grouille le derrière. Quatre ans plus tard, je suis maintenant candidate du Parti Québécois. Vous comprendrez qu’en matière de « grouillage de derrière », ce n’était vraiment pas très fort. Mais en matière de grenouillage, là, wow, les libéraux se sont vraiment dépassés.

Je suis donc ici, ce soir, pour vous proposer un rêve, un changement, une révolution. J’ai ce côté un peu flyé. J’aimerais ça qu’on se fasse une sorte de « Baie-James du numérique ». C’est dans Mercier que Bourassa, le père de la Baie-James, a déjà été élu. Les gens de Mercier ont ça dans le cœur, le rêve. On les taquine souvent en disant d’eux qu’ils sont « la clique du Plateau » ou qu’ils vivent dans « la République du Plateau ». J’y vis aussi, dedans et autour du Plateau, depuis une trentaine d’années. Je me reconnais dans cette clique de flyés, de rêveurs et de poètes au grand cœur.

Je vous rappellerai que ma copine Nathalie Rochefort, ancienne députée libérale de Mercier, a appuyé publiquement ma candidature sur Twitter parce qu’elle aussi, c’est une flyée du numérique et qu’elle aussi, elle n’a pas la langue de bois. Je vous rappelle aussi un certain Gérald Godin – Jean-Martin Aussant m’a récemment envoyé un des poèmes politiques de M. Godin. Tout comme moi, il avait une grande ouverture à la diversité culturelle et, dans ses écrits, il avait aussi le blasphème facile. Mais, bon, pour certains journalistes, un blasphème écrit dans un recueil de poésie, c’est de l’art mais, si c’est sur Twitter, ça fait de toi une candidature problématique.

Mais, pour revenir au rêve, au changement, à la révolution, je vous demande de me suivre encore un bout.

 

Imaginez juste un instant un Québec différent. Un Québec dans lequel un médecin, grand spécialiste de Montréal, arriverait à offrir une consultation à un patient de Chicoutimi qui lui parle du confort de sa maison. Ce médecin, lui aussi, est assis dans son fauteuil à Westmount. La consultation se passe de façon virtuelle. D’ailleurs, présentement, aux States, il n’y a pratiquement plus de radiologues dans les hôpitaux. Ils travaillent tous de chez eux, et un radiologue est maintenant capable de fournir son expertise à trois hôpitaux à la fois.

 

Imaginez maintenant un fonctionnaire de Transports Québec… Bon, bon, bon, ne vous énervez pas. Je sais qu’avec la commission Charbonneau et les libéraux, Transports Québec n’est pas votre ministère favori. Mais, bon, il faut bien tout de même payer et planifier nos routes et infrastructures routières d’ici à ce que 50 % des voitures disparaissent, en 2030, tel que le prédit l’expert mondial Tony Seba. Et ça se peut que devoir travailler dans un bureau gris avec des séparateurs gris, d’une tour à bureaux grise, d’un parc à bureaux drabe à quelque part au Québec, ce ne soit pas l’environnement idéal pour être de bonne humeur et le plus productif possible.

 

Imaginons que ce même fonctionnaire travaille de l’endroit qu’il a choisi. Disons qu’il aime bien Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska. Il travaille de chez lui à Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska et traite ses dossiers de son bureau dans le sous-sol. Ça pourrait être au 2e, mais, bon, c’est un fonctionnaire de Transports Québec. Le sous-sol de chez lui, moi, je trouve ça bien correct.

 

Bref, vous comprenez sans doute le topo. Avec le numérique, une méchante portion du secteur tertiaire de notre économie (73,5 % en 1995) peut se faire de n’importe où au Québec. On pourrait ainsi repeupler les régions et faire revivre les petits centres-villes parce que travailler de chez soi, des fois, ça devient plate. Donc, le travailleur virtuel ira, des fois, au centre du village de Saint‑Pascal‑de‑Kamouraska pour travailler du café local. Avant de revenir chez lui, il prendra un pain chez le boulanger, une couple de fruits et de légumes chez un autre marchand, et un fromage chez le fromager. Ça fera revivre les campagnes.

 

Mais, bon, tous ne sont pas d’accord avec ça. Prenez, par exemple, mon chum Pierre, qui est ici ce soir. Pierre est un « Plateauin » dans le sang. Quoi qu’il arrive, il ne déménagera JAMAIS du Plateau parce que lui, aller voir les musées en Bixi, visiter les restos à pied et aller au théâtre, ça fera toujours partie de sa vie. Il me disait par contre que si plus de gens sortaient du Plateau avec leurs grosses voitures sales, il aimerait bien ça. Justement, le numérique jumelé au télétravail, ça ferait ça. Ça limiterait très sensiblement les besoins de déplacement, la congestion routière, les GES et les besoins d’agrandissement des infrastructures routières. Et je ne parle même pas encore du Grand Débloquage du Parti Québécois, qui est une maudite bonne idée. D’ici une couple d’années, le Plateau et plusieurs quartiers de Montréal pourraient devenir ces lieux de vie qu’on envie aux rares petits villages de campagne qui trépignent encore.

 

Parlant de campagne, saviez-vous qu’à Victo, tous les jardins ornementaux municipaux sont comestibles, tout comme ceux de l’Assemblée nationale? C’est bien l’fun, comme QS, de se fendre la gueule à parler d’environnement et même d’imaginer de lourdes amendes pour les entreprises qu’on jugera fautives mais, au lieu de théoriser l’environnement, moi, j’ai le rêve pragmatique. J’aimerais bien que les jardins ornementaux du Québec soient comestibles. J’aimerais même, comme ils le font maintenant dans l’église de Saint-Pacôme, qu’on fasse des jardins verticaux à l’année longue afin de réellement viser l’autonomie alimentaire de proximité. D’ailleurs, avec des réseaux dignes de ce nom, les fermiers pourraient suivre leurs vaches à la trace, grâce à des colliers biométriques qui savent quand la vache va mettre bas, ce qu’elle mange dans le champ en temps réel, ses signes vitaux et d’autres données qui seront ensuite transférées à l’acheteur de la place du marché des bovins, qui est à l’autre bout du monde. Ça se fait déjà dans des campagnes pauvres et reculées en Inde mais, ici, on est encore à des années-lumière de ça. Ça pourrait changer si vous me faites confiance et que vous votez pour moi. Je m’engage à « diguidiner » le Parlement en titi. Voyez, je m’adoucis, maintenant que je prends mon rôle de future élue au sérieux.

 

Mais je vais revenir à mon chum Pierre du Plateau. Il aime bien Uber. Moi, Uber, ça me met hors de moi. Ça me fâche qu’on ait financé à plus de 75 % un certain Taillefer pour qu’il fasse un copycat de Uber. Ça me met en beau maudit qu’on ait été en réaction à Uber plutôt que d’être proactifs. Je ne comprends toujours pas pourquoi un petit pays comme l’Estonie a déjà sa carte santé et son identité gouvernementale numériques depuis plus de 10 ans, et qu’ils aient inventé Skype et une foule d’autres innovations technos, plutôt que ce soit nous qui ayons fait ça. Ça m’angoisse qu’on se lamente à propos d’Uber et qu’on ne se questionne pas encore à propos de ce qu’on fera des chauffeurs de taxi, de camion et d’autobus qui pourraient perdre leur job à moyen terme à cause de la conduite autonome et des modèles d’affaires de partage de la propriété du matériel roulant qui arrivent à grand pas. Ça m’enrage qu’on puisse déjà faire son bac en ingénierie à Georgia Tech de son sous-sol sur le Plateau, mais que Polytechnique ne semble pas encore se poser de questions là-dessus.

 

Ça me vire sens dessus dessous que des milliards – je dis bien des milliards – soient investis dans des projets de TI au gouvernement du Québec et qu’ils ne se terminent jamais ou qu’ils soient abandonnés. Je m’inquiète qu’on n’ait pas encore songé au logiciel libre et à notre souveraineté numérique.

 

Je m’offusque aussi que ça coute 1 $ à un Chinois pour livrer un produit à Havre‑Saint‑Pierre depuis la Chine, mais que ça coûtera 11 $ pour ce même produit s’il est posté depuis Rouyn. J’ai des boutons qui sortent lorsque je vois les multinationales venir ici nous vendre leurs cochonneries sans payer de taxes et que nos commerces, en plus de devoir payer ces taxes à la consommation, ne sont pas foutus d’être encore transactionnels en ligne.

 

J’enrage, et je pars dans ma tête. Je rêve qu’on change les choses. Je rêve que vous me fassiez confiance pour inspirer et pour qu’on se botte collectivement le… postérieur. Pour qu’on fasse notre « Baie-James numérique ». Pour qu’on branche à la fibre optique, svp, le Québec habité d’un bout à l’autre. J’ai la vision qu’on favorise le télétravail et l’agriculture urbaine, et qu’on devienne plus écolos. Je m’excite à l’idée qu’une femme enceinte puisse se présenter à l’élection sans devoir craindre de ne pas voir son poupon parce qu’elle habite Val-d’Or, et que le fait de devoir se déplacer constamment à l’Assemblée nationale devienne un obstacle majeur à son implication, alors qu’on pourrait faire les commissions parlementaires à distance et se déplacer beaucoup moins pour aller à l’Assemblée nationale. J’aimerais ça en maudit que notre première ressource naturelle soit celle de notre jus de cerveau, une ressource renouvelable, et qu’on s’en serve pour faire du gros cash à la grandeur du Québec, parce qu’on s’est donné et qu’on a partagé les connaissances numériques et les réseaux cellulaires et de fibre optique nécessaires pour qu’on puisse en vivre de partout au Québec. J’aimerais ça avoir des nouvelles de ce qui se passe au Lac‑Saint‑Jean autant que le Lac‑Saint‑Jean en devient écœuré de savoir ce qui se passe sur le Plateau, parce qu’on aurait des médias réellement numériques permettant d’avoir de vraies nouvelles de partout au Québec. J’aimerais ça qu’on mette un peu plus de ville à la campagne et un peu plus de campagne à la ville. J’aimerais ça qu’on recommence à avoir des projets collectifs pour l’ensemble des Québécois, pour ne pas qu’on fasse partie du tiers-monde numérique et qu’on devienne LA référence des peuples qui font leur avenir. J’aimerais ça que ce ne soit pas seulement le Kenya qui se fend la gueule d’avoir des maudites belles jobs grâce à la « Silicon Savannah » qu’il a créée avec des investissements d’une couple de milliards. Moi, j’aimerais bien une « Silicon Toundra », une « Silicon boréale », une « Silicon Montréal ».

 

C’est pour ce rêve de peut-être pas si capoté que ça que je prends le risque de me présenter en politique, que j’ai choisi le meilleur parti, le meilleur chef, le meilleur programme, les meilleurs militants, ceux du Parti Québécois, et la circonscription des grandes ambitions, des gens de vision, des gens qui, bien qu’on les accuse de se regarder le nombril, ont plutôt la grandeur d’âme de penser le Québec, qui ont déjà la plus grande concentration d’artistes, de geeks, de révolutionnaires et de passionnés, comme moi, pour faire cette révolution éconumérique tranquille, pour qu’on se « diguidine » au plus criss, pour qu’on se mette collectivement sur la map numérique, pour qu’on fasse aujourd’hui le Québec de demain et pour que dans quatre ans, on soit enfin prêts à se regarder fièrement en face et qu’on se dise : maudit qu’il est beau, qu’il est fier, qu’il est créatif, qu’il est numérique, mon Québec. Il ne lui manque maintenant plus que de devenir ce qu’il a toujours été : un pays. Et un pays fièrement et efficacement numérique.

 

Alors, là, je pourrai regarder mon petit-fils dans les yeux, nous pourrons regarder nos enfants et nos voisins, et nous dire qu’enfin, ensemble, nous l’avons construit, ce Québec…