Facebook « x personnes en parlent » ou pourquoi on y perd souvent son temps

Hier je partageais un petit vidéo (via le G+ du pote Fred Cavazza et le vidéo est en fin de billet) qui caricature à peine, à quel point les usagers Facebook se font prendre pour des valises lors des changements de l’interface et des fonctionnalités Facebook. S’en est suivi un échange sur mon mur Facebook à l’effet que dans un contexte organisationnel, Facebook c’est de la merde. J’ai abondamment critiqué Facebook dans ce blogue. Vous pouvez d’ailleurs retrouver certains de ces billets plus bas.

Il y a quelques jours, l’un de mes clients importants venait faire un tour pour discuter de différents aspects de sa stratégie web. Lorsque nous arrivâmes sur sa page Facebook je lui fis remarquer le très faible ratio, pour ne pas dire l’insignifiant ratio « x personnes en parlent »/ « total des mentions j’aime ». C’est que désormais, tous les usagers Facebook peuvent visualiser certaines statistiques des pages organisationnelles de Facebook. Ils ont maintenant accès

  • Aux personnes qui en parlent
  • Aux mentions j’aime
  • La semaine la plus populaire de la page
  • La ville la plus populaire
  • La tranche d’âge la plus populaire.

Voici d’ailleurs une copie d’écran de ma propre Page officielle de Michelle Blanc. La statistique « x personnes en parlent » est très intéressante à ce chapitre. Facebook définit cette statistique comme étant

La mesure Personnes qui en parlent représente le nombre de personnes ayant créé une actualité à propos de la publication de votre Page. Les actualités comprennent :
• Le fait de partager votre publication, d’indiquer qu’on l’aime ou de la commenter
• Le fait de répondre à une question
• Le fait de répondre à un évènement
• Le fait de demander une offre

x personnes en parlent, Page Facebook de Michelle Blanc

x personnes en parlent, Page Facebook de Michelle Blanc

Cette statistique est donc une mesure de l’interaction globale des fans par rapport aux contenus d’une page. On pourrait donc, par extension, comparer ça au taux de clic d’une bannière, ou d’une pub addwords. Je me suis donc amusée à faire le ratio « x personnes en parlent »/ « total des mentions j’aime ». Pour ma propre page, ce ratio est de 15.42%. Humblement, je suis donc « pas pire » comme on dit ici. Mais là ou le bât blesse, est que pour la grande majorité des pages Facebook, ce ratio est insignifiant. Il est souvent très en deçà de 1%. Dans le cas de mon client dont je vous parlais plus haut, considérant les coûts associés à sa présence Facebook et le rendement particulier de ce ratio, je considère qu’il jette littéralement son argent par la fenêtre.

Par ailleurs, de donner des « coupons-rabais » pour attirer des « fans » est une pratique très courante. On pourra par la suite s’enorgueillir de x centaines de milliers, voire millions de fans ». Par contre quel est le message qu’envoie une marque? Que nous ne sommes intéressants que lorsqu’on se solde?

Faites vos propres conclusions, mais à titre de référence, voyez la page de Coca-Cola qu’on présente souvent comme LA marque innovante et performante de Facebook. Elle n’a un ratio que de 1.25%. Amusez-vous aussi à vérifier ce ratio pour les pages que vous aimez vraiment et posez-vous LA QUESTION QUI TUE:
Quand suis-je allée pour la dernière fois sur cette page et quand ai-je vu passer ses contenus dans mon accueil Facebook?

x personnes en parlent, Page Facebook de Coca-Cola

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et le petit vidéo satirique A Facebook Update In Real Life

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Sporadiquement, des gens qui n’y songe pas vraiment ou pire, qui se croient être des « hot » sur les médias sociaux me font la remarque que « je dis n’importe quoi lorsque je parle de mon chien » par exemple ce commentaire que je reçu hier sur mon profil Google +:

PS: Je préfère lire vos articles sur le monde du web que vos commentaires à propos de votre chien

Je vais donc reprendre le bâton du pèlerin et réexpliquer (avec de nouveaux arguments) pourquoi il est nécessaire de temps à autre de parler de son chien ou de tout autre sujet sans importance.

Les gens aiment interagir avec le futile. Ce contenu « dit » futile est comptabilisé comme une visite (pour un billet de blogue) ou comme une interaction sur Facebook. Plus vous avez de visites ou d’interactions, plus l’ensemble de votre site, de votre page, de vos comptes médias sociaux en bénéficie. Si je fais un statut ou un billet sur mon chien, les autres contenus (plus cérébraux comme mes articles à propos du Web) de mon profil Facebook seront plus visibles dans l’accueil des mes fans puisque le EdgeRank de Facebook compte l’ensemble des visites d’une page, d’un profil, en se foutant de la nature du sujet. Pareillement, le moteur de recherche Google évalue l’ensemble de l’activité sur un site pour décider de sa pertinence et de son positionnement dans les moteurs de recherches. Ainsi donc, parce que des gens interagissent avec une photo de chien, mon contenu hyperpertinent et niché à propos du web, sera plus visible dans le moteur de recherche.

De plus, parce que je partage une photo de mon chien, je suis tout d’un coup perçue comme étant plus humaine et accessible. Les gens osent commenter. Ils saisissent que je ne suis pas qu’une intellectuelle du web, mais aussi quelqu’un d’accessible avec qui on peut s’identifier. Ça prouve que j’ai aussi des émotions et je leur fournis des contenus qui leur permettent d’interagir sans se sentir inférieur. Il est difficile de s’obstiner ou de commenter avec une donnée statistique sur la croissance de l’utilisation des médias sociaux chez les gens âgés, mais très simple de trouver un chien beau et de le dire.

J’aime aussi raconter l’histoire de ma cliente qui au retour des fêtes, partagea sa joie de pouvoir ENFIN se faire un sandwich aux oignons. Lors d’un entretien téléphonique subséquent avec elle, au lieu de lui parler de ma dernière facture, nous avons passé un gros cinq minutes à jaser de sandwich. Elle était très fière de me raconter son histoire et notre « relation client » s’en est ainsi vue améliorée et solidifiée. On appelle ça simplement des « relations humaines » et dans les médias sociaux, quel que soit votre objectif d’affaires, les relations humaines devraient idéalement en faire partie. Par ailleurs, le week-end je travaille moins. Je m’amuse donc à promener mon chien, recevoir mon petit-fils et jouer avec lui ou encore ça me détend de « jouer à la foodies ». Je partage donc aussi ce type de contenus. Je crois fondamentalement que les médias sociaux sont des médias « conversationnels » et que l’art de la conversation inclut aussi du « très sérieux inutiles ». Une organisation qui a compris ça et dont la compréhension du « très sérieux inutiles » lui a valu une couverture médiatique mondiale est la police d’Oslo en Norvège. Tel que rapporté par Fabien Deglise dans l’article Un corps de police numériquement plein d’humour de Le Devoir :

(…)cette semaine, les policiers ont été honorés pour avoir produit le « meilleur tweet de l’année », et ce, pour un message informatif alliant humour, malentendus et insinuations. Marrant.

« Avons été informés d’un tapage nocturne avec cris de femmes, a écrit dans les dernières semaines la police d’Oslo sur le compte Twitter officiel (@oslopolitiops) lié à son centre opérationnel. Sur place, constatons fête d’infirmières. Quittons bientôt les lieux.»

et comme le souligne Libération

Un véhicule intercepté sur soupçon de conduite en état d’ébriété. S’est avéré être un Grec conduisant pour la première fois sur les routes hivernales norvégiennes »,

L’humour, l’humain et même l’animal (en particulier le chat qui est d’une efficacité redoutable sur le web) ont certainement leur place sur les médias sociaux. À mon point de vue c’est même primordial, en plus du fait que tactiquement, c’est bon en mautadit pour les statistiques et la visibilité d’une propriété web.

MAJ

Comme on dit souvent, une image vaut mille mots. Voici donc l’exemple de contenus que j’ai partagé la fin de semaine dernière. J’ai partagé une photo de la Poutine maison avec son confit de canard que mon amour et moi-même avons fait. Vous pouvez noter que cette photo a eu 71 j’aime et 21 commentaires. Dans le deuxième tableau, vous pouvez aussi observer que cette photo a eu un taux de viralité Facebook de 6.64%. Pourtant, un contenu que j’ai aussi partagé et que je considère particulièrement pertinent, l’article Contrats sans appels d’offres justifiés par «l’urgence» de LesAffaires, est pratiquement passé dans le beurre avec un taux de viralité Facebook nul. Heureusement, ce contenu que mes fans Facebook considèrent nul, a été repris ici dans mon billet Moi, ministre du numérique? Je préfèrerais plutôt une job de rêve.

Comme quoi le « très sérieux inutile » frappe souvent plus l’imaginaire (et l’action d’aimer ou de commenter) que des contenus que je considère personnellement primordiaux…

viralité Facebook d'un contenu futile

Comparatif de viralité Facebook d'un contenu utile ou futile

Pourquoi, plus que jamais, le contenu est roi

C’est dans une présentation de Edelman Digital Six Social-Digital Trends for 2013, qu’on peut noter que sa première tendance numérique sociale pour 2013 est le contenu qui est roi.

The Content Economy Content may become your company’s most valuable asset in 2013. For years Google has been refining it’s algorithm cracking down on unsavory tactics that compromise the quality of search results. The algorithms are good enough now that the most compelling content dominates search results. Organizations must create compelling content to exploit this. Some already have, including companies like Coke and Intel, who launched groups focused purely on content. Separately, Facebook is making it’s own changes, forcing companies to rely on both creativity and spending (promoted posts) to ensure their content is seen and shared. Brands like Oreo may have unwittingly set the bar for content creation for other organizations by pioneering a form of « content marketing » putting out one piece of timely, relevant and highly creative content every day as part of a campaign. In 2013, content will not only be king, but queen, prince and jester, too.

Pour ma part, ça fait déjà des années que je considère que le contenu est roi et que je valorise entre autres le blogue, comme outil de positionnement, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, chaque jour, 16% des requêtes faites dans le moteur de recherche Google sont des requêtes inédites qui n’avaient jamais été faites auparavant. La seule façon de potentiellement se positionner pour ces nouvelles requêtes est de produire sur une base régulière, beaucoup de contenus. Il est bon aussi de suivre l’actualité et les grandes tendances de votre domaine et d’en parler dans vos contenus. Comme ça vous deviendrez peut-être vous même d’actualité, mais vous pourrez aussi avoir du contenu qui colle aux recherches d’aujourd’hui.

Prenez aussi conscience qu’en français, mais c’est vrai pour toutes les langues, il existe une très grande « variété lexicale » pour exprimer un besoin, un concept, une chose. À titre d’exemple, si vous cherchez une voiture, vous pourriez certainement en fonction de votre profil sociodémographique chercher une automobile, bagnole, char, auto, véhicule, berline, cabriolet, 4X4, VUS, tacot et autre. Il devient donc difficile d’optimiser un site web « statique » pour toutes ces requêtes imaginables. Qui plus est, ça ne fait pas sérieux de mettre en page d’accueil « char neuf et char usagé ». Il faut donc pour être visible avec ce genre de requêtes, user d’intelligence et d’astuces par exemple, de blaguer dans un contenu sur les différentes dénominations que peuvent prendre une voiture ou encore permettre des expressions particulières et même des fautes d’orthographe, de vos visiteurs dans les commentaires d’un blogue par exemple. Ainsi, si les gens font des fautes en vous écrivant, ils en feront peut-être aussi en vous cherchant.

Mais l’argument ULTIME de « pourquoi le contenu est roi », est qu’il vous met dans la tête de vos clients potentiels. Que vous parliez de votre entreprise, de votre sujet ou même que vous blaguiez avec votre communauté, l’important est qu’ils trouvent dans vos présences web une source intéressante de contenus qui leur donnera le goût de revenir, d’en parler et éventuellement de passer à l’acte. Il n’est pas important de parler au monde entier avec vos contenus, mais de parler à ceux qui ont un intérêt pour vos produits ou services.

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Dans quelques jours je serai conférencière médias sociaux et force de l’ordre, pour une organisation qui préfère rester discrète. Cette organisation m’autorise cependant à partager le fruit de ma réflexion que vous trouverez plus bas dans mon PowerPoint. Vous pouvez d’ores et déjà comprendre que la technologie et les médias sociaux peuvent être un outil (de plus) extrêmement performant en matière de travail policier.

Le blogue demeure l’outil média social le plus efficace, mais encore mal aimé des CMO

Dans mon billet Le paradoxe des blogues d’affaires chez les fortunes 500 je notais que :

Ironiquement, on y constate que le blogue est de moins en moins utilisé par les entreprises fortunes 500, mais que paradoxalement, c’est le deuxième outil le plus efficace de tous les médias sociaux.

Ce constat paradoxal est une fois de plus mis en évidence dans un nouveau papier d’eMarketer SEO, Social and Content Marketing in Top Demand, déniché chez Thoma Daneau sur LinkedIn. On y remarque que malgré que le blogue soit noté comme le plus efficace outil de marketing de contenu, SEO, de conversion et l’un des plus efficaces de branding et service clientèle, il n’est que le 6e outil le plus utilisé pour le marketing par médias sociaux. Vous avez les tableaux d’eMarketer correspondants plus bas.
Outils médias sociaux les plus utilisés dans le monde par les gestionnaire marketing pour le marketing par médias sociaux

Raisons pour lesquelles les gestionnaires marketing en ligne (dans le monde) utilisent certains canaux médias sociaux

Notez aussi qu’on y observe que l’outil numéro un utilisé pour le service clientèle est le « traditionnel Forum ». Celui qui sert le plus au branding est LinkedIn et celui des médias sociaux Facebook. Notez aussi que les gestionnaires croient que Facebook sera la première plate-forme média sociale du futur.

Looking ahead, 69.1% of respondents said they expected Facebook to become the dominant social media platform. Also of note: 85.9% said they anticipated site and author ownership of online marketing content would become critical in response to Google’s Panda update and the influence of Google+.

Je suis pour ma part convaincue que ces gestionnaires auront une grande douche froide d’ici trois ans quant à leur expectative de Facebook. Je crois fermement que Facebook est déjà sur son déclin et que ce déclin s’accélèrera notamment avec la croissance de Google + et de la mobilité pour laquelle Facebook n’a jamais été adapté. Mais je fais de la technofiction ici et si vous voulez d’autres arguments sur Pourquoi Facebook c’est de la merde dans un contexte organisationnel relisez mes billets

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Les médias sociaux sont-ils responsables d’un climat de haine sociale?

Il y a une semaine Jean-Jacques Strelisky dans une chronique du Devoir Question d’images – Haïssons-nous les uns les autres! posait la question :

La troisième réflexion vise la société. Elle nous concerne tous collectivement et individuellement dans l’utilisation que nous faisons des médias sociaux – qui n’ont parfois de sociaux que leurs noms puisqu’ils contribuent grandement à générer de l’asociabilité et de la confrontation. Faudra-t-il demain les rebaptiser « médias asociaux » ? L’impact doxocratique de ces pratiques est évident tant cela conditionne inéluctablement les politiciens, les intellectuels et les journalistes à se concentrer davantage sur une réponse, voire une réplique, plutôt que sur une analyse méthodique et fondée. L’enjeu est désormais de réagir plutôt que d’agir.

Petit intermède ici pour dire que même si je ne serai pas toujours d’accord avec monsieur Strelisky, je l’aime bien. Il a même été mon voisin durant 4 ans. Le monde est petit dans le virtuel, tout comme hors du numérique. D’ailleurs trop de gens l’oublient. Nos voisins numériques sont possiblement aussi des voisins physiques…

Mais revenons à nos moutons. Il est tout à fait vrai que depuis 6 mois, les discours dans certains médias sociaux (je dis bien certains) ont outrageusement dégénéré. J’ai d’ailleurs associé dans ce blogue, cette dégénérescence à la crise étudiante (voire la révolte populaire) dans mon billet Crise étudiante, la gauche est plus active et intolérante sur les médias sociaux. J’y expliquais que lors de la dernière campagne fédérale, il avait été observé que la gauche canadienne était plus présente et efficace sur les médias sociaux (phénomène que j’observe moi-même depuis des années) et qu’une analyse de la réputée Pew Internet révélait que les gens qui se décrivent comme libéraux, sont plus opiniâtre que ceux qui se décrivent comme conservateurs :

New Pew research shows that the left is far more likely than the right – 75 percent more – to have unfriended someone for posting opposing political views. More telling, they also unfriended and even blocked people more if the person with opposing views argued with one of their friends and did so even if they were concerned the person with differing views might offend another friend.

Liberals in America regard themselves as part of the intellectual and technological elite and if social media usage is an indicator, they’re right; 23 percent more who identify as liberals use social media than who identify as conservative. The intolerant people are actually a small subset – only 18 percent of people have blocked or unfriended a previous friend at all – so that 75 percent has to be taken in context. The angry left is more likely than the angry right to react harshly to diversity of thought but outside that the poles have a lot in common. Very liberal and very conservative people were dramatically more likely than more moderate people to ‘like’ a post they agreed with, with liberals doing so slightly more, and they were more likely to post a positive comment. The only area where conservatives edged out liberals was in friending someone who posted something that corresponded to their world view. Conservatives are more likely to ‘friend’ someone new who is similar and less likely to unfriend people who disagree.

Finalement, si on transpose ces différentes données au Québec, on peut comprendre pourquoi, en partie, Twitter en particulier, Facebook et les autres médias sociaux sont maintenant devenus un champ de mines pour ceux « oseraient » exprimer une opinion divergente de la gauche casserole…

Mais dans sa chronique, monsieur Strelisky obseve que cette hargne est maintenant un problème de société et qu’elle est désormais présente d’abord à l’Assemblée nationale puis dans les articles journalistiques et les commentaires de leurs lecteurs. Je suis d’accord en grande partie avec lui et il y a un malaise certain. Cependant, comme il est sous-entendu dans la chronique et comme plusieurs journalistes me le demandent spécifiquement est-ce que les médias sociaux sont responsables de ce pourrissement du discours public? Mon avis est que non, je ne le crois pas.

Je suis assez vieille pour me souvenir

Je suis assez vieille pour me souvenir de nos deux crises référendaires et de la division sociale qui en résultait. Je me souviens qu’alors le débat était très viril, mais qu’il était respectueux. Je me souviens que les gens s’engueulaient sur des idées. Je me souviens qu’il y avait débat. Par contre, il est vrai qu’à cette époque, le phénomène de la parole citoyenne était encore très marginal. On oublie d’ailleurs que les médias sociaux sont aussi vieux. Qu’on les appelait e-communauté. Qu’ils ont été les premiers à expérimenter les conversations acides des trolls et à apprendre à ne pas les nourrir et à vivre avec cette plaie continuelle. Cependant, à cette époque, il existait des fonctionnalités pour éjecter ces trolls. On avait l’ancêtre des « gestionnaires de communautés » qu’étaient les modérateurs (de forums) les opérateurs (de canal IRC), les sysop (des BBS). Ils avaient le pouvoir de droit de vie ou de mort des trolls. On retrouve encore ces mécanismes d’autorégulations dans Facebook. Vous pouvez en effet mettre votre Facebook privé et n’y accepter que vos amis et modérer leurs commentaires s’ils dépassent les bornes que vous jugez acceptables. Mais vous n’avez pas ce genre de mécanisme sur Twitter. Sur Twitter vous ne pouvez que bloquer un usager qui vous fait chier, mais vous ne pouvez pas l’expulser de Twitter. Il continuera donc à verser son venin sans que vous y puissiez quoi que ce soit. De plus, la population en général n’est pas au fait des usages communautaires des médias sociaux, des trolls et plusieurs individus croient à tord, que caché derrière leur pseudonymat, ils sont intouchables et peuvent dirent n’importe quoi sans conséquence.

Les médias sociaux ne sont donc pas un bloc homogène, de par leurs compositions sociodémographiques et leurs fonctionnalités qui permettent ou non, aux trolls d’exister et de croître. Il n’y a pas de trolls (à ce que je sache) sur Pinterest (thank god).

Pour l’argument que la période des questions des députés de l’Assemblée nationale dégénère en cirque à cause des caméras qui y sont présentes, c’est très possible. Personnellement j’aimerais vraiment une période de suggestion, de solutions, d’initiatives qu’une période visant strictement qu’à démoniser l’autre pour marquer quelques points. Pour celui des journalistes qui comme monsieur Strelisky le note

que les images se publient sans jugement ni retenue, les mots violents, voire humiliants et offensants, se banalisent à la limite du supportable. Nous avons atteint des sommets !

Je ne peux qu’acquiescer dans une certaine mesure. J’ai moi-même eu maille à partir avec un chroniqueur devenu rédacteur en chef qui à ma connaissance, n’a jamais pondu une chronique positive, offert de solutions ou élevé le débat sur quoi que ce soit et a pourtant été promus, est régulièrement invité par d’autres médias et vomis allègrement sur tout ce qui bouge. Et il semble qu’on en redemande. Cependant qu’un journaliste ai des opinions politiques, qu’il ai un biais non avoué et l’exprime, ça ne me dérange pas vraiment. Ce qui me dérange est l’hypocrisie de la soi-disant “objectivité journalistique” et le pseudo-code de déontologie.

Oui nous devrons collectivement réapprendre le sain dialogue, oui nous devrons collectivement élever le débat. Oui nous devrons collectivement offrir des solutions et oui nous devrons collectivement être en désaccord sans tenter en vain de démoniser l’opposant. Je suis moi-même très acerbe dans certains de mes propos, mais je tente toujours de documenter mes désaccords. Lorsque je dis que quelque chose est de la merde, j’explique pourquoi et je donne des solutions de remplacement et il m’arrive d’insulter sur les médias sociaux, mais c’est toujours en réaction, jamais comme instigatrice.

Est que l’oeuf vient avant la poule ou la poule avant l’oeuf? Je ne sais pas, mais il est vrai que les oeufs sentent de plus en plus pourrie…

Mathieu Bock-Côté, François Legault et Twitter

C’est dans sa chronique François Legault et Twitter que Mathieu Bock-Côté polémique à propos de l’utilisation non judicieuse de Twitter par monsieur Legault. Il y dit :

(…)Désormais, il y commente la vie quotidienne. Sur Twitter, il bavarde. De la série télé qu’il écoute son soir de congé. De la poutinerie près de chez lui où il semble avoir ses habitudes. Je devine la suite: le prochain match des Canadiens?

Il se peut que je sois seul. Mais je ressens devant cela un certain malaise. Un homme politique ne devrait pas jouer de cette vraie-fausse intimité pour racoler les électeurs. En fait, les hommes politiques devraient se rappeler qu’ils doivent surplomber la cité, et non pas s’y fondre.

(…)
L’idéologie de la transparence absolue va trop loin. Elle brouille les distinctions entre le domaine privé et le domaine public. Elle encourage un populisme un peu étrange où la politique perd de sa noblesse pour devenir un concours de popularité.

J’aime rappeler cette formule du général de Gaulle (oui, j’aime de Gaulle): il n’y a pas de grandeur sans mystère et de mystère sans distance. Cela veut dire qu’une certaine réserve n’est pas de trop pour celui qui veut occuper les plus grandes fonctions.

Pensons seulement à René Lévesque. Si tout le monde le tutoyait, lui-même vouvoyait ses interlocuteurs. Il était près du peuple par ses préoccupations. Et par son attachement aux gens ordinaires. Par son style dépenaillé aussi. Il gardait avec tous, pourtant, une saine distance.

Je suis tout à fait opposée à la conception de Twitter de M. Bock-Côté

Depuis déjà 5 ans, j’écris à propos de Twitter et des médias sociaux et je discute de la dimension « conversationnelle » de ces médias. J’y prône qu’une approche « conversationnelle » doit inclure du sérieux et du badin en plus d’engendrer une certaine bidirectionalité. Il est évident qu’à partir de plus de 1000 abonnés, l’individu qui est sur Twitter risque fortement d’user de ce médium plus en mode « broadcast »(d’un un à plusieurs) qu’en mode conversation (de un à un). Mais comme le fait monsieur Legault, il peut toutefois répondre directement à ceux qui l’interpellent sur Twitter. C’est ce que fait aussi monsieur Denis Coderre qu’on s’amuse aussi à critiquer parce qu’il serait « trop bavard et personnel » sur les médias sociaux. Je plaide tout à fait le contraire de ça. Monsieur Coderre a eu une croissance exceptionnelle de sa couverture médiatique, depuis qu’il est sur Twitter (je n’ai pas de stats à ce sujet, mais je suis convaincue qu’une recherche permettrait de le confirmer). Il a compris que bien des journalistes, recherchistes et médias y sont. Il a aussi compris que s’il ne faisait que de parler du Parti Libéral du Canada, ça ferait longtemps que plus personne ne le suivrait. En parlant aussi de sa passion, il devient « humain » il devient ce « parfait voisin » dont parle avec déférence monsieur Bock-Côté dans sa chronique, qui cite plutôt de Gaulle, Lévesque, Trudeau, Parizeau et Bouchard qui selon lui,  avaient une « saine distance » avec le petit peuple.

Je pourrais lui répondre qu’au contraire je perçois Obama, Gandhi, Luther-King ou Mandela comme ayant été des gens près du peuple. Je ne peux prouver ces dires pour tous, sauf pour Obama qui a maintes fois, entre autres à l’aide des médias sociaux, établi des contacts directs avec la « population ordinaire ». Entre autres, il a récemment fait une assemblée de cuisine avec des citoyens un utilisant le Hangout de Google + (il a aussi fait la même chose sur Facebook et YouTube). De cette de proximité avec « le parfait voisin présidentiel », on peut lire chez CNN :

The president was also asked to sing and dance, (which he refused) to say hello to one of the questioners’ young children, and from an Obama impersonator a question about the impact of comedy sketches on the election.

« I don’t know if any of this stuff affects an election, but I know that it makes our country stronger that you can make fun of the president — or anybody — and everybody can get a laugh, » President Obama said. « And that also makes sure to remind me that I work for you guys. »

Ma critique médias sociaux de messieurs Coderre et Legault

Des deux hommes politiques Legault et Coderre, je n’ai qu’une critique que je leur ai déjà faite dans le blanc des yeux (dont dans une vidéo avec Monsieur Legault). Ils n’ont pas de blogues. Nous n’avons pas réellement accès à la profondeur de leur réflexion politique. Twitter et Facebook c’est très bien pour engendrer la proximité avec le citoyen. C’est même capital si on veut un jour arriver à une démocratie réellement participative (dans le sens de ce que fait déjà Obama avec plusieurs initiatives de données ouvertes, Code for America ou autre), mais d’avoir un blogue est ESSENTIEL. C’est à mon avis ce qui fera la différence entre un politicien sympathique et un politicien qui a réellement quelque chose d’important, de songé et de documenté à dire.

L’auteur Jeff Lerner de ClickZ dans son article How Politicians Should Use Twitter semble tout à fait d’accord avec mon point de vue.

Where’s the Personality?
I challenge you to find a blander group of Twitter accounts than those of politicians. Twitter is a medium that exists, in part, to showcase individuality. But political Twitter accounts with personality are few and far between. Still, it just makes too much sense for politicians to take advantage of this – and yet they don’t. After all, what group of people – with a long-standing reputation as rigid, robotic, and boring – would benefit more from getting to speak to millions of people through a medium designed to give them an opportunity to let people see them in a more personal light? Twitter isn’t a presidential debate or a CNN interview; it’s a chance to tell your voters and potential voters that you were scraping gum off your shoe five minutes before a press briefing. Is that important to a candidate’s stance on issues? Nope. But it serves a purpose that’s arguably just as important to winning an election: it’s a chance to connect with real people, as a real person.

Vous pourriez aussi aimer
Chez GigaOm : How Twitter lets politician route around the media
le texte de l’OCDE : Engaging Citizens in Policy-making : Information, consultation and public participation (PDF)
ou mon billet À propos de la pertinence des statuts Twitter, Facebook Google + et autres

MAJ

En guise d’arguments additionnels pour monsieur Bock-Côté, voici de mes archives quelques billets additionnels, qui assaisonnent judicieusement mon propos. Du moins, moi je le pense…

Savoir déconner

Avis à mes détracteurs, La conversation, c’est de jaser…

Une leçon de vie, à l’article de la mort

Le Lab VOXtv – Chronique : tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web

De l’importance du pâté chinois dans une stratégie médias sociaux

À propos du bruit dans Twitter